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Cérémonie de lancement de la première chaîne YouTube sur l'éducation à la paix en Afrique "Timbuktu Institute - Educating for Peace" au WARC (West African Research Center), le 4 Janvier 2017

Tous les mercredis, dans le journal du matin, dans le cadre du partenariat entre Medi1tv et "Timbuktu Institute", des experts africains analyseront diverses problématiques liées aux enjeux vitaux du continent. Ce matin l'invité de L'Hebdo africain est Yague Samb, responsable du pôle "Résolution des conflits" à l'Institut de Tombouctou, elle aborde pour nous la place des femmes dans la résolution des conflits en Afrique.

Observatoire

janvier 18, 2018

Le monde actuel est particulièrement marqué par une plus forte expression des forces et mouvements religieux sur la scène politique et internationale. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte global et a pu être accentué par les récents bouleversements géopolitiques, tellement la religion demeure un facteur de sens, notamment en Afrique et dans les sociétés du Sud de manière générale.

Dans un monde caractérisé par les crispations identitaires et une certaine fluctuation de l’identité culturelle, les appartenances religieuses sont, non seulement revendiquées, mais instrumentalisées par les acteurs politiques institutionnels comme « ordinaires ».

En même temps, sur le continent africain, on assiste à une profonde mutation du rapport au religieux aussi bien à travers l’émergence de mouvements et d’opinions religieuses diverses que par l’affichage de plus en plus marqué des appartenances. Ainsi les revendications identitaires comme les rivalités politico-ethniques empruntent, très souvent, le biais religieux au regard de l’efficacité des symboles constamment manipulés, réinterprétés et redynamisés.

Ces faits sont combinés aux effets de la transnationalité des acteurs et à la globalisation du croire. Mais, paradoxalement, on assiste aussi à la fragmentation et à l’émiettement à l’extrême des modes de religiosités. En Afrique, la faiblesse des États, la non-viabilité des entités politiques accentuent les risques d’affrontements intercommunautaires surtout avec la « déterritorialisation » des modes d’appartenance et la mondialisation des communautés ainsi que des causes et revendications politico-religieuses.
De plus, le continent n’est pas à l’abri des nouvelles idéologies et doctrines religieuses usant de la violence sur fond d’un radicalisme cachant, dans bien des cas, des frustrations politiques et économiques dues à l’inégale répartition des ressources et des conditions socio-économiques ne favorisant pas un cadre apaisé de gouvernance.

Le Mali en pleine crise institutionnelle doublée d’un irrédentisme ethnico-religieux fait suite à une longue évolution socio-historique ayant favorisé l’ancrage d’idéologies telles que le salafisme le wahhabisme au Nord du Nigeria et dans la corne de l’Afrique et sur la bande du Sahel.

Les derniers développements dans le Sahel, les affrontements intercommunautaires sur fond de différends religieux (Nigeria, Cameroun, Tchad) ainsi que les nombreuses crises qui couvent dans d’autres régions remettent à l’ordre du jour la nécessité d’appréhender le facteur religieux et son impact dans la marche de nos sociétés sous toutes leurs dimensions. Cela s’avère d’autant plus nécessaire surtout que les études sur le fait religieux dans de nombreux pays de la Sous-région n’ont pas connu de renouvellement paradigmatique alors que de profondes mutations traversent les sociétés africaines et affectent la nature du rapport aux religions et de leurs fonctions sociopolitiques.

L’importance et l’enjeu de tels phénomènes appellent nécessairement à une attention particulière de la part des chercheurs et des décideurs. La complexité et la sensibilité de ce sujet au cœur des préoccupations universitaires mais surtout des États et organisations internationales, exigent une meilleure compréhension des enjeux, la mise sur pied d’une méthodologie et d’une approche spécifiques, construites par des chercheurs et experts africains imprégnés des réalités.

Objectifs

  • L’Observatoire a pour objectif de veiller à :
  • L’élaboration de méthodologies et approches transdisciplinaires des questions sur le radicalisme religieux (sécurité, défense, diplomatie),
  • Mise en place d’outils de mesure et d’analyse de phénomènes de radicalisation dans les sociétés africaines contemporaines,
  • La conduite de projets de recherche en collaboration avec d’autres institutions s’intéressant à ce phénomène.

Mais l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique est surtout le lieu de production de connaissances endogènes dans une démarche, à la fois, d’opérationnalisation des savoirs mais aussi de renforcement des capacités des acteurs étatiques comme des organisations internationales.Dans cette perspective, l’Observatoire produit de l’expertise mobilisable dans les actions gouvernementales, régionales et internationales sous forme de consultance.

Notre vision

janvier 18, 2018

Répondant, en même temps, à la quête de repères et de ressources pour l’édification d’un nouveau monde basé sur le socle de la tolérance et du respect mutuel de la part des nouvelles générations africaines face à de multiples défis, Timbuktu Institute se veut un cadre de production de connaissances endogènes, d’échanges et de diffusion autour d’une contribution africaine à la promotion et à la consolidation des valeurs universelles de paix. Pour la réalisation d’une telle ambition portée par une nouvelle génération africaine assumant son passé riche de ses métissages et brassages, consciente de son rôle présent en faveur de la paix et de la stabilité ainsi que de sa responsabilité historique pour un meilleur avenir, Timbuktu Institute se veut un cadre ouvert, inclusif et pluridisciplinaire. Pour ce faire, l’Institut est conscient des difficultés liées aux contraintes politiques, socioreligieuses, culturelles, et à un contexte international et régional où foisonnent les zones de tensions et les crises multiformes.

Au regard des enjeux multiformes, dans un contexte international et régional lourd de risques et de défis liés à la sécurité, au développement, à la résorption des inégalités conflictuelles conformément à la philosophie globale de réalisation des objectifs de développement durable, Timbuktu Institute a voulu inscrire sa démarche et son action dans le cadre d’une vision ainsi libellée :  

« Un monde de paix et de justice durables où le vivre-ensemble se construit et se consolide par la recherche-action et le dialogue politique et communautaire inclusifs et permanent ».           

Fonctionnement

janvier 18, 2018

Dans la conduite de sa politique de recherche-action, Timbuktu Institute noue des collaborations fructueuses pour une bonne communication entre les acteurs variés à l’échelle régionale et internationale. Cette démarche vise l’inclusivité des programmes et actions mises en place par les autorités nationales et régionales, pour plus d’efficacité à partir de la production de connaissances à visée, essentiellement, opérationnelle.

Pour développer ses axes programmatiques, Timbuktu Institute, fort de son expérience, compte mobiliser des compétences dans les différents domaines de son intervention pour constituer une masse critique avec des experts et chercheurs dans plus de 30 pays, spécialisés sur les phénomènes décrits plus haut. La recherche est déployée comme moyen de production de connaissances sur l’ensemble des variables en jeu au travers ces phénomènes

Notre démarche

janvier 18, 2018

Conscients de la nécessité d’une approche holistique et de réponses multidimensionnelles aux nombreux défis liés au développement, la sécurité, la promotion des Droits humains, de la bonne gouvernance, de la réduction des inégalités conflictuelles, des extrémismes religieux et politiques, des intellectuels, chercheurs, acteurs de la société civile ont mis en place un Think Tank africain dénommé Timbuktu Institute.

Convaincus que la seule approche sécuritaire des conflits n’a jamais suffi à les éradiquer, différents acteurs issus, entre autres, du monde universitaire et de la société civile ont mis en place Timbuktu Institute pour privilégier un traitement pluridisciplinaire, ouvert et valorisant les ressources endogènes pour inspirer des méthodes innovantes de médiation et de résolution de crises en Afrique.

Ainsi, Timbuktu Institute sera créé le 28 avril 2016 et allie recherches, actions, plaidoyer et sensibilisation dans le but de promouvoir la paix, de prévenir et lutter contre toutes formes d’instrumentalisation des idéologies ou religions à des fins de violence et de conflits pouvant déstabiliser ou compromettre la paix et la stabilité des différents pays. De ce point de vue, l’Institut a voulu se distinguer d’autres centres et instituts dont les recherches sont uniquement orientées vers l’académisme classique, ne visant pas forcément à contribuer au changement. Les publications de Timbuktu Institute cherchent à accompagner et éclairer l’élaboration des politiques publiques et proposer des pistes exploitables par les acteurs, décideurs et partenaires internationaux.

Action

janvier 18, 2018

La vision de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, ainsi libellée, s’articule autour de 7 Axes programmatiques : 

Axe 1 :

Prévention des conflits et des violences- y compris l’extrémisme violent- par la sensibilisation et le plaidoyer selon une méthodologie s’appuyant sur des résultats de recherche-action et l’ancrage communautaire des stratégies

Axe 2 :

Prévention des extrémismes de toutes natures pouvant conduire à la violence, au terrorisme et aux heurs intercommunautaires par une approche holistique et inclusive basée sur l’implication des populations locales, l’éducation et la sensibilisation à travers des méthodes innovantes incluant des stratégies médiatiques, digitales et culturelles etc.

 Axe 3 :

Promotion de la culture de la paix par l’approche éducative et la valorisation des ressources endogènes, du patrimoine culturel et le renforcement de la résilience

 Axe 4 :

Médiation et résolution des conflits par le dialogue inclusif favorisant l’implication efficiente et le leadership des femmes et des jeunes

 Axe 5 :

Contribution active à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) par une communication sociale axée sur l’innovation technologique et les stratégies digitales ainsi qu’une meilleure synergie des initiatives et un dialogue Sud-Nord constructif

 Axe 6 :

Inclusion sociale des jeunes afin de réduire les vulnérabilités socioéconomiques exposant aux risques liés à la criminalité transfrontalière, la traite des personnes et la migration irrégulière

 Axe 7 :

Education aux Droits humains et à la diversité culturelle afin de lutter efficacement contre les inégalités et les discriminations

Préambule

janvier 18, 2018

Longtemps perçus comme en marge des épicentres et des bouleversements géopolitiques, les pays de la région se sont retrouvés au cœur des effets de la transnationalité des acteurs et des phénomènes d’insécurité avec la rupture de certains équilibres ayant affecté le Moyen-Orient et le Maghreb. Les Etats ouest-africains et du Sahel ont été ainsi, pour la plupart pris au dépourvu par le phénomène de la globalisation de la terreur et des violences idéologiquement justifiées. De ce fait, cette situation, loin d’être nouvelle, s’est greffée sur les multiples vulnérabilités socioéconomiques et a remis en surface les velléités qui jadis étaient réduites par des mécanismes endogènes, aujourd’hui, rudement affectés par les modèles étatiques centralisateurs.

Les effets d’une modernisation accélérée et souvent en dehors des cadres consensuels ont progressivement déconnecté les Etats des territoires et des demandes émanant de populations ne saisissant plus le sens du lien de citoyenneté et d’appartenance aux entités politico-nationales. Pendant ce temps, par le jeu de divers acteurs, les fibres identitaires, régionalistes, ethnoculturelles se sont suppléées aux modes d’adhésion dite légale-rationnelle. Cette réalité s’incrustera dans un nouveau schéma marqué par conséquences directes comme indirectes de l’affaiblissement des Etats aggravé d’une part le déficit de moyens d’intervention régalienne et d’autre part, la déterritorialisation poussée des acteurs.

La montée du terrorisme et des formes de radicalités non exhaustivement explicables par le seul facteur religieux va précipiter l’avènement de nouveaux modes de gestion des crises fortement imprégnés d’une culture sécuritaire. Cette forte orientation des politiques publiques par les impératifs et urgences sécuritaires a favorisé dans de nombreux Etats de la région et au sein des organisations régionales et internationales une approche ciblée négligeant les dimensions humaines, socioéconomiques et culturelles face à des phénomènes, pourtant, multidimensionnels comme l’insécurité et des violences à motivations diverses qui sapent la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

Dans le cadre de son volet « Education pour la Paix », Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies  (Dakar) en collaboration avec le Mouvement européen interreligieux « Coexister »,présente dans 33 villes de France, à Londres, Bruxelles et Genève, organise en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, une Conférence sur le thème : « Coexister : le modèle sénégalais du vivre ensemble à la lumière d’autres expériences », le Jeudi 21 Juillet 2016 à 10h à la fondation Konrad Adenauer

Cette conférence sera co-animée par Dr. Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des Radicalismes et conflits religieux en Afrique, les membres de la délégation de Co-exister ainsi que des personnalités religieuses et représentants de structures actives dans le dialogue interreligieux

En présence des leaders religieux et des associations, cette conférence-débat sera suivie d’un débat et des échanges sur les différentes expériences de dialogue et de consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Afrique et en Europe.

Auteur de Islam et diplomatie, la politique africaine du Maroc, le politologue sénégalais Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute-African center for peace studies, analyse l’influence religieuse du royaume sur le continent et l’offensive des pays qui tentent de la concurrencer..

Le Maroc veut créer une sainte alliance autour de l’islam malikite pour contrer l’essor du wahhabisme dans les pays africains, en s’appuyant sur les confréries religieuses. Est-ce une arme efficace face aux moyens financiers saoudiens ?

En Afrique subsaharienne, le Maroc dispose depuis plus de mille ans de ressources symboliques qui font défaut à ses rivaux maghrébins et du Golfe. Il y entretient des relations d’ordre spirituel qui le lient à l’Afrique via les confréries soufies, notamment la Tijaniya. Le wahhabisme est une greffe idéologique qui a pris avec les pétrodollars mais qui n’arrive pas à effacer ce passé commun, renforcé par le partage du dogme achâarite et du soufisme.

Les confréries ont, selon vous, un discours parfois archaïque, alors que le discours salafiste est beaucoup plus rationnel. Quel est l’impact sur les objectifs religieux du Maroc ?

Les confréries ont toujours été, jusqu’ici, un rempart contre le salafisme jihadiste. Mais il leur faut beaucoup d’efforts pour capter les jeunes attirés par le salafisme, avec son discours usant de la modernité technologique pour mieux combattre la modernité sociale et politique. Le salafisme est simple comme tous les discours idéologiques, et de plus en plus digital. Les confréries doivent didactiser leur message de paix et le rendre plus accessible aux jeunes aux réalités du moment.

L’Algérie peut-t-elle rattraper son retard en Afrique en matière d’influence religieuse ?

Le Maroc a clairement un avantage comparatif : il a très tôt cultivé la fibre religieuse alors que la génération du FLN algérien avait relégué le soufisme au dernier plan, en l’ayant même combattu. Il a fallu attendre 1984 pour que l’Algérie renoue avec la Tijaniya comme vecteur diplomatique. La riposte marocaine en 1985 lors du colloque de Fès a été déterminante pour la suite : les chefs religieux soufis venus de toute l’Afrique ont signé un mémorandum de soutien du royaume pour le Sahara marocain.

L’influence religieuse du Maroc dans les pays d’Afrique de l’Ouest a un nouveau challenger : la Turquie. Un adversaire à craindre à l’avenir ?

La Turquie a multiplié par cinq le nombre de ses représentations en Afrique depuis 2008. Ce pays a aussi un modèle à vendre : un islam modéré et un capitalisme de type musulman aux dehors modernistes. A côté de l’offensive diplomatique officielle d’Ankara, le mouvement de l’intellectuel musulman turc, Fethullah Gülen, impose sa présence par la généralisation du modèle d’enseignement turc dans des écoles élitistes à travers l’Afrique, où sont accueillis les enfants des plus hautes autorités politiques et militaires. Ce qui représente un levier d’influence important pour l’avenir. Lors d’une de ses récentes visites au Sénégal, Erdogan a inauguré le “jardin turc” dans la cour de laGrande mosquée de Dakar, inaugurée en 1964 par Hassan II et dessinée par son architecte personnel Gustave Collet. On y a vu le symbole puissant que les turcs sont désormais bien entrés dans le patio marocain.