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Dr Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institut : «Nous devons diversifier les approches de lutte contre le terrorisme »

Le directeur de l’Institut Timbuktu, Dr Bakary Sambe, déconseille l’usage à outrance des forces militaires pour combattre la montée de l’extrémisme religieux. Le spécialiste recommande plutôt la diversification des approches contre ce fléau.

Le Sénégal dispose de ressorts socioculturels pour faire face à la montée de l’extrémisme religieux. C’est la conviction de Dr Bakary Sambe, directeur de l’Institut Timbuktu. Parmi ces facteurs, il cite les confréries soufies. Cet argument est conforté par une étude réalisée dans la banlieue qui a révélé que 95% des personnes interrogées se reconnaissent dans le discours des religieux contre 4% de jeunes qui ne se retrouvent dans leurs messages. « Pour demeurer une sorte d’ilot de stabilité dans un océan d’instabilité qu’est la région ouest-africaine, le Sénégal s’appuie donc sur cet acquis considérable. L’Etat et ses démembrements tentent de faire des chefs religieux des leviers de médiation avec une sensibilisation permanente lors des grands événements religieux, mais aussi une action sur le terrain menée par la Cellule de lutte anti-terroriste (Clat) collaborant avec toutes les composantes de la société, chefs religieux comme leaders traditionnels », brosse Dr Bakary Sambe. Toutefois il précise que la tentation d’une approche sécuritaire dirigée vers certains mouvements et l’absence de prospective en négligeant les possibilités de construire et d’encadrer des stratégies de résilience communautaire inclusives pourraient impacter sur le « contrat social sénégalais ».

Par ailleurs il a démontré que le recours à la force militaire n’a pas produit des résultats escomptés dans beaucoup de pays. Il en veut pour preuve la poursuite des attentats dans des villes, dans des pays où les militaires sont spécifiquement déployés pour combattre le fléau. Le constat, affirme-t-il, l’approche strictement sécuritaire n’a pas produit des résultats à la mesure des investissements et des efforts déployés par les Etats et la communauté internationale bien qu’il soit admis, par exemple, que les solutions militaires, qui sont surtout conjoncturelles, ont pu stopper les « djihadistes ».

Promouvoirlaprévention
Pour lui, la militarisation à outrance est décriée comme porteuse de germes de radicalisation à moyen et à long terme comme ce fut le cas au Moyen-Orient. « Malgré des avancées notamment dans le « containment » des groupes « djihadistes », les opérations militaires n’ont jamais pu empêcher le phénomène de radicalisation. Au Mali, malgré la présence militaire au Nord, les fronts « djihadistes » prolifèrent notamment au Centre dans le contexte d’un dangereux cap vers le Sud. Les frontières maliennes constituant de ce fait un problème pour tous ses voisins (Ouagadougou, Grand Bassam, etc.) », évoque le chercheur qui rapporte des groupes « djihadistes » ont changé de modus operandi depuis l’expérience afghane. « Les interventions militaires étrangères alimentent du coup la rhétorique des recruteurs en vue de la légitimation religieuse du « Djihad » contre « l’envahisseur ». Dans une telle configuration, il s’avère important de diversifier les approches en donnant à la prévention toute sa place dans les différents dispositifs », conseille le chercheur. Il a insisté sur l’implication et la responsabilisation des communautés dans la lutte contre l’extrémisme. C’est dans cette optique qu’il a invité au recours de l’influence des religieux dans le contexte sénégalais pour prévenir les déviances des jeunes en quête de repères. « Les communautés religieuses elles-mêmes ont développé des résiliences dites communautaires qu’il serait important de soutenir en vue de stratégies endogènes que les populations s’approprient plus facilement comparées à celles émanant de l’« extérieur » souvent conçues par les destinataires comme imposées aux Etats. Ces derniers se trouvent ainsi dans une situation inconfortable devant concilier les impératifs de la coopération internationale de lutte et les contraintes politiques internes », fait remarquer Bakary Sambe. En plus des religieux, le spécialiste met l’accent sur le rôle que l’école peut jouer dans l’inclusion sociale, la socialisation des personnes en marge de la société. « La question éducative mériterait plus d’interventionnisme en faisant de la prévention par la socialisation le socle de la lutte contre les radicalismes religieux et l’extrémisme violent dans les décennies à venir », a-t-il insisté. Il ne sous-estime pas la lutte contre les inégalités sociales, l’ethnocentrisme et aussi la création d’espaces de socialisation dans des zones où les Etats sont fragilisés.

Source: lesoleil.sn

Femmes et extrémisme violent au Sahel : « La déclaration de Bamako est une avancée majeure si elle est opérationnalisée » (Timbuktu Institute) 

« La déclaration de Bamako ayant sanctionné les travaux du dialogue politique de haut niveau sur le leadership des femmes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent dans les pays du G5 Sahel constitue une avancée majeure si elle est suivie d’opérationnalisation ». C’est l’avis de Mme Yague Samb Hanne, de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies qui a représenté l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique à cette importante rencontre des 21 et 22 février 2017 à Bamako.

Faisant suite aux différentes initiatives dans le cadre de la promotion du leadership féminin dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, à la réunion de Bruxelles de mai 2013 ainsi qu’au forum régional de Ndjamena de juillet 2015, cette réunion a permis de revisiter des axes importants des Résolution 2250 et 1325 du Conseil de sécurité.

Pour Mme Hanne,  « le fait que les femmes soient affectées, non seulement comme victimes, mais aussi, de plus en plus comme actrices, est une donne importante dont il faudrait désormais tenir compte dans l’analyse du phénomène de l’extrémisme violent dans le Sahel ». De ce fait, elle soutient qu’il est impératif que « les partenaires techniques et financiers, mais aussi les Etats et l’ensemble de la communauté internationale contribuent davantage au renforcement du rôle des femmes dans la lutte contre l’extrémisme violent ». 

A cet effet, Timbuktu Institute, qui travaille beaucoup sur la construction des résiliences communautaires par le dialogue inclusif, soutient et apprécie positivement les recommandations de cette déclaration notamment :

–          La mise en place au niveau national et régional des cadres de concertation entre les organisations des femmes et les organisations religieuses

–          L’intégration de modules relatifs à la radicalisation et l’extrémisme violent dans les programmes scolaires et universitaires. 

Dans le cadre de son Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) et des activités qu’il mène à travers son Programme « Educating for Peace » au sein des établissements scolaires, Timbuktu Institute se propose de participer activement à « la sensibilisation, des femmes, des jeunes, des leaders d’opinion (religieux et chefs coutumiers), la communauté et les médias sur les effets et les conséquences de l’extrémisme violent », conformément à la recommandation numéro 5 de la déclaration de Bamako à laquelle l’institut souscrit pleinement.

A l’issue de sa participation à la rencontre historique de Bamako, Timbuktu Institute a ainsi décidé de proposer sa coopération et son appui à ONUFEMMES, UNOWAS, G5 Sahel et à l’Union africaine (UA) dans le cadre du renforcement des capacités des réseaux de femmes et des jeunes œuvrant sur la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation débouchant sur le terrorisme.

« La fusion des groupes djihadistes est une anticipation du redéploiement de Daech dans le Sahel » (Bakary Sambe, BBC) Trois groupes jihadistes du Sahel ont annoncé la fusion de leurs organisations dans une vidéo diffusée par l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar.
Le groupe est formé d’Ansar Dine, Al-Mourabitoune et l’Emirat du Sahara, une branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. L’alliance sera dirigée par le chef malien Iyad Ag Ghaly, leader d’Ansar Dine. Le nouveau mouvement est baptisé « groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ».
Bakary Samb est le directeur du Timbuktu Institute-African Center for Peace studies.
Raïssa Ioussouf lui a demandé si cette alliance était liée à l’installation des autorités intérimaires dans le nord du Mali.

Pour écouter le son: http://www.bbc.com/afrique/region-39150052

L’universitaire sénégalais Bakary Sambe donne une Conférence sur « la Diplomatie religieuse du Maroc », ce mardi à Rabat
Présentement professeur invité à l’Institut Œcuménique de Théologie de Rabat Al-Mowafaqa, Dr. Bakary Sambe donne une Conférence sur la diplomatie religieuse du Maroc, ce mardi 14 mars à 19 heures..
Cette conférence entre dans le cadre des activités du directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies durant son séjour à cet Institut (Al Mowafaqa) basé à Rabat où il donnera différents cours au profit d’étudiants et personnalités venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe suivant des formations sur le pluralisme religieux et le dialogue des cultures et des religions.
Pour rappel, l’intellectuel sénégalais, Dr. Bakary Sambe, spécialiste des relations arabo-africaines, du militantisme islamique et des réseaux transnationaux,  est l’auteur, entre autres, d’un essai, en cours de réédition, intitulé « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc » précédemment paru en 2011 au Maroc et aux Etats-Unis.

Disparition de Serigne Cheikh Ahmed Tidians Sy: Timbuktu Institute salue la mémoire d’un grand soufi et homme de paix.

« L’implication de la communauté éducative et des leaders religieux, dans le cadre d’une démarche inclusive, est au cœur de notre action de prévention et de consolidation de la cohésion sociale au Sénégal contre toutes formes d’extrémisme et de discours de haine », souligne Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute – African Center for Peace Studies, qui avait initié à Kaolack, le 25 mars 2017, la « Marche pour la Paix » dans le cadre du programme national « Educating for Peace », soutenu par l’Ambassade des Etats-Unis du Sénégal.

 Cette marche que Timbuktu Institute  voudrait, « désormais annuelle et tournante dans les  régions », a rassemblé plus de 2000 élèves de toutes confessions confondues, du Collège Pie XII, du Lycée Valdiodio Ndiaye et du Lycée Technique et Commercial El Hadji Abdoulaye Niass de Kaolack.
 
Pour Mouhamadou Bâ, coordonnateur du Programme, Educating for Peace, « ce type d’activité vise à appuyer l’action de l’Etat du Sénégal dans la prévention de l’extrémisme et à vulgariser des messages de paix tel que nous le faisons déjà dans le cadre de notre Chaîne YouTube spécialement dédiée à cela ». Lors de cette manifestation publique qui a été facilitée par les autorités de la région dont le départ a été donné au Cœur de Ville de Kaolack pour se terminer au Lycée Technique et Commercial El Hadji Abdoulaye Niass, la communauté éducative de Kaolack s’est mise « en marche » pour la paix avec des messages en faveur du renforcement de la cohésion sociale, du respect de l’autre et de l’éducation de la paix au Sénégal, en Afrique et dans le monde.
 
Selon Mme Yague Samb, Hanne, en charge du Pôle Dialogue politique et résolution des conflits de Timbuktu Institute, « la marche pour la paix était le premier jalon d’une initiative plus globale que l’Institut voudrait prendre afin de mieux pacifier l’espace politique au Sénégal qui connaît aussi des discours violents malgré les atouts considérables de notre pays en termes de leviers de médiation ». Après cette marche dans les rues de Kaolack, une conférence rassemblant les élèves et le corps professoral des différents établissements ainsi que les notables de la ville de Kaolack a eu lieu au Lycée Technique et Commercial El Hadji Abdoulaye Niass.
 
 Restant fidèle à notre objectif d’être le plus inclusif possible, la parole a été donnée au corps professoral et aux élèves de ces établissements. Pendant son adresse, Dr. Bakary Sambe dira que « notre pays compte beaucoup sur l’école qui est l’arme de construction massive la plus performante au service de la paix et du développement ». Les élèves des différents établissements ont gratifié le public venu nombreux, de poèmes en arabe, en portugais, en anglais et en français afin de souligner que la paix est au cœur de notre contrat social, ici au Sénégal et que l’Islam ainsi que toutes les religions au Sénégal sont avant tout des religions de paix prônant le vivre ensemble et le respect de l’autre.
 
 Pour Mame Seyni Mbaye, chargée des relations publiques au sein de l’Institut, « le Programme Educating for Peace poursuivra ses actions dans d’autres départements comme Mbour avec trois établissements qui seront impliqués dans le cadre du concours de création littéraire et artistique pour promouvoir les messages de paix et de tolérance ». Cela est « d’autant plus nécessaire, d’après-elle, que notre sous-région connaît des problèmes liés au développement de discours extrémistes avec des conséquences désastreuses sur la paix et la stabilité que nous devons prévenir à tout prix surtout en bâtissant des synergies comme, récemment, en collaboration avec les professionnels de la presse en ligne du Sénégal qui s’est engagée à nous y accompagner ».

« Ils s’étaient recroquevillés dans des groupes sur les réseaux sociaux pour se faire oublier au moment où la menace terroriste et les mesures sécuritaires constituaient une épée de Damoclès en atténuant leurs positions sur les confréries pour gagner des alliés circonstanciels. Et il y a eu, ces derniers temps, une forme de mise en confiance qui les a relativement normalisés. J’ai toujours contesté la thèse selon laquelle, ils n’étaient pas pour la violence et soutenu le fait qu’ils n’ont pas encore les moyens de la violence physique. Ils sont tous les jours sur le terrain de la violence symbolique en s’attaquant à la foi des autres, en chassant des Musulmans qui ne leur ressemblent pas des mosquées à Rufisque, de Guédiawaye et sur le campus de Dakar », analyse longuement, le Dr. Bakary Sambe, suite aux sorties des leaders salafistes contre le système confrérique sénégalais, « leur ennemi à abattre pour faciliter la jonction avec les courants extrémistes extérieurs avec des enjeux financiers énormes », rappele t-il.

Les attaques récurrentes, ces derniers temps, contre le mouridisme notamment et les autres confréries de la part de responsables salafistes, relèveraient selon Bakary Sambe, d’ « un agenda global que ces mouvements n’ont jamais abandonné malgré des accommodations et même les tentatives d’infiltration des confréries ».

Il signale que « la déclaration des mouvements et associations mourides arrive à son heure et c’est un signe de prise de conscience d’un danger rampant cherchant à saper notre cohésion sociale et notre modèle religieux garant de la stabilité et de la coexistence entre les communautés de ce pays. Le Sénégal est le hub final visé comme l’ont souligné les dernières menaces d’Iyad Ag Ali. Aujourd’hui, ce sont les confréries, demain ce sera l’État ».

Pour le spécialiste sénégalais du militantisme islamique et des réseaux transnationaux, « le projet n’a jamais changé depuis l’ouvrage Adwa’un Ala Sinighâl (Lumière sur le Sénégal)  dans les années 90 où cette tendance expliquait que la réalisation d’une société sénégalaise véritablement islamique ne sera possible qu’après la disparition des confréries et la connexion du Sénégal à l’islamisme mondialisé. »

« En fait, il ne leur reste plus que le Sénégal avec des confréries comme rempart et qui est demeuré, jusqu’ici, un îlot de stabilité dans un océan d’instabilité qu’est notre sous-région. Ils ont semé leurs graines au Mali et le terrorisme y pousse allégrement au Nord comme au centre avec un pays déstabilisé pour encore plusieurs années  Le salafisme politique a mis le feu partout où on lui a laissé le terrain libre sans des systèmes de résistance comme nos confréries : Afghanistan, Mali, Nigéria, etc »

D’après Bakary Sambe, « ces mouvements salafistes n’ont jamais abandonné un tel projet ». Il revient à ce propos sur la thèse de Mouhammad Ahmad Lô soutenue en Arabie Saoudite, sur « la sacralisation des personnages dans la pensée soufi », largement diffusée avec des moyens financiers colossaux  et qui considérait la majorité des Sénégalais comme des « impies » (kuffâr) en s’attaquant aux confréries qu’il a accusées de « Shirk », d’associationnisme ». Et, on connaît la logique, s’ils vous déclare impie votre sang devient « halal », licite ! (damuhum halal). « Ces théories sont librement enseignées à Dakar et les salafistes sont en train d’élargir leur champ d’action notamment dans la région de Louga avec un appui médiatique et logistique, tel qu’une récente recherche scientifique l’a bien mis en évidence ».

« Les dirigeants salafistes ont profité d’une simple déclaration d’un jeune garçon que tous les responsables mourides ont vigoureusement dénoncée pour s’attaquer au mouridisme avec des accusations de « Shirk », alors que Serigne Touba a consacré pas moins de 19 écrits célèbres au Tawhid. « Ils cherchent toujours la faille pour réaliser leur projet avec des moments de repli et des temps d’action quand ils se sentent en force; c’est ce qui a amené leur chef de file, de manière à peine voilée,  à s’engouffrer dans la brèche pour s’attaquer au respectable Serigne Mountakha Mbacké », martèle Bakary Sambe.

Selon le Directeur du Timbuktu Institute, la thèse d’Ahmad Lô, qui a qualifié la Tijaniyya de voie « hérétique »,  à l’époque décriée par feu Cheikh Tidiane Gaye de Louga,  a maintenant fait des émules et que les mouvements salafistes, dans leurs différents courants –frères musulmans dans nos campus comme wahhabites dans la banlieue – sont depuis longtemps dans une stratégie de « Taqiyya » ; cette « ingénieuse manière de dissimuler leur agenda, le temps que le rapport de force leur devienne favorable. C’est ainsi qu’ils essaient d’endormir les autorités politiques en infiltrant même les partis politiques jusqu’à l’Assemblée nationale »

« Ils sont la porte de pénétration de notre pays par des réseaux étrangers hostiles à notre modèle politique démocratique et religieux confrériques. Les signaux et les gages de loyauté sporadiques à l’Etat et à ses autorités ne sont que pure duperie. Leur agenda n’est pas le nôtre, n’est pas dans l’intérêt de la stabilité de notre pays », conclut Bakary Sambe qui appelle à une « prise de responsabilité des autorités » telle qu’y a insisté la déclaration des mouvements et collectifs scientifiques mouride.

En partenariat avec l’Association « Entente Féminine pour le Développement du Sénégal », Timbuktu Institute – African Center for Peace Studies (Observatoire des Radicalismes et Conflits Religieux en Afrique) de Dakar, organise dans le cadre du programme d’actions pour l’éducation à la paix et le renforcement de la cohésion sociale en appui aux efforts de l’Etat du Sénégal, «Educating for Peace» une conférence de sensibilisation autour du thème : « Contre l’extrémisme violent et pour la paix : Quels rôles pour les femmes leaders du Sénégal ? ».

Ce panel sera animé par Madame Ndèye Sagar TALL et Madame Kiné SOW, Islamologue avec la participation de Imam Pape SAMBE, accompagné de Chérif Ibou Seyni Laye Thiaw et de Cheikh Ahmadou BASS, Taalifkaat (poète en wolof). Ce programme d’éducation et de vulgarisation des messages de paix  en milieu scolaire  est soutenu par l’Ambassade de Etats-Unis à Dakar. 

La conférence aura lieu le Mercredi 19 avril 2017 à 15h à la Grande Place du Terminus Liberté V et sera modérée par Mme Yague  S. HANNE, en charge du Pôle Dialogue Politique et Résolution des Conflits de Timbuktu Institute avec la participation des chefs religieux et des associations féminines du Sénégal.

En collaboration avec l’Entente Féminine pour le Développement Sénégal et les responsables religieux, Timbuktu Institute a organisé la grande conférence des femmes leaders, intitulé : « Les femmes leaders du Sénégal s’engagent contre l’extrémisme violent », le mercredi 19 avril 2017 dans le cadre de son programme d’actions pour la paix et la cohésion sociale au Sénégal « Educating for Peace ».

En organisant cet événement populaire, Timbuktu Institute appelle toutes les femmes de tout âge, de toute catégorie socio-professionnelle, de toute religion à s’ériger en tant que remparts contre la radicalisation et l’extrémisme violent, en tant qu’éducatrices et protectrices des valeurs de cohésion sociale et de paix à défendre sans relâche pour le bien de notre monde, de notre pays, de nos communautés, de nos familles et de nos enfants la devise de Mothers for Peace, « Engagées, nous sommes les digues protectrices de la paix ». C’est donc plus qu’un simple concept mais il s’agit avant tout d’une invitation à l’engagement des mères, qui sont au cœur de la cellule familiale au Sénégal, contre les fléaux de la radicalisation des jeunes et de l’extrémisme violent.

Lors de cette manifestation publique, la communauté religieuse, issue des différentes confréries soufies, représentée par Chérif Ibou Seyni Laye Thiaw et Imam Pape Sambe se sont exprimés sur l’importance de la femme et l’éducation des enfants dans la tolérance et le respect. Ensuite, des poèmes  (en wolof et en arabe), mettant en valeur les femmes en tant qu’éducatrices et actrices de paix ont été prononcées. Selon Abdoulaye Ndiaye, jeune étudiant en arabe au Lycée Valdiodio Ndiaye de Kaolack, « la mère est en elle-même une patrie car elle est le professeur des professeurs. C’est elle qui a éduqué les professeurs. Elles sont en train de façonner notre monde sans qu’on le sache ».

Enfin, dans la volonté d’étendre cette initiative, Dakar constitue le point de départ de cette plateforme de femmes leaders. Selon Mme Yague Hanne, Responsable du Pôle Dialogue Politique et Gestion des Conflits, « cette initiative sera répétée dans d’autres régions du Sénégal et nous avons l’ambition de poursuivre en Afrique à la rencontre d’autres femmes pour les capaciter et promouvoir leur engagement contre la radicalisation et l’extrémisme violent sous toutes ses formes ».

« La grande question pour les Etats laïcs d’aujourd’hui est qu’ils sont, paradoxalement, contraints de gérer et d’interférer dans le religieux face à la montée de l’extrémisme violent et d’autres problématiques liées à ce domaine sensible  », remarque Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute- qui organise, jeudi prochain, à Mermoz (Dakar) dans les locaux d’OSIWA à 9h, ce séminaire en collaboration avec l’ISERL, l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité de l’Université Lumière Lyon 2 (France).
Ce séminaire verra la participation de chercheurs belges, français, et sénégalais, canadiens de divers horizons disciplinaires.
Seront traités, sous différents angles, les cas du Mali, du Burkina Faso, de la Belgique, de la France, du Canada et du Sénégal dans le cadre d’un débat visant à faciliter des échanges avec décideurs politiques mais aussi les partenaires internationaux.

Son attendus notamment, les Professeurs Philippe Martin et Jean-Pierre Chantin de France mais aussi l’intervention de spécialistes belges, sénégalais comme Pr. Babacar Samb, Dr. Selly Bâ, Dr.Bakary Sambe, Dr. Seydou Khouma, Dr. Serigne Bamba Gaye de même que des représentants de think tanks et de la société civile, tels que Cheikh Guèye d’Enda Tiers-monde, Yague Hanne.

Selon cette dernière,, chargée du Pôle « dialogue politique et de la résolution des conflits » chez Timbuktu Institute, « ce séminaire sera un cadre d’échanges sur les expériences des différents pays faisant face à ce paradoxe afin de dégager des pistes pour une réflexion plus approfondie et inclusive sur cette situation que vivent nos pays notamment dans l’espace francophone ».
La redaction