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Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
Après un an de tensions entre le Tchad et la France, marqué par le retrait des troupes françaises du Tchad, les deux pays ont décidé d’ouvrir une nouvelle page dans leur relation bilatérale. En effet, le Président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a été reçu à l’Élysée, le 29 janvier, par son homologue français Emmanuel Macron. Au terme d'un entretien de travail , les deux chefs d’Etat se sont réjouis d’un « partenariat revitalisé, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés ». Dans un communiqué commun, Déby et Macron ont « agréé une série d'orientations qui constitueront le fil conducteur de la redynamisation du partenariat franco-tchadien dans les domaines d'intérêt partagé par les deux pays ». Par ailleurs, les deux ont évoqué le dossier de la guerre au Soudan, pays voisin du Tchad et impacté par ce conflit. A ce sujet, l’un et l’autre « exhortent » les belligérants « à mettre en œuvre la trêve humanitaire proposée par le "Quad" » - le groupe de médiation internationale composé des États-Unis, de l'Égypte, des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite.
Cependant, cette rencontre n’a pas du tout été du goût d’une partie de l’opposition tchadienne. Pour preuve, la coalition Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) qui avait suspendu il y a un mois ses activités, est sortie de sa réserve par le biais d’un communiqué acerbe. Accusant la France de mener une « ingérence quasi-totale » dans les affaires du Tchad, le GCAP dénonce des « négoces et traficotages diplomatiques » entre Déby et Macron. Selon l’alliance d’opposition, « ces accords sont contre le Peuple tchadien qui bafouent sa liberté et son droit à décider de son destin ». En effet, sans forcément souscrire à cette lecture, il ne serait toutefois pas téméraire de questionner ce dégel entre les deux pays. Certes, la France et le Tchad sont des alliés historiques de longue date. Pour autant, ce nouveau rapprochement ne manque pas de mettre en exergue les enjeux complexes auxquels est confronté N'Djamena, qui s’emploie à renforcer ses alliances internationales tout en gardant une stabilité sous-régionale. Mais plus encore, cela illustre également la tension structurelle entre diplomatie et légitimité politique interne, où la méfiance de l’opposition muselée pourrait exacerber la perception d’une éventuelle fébrilité du pouvoir auprès de ses citoyens et acteurs politiques.
Offensive diplomatique
Manifestement, cette fin du mois de janvier aura été l’opportunité d’une intense activité diplomatique de N'Djamena. Pendant que le chef d’Etat retrouvait son homologue français à Paris, le Ministre tchadien des Armées, le général Issaka Malloua Djamouss a reçu plusieurs délégations internationales, notamment de Turquie, des États-Unis, de Hongrie, ainsi que le Directeur régional Afrique de la société française de défense Safran. Ces rencontres ont porté sur le renforcement de la coopération technique et militaire, la formation des forces armées tchadiennes et l’établissement de partenariats stratégiques. Selon le Général Djamouss, cette série d’audiences vise à consolider les relations bilatérales de défense et à renforcer la capacité du Tchad à faire face aux défis sécuritaires régionaux. De fait, de manière tangible, cette séquence témoigne de la volonté du Tchad de combiner diplomatie et stratégie militaire pour asseoir son rôle régional en multipliant les partenariats internationaux afin de renforcer sa sécurité face aux enjeux géopolitiques de la sous-région.
Timbuktu Institute – Week 4 - January 2026
This is the latest episode in the series of legal proceedings following the failed coup on December 7. After opposition MP Soumaïla Boké appeared before the Court for the Suppression of Economic Crimes and Terrorism (CRIET) on charges of "apology for crimes against state security" and "incitement to rebellion," it is now the turn of Alassane Tigri, former minister and vice president of the opposition party Les Démocrates (LD). Arrested at his home in Cotonou on January 28 as part of the investigation into the coup, Pascal Tigri's older brother—presented by the authorities as one of the masterminds behind the coup—was remanded in custody for "treason, collusion with a foreign power, complicity in murder, and attacks against state security."
According to information reported by Libre Express, a suspicious phone call between Alassane Tigri and his younger brother Pascal Tigri allegedly took place on the eve of the coup attempt. In court, Alassane Tigri claimed that the call had nothing to do with a hypothetical coup. According to him, his brother simply asked him where he was, namely Tanguiéta (in the north of the country), their hometown. For the record, in addition to the two aforementioned individuals, two others have been questioned by the courts. The first, Chabi Yayi, son of former president Boni Yayi (president of the LD), was arrested before being released and placed under judicial supervision. The second, former minister and opposition figure Candide Azannaï, was arrested and is currently in custody for "inciting rebellion." Without speculating on the details of these legal proceedings, they illustrate, at the very least, the authorities' intransigence in neutralizing the alleged perpetrators or accomplices of the coup, who, in this case, appear to belong to the opposition. In this sense, the seriousness of the various charges underscores the magnitude of the threat perceived by the state and the challenges of stabilizing the political landscape in Benin.
Niamey accuses... again
Following renewed tensions between Niamey and Cotonou, Nigerien Head of State Abdourahamane Tiani spoke out, accusing Benin of harboring French military bases. Following the jihadist attack carried out by Islamic State on the night of Wednesday, January 28 to 29 against Niamey airport (about ten kilometers from the presidential palace), Tiani said: "We remind the sponsors of these mercenaries, notably Emmanuel Macron, Patrice Talon, and Alassane Ouattara. We have listened to them bark long enough. Now it is their turn to listen to us roar." When questioned about these accusations, Benin government spokesp , Wilfried Houngbédji, described them as "unreliable," saying that Cotonou has "no time to waste (...) with people whose sole purpose is to prevent us from moving forward." In an unstable regional context marked by persistent political and security issues, this new episode once again illustrates the depth of the divisions and distances the prospect of a diplomatic thaw between the two neighboring countries. For its part, Cotonou continues to opt for a strategic but firm management of state communication on this subject, aiming to shape national and international perceptions in order to preserve its diplomatic and security interests.
Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
Nouvel épisode dans la séquence judiciaire de l’après-putsch manqué du 7 décembre dernier. Après la comparution du député d’opposition Soumaïla Boké devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion », c’est au tour d’Alassane Tigri, ancien ministre et vice-président du parti d’opposition Les Démocrates (LD). Arrêté à son domicile à Cotonou le 28 janvier dans l’enquête relative au putsch, le frère aîné de Pascal Tigri – présenté par les autorités comme l’un des cerveaux du putsch – a été placé sous mandat de dépôt pour « trahison, intelligence avec une puissance étrangère, complicité de meurtre et attentat contre la sûreté de l’État ».
D’après des informations rapportées par Libre Express, un appel suspect entre Alassane Tigri et son frère cadet Pascal Tigri aurait eu lieu durant la veille de la tentative de coup d’Etat. A la barre, Alassane Tigri aurait assuré que cet appel n’avait rien à voir avec l’évocation d’un hypothétique putsch. Selon lui, son frère se serait plutôt contenté de lui demander où il se trouvait, à savoir Tanguiéta (nord du pays), leur ville d’origine. Pour mémoire, hormis les deux personnalités précitées, deux autres ont été entendues par la justice. Le premier Chabi Yayi, fils de l’ex-président Boni Yayi (président des LD) a été interpellé avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire. Le second, l’ex-ministre et opposant Candide Azannaï a été interpellé et est actuellement sous écrou pour « incitation à la rébellion ». Sans supputer sur le détail de ces procédures judiciaires, elles illustrent à tout le moins l’intransigeance des autorités sur la neutralisation des présumés auteurs ou complices du putsch, qui en l’occurrence, semblent appartenir à l’opposition. En ce sens, la gravité des différents chefs d’accusations souligne l’ampleur de la menace perçue par l’Etat et les enjeux de stabilisation de l’espace politique béninois.
Niamey accuse…encore
Après le regain des tensions entre Niamey et Cotonou, le chef de l’Etat nigérien Abdourahamane Tiani s’est prononcé en accusant le Bénin d’abriter des bases militaires françaises. Après l’attaque jihadiste perpétrée par l’Etat Islamique dans la nuit du mercredi 28 au 29 janvier contre l’aéroport de Niamey (à une dizaine de kilomètres de la présidence), Tiani a déclaré : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara. Nous les avons suffisamment écoutés aboyer. Qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ». Interpellé sur ces accusations, le porte-parole du gouvernement béninois Wilfried Houngbédji, les a qualifiées de « peu crédibles », estimant que Cotonou n’a « pas de temps à perdre (...) avec des gens dont la seule vocation est de nous empêcher d'avancer ». Dans un contexte régional instable marqué par des enjeux politico-sécuritaires persistants, ce nouvel épisode illustre à nouveau la profondeur des dissensions et éloigne une perspective prochaine de dégel diplomatique entre les deux pays voisins. De son côté, Cotonou continue d’opter pour une gestion stratégique mais ferme de la communication étatique à ce sujet, visant à encadrer les perceptions nationale et internationale dans le but de préserver ses intérêts diplomatiques et sécuritaires.
Timbuktu Institute – Week 4 - January 2026
Last week's news shows that Lomé seems to be navigating between internal pressures, particularly from the opposition and protesting youth, and regional alliance games. Togo had decided to hand over former Burkinabe leader Damiba to the authorities in his country, a decision justified by the Lomé Court of Appeal and by legal guarantees ruling out the death penalty. This move reflects Togo's desire to assert its judicial cooperation with its neighbors, but also brings it closer to regional security issues. Many analysts point out that Togo is adopting a cautious stance, favoring dialogue and cooperation with pro-EAS Sahel countries, while maintaining useful ties with ECOWAS and its economic partners. This position allows Lomé to retain room for maneuver, but also exposes it to internal and external pressures.
Damiba's extradition: an internal rift and a controversial precedent for asylum rights in Africa
Internally, voices are being raised to denounce the government's attitude of extraditing a political refugee, which would go against Togolese tradition. This protest reveals a tension between the executive's security and diplomatic choices on the one hand, and Togo's historical and symbolic norms regarding the protection of refugees on the other. It highlights the risk of a rift between the state and part of public opinion, while raising questions about respect for legal commitments, humanitarian values, and the country's international image. For Togolese political scientist Madi Djabakaté, "by extraditing Damiba, Togo is undermining the very foundations of the right to asylum in Africa." Damiba's extradition is not just a bilateral decision, but sets a dangerous precedent that could weaken the right to asylum as a protective principle in Africa. It also raises the alarm about the risk of political exploitation of asylum mechanisms, to the detriment of the guarantees offered to political refugees.
Does Damiba's extradition undermine the right to asylum and the country's internal cohesion?
In the same vein, human rights defenders are concerned about the severity with which the Burkinabe judicial system could treat him by sentencing him to death for all the charges against him. This concern highlights the tensions between security imperatives and respect for human rights in the current context in Burkina Faso. The accumulation of serious charges, combined with the tightening of the legal framework, could indeed lead to a maximalist application of justice, which could raise concerns about procedural guarantees, the proportionality of sentences, and judicial independence, despite the assurances offered by Ouagadougou. It should be recalled that last December, Burkina Faso reintroduced the death penalty for certain crimes, including high treason, terrorism, and espionage, into its legal arsenal. Togo is often called upon to act as an intermediary in sensitive cases, and this event could discredit its role as a credible mediator, undermining regional confidence and limiting its ability to facilitate dialogue in crisis situations.
Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
L’actualité de la semaine dernière montre que Lomé semble naviguer entre les pressions internes, notamment de l'opposition et de la jeunesse contestataire, et les jeux d'alliance régionaux. En effet, le Togo avait décidé de remettre l'ancien dirigeant burkinabè Damiba aux autorités de son pays, une décision justifiée par la Cour d'appel de Lomé et par des garanties juridiques excluant la peine de mort. Cette opération traduit la volonté du Togo d'affirmer sa coopération judiciaire avec ses voisins, mais le rapproche aussi des enjeux sécuritaires régionaux. Beaucoup d'analystes soulignent que le Togo adopte une posture prudente, privilégiant le dialogue et la coopération avec les pays du Sahel pro-AES, tout en maintenant des liens utiles avec la CEDEAO et ses partenaires économiques. Cette position permet à Lomé de conserver un espace de manœuvre, mais l'expose également à des pressions internes et externes.
L’extradition de Damiba, une fracture interne et un précédent controversé pour le droit d’asile en Afrique
Au plan interne, des voix s’élèvent pour dénoncer l’attitude du gouvernement qui consisterait à extrader un réfugié politique, ce qui irait à l'encontre de la tradition togolaise. Cette contestation révèle une tension entre les choix sécuritaires et diplomatiques de l’exécutif, d'une part, et les normes historiques et symboliques du Togo en matière de protection des réfugiés, d'autre part. Elle met en évidence le risque d'une fracture entre l'État et une partie de l'opinion publique, tout en soulevant des interrogations sur le respect des engagements juridiques, des valeurs humanitaires et de l'image internationale du pays. Pour le politologue togolais Madi Djabakaté, « en extradant Damiba, le Togo ébranle les fondements mêmes du droit d’asile en Afrique ». L’extradition de Damiba ne se limite pas à une décision bilatérale, mais établit un précédent dangereux qui pourrait affaiblir le droit d’asile en tant que principe protecteur en Afrique. Elle alerte également sur le risque d'une instrumentalisation politique des mécanismes d'asile, au détriment des garanties offertes aux réfugiés politiques.
L’extradition de Damiba fragilise-t-elle le droit d’asile et la cohésion interne du pays ?
Dans le même ordre d'idées, des défenseurs des droits humains s'inquiètent de la sévérité dont pourrait faire preuve le système judiciaire burkinabè en le condamnant à mort pour l'ensemble des charges retenues contre lui. Cette inquiétude met en lumière les tensions entre impératifs sécuritaires et respect des droits humains dans le contexte actuel du Burkina Faso. L'accumulation de charges graves, combinée au durcissement du cadre juridique, pourrait en effet conduire à une application maximaliste de la justice, ce qui pourrait susciter des préoccupations quant aux garanties procédurales, à la proportionnalité des peines et à l'indépendance judiciaire, malgré les garanties offertes par Ouagadougou. Il convient de rappeler qu'en décembre dernier, le Burkina Faso a réintroduit dans son arsenal juridique la peine de mort pour certains crimes, notamment la haute trahison, le terrorisme et l'espionnage. Le Togo est souvent sollicité comme intermédiaire dans des dossiers sensibles, et cet événement pourrait jeter le discrédit sur son rôle de médiateur crédible, en affaiblissant la confiance régionale et en limitant sa capacité à faciliter le dialogue dans des contextes de crise.
Timbuktu Institute – Week 4 - January 2026
Between the reshuffle of the executive branch and the escalation of regional diplomatic tensions following incidents in Niger, Côte d'Ivoire has experienced a week marked by the close intertwining of domestic politics and diplomatic issues. This situation illustrates the strong interdependence between internal dynamics and the regional environment, showing that political developments in Côte d'Ivoire are inseparable from diplomatic and security tensions in West Africa.
Post-Niamey attack accusations: diplomatic escalation and weakening of Niger-Côte d'Ivoire relations
After the attack on Niamey airport, Niger openly accused France, Benin, and Côte d'Ivoire of being involved in these abuses. This accusation of complicity reflects a hardening of diplomacy, revealing a climate of increased mistrust in the region in recent times. This accusation is part of a pattern of blaming external parties, which tends to strain regional relations and complicate prospects for security and diplomatic cooperation, particularly between Niger and Côte d'Ivoire, but also between ECOWAS and UEMOA. For its part, Abidjan responded by recalling its ambassador to Niamey and firmly rejecting these allegations, while reiterating its commitment to the principle of non-interference. The Ivorian Ministry of Foreign Affairs and International Cooperation expressed its "strong indignation" and denounced "in the strongest terms" remarks that it considers contrary to diplomatic practice and which undermine "the honor and dignity of the Ivorian head of state and the Ivorian people." This episode illustrates the fragility of relations between states in a Sahel undergoing profound change.
Côte d'Ivoire and the tensions in the Sahel: how to reconcile security imperatives, diplomatic pressures, and regional cohesion?
A long-standing member of ECOWAS and close to certain international partners, including France, Côte d'Ivoire finds itself in a delicate position, torn between the need to stabilize its borders and the management of political accusations from ESA states. Recent incidents highlight the risk of regional polarization. This observation underscores the country's strategic vulnerability, caught between internal security imperatives and regional political and diplomatic pressures. It is also important to highlight the danger of a hardening of divisions in West Africa, to the detriment of dialogue and regional cooperation, which would bring the two entities (ECOWAS and ECCAS) closer together in a unified dynamic.
Government continuity, refocusing on security, and the need for diplomatic de-escalation
At the same time, the government reshuffle in January is part of a logic of institutional continuity, while reflecting a refocusing on security issues. Furthermore, regional tensions following the attack in Niamey could affect trade flows, port activities, and regional security cooperation frameworks in the short and medium term. Its position at the crossroads of external actors and Sahelian countries requires it to adopt a measured diplomatic approach and rigorously manage the risks weighing on its economic axes . In the coming days, it is in Abidjan's best interest to defuse this conflict in order to counter any diplomatic escalation, prevent lasting regional polarization, and preserve the security and economic cooperation mechanisms that are essential to the stability of West Africa.
Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
Entre le réaménagement de l'exécutif et le durcissement des tensions diplomatiques régionales consécutif à des incidents survenus au Niger, la Côte d'Ivoire a traversé une semaine marquée par l'imbrication étroite de la politique intérieure et des enjeux diplomatiques. Cette situation illustre la forte interdépendance entre les dynamiques internes et l'environnement régional, montrant que les évolutions politiques en Côte d'Ivoire sont indissociables des tensions diplomatiques et sécuritaires ouest-africaines.
Accusations post-attaque de Niamey : escalade diplomatique et fragilisation des relations Niger–Côte d’Ivoire
Après l'attaque contre l'aéroport de Niamey, le Niger a ouvertement accusé la France, le Bénin et la Côte d'Ivoire d'être impliqués de ces exactions. Cette accusation de complicité traduit un durcissement de la diplomatie, révélateur d'un climat de méfiance accru dans la région depuis quelques temps. Cette accusation s'inscrit dans une logique de désignation de responsables extérieurs qui tend à durcir les relations régionales et à compliquer les perspectives de coopération sécuritaire et diplomatique, notamment entre le Niger et la Côte d'Ivoire, mais aussi entre la CEDEAO et l'UEMOA. De son côté, Abidjan a réagi en convoquant son ambassadeur à Niamey et en rejetant fermement ces allégations, tout en rappelant son attachement au principe de non-ingérence. Le ministère ivoirien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a fait part de « sa vive indignation » et a dénoncé « avec la plus grande fermeté » des propos qu'il considère comme contraires aux usages diplomatiques et qui portent atteinte « à l’honneur et à la dignité du chef de l’État ivoirien ainsi qu’au peuple ivoirien ». Cet épisode illustre la fragilité des relations entre États dans un Sahel en pleine recomposition.
La Côte d’Ivoire face aux tensions sahéliennes : comment concilier impératifs sécuritaires, pressions diplomatiques et cohésion régionale ?
Membre traditionnel de la CEDEAO et proche de certains partenaires internationaux, dont la France, la Côte d’Ivoire se trouve dans une position délicate, tiraillée entre la nécessité de stabiliser ses frontières et la gestion des accusations politiques émanant des Etats de l’AES. Les incidents récents soulignent le risque de polarisation régionale. Ce constat met en évidence la vulnérabilité stratégique du pays, pris en étau entre impératifs sécuritaires internes et pressions politico-diplomatiques régionales. Il faut également souligner le danger d'un durcissement des lignes de fracture en Afrique de l'Ouest, au détriment du dialogue et de la coopération régionale, qui permettrait de rapprocher les deux entités (CEDEAO et AES) dans une dynamique unitaire.
Continuité gouvernementale, recentrage sécuritaire et impératifs de désescalade diplomatique
Dans le même temps, le remaniement gouvernemental de ce mois de janvier s'inscrit dans une logique de continuité institutionnelle tout en traduisant un recentrage centré sur les enjeux sécuritaires. Par ailleurs, les tensions régionales consécutives à l'attaque de Niamey pourraient affecter, à court et moyen terme, les flux commerciaux, les activités portuaires ainsi que les cadres de coopération sécuritaire régionale. Sa position au carrefour des acteurs extérieurs et des pays sahéliens l’oblige à adopter une diplomatie mesurée et à gérer rigoureusement les risques pesant sur ses axes économiques. Dans les jours à venir, Abidjan a tout intérêt à désamorcer ce conflit afin de contrer toute dynamique d'escalade diplomatique, de prévenir une polarisation régionale durable et de préserver les mécanismes de coopération sécuritaire et économique qui sont indispensables à la stabilité de l'Afrique de l'Ouest.
Timbuktu Institute – Week 4 - January 2026
The last week of January was marked by institutional tightening at the national level. Indeed, the national context, marked by pressing terrorist threats and internal and external attempts at destabilization, led the authorities to dissolve all political parties and their activities throughout the country. This decision was announced on the evening of Thursday, January 29, during the Council of Ministers meeting, by the Minister of State, Minister of Territorial Administration and Mobility of Burkina Faso, Émile Zérbo. According to him, political parties have "promoted division among citizens, contributed to the weakening of the social fabric, and created unbalanced development across the country." The government thus appears to be questioning the structuring role of political parties, highlighting their harmful effects on national cohesion and stability. This is why the decree dissolving all political parties and repealing the regulations governing them was adopted, resulting in the transfer of their assets to the central government. This decision raises the nagging question of political freedom since the new military authorities came to power, who seem determined to rebuild the state and reduce the political space.
Damiba's extradition: tighter security and risks of internal tensions
Meanwhile, Damiba's extradition has been a major news story in the country. The former head of the 2022 junta, Paul-Henri Sandaogo Damiba, has been handed over to the Burkinabe authorities, and the handling of this case has attracted a great deal of attention. Since this event, a series of arrests has been observed in military circles, but also among certain civilians suspected of having collaborated with the former head of state. In addition, high-ranking figures have been placed under surveillance, and some of them have been repatriated outside the country. Some observers see this as a veritable manhunt that could create new internal conflicts. The authorities claimed to have foiled several plots targeting senior officials in early January; these announcements were used to justify arrests and increased security around major cities.
Management of security emergencies and risk of urban tensions
At the same time, armed violence and the expansion of uncontrolled areas, particularly in the north and east, continue to affect the security situation, despite the progress made. The military government's work therefore combines security imperatives with the management of civil liberties, which is considered restrictive. In the coming days, we can expect to see tighter administrative and judicial controls on political actors and dissident NGOs, as well as a high risk of localized episodes of tension around major cities in the form of demonstrations.
Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
La dernière semaine du mois de janvier a été marquée par un resserrement institutionnel à l'échelle nationale. En effet, le contexte national, marqué par des menaces terroristes pressantes et des tentatives de déstabilisation internes et externes, a conduit les autorités à dissoudre tous les partis politiques et leurs activités sur l'ensemble du territoire. Cette décision a été rendue publique le jeudi 29 janvier au soir, lors du conseil des ministres, par le ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso, Émile Zérbo. Selon lui, les partis politiques auraient « favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créé un développement déséquilibré du territoire ». Le gouvernement semble ainsi remettre en cause le rôle structurant des partis politiques, en mettant en lumière leurs effets néfastes sur la cohésion nationale et la stabilité du pays. C'est la raison pour laquelle le décret de dissolution de toutes les formations politiques et l'annulation des textes réglementaires les régissant ont été adoptés, entraînant le transfert de leurs actifs à l'État central. Cette décision soulève la lancinante question de la liberté politique depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités militaires, qui semblent déterminées à refonder l’État et à réduire l’espace politique.
Extradition de Damiba : durcissement sécuritaire et risques de tensions internes
Pendant ce temps, l’extradition de Damiba a fortement marqué l’actualité du pays. En effet, l’ex-chef de la junte de 2022, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été remis aux autorités burkinabè, et le traitement de ce dossier suscite de nombreuses convoitises. Depuis cet événement, une série d'arrestations a été observée dans les milieux militaires, mais aussi chez certains civils soupçonnés d'avoir collaboré avec l'ancien chef de l'État. À cela s'ajoute le placement sous surveillance de hautes personnalités, ainsi que le rapatriement de certaines d'entre elles hors du pays. Certains observateurs y voient une véritable chasse à l’homme qui pourrait créer de nouveaux conflits internes. Les autorités ont affirmé avoir déjoué à plusieurs reprises des complots visant de hauts responsables en début janvier ; ces annonces ont servi à justifier des arrestations et un renforcement de la sécurité autour des grandes villes.
Gestion des urgences sécuritaires et risque de tensions urbaines
Parallèlement, les violences armées et l’extension des zones non contrôlées, notamment au nord et à l’est, continuent d’affecter la situation sécuritaire, malgré les avancées réalisées. Le travail du pouvoir militaire mêle donc impératifs sécuritaires et gestion des libertés publiques jugée restricitive. Dans les jours à venir, l’on peut s'attendre à un renforcement des contrôles administratifs et judiciaires contre les acteurs politiques et les ONG dissidentes, ainsi qu'à un risque élevé d'épisodes de tension localisés autour des grandes villes, sous forme de manifestations.
Timbuktu Institute January 2026
N'Djamena continues to closely monitor developments in the war in neighboring Sudan. It was against this backdrop that on January 22, Chadian Minister of State Abdullah Sabir Fadoul received the interim staff of the Embassy of the Republic of Sudan in Chad to discuss current humanitarian and security issues and, above all, the situation of Sudanese refugees in eastern Chad. Through diplomat Abdullah Abker Saleh, Khartoum expressed its gratitude for the welcome and support given to refugees, particularly their socioeconomic inclusion and the assistance provided to students for their exams. For its part, N'Djamena stressed the urgency of lasting peace in Sudan, recalling that the stability of its neighbor is crucial for Chad's security and economy, already weakened by the conflict.
Furthermore, N'Djamena's bilateral cooperation activities in the first month of the year are not limited to its neighbors. On January 20, Chad and Belarus signed a memorandum of understanding on military-technical cooperation. This agreement aims to develop military and technological exchanges, strengthen skills, and equip the Chadian armed forces, while promoting technology transfer and logistical support. These initiatives illustrate Chad's strategy to secure its borders and strengthen its regional position through active diplomacy and targeted military partnerships. They also reveal N'Djamena's dual logic: supporting the stability of its neighbors while modernizing its defense capabilities to address persistent security and humanitarian challenges.
Creation of the National Council for Decentralization
A new body has been created within Chad's institutional architecture. This is the National Council for Decentralization (CND), whose founding decree was signed on January 22 by the head of state, Mahamat Idriss Deby Itno. As part of its mission to improve territorial governance, the CND will be responsible for coordinating the transfer of powers and resources from the state to local authorities, assessing their adequacy, making recommendations, and submitting an annual report to the president. In addition, the body will be chaired by the prime minister and administered by members of the government, parliament, and local authorities. While it remains to be seen whether the CND will bear fruit, its establishment at least demonstrates a desire to institutionalize the monitoring and evaluation of the decentralization process in Chad. In any case, such a formal framework could undoubtedly strengthen the coherence and effectiveness of the transfer of powers and resources to local authorities.
Timbuktu Institute Janvier 2026
N’Djamena continue de suivre de près l’évolution de la guerre dans son pays voisin, le Soudan. C’est fort de cette situation que le 22 janvier, le ministre d’État tchadien Abdullah Sabir Fadoul a reçu le personnel intérimaire de l'ambassade de la République du Soudan au Tchad pour échanger sur les enjeux humanitaires et sécuritaires en présence et surtout sur la situation des réfugiés soudanais à l’est du Tchad. Par la voix du diplomate Abdullah Abker Saleh, Khartoum a exprimé sa gratitude pour l’accueil et le soutien apportés aux réfugiés, notamment l’inclusion socioéconomique et l’accompagnement des étudiants pour leurs examens. De son côté, N’Djamena a souligné l’urgence d’une paix durable au Soudan, rappelant que la stabilité du pays voisin est cruciale pour la sécurité et l’économie tchadiennes, déjà fragilisées par le conflit.
Par ailleurs, l’activité de coopération bilatérale de N’Djamena en ce premier mois de l’année ne s' arrête pas à ses voisins. Le 20 janvier, le Tchad et la Biélorussie ont signé un mémorandum d’entente en matière de coopération militaro-technique. Cet accord vise à développer les échanges militaires et technologiques, renforcer les compétences et équiper les forces armées tchadiennes, tout en favorisant le transfert de technologies et le soutien logistique. Ces initiatives illustrent la stratégie tchadienne visant à sécuriser ses frontières et à renforcer sa position régionale à travers une diplomatie active et des partenariats militaires ciblés. Elles révèlent également la double logique de N’Djamena : soutenir la stabilité de ses voisins tout en modernisant ses capacités de défense pour faire face aux défis sécuritaires et humanitaires persistants.
Création du Conseil national de la décentralisation
Un nouvel organe voit le jour dans l’architecture institutionnelle tchadienne. Il s’agit du Conseil national de la décentralisation (CND) dont le décret de création a été signé le 22 janvier par le chef de l'Etat, Mahamat Idriss Deby Itno. Dans sa mission d’amélioration de la gouvernance territoriale, le CND sera chargé de coordonner le transfert des compétences et ressources de l’État vers les collectivités, d’évaluer leur adéquation, de formuler des recommandations et de soumettre un rapport annuel au président. Par ailleurs, l’organe sera présidé par le Premier ministre et administré par des membres du gouvernement, du Parlement et des collectivités territoriales. En attendant de voir si le CND portera ses fruits, sa mise en place illustre à tout le moins une volonté d’institutionnaliser le suivi et l’évaluation du processus de décentralisation au Tchad. Quoiqu’il en soit, un tel cadre formel pourrait à n’en point douter, renforcer la cohérence et l’efficacité des transferts de compétences et de ressources vers les collectivités territoriales.
Sent on January 20 by intelligence services to President Paul Biya, a note classified as "red confidential" warns against an alleged public debt project for the purpose of "financial capture," reveals Jeune Afrique. The document reportedly cites "cross-checked information" indicating pressure from "circles close to power," namely the ministries of finance and economy. The memo also mentions the risks of "misappropriation of public funds," "overbilling," "fictitious projects," "aggravation of debt," and "undermining the authority of the state." Thus, Biya's signing the following day, January 21, of a decree authorizing the Minister of Finance, Louis Paul Motaze, to contract loans for a maximum amount of 1.65 trillion CFA francs on domestic and foreign markets adds fuel to the fire. The coincidence between the intelligence alert and the signing of the decree highlights the tensions between state surveillance and financial decisions, while raising questions about the rigour of public finance management.
Ngarbuh massacre: the verdict is finally in
In the case of the massacre of civilians on February 14, 2020, in Ngarbuh during the Anglophone crisis, the military court in Yaoundé found three Cameroonian soldiers and a former separatist guilty. This massacre, perpetrated by elements of the Cameroonian army and Mbororo militias in the Ngarbuh district of Ntumbaw (Northwest region), caused widespread outrage with a death toll of 23 civilians, including pregnant women and children. This verdict is the first step in a long legal process, the second stage of which is scheduled to begin on February 19 with the defense and civil parties' closing arguments to determine the amount of damages to be paid to the victims' beneficiaries.
However, Human Rights Watch (HRW) researcher Illaria Allegrozi finds it regrettable that "no high-ranking officers have been arrested or charged in this trial. Even the 17 militiamen who allegedly helped the soldiers carry out the killings have been charged with murder but remain at large. " Thus, the outcome of this trial could, once again, highlight the limitations of the Cameroonian justice system in the context of the Anglophone crisis. Indeed, punishing the direct perpetrators while potentially leaving those in higher positions unpunished raises legitimate questions about the ability of the judicial system to fully account for the extent of the violence at work in this crisis.
Timbuktu Institute Janvier 2026
Adressée le 20 janvier par les renseignements au président Paul Biya, une note classée « rouge confidentiel » alerte contre un présumé projet d’endettement public à des fins de « captation financière », révèle Jeune Afrique. Le document ferait état d’« informations recoupées » indiquant des pressions des « cercles proches du pouvoir » en l’occurrence les ministères des Finances et de l’Economie. La note mentionne également des risques de « détournement de deniers publics », de « surfacturation », de « projets fictifs », d’« aggravation de la dette » ou d’« atteinte à l’autorité de l’État ». Ainsi , la signature le lendemain 21 janvier par Biya d’un décret autorisant le ministre des Finances, Louis Paul Motaze à contracter des emprunts pour un montant maximal de 1650 milliards FCFA sur les marchés intérieurs et extérieurs donne du grain à moudre à l’affaire. La coïncidence entre l’alerte des services de renseignements et la signature du décret met en lumière les tensions entre surveillance étatique et décisions financières tout en posant la question de la rigueur dans la gestion des deniers publics.
Massacre de Ngarbuh, le verdict enfin rendu
Dans l’affaire du massacre de civils survenu le 14 février en 2020 à Ngarbuh pendant la crise anglophone, le tribunal militaire de Yaoundé a reconnu coupables trois soldats camerounais et un ex-séparatiste. Ce massacre perpétré par des éléments de l'armée camerounaise complétés de milices Mbororos dans le quartier Ngarbuh à Ntumbaw (région du Nord-Ouest) avait causé un fort émoi général avec son bilan de 23 civils morts dont femmes enceintes et enfants. Ce verdict est la première étape de ce long parcours judiciaire dont la deuxième devrait s’ouvrir le 19 février pour les plaidoiries de la défense et des parties civiles en vue de déterminer le montant des dommages et intérêts à verser aux ayants droit des victimes.
Cependant, il est regrettable estime la chercheuse Illaria Allegrozi de Human Rights Watch (HRW) « qu’aucun officier de haut rang n'a été arrêté ni inculpé dans ce procès. Et même les 17 miliciens qui auraient aidé les soldats à perpétrer cette tuerie ont été inculpés de meurtre, mais sont toujours en liberté. » Ainsi, l’issue de ce procès pourrait, une fois de plus, mettre en évidence les limites de la justice camerounaise dans le contexte de la crise anglophone. En effet, sanctionner des auteurs directs tout en laissant potentiellement impunis les responsables de rang supérieur fait émerger des interrogations légitimes sur la capacité du système judiciaire à rendre pleinement compte de l’ampleur des violences à l’œuvre dans cette crise.
Timbuktu Institute January 2026
No opposition MPs will sit in the tenth legislature. The parties of the presidential bloc, the Progressive Union for Renewal (UP-R) and the Republican Bloc (BR), came out on top in the legislative elections with 41.15% and 36.84% of the vote respectively, according to the Independent National Electoral Commission (CENA). The main opposition party, Les Démocrates (LD), with 16.16%, did not obtain at least 20% of the votes cast in all 24 constituencies, as required by the electoral code. The same was true for the two other parties in the running, FCBE (4.86%) and Moele-Bénin (1.21%). In the end, the UP-R (60 seats) and the BR (49 seats) won all 109 seats in the National Assembly. "It was an exclusive electoral code. I continue to say that this does not honor our country," lamented Guy Mitokpè, candidate in the election and national secretary of communications for the LD party. It should be noted that this is the second time—the first being in 2019—under the presidency of Patrice Talon that the parliament will be single-party. This seems to be yet another illustration of the concentration of power and the reduction of civic space that many observers have been quick to point out under Talon's governance.
Security efforts
In light of the ongoing security challenges in the north of the country, the authorities continue to implement measures to strengthen trust between local populations and the defense and security forces. A campaign to provide free medical carewas organized in Porga (Atacora department) from January 13 to 16 by the civil-military action unit of Operation Mirador. According to the organizers, more than 2,000 residents of Porga and the surrounding area benefited from medical consultations, treatment, and donations of medicines. In the same vein, on January 15, the German army provided the Beninese Armed Forces (FAB) with a batch of equipment as part of security cooperation between the two countries. This included 25 night vision devices, 60 respirators, and 500 sets of personal protective equipment. These initiatives reflect the dual strategy advocated by the Beninese authorities: strengthening the operational capacity of the defense forces while consolidating the resilience of local populations in the face of jihadist threats. International cooperation underscores the importance of bilateral support in securing the north of the country and stabilizing affected communities.