Timbuktu Institute  Week 1 - July 2026 

Ever since President Faure Gnassingbé consolidated his position at the head of state with the shift from a presidential to a parliamentary system, the Togolese opposition has consistently challenged the legitimacy of the new government. To the point, it must be said, of sometimes appearing somewhat powerless. However, since the ECOWAS Court of Justice issued a ruling characterizing Togo’s March 2024 constitutional amendment as an “unconstitutional change of government,” the political opposition appears to have regained its vigor. On June 30, the Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) boycotted the second session of the Permanent Consultative Framework (CPC), which took place from July 1 to 3, arguing that this forum for dialogue no longer addresses the gravity of the political and institutional crisis Togo is facing. For the DMP, this decision reinforces its condemnation of an “institutional coup” and underscores the need to challenge the constitutional reform. The coalition believes that the national priority is no longer the continuation of the CPC’s work, but rather the launch of an inclusive political transition aimed at restoring constitutional legality, rebuilding institutions, and reestablishing trust among political actors. Reaffirming its withdrawal from the CPC, announced in July 2025, the DMP also stands by its demands for the release of political prisoners, the abolition of the Fifth Republic, Faure Gnassingbé’s departure from power, and an improvement in the living conditions of the population. Finally, it considers that the CPC has become an ineffective forum for dialogue, incapable of addressing the main issues of the Togolese crisis.

Similarly, in a statement released on July 1, 2026, the Freedom Togo–National Liberation Movement (MLN) welcomed the ruling by the ECOWAS Court of Justice; the movement believes that this decision supports its accusations that the new constitutional framework is “illegal” and “illegitimate.” Citing this ruling by the regional court, Freedom Togo–MLN called for increased mobilization by opposition parties, civil society organizations, labor unions, students, and the defense and security forces in support of a change in government. The movement also urges the international community to increase pressure on the Togolese authorities to secure the departure of the current regime and the launch of a process to restore constitutional and democratic order. The Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) echoed this sentiment, announcing on the same day a two-pronged offensive—both “legal and spiritual”—aimed at achieving what it describes as the restoration of the political legitimacy resulting from the Togolese presidential election of February 22, 2020. On the legal front, the movement expressed its support for the referral to the Togolese League for Human Rights (LTDH) to explore domestic and international legal remedies following the second ruling by the ECOWAS Court of Justice, issued on January 29, 2026, which the DMK interprets as a recognition of the unconstitutional nature of the institutional reform adopted in 2024. Thus, it appears that the Togolese opposition is regaining momentum following the ECOWAS Court’s significant—albeit non-binding—decision. However, to what extent could this new pressure currently shake the foundations of Faure Gnassingbé’s power? This question is all the more pertinent given that, in the current political landscape, the scope for such challenges remains limited. In any case, this development heralds a possible new wave of sociopolitical protest in a country that has clearly experienced a continuous narrowing of its civic space in recent years.

Deadly Floods

At the same time, Togo has not been spared the floods currently affecting several countries in the subregion. In a statement released on July 4, the Togolese government reported a provisional death toll of five people following the heavy rains of June 28 and 29, which affected the Maritime, Plateaux, and Central regions, as well as the Autonomous District of Greater Lomé (DAGL). The rainfall, described as exceptional for the countries of the Gulf of Guinea, caused significant property damage and disrupted travel. In response to this situation, the authorities activated the ORSEC Plan, coordinated by the National Civil Protection Agency (ANPC), to conduct relief operations with the support of the defense and security forces.

While offering their condolences to the victims’ families, the authorities stated that a multisectoral assessment of the damage was underway to guide assistance efforts for the affected populations. The government also called on citizens to strengthen preventive measures, particularly by maintaining drainage systems, cleaning gutters, clearing natural waterways, and improving waste management, as heavy rainfall continues to affect several West African countries.

Timbuktu Institute semaine 1 Juillet 2026

Depuis la consolidation du président Faure Gnassingbé au sommet de l’Etat avec le passage d’un régime présidentiel à un régime parlementaire, l’opposition togolaise n’a cessé de contester la légitimité du nouveau pouvoir. Jusqu’à parfois – il faut le dire – faire parfois montre d’une certaine impuissance. Toutefois, depuis l’arrêt rendu par la Cour de justice de la Cedeao qualifie la révision constitutionnelle togolaise de mars 2024 de « changement inconstitutionnel de gouvernement », il semble bien que l’opposition politique apparaisse ragaillardie. Le 30 juin, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) a  boycotté la deuxième session du Cadre permanent de concertation (CPC),  qui a eu lieu du 1er au 3 juillet, estimant que ce cadre de dialogue ne répond plus à la gravité de la crise politique et institutionnelle que traverse le Togo. Pour la DMP, cette décision conforte sa dénonciation d'un « coup d'État institutionnel » et renforce la nécessité de remettre en cause la réforme constitutionnelle. La coalition estime que la priorité nationale ne réside plus dans la poursuite des travaux du CPC, mais dans l'ouverture d'une transition politique inclusive destinée à restaurer la légalité constitutionnelle, refonder les institutions et rétablir la confiance entre les acteurs politiques. Réaffirmant son retrait du CPC annoncé en juillet 2025, la DMP maintient également ses revendications en faveur de la libération des prisonniers politiques, de l'abandon de la Ve République, du départ de Faure Gnassingbé du pouvoir et d'une amélioration des conditions de vie de la population. Elle considère enfin que le CPC est devenu un cadre de concertation dépourvu d'efficacité, incapable de traiter les principaux enjeux de la crise togolaise.

De même, dans un communiqué publié le 1er juillet 2026 , le mouvement Freedom Togo–Mouvement de Libération Nationale (MLN) a salué l'arrêt de la Cour de justice de la Cedeao ;  le mouvement estimant que cette décision conforte ses accusations d'« illégalité » et d'« illégitimité » du nouveau cadre constitutionnel. S'appuyant sur cette décision de la juridiction communautaire, Freedom Togo-MLN a appelé à une mobilisation renforcée des partis d'opposition, des organisations de la société civile, des syndicats, des étudiants ainsi que des forces de défense et de sécurité, en faveur d'une alternance politique. Le mouvement exhorte également la communauté internationale à accroître la pression sur les autorités togolaises afin d'obtenir le départ du pouvoir en place et l'ouverture d'un processus de restauration de l'ordre constitutionnel et démocratique.  Même son de cloche chez la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), qui le même jour, a annoncé une double offensive, à la fois « juridique et spirituelle », visant à obtenir ce qu’elle présente comme la restauration de la légitimité politique issue de la présidentielle togolaise du 22 février 2020. Sur le plan judiciaire, le mouvement a apporté son soutien à la saisine de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) afin d’explorer les recours nationaux et internationaux à la suite du second arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, rendu le 29 janvier 2026, que la DMK interprète comme une reconnaissance du caractère inconstitutionnel de la réforme institutionnelle adoptée en 2024.  Ainsi, il apparaît que l’opposition togolaise semble reprendre du poil de la bête suite à l’importante décision – bien que non contraignante – de la Cour de la Cedeao. Cependant, à l’heure actuelle, dans quelles mesures lesquelles cette nouvelle pression pourrait-elle faire vaciller les fondations du pouvoir de Faure Gnassingbé ? Cette question est d’autant plus pertinente que dans la configuration politique présente, l’épaisseur des brèches en ce sens, reste étroite. En tous les cas, cette séquence inaugure un possible nouveau souffle de la contestation socio-politique, dans un pays qui a manifestement connu un rétrécissement continu de son espace civique, au cours de ces dernières années.

Inondations meurtrières

Dans le même temps, le Togo n’est pas épargné des inondations qui secouent actuellement  plusieurs pays de la sous-région. Dans un communiqué publié le 4 juillet, le gouvernement togolais a fait état d'un bilan provisoire de cinq morts à la suite des fortes pluies des 28 et 29 juin, qui ont touché les régions Maritime, des Plateaux, Centrale ainsi que le District autonome du Grand Lomé (DAGL). Les précipitations, qualifiées d'exceptionnelles à l'échelle des pays du Golfe de Guinée, ont provoqué d'importants dégâts matériels et perturbé les déplacements. Face à cette situation, les autorités ont activé le Plan ORSEC, sous la coordination de l'Agence nationale de protection civile (ANPC), afin de conduire les opérations de secours avec l'appui des forces de défense et de sécurité.

Tout en présentant leurs condoléances aux familles des victimes, les autorités ont indiqué qu'une évaluation multisectorielle des dégâts était en cours afin d'orienter les mesures d'assistance aux populations sinistrées. Le gouvernement a également appelé les citoyens à renforcer les mesures de prévention, notamment par l'entretien des ouvrages de drainage, le curage des caniveaux, la libération des voies naturelles d'écoulement des eaux et une meilleure gestion des déchets, dans un contexte où les fortes précipitations continuent d'affecter plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

Timbuktu Institute Week 1 July - 2026

Burkina Faso is continuing its diplomatic realignment. After severing diplomatic relations with France, it is now the International Criminal Court’s (ICC) turn to face a defection from Ouagadougou. On June 24, Burkina Faso (and Mali) officially notified the ICC of their withdrawal, a few days after Niger. Ouagadougou’s decision was ratified on June 30 by the United Nations Secretary-General. This move also follows through on the joint announcement made by the three member states of the Alliance of Sahel States (AES) in September 2025. Ouagadougou (along with Bamako and Niamey) justifies this withdrawal by citing what it considers to be the political manipulation of the ICC, which it accuses of lacking impartiality and politicizing the defense of human rights. Through the AES, Burkina Faso is demonstrating its commitment to eventually establishing a regional judicial mechanism dedicated to Sahelian issues. However, in accordance with the Rome Statute, this withdrawal will not take effect until June 24, 2027. Until that date, the three states remain obligated to cooperate with the Court, and proceedings already underway will continue as normal. Admittedly, this indictment in Ouagadougou is neither unprecedented nor specific to the AES countries, much less to African countries. But in fact, the decision to withdraw effectively reduces Africa’s influence within the Assembly of States Parties to the ICC, where the African group will shrink from 33 to 30 members, even though it retains its position as the leading regional bloc within the institution. However, it is bound to raise legitimate questions about the future of human rights in a country where they have been steadily eroding since Ibrahim Traoré came to power in 2022.

At the same time, a new milestone has been reached in the diplomatic rift with France, given the effective withdrawal of diplomatic personnel from both countries. Following Ouagadougou’s decision to sever ties, all French diplomats stationed in Burkina Faso were repatriated, while Burkinabé diplomats in France were asked to leave the country by July 6, in accordance with the principle of reciprocity applied by Paris. France denounced the decision as “hostile and baseless,” while rejecting Burkinabé accusations of support for terrorist groups. This development marks the formal severing of diplomatic relations between the two states, following several years of deteriorating bilateral ties. Despite this withdrawal of diplomatic missions, Burkinabé authorities have asserted that this decision does not call into question the ties between the French and Burkinabé peoples. For its part, however, Paris has called on its approximately 2,000 citizens living in Burkina Faso to exercise increased vigilance, given a security situation still marked by the terrorist threat.

Faced with these security challenges, Ouagadougou is maintaining its alliances

While Burkina Faso is working to rid itself of diplomatic ties and international obligations it considers restrictive, the country is simultaneously seeking to maintain its regional alliances. In this vein, on June 29, Ibrahim Traoré, president and current chair of the AES, hosted the presidents of the legislative bodies of Burkina Faso, Mali, and Niger to accelerate the establishment of the future AES confederal parliament. The delegation—which included, notably, the president of Burkina Faso’s People’s Legislative Assembly (ALP), Ousmane Bougouma; the president of Mali’s National Transitional Council (CNT), General Malick Diaw; and the president of Niger’s Consultative Council for Rebuilding (CCR), Mamoudou Harouna Djingarey, came to seek guidance from the head of the Confederation prior to the opening of the session. Following this meeting, the parliamentary leaders announced the imminent launch of the process to appoint representatives to sit in the confederal parliament, whose first session is expected to be convened as soon as possible. This new institution, whose founding documents were drafted in September 2025 and subsequently adopted by the Heads of State of the AES in December of the same year, is intended to complement the Confederation’s institutional framework by ensuring the representation of the peoples, overseeing the actions of confederal bodies, and conveying citizens’ concerns across the Sahel region. Similarly, within the subregion, Togo remains a major supporter of the AES. And since one does not cut off the branch on which one sits, Togo’s Minister of Foreign Affairs, Robert Dussey, was elevated to the rank of Commander of the Order of the Stallions by Ibrahim Traoré. In a message posted on July 6 on his Facebook page, Togo’s foreign minister expressed his gratitude to the Burkinabé authorities, dedicating this honor to President Faure Essozimna Gnassingbé and the Burkinabé people.

Nevertheless, Ouagadougou must continue to contend with security pressures posed by terrorist groups. On July 4, the country was the target of a series of coordinated attacks claimed by the Group for the Support of Islam and Muslims (JNIM), an affiliate of Al-Qaeda. The attacks, carried out simultaneously in several locations in the north, northwest, central-west, and southwest of the country, reportedly left at least 50 dead among the Burkinabé Armed Forces and the Volunteers for the Defense of the Fatherland (VDP). The deadliest attack targeted the Di military camp in Sourou Province, where at least 34 soldiers and VDP members were reportedly killed before the assailants looted the facilities and seized weapons. Other attacks in Dalan and Tiéré reportedly killed at least 18 soldiers, while Thiou and Séguénéga were targeted by raids that resulted in the destruction of several civilian vehicles.

Timbuktu Institute semaine 1 Juillet 2026

Le Burkina Faso poursuit son recentrage diplomatique. Après avoir rompu ses relations diplomatiques avec la France, c’est au tour de Cour pénale internationale (CPI) de connaître une défection de Ouagadougou. Le 24 juin, le Burkina Faso (et le Mali) a officiellement notifié son retrait de la CPI, quelques jours après le Niger. La décision de Ouagadougou a été entérinée, le 30 juin, par le secrétaire général des Nations unies. Cette démarche concrétise par ailleurs l'annonce conjointe faite par les trois États de l'Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2025. Ouagadougou (ainsi que Bamako et Niamey) justifie ce retrait par ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la CPI, accusée de manquer d'impartialité et de politiser la défense des droits humains. Avec l’AES, le Burkina Faso affiche sa volonté de mettre en place, à terme, un mécanisme judiciaire régional consacré aux questions sahéliennes. Toutefois, conformément au Statut de Rome, ce retrait ne prendra toutefois effet que le 24 juin 2027. Jusqu'à cette échéance, les trois États restent tenus de coopérer avec la Cour, et les procédures déjà engagées se poursuivront normalement. Certes, cette accusation de Ouagadougou n’est inédite ni spécifique aux pays de l’AES, encore moins aux pays africains. Mais de fait, la décision de retrait réduit de fait le poids de l'Afrique au sein de l'Assemblée des États parties à la CPI, dont le groupe africain passera de 33 à 30 membres, même si elle conserve sa position de premier bloc régional au sein de l'institution. Cependant, elle ne saurait manquer de faire émerger des questions légitimes quant à l’avenir des droits humains dans un pays, où ils n’ont pas cessé de reculer depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré en 2022.

Parallèlement, une nouvelle étape a été franchie dans la rupture diplomatique avec la France, eu égard au retrait effectif des personnels diplomatiques des deux pays. À la suite de la décision de rupture voulue par Ouagadougou, l'ensemble des diplomates français en poste au Burkina Faso a été rapatrié, tandis que les diplomates burkinabè en France ont été invités à quitter le territoire avant le 6 juillet, conformément au principe de réciprocité appliqué par Paris. La France a dénoncé une décision « hostile et sans fondement », tout en rejetant les accusations burkinabè de soutien à des groupes terroristes. Cette évolution marque la concrétisation de la rupture des relations diplomatiques entre les deux États, après plusieurs années de dégradation des rapports bilatéraux. En dépit de ce retrait des représentations diplomatiques, les autorités burkinabè ont affirmé que cette décision ne remettait pas en cause les liens entre les peuples français et burkinabè. De son côté, Paris a toutefois appelé ses quelque 2 000 ressortissants établis au Burkina Faso à faire preuve d'une vigilance accrue, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la menace terroriste.

Face à ses défis sécuritaires, Ouagadougou entretient ses alliances

Alors que le Burkina Faso s’emploie à se débarrasser de ses liens diplomatiques et obligations internationales jugés contraignants, le pays cherche dans le même mouvement, à entretenir ses alliances régionales. C’est dans ce sillage que le 29 juin, le président et président en exercice de l’AES, Ibrahim Traoré, a reçu les présidents des organes législatifs du Burkina Faso, du Mali et du Niger afin d'accélérer la mise en place du futur Parlement confédéral de l'AES. La délégation, composée notamment du président de l'Assemblée législative du Peuple (ALP) du Burkina Faso, Ousmane Bougouma, du président du Conseil national de transition (CNT) du Mali, le général Malick Diaw, et du président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) du Niger, Mamoudou Harouna Djingarey, est venue recueillir les orientations du chef de la Confédération avant l'ouverture des travaux. À l'issue de cette rencontre, les responsables parlementaires ont annoncé le lancement imminent du processus de désignation des représentants appelés à siéger au Parlement confédéral, dont la première session devrait être convoquée dans les plus brefs délais. Cette nouvelle institution, dont les textes fondateurs ont été élaborés en septembre 2025 puis adoptés par les chefs d'État de l'AES en décembre de la même année, doit compléter l'architecture institutionnelle de la Confédération en assurant la représentation des peuples, le contrôle de l'action des organes confédéraux et le relais des préoccupations citoyennes à l'échelle de l'espace sahélien. De même, dans la sous-région, le Togo demeure un appui de taille pour l’AES. Et vu que l’on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a été élevé au rang de Commandeur de l'Ordre des Étalons par Ibrahim Traoré. Dans un message publié le 6 juillet sur sa page Facebook, le chef de la diplomatie togolaise a exprimé sa gratitude envers les autorités burkinabè, dédiant cette distinction au président Faure Essozimna Gnassingbé ainsi qu'au peuple burkinabè.

Néanmoins, Ouagadougou doit continuer à faire face à la pression sécuritaire due aux groupes terroristes. Le 4 juillet, le pays a été la cible d'une série d'attaques coordonnées revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Les assauts, menés simultanément dans plusieurs localités du nord, du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest du pays, auraient fait au moins une cinquantaine de morts parmi les Forces armées burkinabè et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). L'attaque la plus meurtrière a visé le camp militaire de Di, dans la province du Sourou, où au moins 34 soldats et VDP auraient été tués avant que les assaillants ne pillent les installations et s'emparent d'armes. D'autres attaques à Dalan et Tiéré auraient causé la mort d'au moins 18 militaires, tandis que Thiou et Séguénéga ont été visées par des incursions ayant entraîné la destruction de plusieurs véhicules civils.

Timbuktu Institute Week 1 - July 2026

At the end of last year, the constitutional amendment marked a significant turning point in Benin’s institutional history since the democratic renewal of 1990. Among the new provisions, the creation of a Senate was the one that generated the most discussion. Presented as a way to complement the institutional framework by providing a second chamber tasked with bringing expertise, continuity, and moderation to the legislative process, this reform nevertheless quickly sparked controversy. Caught between the promise of a better institutional balance and fears of a strengthening of the executive branch’s grip on power, it reignited the debate over the evolution of Benin’s democratic model, the legitimacy of an upper house, and the political implications of such a constitutional overhaul. According to the official line of the government at the time, the Senate is a “Council of Elders” tasked with regulating political life and, in particular, has the power to sanction political figures whose statements are deemed contrary to national cohesion or social peace. More specifically, the Senate will be able to require a second reading of all laws passed by the National Assembly, with the exception of finance bills and programmatic laws. Furthermore, constitutional laws, electoral laws, and laws governing the organization of political life must obtain the upper chamber’s approval before they can be enacted.

The Composition of the Senate

In doing so, former President Patrice Talon had announced, on the very day of the recent presidential election, his intention to serve in the Senate. Unveiled on July 1 by the government, the composition of the Senate is finally known, a few months after its creation. The twenty-five senators, appointed jointly by President Romuald Wadagni and the National Assembly, include several close associates of the government, former aides to Patrice Talon, senior military officers, and Paul Hounkpè, a former candidate in the April 2026 presidential election, who was appointed “as a high-ranking figure.” The institution will also count among its ex officio members former heads of state and former heads of institutions, notably Patrice Talon and Nicéphore Soglo, while the participation of former President Boni Yayi remains uncertain. While the Senate continues to fuel debates on shifts in the institutional balance of power, the presence of Paul Hounkpè—long described as a “moderate opposition figure”—has caused some unease. At least, this is the view of the opposition, which has always regarded him as a “scapegoat” intended to ensure the credibility of an election in which the opposition party, Les Démocrates (LD), was unable to participate. Does his seat in the Senate confirm these suspicions? Given that this appointment comes just a few weeks after his party, the Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), decided to collaborate with the presidential majority, such a question is entirely legitimate. The other important question remains whether Patrice Talon will serve as Senate president. It is at least certain that the appointments made by President Wadagni reflect strong institutional and political continuity with the previous regime. Indeed, among the new senators are several figures who held strategic positions under Patrice Talon, notably the former secretary-general of the presidency, Pascal Irénée Koupaki, whose influence had grown even stronger following the fall from grace of Johannes Dagnon (Talon’s former special advisor) in 2024. The new Senate also welcomes Emmanuel Tiando, former president of the Autonomous National Electoral Commission (CENA), who was involved in the reform of the sponsorship system that profoundly restructured the electoral process. In addition, there are two former ministers of key portfolios from the Talon administration: Alassane Seïdou, former Minister of the Interior, and Fortunet Alain Nouatin, former Minister of Defense.

The Country Faces Flooding

In Benin, it is the rainy season. With its usual share of flooding and disruptions that the population dreads every year. With this in mind, in a press release published on July 4, the Ministry of the Interior and Public Security announced the strengthening of its flood prevention measures, due to the continued heavy rainfall expected in the coming weeks. Accordingly, the Ministry of the Interior and Public Security has called on the public to strictly follow safety guidelines, particularly evacuation orders to safe areas when they are issued. This alert comes amid severe flooding across West Africa. As such, Beninese authorities recommend, in particular, avoiding flooded areas, submerged bridges, and river crossings; not consuming contaminated water; not overloading boats; and reporting any dangerous situations to civil protection services. The main objective is to raise public awareness in order to limit loss of life and property damage caused by severe weather.

Timbuktu Institute  semaine 1 – juillet 2026

A la fin de l’an dernier, la révision de la Constitution marquait un tournant significatif dans l’histoire institutionnelle du Bénin depuis le renouveau démocratique de 1990. Parmi les nouvelles dispositions, la création d’un Sénat aura été celle à faire couler le plus d’encre. Présentée comme un moyen de compléter l'édifice institutionnel en offrant une seconde chambre chargée d'apporter expertise, continuité et modération au processus législatif, cette réforme a pour autant rapidement cristallisé les controverses. Entre promesse d’un meilleur équilibre institutionnel et crainte d'un renforcement de l'emprise du pouvoir exécutif, elle a relancé le débat sur l'évolution du modèle démocratique béninois, la légitimité d'une chambre haute et les implications politiques d’une telle refonte constitutionnelle. Selon les éléments de langage du gouvernement d’alors, le Sénat est un « conseil des Sages » chargé d'assurer une mission de régulation de la vie politique et dispose notamment du pouvoir de sanctionner les acteurs politiques dont les déclarations seraient jugées contraires à la cohésion nationale ou à la paix sociale. Plus concrètement, le Sénat pourra imposer une seconde lecture de toutes les lois votées par l’Assemblée nationale, à l’exception des lois de finances et des lois programmatiques. De plus, les lois constitutionnelles, électorales et celles portant sur l’organisation de la vie politique devront obligatoirement obtenir l’aval de la chambre haute pour être promulguées.

La composition du Sénat

Ce faisant, l’ex-président Patrice Talon avait annoncé, dès le jour du scrutin de la récente présidentielle, sa volonté d’y siéger. Dévoilée le 1er juillet par le gouvernement, la composition du Sénat est enfin connue, quelques mois après sa création. Les vingt-cinq sénateurs, désignés conjointement par le président Romuald Wadagni et l'Assemblée nationale, comprennent notamment plusieurs proches du pouvoir, d'anciens collaborateurs de Patrice Talon, des officiers supérieurs ainsi que Paul Hounkpè, ancien candidat à l'élection présidentielle d'avril 2026, nommé « au titre de personnalité de haut rang ». L'institution comptera également parmi ses membres de droit les anciens chefs d'État et anciens présidents d'institutions, notamment Patrice Talon et Nicéphore Soglo, tandis que la participation de l’ancien président Boni Yayi demeure incertaine. Alors que le Sénat continue d'alimenter les débats sur l'évolution des équilibres institutionnels, la présence de Paul Hounkpè, longtemps qualifié d’ « opposant modéré » a quelque peu fait grincer des dents. Du moins, du côté de l’opposition qui l’a toujours considéré comme un fusible destiné à assurer la crédibilité d’une élection à laquelle le parti d’opposition Les Démocrates (LD) n’a pas pu participer. Son siège au Sénat confirme-t-il ces suspicions ? Alors que cette désignation intervient quelques semaines après la décision de son parti, les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), de collaborer avec la majorité présidentielle, une telle interrogation est fort légitime. L’autre question importante reste de savoir si Patrice Talon siégera à la tête du Sénat. Il est tout au moins certain que les nominations opérées par le président Wadagni témoignent d'une forte continuité institutionnelle et politique avec le précédent régime. En effet, parmi les nouveaux sénateurs figurent plusieurs personnalités ayant occupé des fonctions stratégiques sous Patrice Talon, notamment l'ancien secrétaire général de la présidence, Pascal Irénée Koupaki, dont l'influence s'était encore renforcée après la disgrâce de Johannes Dagnon (ex-conseiller spécial de Talon) en 2024. Le nouveau Sénat accueille également Emmanuel Tiando, ancien président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), associé à la réforme du système de parrainage ayant profondément restructuré la compétition électorale. A cela s’ajoute deux anciens ministres régaliens de l'administration Talon : Alassane Seïdou, ex-ministre de l'Intérieur, et Fortunet Alain Nouatin, ancien ministre de la Défense.

Le pays face au inondations

Au Bénin, c’est la saison des pluies. Avec son lot habituel d’inondations et de désagréments que redoutent chaque année les populations. C’est fort de cela que  dans un communiqué publié le 4 juillet, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique a annoncé le renforcement de son dispositif de prévention face aux risques d'inondation, en raison de la poursuite des fortes précipitations attendues dans les semaines à venir. En ce sens, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique a appelé les populations à respecter strictement les consignes de sécurité, notamment les ordres d'évacuation vers des zones sûres lorsque ceux-ci sont émis. Cette alerte intervient dans un contexte régional marqué par de graves inondations en Afrique de l'Ouest. Ainsi, les autorités béninoises recommandent notamment d'éviter les zones inondées, les ponts submergés et les traversées de cours d'eau, de ne pas consommer d'eau contaminée, de ne pas surcharger les embarcations et de signaler toute situation de danger aux services de protection civile. Objectif principal : renforcer la vigilance des populations afin de limiter les pertes humaines et matérielles liées aux intempéries.