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Sent on January 20 by intelligence services to President Paul Biya, a note classified as "red confidential" warns against an alleged public debt project for the purpose of "financial capture," reveals Jeune Afrique. The document reportedly cites "cross-checked information" indicating pressure from "circles close to power," namely the ministries of finance and economy. The memo also mentions the risks of "misappropriation of public funds," "overbilling," "fictitious projects," "aggravation of debt," and "undermining the authority of the state." Thus, Biya's signing the following day, January 21, of a decree authorizing the Minister of Finance, Louis Paul Motaze, to contract loans for a maximum amount of 1.65 trillion CFA francs on domestic and foreign markets adds fuel to the fire. The coincidence between the intelligence alert and the signing of the decree highlights the tensions between state surveillance and financial decisions, while raising questions about the rigour of public finance management.

Ngarbuh massacre: the verdict is finally in

In the case of the massacre of civilians on February 14, 2020, in Ngarbuh during the Anglophone crisis, the military court in Yaoundé found three Cameroonian soldiers and a former separatist guilty. This massacre, perpetrated by elements of the Cameroonian army and Mbororo militias in the Ngarbuh district of Ntumbaw (Northwest region), caused widespread outrage with a death toll of 23 civilians, including pregnant women and children. This verdict is the first step in a long legal process, the second stage of which is scheduled to begin on February 19 with the defense and civil parties' closing arguments to determine the amount of damages to be paid to the victims' beneficiaries.

However, Human Rights Watch (HRW) researcher Illaria Allegrozi finds it regrettable that "no high-ranking officers have been arrested or charged in this trial. Even the 17 militiamen who allegedly helped the soldiers carry out the killings have been charged with murder but remain at large. " Thus, the outcome of this trial could, once again, highlight the limitations of the Cameroonian justice system in the context of the Anglophone crisis. Indeed, punishing the direct perpetrators while potentially leaving those in higher positions unpunished raises legitimate questions about the ability of the judicial system to fully account for the extent of the violence at work in this crisis.

Timbuktu Institute Janvier 2026

 

Adressée le 20 janvier par les renseignements au président Paul Biya, une note classée « rouge confidentiel » alerte contre un présumé projet d’endettement public à des fins de « captation financière », révèle Jeune Afrique. Le document ferait état d’« informations recoupées » indiquant des pressions des « cercles proches du pouvoir » en l’occurrence les ministères des Finances et de l’Economie. La note mentionne également des risques de « détournement de deniers publics », de « surfacturation », de « projets fictifs », d’« aggravation de la dette » ou d’« atteinte à l’autorité de l’État ». Ainsi , la signature le lendemain 21 janvier par Biya d’un décret autorisant le ministre des Finances, Louis Paul Motaze à contracter des emprunts pour un montant maximal de 1650 milliards FCFA sur les marchés intérieurs et extérieurs donne du grain à moudre à l’affaire. La coïncidence entre l’alerte des services de renseignements et la signature du décret met en lumière les tensions entre surveillance étatique et décisions financières tout en posant la question de la rigueur dans la gestion des deniers publics.

Massacre de Ngarbuh, le verdict enfin rendu

Dans l’affaire du massacre de civils survenu le 14 février en 2020 à Ngarbuh pendant la crise anglophone, le tribunal militaire de Yaoundé a reconnu coupables trois soldats camerounais et un ex-séparatiste. Ce massacre perpétré par des éléments de l'armée camerounaise complétés de milices Mbororos dans le quartier Ngarbuh à Ntumbaw (région du Nord-Ouest) avait causé un fort émoi général avec son bilan de 23 civils morts dont femmes enceintes et enfants. Ce verdict est la première étape de ce long parcours judiciaire dont la deuxième devrait s’ouvrir le 19 février pour les plaidoiries de la défense et des parties civiles en vue de déterminer le montant des dommages et intérêts à verser aux ayants droit des victimes.

Cependant, il est regrettable estime la chercheuse Illaria Allegrozi de Human Rights Watch (HRW) « qu’aucun officier de haut rang n'a été arrêté ni inculpé dans ce procès. Et même les 17 miliciens qui auraient aidé les soldats à perpétrer cette tuerie ont été inculpés de meurtre, mais sont toujours en liberté. » Ainsi, l’issue de ce procès pourrait, une fois de plus, mettre en évidence les limites de la justice camerounaise dans le contexte de la crise anglophone. En effet, sanctionner des auteurs directs tout en laissant potentiellement impunis les responsables de rang supérieur fait émerger des interrogations légitimes sur la capacité du système judiciaire à rendre pleinement compte de l’ampleur des violences à l’œuvre dans cette crise.

Timbuktu Institute January 2026

 

No opposition MPs will sit in the tenth legislature. The parties of the presidential bloc, the Progressive Union for Renewal (UP-R) and the Republican Bloc (BR), came out on top in the legislative elections with 41.15% and 36.84% of the vote respectively, according to the Independent National Electoral Commission (CENA). The main opposition party, Les Démocrates (LD), with 16.16%, did not obtain at least 20% of the votes cast in all 24 constituencies, as required by the electoral code. The same was true for the two other parties in the running, FCBE (4.86%) and Moele-Bénin (1.21%). In the end, the UP-R (60 seats) and the BR (49 seats) won all 109 seats in the National Assembly. "It was an exclusive electoral code. I continue to say that this does not honor our country," lamented Guy Mitokpè, candidate in the election and national secretary of communications for the LD party. It should be noted that this is the second time—the first being in 2019—under the presidency of Patrice Talon that the parliament will be single-party. This seems to be yet another illustration of the concentration of power and the reduction of civic space that many observers have been quick to point out under Talon's governance.

Security efforts

In light of the ongoing security challenges in the north of the country, the authorities continue to implement measures to strengthen trust between local populations and the defense and security forces. A campaign to provide free medical carewas organized in Porga (Atacora department) from January 13 to 16 by the civil-military action unit of Operation Mirador. According to the organizers, more than 2,000 residents of Porga and the surrounding area benefited from medical consultations, treatment, and donations of medicines. In the same vein, on January 15, the German army provided the Beninese Armed Forces (FAB) with a batch of equipment as part of security cooperation between the two countries. This included 25 night vision devices, 60 respirators, and 500 sets of personal protective equipment. These initiatives reflect the dual strategy advocated by the Beninese authorities: strengthening the operational capacity of the defense forces while consolidating the resilience of local populations in the face of jihadist threats. International cooperation underscores the importance of bilateral support in securing the north of the country and stabilizing affected communities.

Timbuktu Institute Janvier 2026

Aucun député de l’opposition ne siégera au parlement de la dixième législature. Les partis du bloc présidentiel, l’Union Progressiste pour le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) sont arrivés en tête des législatives avec les scores respectifs de 41,15% et 36,84% selon la Commission électorale nationale autonome (Cena). Le principal parti d'opposition, Les Démocrates (LD) -avec ses 16,16%- n'a pas obtenu au moins 20% des suffrages exprimés dans l'ensemble des 24 circonscriptions électorales, comme l’exige le code électoral. La même chose est constatée pour les deux autres partis qui étaient en lice, FCBE (4,86%) et Moele-Bénin (1,21%). En fin de compte, l'UP-R (60 sièges) et le BR (49 sièges) raflent les 109 sièges de l’Assemblée nationale. « C’était un code électoral exclusif. Je continue de dire que cela n’honore pas notre pays », a regretté Guy Mitokpè, candidat au scrutin et Secrétaire national à la communication du parti LD. Il convient de rappeler que c’est pour la deuxième fois – la première datant de 2019 - sous la présidence de Patrice Talon que le parlement sera monocolore. Cela semble être une nouvelle illustration de la concentration des pouvoirs et la réduction de l’espace civique que nombres d’observateurs ne manquent pas de souligner sous la gouvernance de Talon.

Efforts sécuritaires

A l’ombre des défis sécuritaires persistants au nord du pays, les autorités continuent de mettre en place des actions de consolidation des relations de confiance entre les populations locales et les forces de défense et de sécurité. Ainsi, une  campagne de distribution de soins médicaux gratuits – du 13 au 16 janvier – est organisée à Porga ( département de l’Atacora) par la cellule des actions civilo-militaires de l’opération Mirador. D’après les organisateurs, plus de deux mille habitants de Porga et environs ont bénéficié de consultations médicales, de traitements et de dons de médicaments. Dans le même sillage, le 15 janvier, l’armée allemande a mis à la disposition des Forces armées béninoises (FAB) un lot de matériel, dans le cadre de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Il s’agit de 25 appareils de vision nocturne, 60 respirateurs et 500 ensembles d'équipement de protection individuelle. Ces initiatives reflètent la double stratégie prônée par les autorités béninoises : renforcer la capacité opérationnelle des forces de défense tout en consolidant  la résilience des populations locales face aux menaces jihadistes. La coopération internationale souligne l’importance de l’appui bilatéral dans la sécurisation du nord du pays et la stabilisation des communautés affectées.

In Togo, we are witnessing a period that seems to confirm a unique strategic posture: Lomé is positioning itself both as a regional diplomatic actor and a vigilant state in the face of security repercussions from the Sahel. On the diplomatic front, on January 17, Lomé hosted a high-level meeting dedicated to coordinating peace initiatives in the DRC and the Great Lakes region. This meeting aims to harmonize and coordinate peace initiatives in this country and highlights Togo's effective involvement alongside the African Union. By using diplomacy as a strategic tool, Lomé is involved in regional mediation, strengthening its credibility and diversifying its alliances. In the short and medium term, this diplomatic stance should thus strengthen Togo's position as a regional mediator and credible partner of the African Union. Lomé's involvement in peace initiatives, particularly in the Democratic Republic of Congo, reflects a strategy aimed at increasing its influence while anticipating security implications in the Sahel. However, this increased visibility on the diplomatic stage requires a delicate balance between regional ambition, national capabilities, and internal security risk management. 

Judicial cooperation and regional stability: the challenges of Damiba's extradition
At the same time, the Togolese authorities' decision to extradite Damiba is part of a strategy to strengthen judicial and security cooperation with Burkina Faso, in a regional context marked by growing transnational challenges. Presented as a sign of respect for bilateral commitments and subregional consultation mechanisms, this move demonstrates Togo's desire to maintain a climate of political trust with the transitional authorities in Burkina Faso.

Beyond the legal act itself, this extradition has a strategic diplomatic dimension. It reflects a pragmatic adjustment of Togo's position aimed at avoiding any tension in bilateral relations and contributing to regional stability. In a West African region weakened by insecurity and political tensions, the choice of dialogue and cooperation appears to be a means of managing relations between states. However, the decision to extradite Paul-Henri Sandaogo Damiba raises serious questions about Togo's compliance with its commitments on the right to asylum.

Asylum under duress: Damiba's extradition and the weakening of Togo's commitments

Beyond moral considerations, this measure could set a worrying legal precedent. The extradition of a former head of state who was granted regional protection on Togolese territory raises questions about the compatibility of this decision with the country's international obligations. Togo, a signatory to the 1951 Geneva Convention relating to the Status of Refugees and the 1967 Protocol, has committed to guaranteeing the protection of persons exposed to political persecution. However, the return of Mr. Damiba to a political and security context where the reinstatement of the death penalty is under debate for s that some raise the question of effective compliance with the principle of non-refoulement. Some observers see this act as a capitulation to pressure, particularly with regard to economic issues, given that more than 60% of Burkina Faso's imports pass through the port of Lomé, according to World Bank data. Lomé, which wishes to position itself as the port of the ESA countries, has every interest in maintaining good relations with these states.

 

Timbuktu Institute Janvier 2026

Au Togo, on assiste à une  période qui semble confirmer une posture stratégique singulière : Lomé se positionne à la fois comme un acteur diplomatique régional et  un État vigilant face aux retombées sécuritaires sahéliennes. Sur le plan diplomatique, Lomé a accueilli le 17 janvier une réunion de haut niveau consacrée à la coordination des initiatives de paix en RDC et dans les Grands Lacs. Cette réunion vise à harmoniser et à coordonner les initiatives de paix dans ce pays et souligne l’implication effective du Togo aux côtés de l’Union africaine. En utilisant la diplomatie comme outil stratégique, Lomé s’implique dans des médiations régionales, renforce sa crédibilité et diversifie ses alliances. À court et moyen terme, cette posture diplomatique devrait ainsi renforcer le positionnement du Togo en tant qu'acteur de médiation régionale et partenaire crédible de l'Union africaine. L’implication de Lomé dans les initiatives de paix, notamment en République démocratique du Congo, traduit une stratégie visant à accroître son influence tout en anticipant les retombées sécuritaires au Sahel. Toutefois, cette visibilité accrue sur la scène diplomatique impose un équilibre délicat entre ambition régionale, capacités nationales et gestion des risques sécuritaires internes.

Coopération judiciaire et stabilité régionale : les enjeux de l’extradition de Damiba
Parallèlement, la décision des autorités togolaises de procéder à l'extradition de Damiba s'inscrit dans une logique de renforcement de la coopération judiciaire et sécuritaire avec le Burkina Faso, dans un contexte régional marqué par des défis transnationaux croissants. Présentée comme le respect des engagements bilatéraux et des mécanismes de concertation sous-régionale, cette démarche témoigne de la volonté du Togo de préserver un climat de confiance politique avec les autorités de transition du Burkina Faso. 

Au-delà de l'acte juridique, cette extradition revêt une dimension diplomatique stratégique. Elle témoigne d'un ajustement pragmatique de la posture togolaise visant à éviter toute crispation dans les relations bilatérales et à contribuer à la stabilité régionale. Dans un espace ouest-africain fragilisé par l'insécurité et les tensions politiques, le choix du dialogue et de la coopération apparaît comme un moyen de gérer les relations entre États. Cependant, la décision d'extrader Paul-Henri Sandaogo Damiba soulève de sérieuses interrogations quant au respect par le Togo de ses engagements en matière de droit d'asile.

Droit d’asile sous contrainte : l’extradition de Damiba et la fragilisation des engagements du Togo

Au-delà des considérations morales, cette mesure pourrait en effet constituer un précédent juridique préoccupant. En effet, l'extradition d'un ancien chef d'État accueilli sur le territoire togolais dans le cadre d'une protection régionale soulève des questions quant à la conformité de cette décision avec les obligations internationales du pays. Le Togo, État partie à la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés ainsi qu’au Protocole de 1967, s'est engagé à garantir la protection des personnes exposées à des persécutions politiques. Or, le renvoi de M. Damiba vers un contexte politique et sécuritaire où le rétablissement de la peine de mort fait débat pendant que certains soulèvent la question du respect effectif du principe de non-refoulement. Certains observateurs voient dans cet acte une cession à la pression, notamment au regard des enjeux économiques, sachant que plus de 60 % des importations burkinabè transitent par le port de Lomé selon les données de la Banque mondiale. Lomé, qui souhaite se positionner comme le port des pays de l'AES, a tout intérêt à entretenir de bonnes relations avec ces États.

Timbuktu Institute January 2026

 

In Côte d'Ivoire, the former prime minister was promoted to the head of the chamber by his fellow deputies with a large majority of 85% of the vote. The ruling party has thus confirmed its hegemony in the political arena following Ouattara's election to a fourth term. This guarantees the central government strong institutional coherence and a certain amount of leeway to implement its programs, ensuring stability and continuity of government action. The election of former Prime Minister Patrick Achi as President of the National Assembly marks a key step in the consolidation of the Ivorian political system in an unstable regional environment. In the same vein, President Alassane Ouattara carried out a cabinet reshuffleon Friday, January 23. This reshuffle did not involve any major changes and appears to be a continuation of the status quo. The appointment of his own brother, Téné Birahima Ouattara, as Deputy Prime Minister and Minister of Defense attracted attention in this government. At the same time, Agriculture Minister Kobenan Kouassi Adjoumani, who had been in office since 2011, was removed from the team. Was this due to the fall in world cocoa prices, which has severely penalized Ivorian farmers, the world's leading producers of this commodity? In any case, his departure has been a major news story in the country in recent days. He now holds the position of special advisor to the president.

Launch of the new five-year term: strategic directions and government priorities in Côte d'Ivoire

In the same vein, on January 24, 2026, President Alassane Ouattara chaired the first Council of Ministers of the new government formed after the 2025 elections in Côte d'Ivoire. He then set out the broad outlines of government action, emphasizing the rigorous implementation of the 2026-2030 national development plan, designed as a strategic framework to accelerate economic and social development while strengthening security, national cohesion, and peace. He emphasized the "government's determination to implement the 2026-2030 national development plan, as well as the guidelines derived from the social contract we entered into with our fellow citizens this year. We must go even further, because the people are counting on us."

The first Council of Ministers meeting thus marks the effective launch of the next five-year term and the structuring of the strategic framework for public action. The central place given to the National Development Plan reflects the desire to continue and strengthen planning in order to achieve measurable results in economic and social development. Emphasis is also placed on security, national cohesion, and peace, illustrating the close link between development and stability in a sensitive post-election and regional context. Finally, the reference to the "social contract" expresses the government's accountability and performance requirements in the face of the population's many expectations.

Security prevention and strong institutions: Côte d'Ivoire as a hub of regional stability

In recent years, the absence of any notable security crises has confirmed this trend. Unlike the Sahelian states, Côte d'Ivoire relies on the strength of its institutions to prevent instability. This prevention strategy is based on anticipating threats, monitoring northern borders, and combating trafficking and radicalization. Côte d'Ivoire seeks to position itself as a hub of stability and a trusted partner for both regional actors and international partners.

Timbuktu Institute Janvier 2026

En Côte d’ivoire, l’ancien Premier ministre a été promu à la tête de l’hémicycle par ses collègues députés avec un large score de 85 % des voix. En effet, le parti au pouvoir confirme son hégémonie dans l’échiquier politique après l’élection de Ouattara pour un quatrième mandat. Ce qui garantit à l’Etat central une forte cohérence institutionnelle et une certaine marge de manœuvre à mettre en place ses programmes, assurer une stabilité et une continuité de l’action gouvernementale. L’élection de l’ancien Premier ministre Patrick Achi à la présidence de l’Assemblée nationale marque une étape clé dans la consolidation du dispositif politique ivoirien, dans un environnement régional instable. Dans la même veine, le président Alassane Ouattara a procédé à un remaniement ministériel ce vendredi 23 janvier. Ce remaniement n’a pas connu de changement majeur et semble s’inscrire dans la continuité. La nomination de son propre frère Téné Birahima Ouattara au poste de vice-Premier ministre et chargé de la défense a attiré l’attention dans ce gouvernement. Parallèlement, le ministre de l’agriculture Kobenan Kouassi Adjoumani, en poste depuis 2011 a été éjecté de l’équipe. Est-ce par le fait du contexte de chute des cours mondiaux du cacao, qui a fortement pénalisé les agriculteurs ivoiriens, premier producteur mondial de cette denrée ? Dans tous les cas, son départ a fortement marqué l’actualité du pays ces derniers jours. Il occupe maintenant le poste de conseiller spécial à la présidence.

Lancement du nouveau quinquennat : orientations stratégiques et priorités gouvernementales en Côte d’ivoire

Dans la même logique, le 24 janvier 2026, le président Alassane Ouattara a présidé le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement issu des élections de 2025 en Côte d'Ivoire. Il a alors fixé les grandes orientations de l’action gouvernementale, en mettant l’accent sur la mise en œuvre rigoureuse du plan national de développement 2026-2030, conçu comme le cadre stratégique pour accélérer le développement économique et social, tout en renforçant la sécurité, la cohésion nationale et la paix. Il a insisté sur la « détermination du gouvernement à mettre en œuvre le plan national de développement 2026-2030, ainsi que les orientations découlant du contrat social que nous avons conclu avec nos concitoyens cette année. Nous devons aller encore plus loin, car les populations attendent de nous. »

Le premier Conseil des ministres marque ainsi le lancement effectif du prochain quinquennat et la structuration du cadre stratégique de l'action publique. La place centrale accordée au Plan national de développement témoigne de la volonté de poursuivre et de renforcer la planification afin d'obtenir des résultats mesurables en matière de développement économique et social. L’accent est également mis sur la sécurité, la cohésion nationale et la paix, illustrant ainsi l'étroite articulation entre développement et stabilité, dans un contexte postélectoral et régional sensible. Enfin, la référence au « contrat social » exprime l'exigence de redevabilité et de performance du gouvernement face aux nombreuses attentes de la population.

Prévention sécuritaire et institutions fortes : la Côte d’Ivoire comme pôle de stabilité régionale

Ces dernières années, l’absence de crise sécuritaire notable confirme cette tendance. À la différence des États sahéliens, la Côte d’Ivoire mise sur la force de ses institutions pour prévenir l’instabilité. Cette stratégie de prévention repose sur l’anticipation des menaces, la surveillance des frontières nord et la lutte contre les trafics et la radicalisation. La Côte d’ivoire cherche à se positionner comme un pôle de stabilité et un partenaire de confiance, tant pour les acteurs régionaux que pour les partenaires internationaux.

 

From January 17 to 25, 2026, Burkina Faso was marked by a major political and security event: the handover of former junta leader Paul-Henri Sandaogo Damiba, who had been living in exile in Togo since his fall in September 2022, to the Burkinabe authorities. He has often been accused of attempting a coup against the state since his exile. This information has been confirmed by the country's judicial authorities. This event demonstrates that the Burkinabe transition is engaged in a war, not only against armed groups, but also against those who attempt to disrupt internal cohesion with the aim of neutralizing any attempt at a coup d'état and destabilization of the ruling power. According to several sources, the transfer was carried out under the guarantee that the individual concerned would not be sentenced to death. 

Security emergency and political tightening: Burkina Faso's dual conflict put to the test by the Damiba affair

In the coming weeks, government communications are likely to focus on increased vigilance by the security services, the neutralization of subversive networks, and the need to maintain strict discipline within the armed forces. This sequence is part of a broader context of the militarization of governance, already observable for several months, in which the state justifies political tightening on the grounds of security emergency. For more than three years, Burkina Faso has been facing a dual structural conflict: an asymmetrical territorial conflict linked to irregular armed groups, and an intra-elite conflict fueled by successive coups, personal rivalries, and shifting loyalties. The Damiba affair illustrates the fragility of the political-military architecture: even when ousted, former leaders remain a potential political resource for dissident networks.

Territorial reconquest and demonstration of authority: securing the east as a lever for consolidating power

Meanwhile, regaining power has remained a priority for the regime since it came to power. The field visit by the Minister of State for Patriotic Defense to the eastern region, notably to Fada N'Gourma, Falagountou, Ougarou, Diapaga, and Kompienga, is part of this dynamic. It is part of the "strategy for the gradual reconquest of territorial integrity and restoration of security." In the near future, we can expect a tightening of political and security control at the top of the state and the opening of broader legal proceedings against other figures perceived as threats.

Du 17 au 25 janvier 2026, le Burkina Faso a été marqué par un événement politico-sécuritaire majeur : la remise de l'ancien chef de la junte, Paul-Henri Sandaogo Damiba, réfugié au Togo depuis sa chute en septembre 2022, aux autorités burkinabè. Il est souvent accusé de tentative de putsch contre l’État depuis son exil. Cette information a été confirmée par les autorités judiciaires du pays. Cet événement démontre que la transition burkinabè est engagée dans une guerre, non seulement contre les groupes armés, mais aussi contre ceux qui tentent de troubler la cohésion interne visant à neutraliser toute tentative de coup d'État et de déstabilisation du pouvoir en place. Selon plusieurs sources, le transfert s'est effectué en vertu d'une garantie selon laquelle l'intéressé ne serait pas condamné à mort.

Urgence sécuritaire et resserrement politique : la double conflictualité burkinabè à l’épreuve de l’affaire Damiba

Dans les semaines à venir, la communication gouvernementale pourrait être axée sur la vigilance accrue des services de sécurité, la neutralisation des réseaux de subversion et la nécessité de maintenir une discipline stricte au sein des forces armées. Cette séquence s'inscrit dans un contexte plus large de militarisation de la gouvernance, déjà observable depuis plusieurs mois, dans lequel l'État justifie le resserrement politique par l'urgence sécuritaire. Le Burkina Faso est confronté depuis plus de trois ans à une double conflictualité structurelle : une conflictualité asymétrique territoriale liée aux groupes armés irréguliers, et une conflictualité intra-élite, nourrie par les successions de coups d'État, les rivalités personnelles et les loyautés fluctuantes. L’affaire Damiba illustre la fragilité de l’architecture politico-militaire : même évincés, les anciens dirigeants demeurent une ressource politique potentielle pour des réseaux dissidents.

Reconquête territoriale et démonstration d’autorité : la sécurisation de l’Est comme levier de consolidation du pouvoir

Pendant ce temps, la reconquête du pouvoir reste une priorité pour le régime en place depuis son accession au pouvoir. La visite de terrain du ministre d’État chargé de la Défense patriotique dans la région de l’Est, notamment à Fada N’Gourma, Falagountou, Ougarou, Diapaga et Kompienga, s’inscrit dans cette dynamique. Elle s'inscrit dans le cadre de la « stratégie de reconquête progressive de l’intégrité territoriale et de restauration de la sécurité ». Dans un futur proche, on s'attend à un durcissement du contrôle politico-sécuritaire au sommet de l'État et à l'ouverture de procédures judiciaires élargies contre d'autres personnalités perçues comme des menaces.