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L’émotion fut à son comble ce 30 avril à l’avenue Cheikh Anta Diop de Dakar, demeure de son Excellence Monsieur Ahmed Khalifa Niasse. L’équipe de Timbuktu Institute, constituée de son directeur Monsieur Bakary Sambe, des chercheurs et stagiaires de l’institut, comblée de joie et de fierté, a voulu rendre visite à Monsieur Ahmed Khalifa Niasse et célébrer, avec lui, la reconnaissance qu’il venait de bénéficier de la part de l’une des plus prestigieuses écoles de par le monde.

 

À l’instar de tous les Sénégalais, Timbuktu Institute a  appris que le titre « Docteur Honoris Causa » a été décerné à Ahmed Khalifa Niasse par l’École de Commerce de Lyon. Mais à travers lui, c’est tout le peuple sénégalais qui a été récompensé. N’empêche qu’il fallait que cela passe par Monsieur Niasse, et seulement par lui. Lui le guide religieux, le Doomu Daara qui a surpassé, par la finesse de son esprit et la pertinence de ses analyses, des chercheurs parmi les plus réputés. De ce point de vue, ce titre est vu par Timbuktu Institute comme une sorte d’encouragement aux Domou Daara et aux arabisants qui ne devront plus souffrir d’un quelconque complexe d’infériorité.

 

La visite était aussi l’occasion de saluer l’homme d’action qu’il est et qui, par le biais de ses fondations et soutiens qu’il accorde aux plus démunis, fait preuve d’un humanisme dont le monde a aujourd’hui, et plus que jamais, besoin. À ce propos, l’équipe de Timbuktu Institute a profité de sa rencontre avec Ahmed Khalifa Niasse pour lui exprimer sa joie de voir le guide religieux signer la Déclaration Universelle des Droits de l’Humanité dont il est, sur le continent noir, l’Ambassadeur.

 

De son côté, Son Excellence Monsieur Ahmed Khalifa Niasse, vêtu de son joli boubou rouge, a salué le travail de Timbuktu Institute après avoir remercié son Directeur ainsi que ses associés pour lui avoir fait l’amitié de lui rendre visite. Il les a aussi exhortés de continuer à promouvoir le dialogue, la paix et le culte de la connaissance pour faire face aux idées et tentatives extrémistes.

 

Convivialité et amitié, ces deux mots pourraient résumer cet après-midi du 30 avril qui a eu le mérite de solidifier les relations entre Timbuktu Institute et Monsieur Ahmed Khalifa Niasse, l’une des plus grandes fiertés de la nation sénégalaise.

L’Institut Timbuktu a décidemment fait de la lutte contre le terrorisme sienne. En effet, dans ce même cadre, l’institut a entrepris de former l’ensemble des professionnels de la presse locale et des radios communautaires du département de Mbour sur le thème central « Médias, sécurité et cohésion sociale : entre libertés, déontologie et responsabilité ».

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, les autorité de l’Institut ont indiqué l’objectif de cette formation organisée « en coopération entre Timbuktu Institute et la Fondation Konrad Adenauer est, notamment, d’offrir aux journalistes et reporters des radios communautaires les pré-requis de la notion de terrorisme, les exigences du traitement de l’information liée à l’extrémisme violent ainsi que les outils de renforcement de la paix et de la cohésion sociale dans une sous-région en pleine mutation géopolitique ».

Dans la foulée, la même source informe que cette session de formation qui aura lieu le mercredi 02 mai 2018 à 10H à l’hôtel Coco Beach de Mbour, en présence du représentant résident de la fondation Konrad Adenauer au Sénégal et nos invités sera l’occasion d'échanger sur les enjeux sécuritaires du Sahel et le traitement de l’information sur les questions de paix et de sécurité afin de contribuer à une meilleure cohésion sociale dans notre pays.

Source : www.mbour.info

​Le rapport 2018, de Timbuktu Institute classe à trois niveau les facteurs de la radicalisation des jeunes dans les zones frontalières sénégalo-mauritaniennes à savoir les tendances rassurantes, mitigées et préoccupantes.

Les résultats sur l'étude de perception pour mieux comprendre le phénomène sur les facteurs de radicalisation des jeunes dans les zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie (Rosso) ont été présentés vendredi. Et, pour une meilleure présentation des résultats de l’étude, Timbuktu Institute a procédé à une classification des tendances.  

Sur les tendances rassurantes, le document stipule que «les jeunes de Rosso résistent encore majoritairement à la percée des mouvements développant un discours plus ou moins radical et rejettent les discours appelant à la violence». Et, «les jeunes de cette localité restent très attachés, à une écrasante majorité, aux confréries soufies qui assurent un travail d’encadrement social à travers les dahiras (cellules confrériques) et autres organisations dépendantes ; ce qui expliquerait la faible présence de mouvements extrémistes», révèle-t-il. 

En ce qui concerne les tendances mitigées, Timbuktu Institute qui a fait appel à la méthodologie de l’enquête CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques), informe qu’ «il y a une vraie méconnaissance du phénomène de l’extrémisme violent chez les jeunes de Rosso. Cela pourrait s’expliquer par un déficit d’information et un accès difficile aux médias ainsi qu’à l’absence d’actions de sensibilisation de la part de l’Etat et de la société civile». 

Poursuivant, elle souligne que : «les mêmes signaux de vulnérabilité économique et de précarité sociale (chômage, pauvreté, exclusion sociale) notés en banlieue dakaroise lors de notre précédente étude, se retrouvent chez ces jeunes d’une localité reculée présentant toutes les caractéristiques d’une marginalisation territoriale».  

Pour la troisième catégorie de cette classification, à savoir les «tendances préoccupantes»,  l’Institut renseigne que : «le phénomène général de dualité du système éducatif sénégalais se retrouve nettement dans cette région. Cette situation fait persister un sentiment d’exclusion et de marginalisation des jeunes scolarisés dans les écoles religieuses et dans le système dit « arabo-islamique». 

Dans ce rapport, Timbuktu Institute à formuler des recommandations pour lutter contre ces menaces. Pour elle, il faut entre autres «s’attaquer aux causes profondes de la précarité à travers une politique efficiente de promotion de l’emploi des jeunes". Elle signale par ailleurs, que : «cette étude a donné des résultants plus rassurants en termes de résilience par rapport à ceux constatés lors du rapport de 2016 dans la banlieue Dakar».  

Timbuktu Institute a invité «les organes de presse à la vigilance par rapport à certains chiffres avancés et sans fondements dans ce rapport qu’il met à la disposition des chercheurs, des décideurs comme des médias pour une exploitation la plus objective et transparente». 

 

Source : www.pressafrik.com

Bakary Sambe, le directeur exécutif du ‘’Timbuktu Institute’’, un centre dédié à la ‘’lutte contre l’extrémisme‘’, a appelé, vendredi, à Dakar, à ‘’une réflexion nationale sérieuse‘’ sur la qualité du ‘’leadership religieux‘’ et le basculement de certains jeunes dans l’‘’extrémisme violent‘’.
 
‘’Après le procès que nous sommes en train de vivre au Sénégal, il faudra une réflexion nationale sérieuse sur deux questions importantes, pour savoir ce que le leadership religieux n’a pas fait pour que les jeunes disent qu’ils vont aller apprendre l’islam au Nigeria ou chez Aboubakar Shekau (le leader du groupe djihadiste Boko Haram, Ndlr)’’, a dit M. Sambe.

Le second volet de cette ‘’réflexion nationale’’ doit porter sur les causes du ‘’désespoir’’ poussant des jeunes à ‘’basculer dans l’extrémisme violent’’, selon cet enseignant-chercheur de l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis. 

Bakary Sambe s’exprimait en marge d’un atelier de restitution des résultats d’une étude du ‘’Timbuktu Institute’’ sur ‘’les facteurs de radicalisation et la perception du terrorisme chez les jeunes dans les zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie’’.
 
Il faut trouver des réponses à ces ‘’questions’’, avec ‘’une politique éducative cohérente, un système de production d’emplois pour les jeunes et la prise en compte des [questions religieuses]’’, a-t-il ajouté.
 
‘’Les résultats de cette étude ont été beaucoup plus rassurants que ceux qui avaient été obtenus dans la banlieue dakaroise il y a deux ans. Mais ils posent un certain nombre de questions, parmi lesquelles le niveau d’information très insuffisant des jeunes sur ce phénomène (les facteurs de radicalisation)’’, a souligné M. Sambe. 

Il estime que l’Etat du Sénégal doit ‘’aller vers la sensibilisation’’ des jeunes, ‘’pour qu’ils ne soient pas la proie des recruteurs’’ des filières djihadistes.
 
Source: aps.sn

Timbuktu Institute a procédé à la présentation de l’étude de perception sur les facteurs de radicalisation des jeunes dans les zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie (Rosso). Les résultats ont été présentés en présence des autorités nationales, des organisations internationales et des représentations diplomatiques.

Rappelant qu’il s’agit bien d’une étude de perception pour mieux comprendre le phénomène à partir de la vision des jeunes eux-mêmes, l’Institut a fait appel à la méthodologie de l’enquête CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques). Cette étude a donné des résultants plus rassurants en termes de résilience par rapport à ceux constatés lors du rapport de 2016 dans la banlieue Dakar. Il invite cependant les organes de presse à la vigilance par rapport à certains chiffres avancés et sans fondements dans ce rapport qu’il met à la disposition des chercheurs, des décideurs comme des medias pour une exploitation la plus objective et transparente.

Dans le but d’une meilleure présentation des résultats de l’étude, l’équipe a procédé à leur classification selon trois niveaux de tendances avant de formuler des recommandations opérationnelles pour mieux juguler la menace et renforcer la résilience dans cette région et au Sénégal de manière générale.

Tendances rassurantes

Malgré la transfrontalité et le voisinage immédiat d’avec la Mauritanie, les jeunes de Rosso résistent encore majoritairement à la percée des mouvements développant un discours plus ou moins radical et rejettent les discours appelant à la violence;

Les jeunes de cette localité restent très attachés, à une écrasante majorité, aux confréries soufies qui assurent un travail d’encadrement social à travers les dahiras (cellules confrériques) et autres organisations dépendantes ; ce qui expliquerait la faible présence de mouvements extrémistes;

Il découle de ces deux tendances sus-évoquées que les jeunes ont exprimé un fort rejet de l’éventualité d’un engagement dans des groupes extrémistes violents.

Tendances mitigées

Il y a une vraie méconnaissance du phénomène de l’extrémisme violent chez les jeunes de Rosso. Cela pourrait s’expliquer par un déficit d’information et un accès difficile aux médias ainsi qu’à l’absence d’actions de sensibilisation de la part de l’Etat et de la société civile.

Les mêmes signaux de vulnérabilité économique et de précarité sociale (chômage, pauvreté, exclusion sociale) notés en banlieue dakaroise lors de notre précédente étude, se retrouvent chez ces jeunes d’une localité reculée présentant toutes les caractéristiques d’une marginalisation territoriale.

Tendances préoccupantes

Le phénomène général de dualité du système éducatif sénégalais se retrouve nettement dans cette région. Cette situation fait persister un sentiment d’exclusion et de marginalisation des jeunes scolarisés dans les écoles religieuses et dans le système dit « arabo-islamique ».

Il persiste, au niveau des jeunes, une certaine inquiétude au sujet de la présence quoique timide des tendances rigoristes, de la porosité des frontières avec des passages récurrents et peu surveillés d’individus de différentes nationalités.

RECOMMANDATIONS

Au regard des données recueillies sur le terrain, des observations ainsi que des conclusions ci-dessus, l’équipe de recherche recommande de :

S’attaquer aux causes profondes de la précarité à travers une politique efficiente de promotion de l’emploi des jeunes et lutter contre le chômage en promouvant les activités génératrices de revenus notamment dans le secteur agricole et accélérer la mise sur pied d’une stratégie nationale inclusive de prévention de l’extrémisme violent.

Améliorer les conditions d’accès à l’école publique et mieux prendre en considération les écoles islamiques en y renforçant la formation, notamment, avec un volet professionnel;

Réduire les disparités socioéconomiques, les difficultés d’accès à l’information et aux médias ainsi que les facteurs de marginalisation notamment par une politique réfléchie d’aménagement du territoire prenant en compte la dimension transfrontalière;

Mener des actions de sensibilisation auprès des jeunes sur les enjeux et dangers de l’extrémisme violent et veiller à une meilleure surveillance des prédicateurs venant de pays voisins avec une implication constructive des forces de défense et de sécurité;

Impliquer davantage les chefs religieux confrériques dans le cadre d’une politique inclusive de prévention de l’extrémisme en collaboration avec le Cadre d’Intervention et de Coordination Interministériel des Opérations de lutte anti-terroriste (CICO) et les autres structures aussi bien étatiques que de la société civile.

Dakar, le 4 mai 2018

Source: xalimasn.com

Facteurs de radicalisation et perception du terrorisme dans les zones frontalières sénégalo-mauritaniennes: Cas de Rosso-Sénégal.

C'est l'intitulé du dernier rapport que vient de publier le Timbuktu Institute, un centre de recherche sur l'extrémisme violent, basé à Dakar

Ce rapport est publié au moment où une trentaine de personnes sont jugées au Sénégal pour apologie du terrorisme.

Le docteur Bakary Sambe est le Directeur de Timbuktu Institute. Il est notre invité et répond aux questions de Samba Dialimpa Badji

http://www.bbc.com/afrique/media-44026358

L’universitaire et chercheur sénégalais Seydi Diamil Niane a souligné la nécessité d’une académie sénégalaise de la pensée islamique, pour une meilleure vulgarisation du travail scientifique des “oulémas” sénégalais.

 

 

Cette structure devrait permettre “une meilleure appropriation et une vulgarisation des ouvrages des savants sénégalais’’, tout en apportant “une réponse doctrinale à l’extrémisme violent”, a-t-il soutenu.
M. Niane procédait jeudi à la présentation de son ouvrage intitulé “Moi musulman, je n’ai pas à me justifier : manifeste pour un Islam retrouvé”, une cérémonie qui s’est déroulée au Centre de recherche ouest africain (WARC, en anglais).
L’auteur, chargé de recherches à l’Institut Timbuctu, a révélé avoir entamé la rédaction de cet ouvrage après les attentats du Bataclan à Paris ; le 15 novembre 2015, en réponse à une amie française qui l’avait ainsi interpellé en ces termes : “Oh Djiamil, qu’est ce vous avez fait encore ?”, une manière de l’associer à “cette violence accomplie par d’autres” au nom de sa religion.
La directrice du Laboratoire genre de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), la sociologue Fatou Sarr Sow, a loué “la vaste culture” de l’auteur et “la qualité rédactionnelle” de son livre, dont le “message profond traduit dans un style simple (…) est une invite à la recherche du savoir pour une meilleure compréhension du texte coranique”.

Le travail et le profil intellectuel de Djamil Niane, titulaire d’une thèse de doctorat en études arabo-islamiques à l’Université de Strasbourg (France), donnent des raisons d’espérer en “une jeunesse saine, debout, capable de perpétuer et défendre l’islam des fondateurs”.

Source : APS

Le Docteur en islamologie, M. Seydi Diamil Niane plaide pour une approche humaniste du dialogue inter religieux au Sénégal. A cet effet, à la place du « vivre ensemble, il invite les acteurs à aller vers le « faire ensemble » qui, à son avis, est plus actif. Ce plaidoyer a, d’ailleurs, guidé les débats du panel que OSIWA, en collaboration avec le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal, a organisé ce jeudi 15 mars, sur l’Harmonie interconfessionnelle au Sénégal érigée en modèle pour la Sous-Région ouest-africaine.

« Ressources endogènes pour la tolérance inter et intra confessionnelle au Sénégal ». C’est le thème autour duquel OSIWA, en collaboration avec le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal, a convoqué la réflexion, ce jeudi 15 mars à Dakar. La chargée du Bureau Pays Sénégal d’OSIWA, Mme Hawa Ba précise qu’il s’agissait de faire une introspection pour évaluer le « bon vivre » au Sénégal matérialisé par la parfaite cohabitation entre les confessions.

Il était également question d’examiner les éléments exogènes et endogènes de cette question tout en relevant les défis qui se posent à l’harmonie pour améliorer le modèle mais aussi le mettre en exergue à l’aune des mutations sociales.

 

Universitaires, chercheurs, acteurs de la société civile, religieux, entre autres, après avoir loué l’exemplarité du modèle sénégalais en matière de tolérance inter et intra confessionnelle n’ont pas manqué d’alerter sur la nécessité de renforcer les acquis face aux défis du moment.

Le Docteur en islamologie, M. Seydi Diamil Niane qui a profité de cette brèche réitère l’existence du besoin pour une coexistence active dans la société sénégalaise.

A cet effet, il plaide pour une approche humaniste du dialogue inter religieux qui à son  avis, ne laisse personne de côté. Une idée consolidée par le Dr Mamadou Dia qui pense que la relation entre la religion et la spiritualité doit être revue pour mieux ressortir l’humanisme des confessions.

Dr Niane estime ainsi qu’à la place du « vivre ensemble », il faut aller vers « le faire ensemble » qui est plus « actif ». Une invite qui consiste à amener les aspirants du dialogue à s’entendre sur des actions communes et « veiller à ce qu’il n’y ait aucune exclusion », précise-t-il.

Cela renvoie à un dialogue islamo-chrétien avec comme objectifs des actions concrètes et bénéfiques pour tout le monde.

Ce postulat du Dr Niane qui se qualifie d’ « intellectuel rebelle » a presque orienté les débats de cette journée de réflexion.

 

Source : allafrica.com

« Le terrorisme est une longue chaîne dont chaque maillon pris individuellement peut ne pas être simple » a déclaré Bakary Sambe, directeur de Timbuktu institute et un des réalisateurs d’une enquête au Sénégal, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso sur l’extrémisme violent pour le compte de l’Onudc et le Wacap.

 D’après ce spécialiste de questions terroristes, il y a un besoin de synergie entre la Société civile et les acteurs   de la chaine pénale.

« Les Etats font face à ce dilemme ou il y a d’un côté l’impératif de justice et de l’autre la nécessité de garantir la sécurité. Entre les deux, il faut un terrain d’entente.

L’étude réfléchit sur les besoins d’harmonisation des législations et préconise une forte mobilisation de la Société civile.

L’enquête appelle à une volonté à coopérer pour l’amélioration des cadres réglementaires et de mieux prendre en compte cette question du terrorisme », indique M. Sambe.

Pour le Ministre de la Justice, la Société civile est « actrice principale dans toute œuvre de sécurité, de paix et de justice ».

Ainsi, souligne le Pr Ismaïla Madior Fall, « le degré d’implication  de la Société civile dans les programme gouvernementaux de lutte, outre qu’il constitue un indicateur de conformité des Etats dans le cadre des évaluations relatives à la lutte contre le crime organisé en général et l’extrémisme violent en particulier, participe à la sensibilisation des populations »  

 

Source: www.lequotidien.sn

« Je dois le quitter pour essayer de gagner ma vie avec le travail de la terre », disait autrefois Elhadji Malick Sy pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons. Ethique, responsabilité et dignité, ces trois mots pourraient résumer les propos du Sage de  Tivaoun et nous informent sur sa philosophie de développement économique dont l’analyse est l’objet de ce papier.

Aborder la question du développement économique dans la pensée de Mawdo nous oblige à replacer la question dans le cadre général de son œuvre réformatrice pour la perfection des liens verticaux et horizontaux et la réhabilitation de l’éthique individuelle et collective.

Les liens verticaux lient l’humain au divin. Leur perfection doit avoir la sincérité pour base. Ne disait-il pas que la sincérité était la parure de l’aspirant sur la voie de la perfection spirituelle ? (Al-sidq fahwa zinatul murîdi). Une fois la sincérité acquise, l’aspirant peut facilement cheminer vers la conquête de la crainte de Dieu. A ce propos, rappelons-nous la manière dont cheikh Ahmed Tijānī définissait le soufisme : « se conformer aux ordres de Dieu et s’éloigner de ses interdits comme Il le souhaite Lui-même et non pas comme tu le souhaites ». En somme, le cheikh fondateur de la Tijāniyya appelle à la perfection des liens verticaux, laquelle perfection est au centre de la démarche d’Elhadji Malick Sy. Cela va de pair, bien évidemment, avec la réhabilitation de l’éthique individuelle qui empêche l’aspirant d’avoir recours à la tricherie quelqu’en soit la nature.

Le deuxième point fondamental est la perfection des liens horizontaux et la réalisation de l’éthique collective. C’est cela qui crée une sorte de pacte sacré entre les hommes dans le seul but d’avoir la satisfaction de Dieu. Pour ce faire, les fils conducteurs ne doivent être autres que le respect et la quête de la dignité. C’est ainsi qu’Elhadji Malick Sy s’est attelé au développement de la mystique du travail qui s’est concrétisée avec sa vaste opération de culture arachidière. Ne sommes-nous toujours pas en train de vanter les souvenirs de Ndiarné et de Djaksao ?

L’éthique, c’est vivre avec et dans la dignité sans compter sur autre que le Très-Haut. Elhadji Malick Sy en fut l’exemple le plus accompli et la manifestation la plus parfaite. Voilà ce qu’Elhadji Mâmoune Ndiaye, petit neveu de Mor-Massamba-Diéry Dieng, raconta à Elhadji Ravane Mbaye :

Elhadji Malick demanda un jour à ma mère Anta Dieng alors qu’ils se trouvaient tous deux à Tivaoune : « Sokhna Anta, sais-tu pourquoi je suis allé à Ndiarné ? » Ma mère ayant répondu par la négative, il poursuivit : « J’étais allé une fois chez un boutiquer de Saint-Louis pour chercher des bougis à crédit. Le boutiquer, après avoir accepté, refusa. Arrivé à la maison, je me mis à raconter l’affaire aux autres. Or, Bâye Mor-Massamba-Diéry, informé, je ne savais comment, remit un franc à un disciple qui alla acheter le paquet de bougies pour moi ».

« Pendant la nuit, je me mis à réfléchir sur ma situation sociale et aboutis à la conclusion suivante : « Bâye Massamba-Diéry m’héberge avec ma femme et se fait l’obligation de payer mes dettes. Je dois le quitter pour essayer de gagner ma vie avec le travail de la terre. Voilà, conclut-il, le pourquoi de mon installation à Ndiarné.[1] »

Quelle élégance ! L’homme est beau quand il est animé par une conscience de dignité. La dignité est belle lorsqu’elle est portée par un homme de Dieu comme Elhadji Malick Sy. Ce récit, nous pouvons le dire, résume bien la philosophie de développement économique d’Elhadji Malick Sy qui s’inscrit dans le cadre général de la perfection des liens verticaux et horizontaux. Rester chez Bâye Massamba-Diéry aurait été une atteinte grave à sa conscience et une remise en cause de son éthique. De ce récit, nous pouvons retenir les leçons suivantes :

1)      La solidarité entre les enfants d’une nation, voire d’une civilisation, doit être chérie. Voilà que le disciple saint-louisien d’Elhadji Malick Sy, informé de la situation, a tout de suite pris un franc pour répondre au besoin de l’homme de Tivaoun.

2)      L’assistanat ne doit pas être une règle de vie. Chacun doit travailler pour le développement économique et pour la marche de la civilisation humaine. Elhadji Malick Sy n’a-t-il pas profité de la situation qu’il venait de vivre à Saint-Louis pour déménager à Ndiarné en vue de contribuer au développement de sa terre ?

3)      L’intérêt général doit primer sur l’obsession de l’enrichissement personnel. Rappelons à ce propos que, en même temps qu’il cultivait la terre, Elhadji Malick Sy cultivait les esprits. « Ce stratège, ce Généralissime en Chef, placé à la tête d’une armée pacifique de plusieurs centaines de milliers d’âmes, disait Iba Der Thiam, n’a jamais eu d’autres armes que son chapelet, son verbe et sa plume. » Parce qu’un bon développement économique nécessite la présence de femmes et d’hommes pour qui l’intérêt général doit primer sur l’enrichissement individuel, Elhadji Malick Sy appelle, par son exemple, à la formation intellectuelle et la réforme  spirituelle des fonctionnaires. Son chapelet et sa plume étaient ses armes.

A ces trois points viennent s’ajouter deux autres non moins importants pour le développement économique : la redistribution des richesses et la lutte contre le blanchiment d’argent ou l’optimisation fiscale. Aussi a-t-il émis un avis juridique rendant l’aumône sur les bénéfices de l’arachide obligatoire. Cette mesure fut révolutionnaire au point de heurter d’autres jurisconsultes de son époque. Dans un langage plus contemporain, cette position d’Elhadji Malick Sy pourrait être considérée comme une opération contre le blanchiment d’argent et pour la redistribution des richesses, deux conditions nécessaires à un bon développement économique.

 

Dr Seydi Diamil Niane

Dakar, le 22 novembre 2017