Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

Patricia Llombart Cussac's analysis goes beyond diplomatic courtesy; she highlights Senegal's unique position as the ‘last bastion’ of institutional stability in the face of the rise of transitional regimes in the Sahel. For the European Union, maintaining Senegal as a privileged partner is a strategic necessity. This explains the massive support for the new regime's food and energy sovereignty projects, seen as an opportunity to demonstrate that a democratic transition can meet the aspirations of young people without breaking with the constitutional order.

The Dakar-Conakry security pivot: a response to the regional ‘vacuum’

The ratification of the defence agreement with Guinea by Senegalese MPs marks a turning point. With regional organisations such as ECOWAS weakened, Senegal is favouring strong bilateral agreements with its direct neighbours. The challenge is twofold: to prevent instability in the Sahel from ‘spilling over’ to the south and to secure areas where resources are shared. This Dakar-Conakry axis is becoming a new pole of stability, independent of traditional multilateral structures, for managing asymmetric threats along the borders.

Gold mining in Kédougou: the battle for resource sovereignty

The dismantling of illegal sites in Kédougou is not just a simple police operation, it is an act of regaining economic control. Illegal gold mining is often linked to hidden financing networks and causes ecological disasters (mercury pollution). By cracking down on these sites, the Senegalese state is seeking to formalise the mining sector so that it truly benefits the public treasury, while drying up potential sources of financing for armed groups operating in border areas.

Pastef's ‘Ndogou’: the delicate balance between party and state

The revelations about this meeting at the Palace illustrate the challenge of the ‘rupture’ advocated by Bassirou Diomaye Faye. This moment of religious and political communion serves to reassure Pastef leaders who fear a dilution of the party's ideology in the technocratic management of the state. This is where the cohesion of the majority is at stake: how to remain a fighting party while assuming the burdens and compromises of power. These ‘ndogous’ are in fact political seminars of great importance for maintaining discipline within the ranks. 

Interpol offensive: migration from the perspective of organised crime

Senegal's involvement in this Interpol operation marks a paradigm shift. We no longer talk only about ‘migrants’, but about ‘victims of criminal networks’. By targeting the logistical infrastructure of traffickers (financiers, landlords, transporters), the aim is to break the economic model of irregular migration. For Senegal, it is also a way of showing its international partners that it is tackling the migration issue at the top, by attacking the mafia roots of the problem rather than just the individuals at sea.

 

 

 

 

Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026 

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L'analyse de Patricia Llombart Cussac ne se limite pas à une courtoisie diplomatique ; elle souligne la position singulière du Sénégal comme "dernier bastion" de stabilité institutionnelle face à la montée des régimes de transition dans le Sahel. Pour l'Union Européenne, maintenir le Sénégal comme partenaire privilégié est une nécessité stratégique. Cela explique l'appui massif aux projets de souveraineté alimentaire et énergétique du nouveau régime, perçu comme une opportunité de démontrer qu'une transition démocratique peut répondre aux aspirations de la jeunesse sans rompre avec l'ordre constitutionnel. 

Le pivot sécuritaire Dakar-Conakry : une réponse au "vide" régional 

La ratification de l'accord de défense avec la Guinée par les députés sénégalais marque un tournant. Alors que les organisations régionales comme la CEDEAO sont fragilisées, le Sénégal privilégie des accords bilatéraux musclés avec ses voisins directs. L'enjeu est double : éviter que l'instabilité du Sahel ne "déborde" par le sud et sécuriser les zones de partage de ressources. Cet axe Dakar-Conakry devient un nouveau pôle de stabilité, indépendant des structures multilatérales traditionnelles, pour gérer les menaces asymétriques le long des frontières. 

Orpaillage à Kédougou : la bataille pour la souveraineté des ressources 

Le démantèlement des sites clandestins à Kédougou n'est pas qu'une simple opération de police, c'est un acte de reprise de contrôle économique. L'orpaillage illégal est souvent lié à des réseaux de financement occultes et cause des désastres écologiques (pollution au mercure). En frappant ces sites, l'État sénégalais cherche à formaliser le secteur minier pour qu'il profite réellement au Trésor public, tout en asséchant les potentielles sources de financement pour les groupes armés qui gravitent autour des zones frontalières. 

Le "Ndogou" du Pastef : l'équilibre délicat entre parti et État 

Les révélations sur cette rencontre au Palais illustrent le défi de la "rupture" prônée par Bassirou Diomaye Faye. Ce moment de communion religieuse et politique sert à rassurer les cadres du Pastef qui craignent une dilution de l'idéologie du parti dans la gestion technocratique de l'État. C'est ici que se joue la cohésion de la majorité : comment rester un parti de combat tout en assumant les lourdeurs et les compromis du pouvoir. Ces "ndogous" sont en réalité des séminaires politiques de haute importance pour maintenir la discipline dans les rangs. 

Offensive d'Interpol : la migration sous l'angle de la criminalité organisée 

 L'implication du Sénégal dans cette opération d'Interpol montre un changement de paradigme. On ne parle plus seulement de "migrants", mais de "victimes de réseaux criminels". En ciblant les infrastructures logistiques des trafiquants (financiers, logeurs, transporteurs), l'objectif est de briser le modèle économique de la migration irrégulière. Pour le Sénégal, c'est aussi une manière de montrer à ses partenaires internationaux qu'il traite la question migratoire par le haut, en s'attaquant aux racines mafieuses du problème plutôt qu'aux seuls individus en mer. 

Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

Marwane Ben Yahmed takes a critical look at the actions of the military regimes in Mali, Burkina Faso and Niger. While these regimes have succeeded in establishing themselves through rhetoric about sovereignty and diplomatic breaks with the West, the author questions whether they have delivered on their initial promises, particularly in terms of overall security, economic stability and a return to constitutional order. The analysis highlights the ongoing challenge of transforming popular support linked to nationalist sentiment into tangible results for local populations.

Fight against trafficking: major drug seizure in Zinder

The Defence and Security Forces (FDS) carried out a spectacular operation in Damagaram Takaya, in the Zinder region, intercepting a large quantity of narcotics. This operation is part of a strategy to strengthen territorial surveillance and dismantle cross-border criminal networks that fuel instability in the region. Local authorities have praised the vigilance of the units on the ground in this fight against illicit trafficking.

 

Tradition and Spirituality: prayer for peace in Agadez

Faced with security and social challenges, the Sultan of Aïr mobilised the community of Agadez for a collective prayer dedicated to peace and national cohesion. This event highlights the central role of traditional and religious leaders in social mediation and strengthening unity in Niger. Beyond the spiritual dimension, this appeal aims to ease tensions and foster a climate of solidarity among the different components of Nigerien society.

Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026 

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Marwane Ben Yahmed dresse un bilan critique de l'action des régimes militaires au Mali, au Burkina et au Niger. Si ces régimes ont réussi à s'imposer par une rhétorique de souveraineté et de rupture diplomatique avec l'Occident, l'auteur interroge la concrétisation de leurs promesses initiales, notamment sur le plan de la sécurité globale, de la stabilité économique et du retour à l'ordre constitutionnel. L'analyse souligne le défi persistant de transformer le soutien populaire lié au sentiment nationaliste en résultats tangibles pour les populations locales.

 Lutte contre les trafics : saisie majeure de drogue à Zinder

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont réalisé un coup d'éclat à Damagaram Takaya, dans la région de Zinder, en interceptant une importante quantité de produits stupéfiants. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de renforcement de la surveillance territoriale et de démantèlement des réseaux de criminalité transfrontalière qui alimentent l'instabilité dans la région. Les autorités locales ont salué la vigilance des unités sur le terrain dans cette lutte contre les trafics illicites. 

Tradition et Spiritualité : prière pour la paix à Agadez 

Face aux défis sécuritaires et sociaux, le Sultan de l’Aïr a mobilisé la communauté d'Agadez pour une prière collective dédiée à la paix et à la cohésion nationale. Cet événement souligne le rôle central des chefferies traditionnelles et religieuses dans la médiation sociale et le renforcement de l'unité au Niger. Au-delà de la dimension spirituelle, cet appel vise à apaiser les tensions et à favoriser un climat de solidarité entre les différentes composantes de la société nigérienne. 

Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

The Malian Armed Forces (FAMa) conducted a major air operation in the Yanfolila district,neutralising around 50 terrorists. This surgical strike, made possible by accurate intelligence, destroyed a major logistics base and recovered large quantities of weapons and ammunition. This action is part of a drive by the Malian army to regain the initiative in areas formerly considered sanctuaries for armed groups.

Two days after the initial strike, reports confirm the effectiveness of the intervention in the Bougouni region, highlighting that this operation is one of the most significant in recent months in the south of the country. Beyond the human losses inflicted on terrorist groups, the focus is on the destruction of their mobility capabilities through the elimination of dozens of motorcycles and vehicles. This victory strengthens the confidence of local populations in the Malian air force's ability to secure rural areas.

Diplomacy: Partnerships with China and Iran

On the international stage, Mali is stepping up its policy of diversifying its strategic partners through new initiatives with Beijing and Tehran. These diplomatic exchanges aim to consolidate cooperation in key areas such as defence, infrastructure and the economy, illustrating Bamako's desire to break free from traditional Western influences. This rapprochement with the powers of the ‘Global South’ is seen as an essential lever for ensuring the country's national sovereignty and technological development.

Opening up access via the Senegal River

The project to turn the Senegal River into a permanent waterway to the Atlantic Ocean represents a major hope for the Malian economy, which has traditionally been constrained by its lack of a coastline. This initiative aims to transform the river into a genuine logistics corridor, offering a sovereign alternative to the ports of neighbouring countries. Ultimately, this project should reduce freight transport costs and stimulate regional trade, positioning Mali as a strategic river hub in West Africa.

Successful new strikes in the north and securing of the Zantiébougou area in the centre

The Malian army has announced the success of two additional air operations, this time targeting terrorist positions in the northern and central regions. These preventive strikes destroyed armed groups that were planning attacks on convoys and civilian populations, confirming the FAMa's ability to monitor and strike simultaneously on several fronts. This aerial responsiveness is presented as the cornerstone of Mali's new defence doctrine to protect the integrity of its territory.

In addition to the air strikes, ground search operations were successfully carried out in the Zantiébougou area, resulting in the neutralisation of several armed elements. These ground operations aim to dislodge the remnants of terrorist groups attempting to disrupt traffic on strategic roads in the south. The objective is to guarantee the free movement of people and goods, while sending a strong message about the permanent presence of the state in these localities.

Tribute to the Russian model for the Sahel

The Malian Minister of Defence officially praised the commitment of the Russian ‘defenders of the motherland’, holding them up as a model of courage and patriotism for the forces of the Alliance of Sahel States (AES). This speech highlights the deep roots of military cooperation between Bamako and Moscow, which is seen as a reliable and effective partnership in the face of security challenges. This statement reaffirms Mali's ideological choice to draw inspiration from Russian resilience to forge its own national destiny and ensure stability in the region.

 

 

 

 

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Les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont mené une opération aérienne d'envergure dans le cercle de Yanfolila,neutralisant une cinquantaine de terroristes. Cette frappe chirurgicale, rendue possible grâce à des renseignements précis, a permis de détruire une base logistique majeure et de récupérer d'importantes quantités d'armes et de munitions. Cette action s'inscrit dans une dynamique de reprise d'initiative de l'armée malienne dans des zones autrefois considérées comme des sanctuaires pour les groupes armés. 

Deux jours après la frappe initiale, les rapports confirment l'efficacité de l'intervention dans la région de Bougouni, soulignant que cette opération est l'une des plus significatives de ces derniers mois dans le sud du pays. Au-delà des pertes humaines infligées aux groupes terroristes, l'accent est mis sur la destruction de leur capacité de mobilité grâce à l'élimination de dizaines de motos et de véhicules. Cette victoire renforce la confiance des populations locales envers l'outil aérien malien pour la sécurisation des zones rurales. 

Diplomatie : Partenariats avec la Chine et l'Iran 

Sur le plan international, le Mali intensifie sa politique de diversification de ses partenaires stratégiques à travers de nouvelles impulsions avec Pékin et Téhéran. Ces échanges diplomatiques visent à consolider la coopération dans des domaines clés tels que la défense, les infrastructures et l'économie, illustrant la volonté de Bamako de s'affranchir des influences occidentales traditionnelles. Ce rapprochement avec des puissances du "Sud Global" est perçu comme un levier essentiel pour assurer la souveraineté nationale et le développement technologique du pays. 

Désenclavement via le fleuve Sénégal 

Le projet de faire du fleuve Sénégal une voie navigable permanente vers l'océan Atlantique représente un espoir majeur pour l'économie malienne, traditionnellement contrainte par son absence de façade maritime. Cette initiative de désenclavement vise à transformer le fleuve en un véritable corridor logistique, offrant une alternative souveraine aux ports des pays voisins. À terme, ce projet devrait réduire les coûts de transport des marchandises et stimuler les échanges commerciaux régionaux, positionnant le Mali comme un carrefour fluvial stratégique en Afrique de l'Ouest. 

Succès de nouvelles frappes dans le Nord et sécurisation de la zone de Zantiébougou au Centre

L'armée malienne a annoncé la réussite de deux opérations aériennes supplémentaires, ciblant cette fois des positions terroristes dans les régions du Nord et du Centre. Ces frappes préventives ont permis d'annihiler des groupes armés qui planifiaient des attaques contre des convois et des populations civiles, confirmant la capacité des FAMa à surveiller et à frapper simultanément sur plusieurs fronts. Cette réactivité aérienne est présentée comme la pierre angulaire de la nouvelle doctrine de défense malienne pour protéger l'intégrité du territoire. 

En complément des frappes aériennes, des opérations de ratissage au sol ont été menées avec succès dans la zone de Zantiébougou, aboutissant à la neutralisation de plusieurs éléments armés. Ces actions terrestres visent à déloger les résidus de groupes terroristes qui tentent de perturber la circulation sur les axes routiers stratégiques du Sud. L'objectif est de garantir la libre circulation des personnes et des biens, tout en renvoyant un message de fermeté quant à la présence permanente de l'État dans ces localités. 

Hommage au modèle russe pour le Sahel

Le Ministre malien de la Défense a officiellement salué l'engagement des "défenseurs de la patrie" russes, les érigeant en modèle de courage et de patriotisme pour les forces de l'Alliance des États du Sahel (AES). Ce discours souligne l'ancrage profond de la coopération militaire entre Bamako et Moscou, perçue comme un partenariat fiable et efficace face aux défis sécuritaires. Cette déclaration réaffirme le choix idéologique du Mali de s'inspirer de la résilience russe pour forger son propre destin national et assurer la stabilité de la région. 

 

Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

For his first visit to Africa, Pope Leo XIV will travel to Cameroon. While the country's authorities are preparing a warm welcome for the pontiff, the Pope's visit, scheduled for 15 to 18 April, already appears to be a potential flashpoint for political tensions. This is because the socio-political situation that has prevailed since the disputed presidential election in October 2025 is still far from calm. In this case, part of the clergy and the opposition believe that Yaoundé intends to use the papal visit to legitimise its power in the run-up to the next legislative elections. It is in this context that Jesuit Father Ludovic Lado sent a public letter to the Pope asking him to change his agenda. But without success. ‘The main thing is that the Pope is aware of what is happening in the country, including the assassination [of opposition figure] Anicet Ekane (...) I will respect the Pope's decision to visit Cameroon, even if I do not agree with it. He is my superior,’ he resolved.

Similarly, the diaspora movement ‘Project C’, which supports opposition leader Issa Tchioma Bakary, was keen to alert the Pope. ‘You are invited to Cameroon, not to serve the truth of Christ, but to validate a lie written in the blood of those who dared to believe that their votes would count,’ the movement asserts in an open letter. Furthermore, a petition signed by writer Calixthe Beyala and posted online on 25 January condemns a ‘dictatorial regime’ and urges the Pope ‘not to visit Cameroon’. While it is doubtful that this protest will succeed in changing the papal agenda, it does highlight the toxic and volatile nature of the socio-political situation in a country where the legitimacy of power continues to be subject to criticism.

Anicet Ekane, a death that cannot be ignored

The case of opposition leader Anicet Ekane, who died in custody on 1 December 2025 following the post-election crisis, is further evidence, if any were needed, of the depth of socio-political tensions. While the Ministry of Defence published the autopsy findings on 24 February, concluding that the death was ‘natural’ and linked to ‘serious medical conditions’, the deceased's relatives rejected this conclusion. According to his son, who was contacted by Jeune Afrique, the autopsy was conducted ‘in an unhealthy context’ where the request for ‘the presence of an independent third party to ensure a minimum of objectivity was systematically refused’.

Furthermore, it is in this overall context of political turmoil that another challenge facing the Cameroonian authorities arises: drug trafficking. In this regard, nearly 2.5 tonnes of narcotics (including 1,057 kg of cocaine and 1,442 kg of tramadol) seized four days earlier at Douala International Airport were destroyed on 24 February by the Littoral Regional Commission. Despite their apparent disparity, these two events seem to paint a picture of a country grappling with a multitude of challenges (political, judicial and security-related) whose management is testing the state's ability to maintain its institutional credibility.

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Pour sa première visite africaine, le pape Léon XIV se rendra au Cameroun. Alors que les autorités du pays préparent un bel accueil au souverain pontife, la visite du Pape prévue du 15 au 18 avril semble déjà s’avérer comme une possible caisse de résonance des tensions politiques. Ceci, du fait que la situation socio-politique prévalant depuis la présidentielle contestée d'octobre 2025 est encore loin d’être apaisée. En l’espèce, une partie du clergé et de l’opposition estime que  Yaoundé entend instrumentaliser la visite papale pour légitimer son pouvoir, dans le sillage des prochaines législatives. C’est dans ce contexte que le père jésuite Ludovic Lado a adressé une lettre publique au Pape pour lui demander de modifier son agenda. Mais sans succès. « L’essentiel est que le pape est au courant de ce qui se passe dans le pays, y compris de l’assassinat [de l’opposant] Anicet Ekane (…) Je respecterai la décision du pape de visiter le Cameroun, même si je ne la partage pas. C’est mon supérieur hiérarchique », s’est-il résolu. 

De même, le mouvement de la diaspora « Project C » soutien de l’opposant Issa Tchioma Bakary a tenu à alerter le Pape. « Vous êtes invité au Cameroun, non pas pour servir la vérité du Christ, mais pour valider un mensonge écrit dans le sang de ceux qui ont osé croire que leurs votes compteraient », assène le mouvement dans une lettre ouverte. Plus encore, une pétition – signée par l’écrivaine Calixthe Beyala - mis en ligne le 25 janvier, fustige un « régime dictatorial » et exhorte le Pape « à ne pas se rendre au Cameroun ». Si l’on pourrait douter que cette contestation parvienne à infléchir l’agenda papal, il reste qu’elle remet en lumière le caractère délétère et volatile de la situation socio-politique dans un pays, où la légitimité du pouvoir continue d’être sujet à critiques.

Anicet Ekane, une disparition qui ne passe pas

L'affaire de l’opposant Anicet Ekane, mort en détention le 1er décembre 2025 suite à la crise post-électorale témoigne, si besoin en était, de la profondeur des tensions socio-politiques. Alors que le ministère de la Défense a publié le 24 février les conclusions de cette autopsie concluant à une « mort naturelle » liée à de « graves pathologies », les proches du défunt y ont opposé rejet. Selon son fils joint par Jeune Afrique, l’autopsie a été conduite « dans un contexte malsain » où la requête de « la présence d’un tiers indépendant afin de garantir un minimum d’objectivité nous a été systématiquement refusée ».

En outre, c’est dans ce contexte global de turbulences politiques que se présente un autre défi auquel les autorités camerounaises sont confrontées : le narcotrafic. A cet égard, près de 2,5 tonnes de stupéfiants (dont 1057 kg de cocaïne et 1442 kg de tramadol) saisis quatre jours plus tôt à l'aéroport international de Douala, ont été détruits le 24 février par la commission régionale du Littoral. En dépit de leur apparente disparité, ces deux séquences semblent dresser le portrait d’un pays aux prises avec une pluralité de défis (politiques, judiciaires et sécuritaires) dont la gestion met à l'épreuve la capacité de l'État à maintenir à la fois sa crédibilité institutionnelle.

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In the north of the country, although the security situation appears to have calmed down somewhat, it remains a cause for concern in many respects. Apart from the sensitive area known as the ‘Triple Point’ with Niger and Burkina Faso, the border area with Niger and Nigeria also remains critical. According to a study by the NGO ACLED, in 2025 this area emerged as a major new jihadist hotspot, with an 86% increase in attacks and a 262% increase in deaths in one year. Indeed, JNIM and Islamic State appear to have consolidated their presence there, particularly in the departments of Alibori and Borgou.

Similarly, the third department, Atacora, is not immune to this turmoil. In the early hours of 24 February, the Kouandé police station was the target of an armed attack. Unidentified assailants from the Guilmaro district opened fire on the infrastructure before setting fire to the annex building of the Republican Police, stealing two motorcycles and destroying three. In the aftermath, defence and security forces quickly deployed a search operation around the locality. No official report has been released at this time. This overview reveals a northern region that remains under pressure. Indeed, there is no longer any doubt that the jihadist hydra is infecting the north of the country, gradually transforming a localised threat into a structural security challenge for the state. Furthermore, the overlapping pockets of vulnerability are shaping an arc of instability, the management of which does not seem to be getting any easier with time.

Strengthening community resilience

It is undoubtedly with this major challenge in mind that the Beninese authorities are working, beyond the security aspect, to put in place resilience mechanisms, which is, in the current socio-political context on the eve of the presidential election. The Ministry of the Interior and Public Security has therefore deployed a mission to the departments of Atacora and Donga to strengthen conflict prevention mechanisms. On 24 February, an awareness-raising session on the co-production of security during the election period was held at the Natitingou prefecture. To this end, discussions were held with local authorities, security forces, community leaders and political actors with the aim of raising awareness among the population, combating hate speech and maintaining a framework for mediation. This institutional drive also serves as a reminder of the authorities' awareness that the legitimacy of the upcoming elections could also depend on the state's ability to guarantee a peaceful and secure environment in the most vulnerable areas of the country.

At the same time, the authorities are continuing to pursue legal proceedings in relation to the failed coup of 7 December 2025. In a new development, on 27 February, the National Centre for Digital Investigations published a wanted notice for nine individuals linked to the coup attempt. They are Colonel Pascal Tigri (alleged mastermind of the coup), Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji and Yacoubou Moudachirou Osseni. In this context, the Beninese state's uncompromising stance attests to its determination to shed light on this event. In this sense, it is true that this process will remain incomplete as long as Colonel Tigri continues to evade justice in his country.

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Au nord du pays, même si la situation sécuritaire semble faire montre d’une relative accalmie, il n’en demeure pas moins qu’elle soit préoccupante à bien des égards. Hormis le point névralgique de la zone dit du « Point Triple » avec le Niger et le Burkina Faso, la zone frontalière avec le Niger et le Nigeria reste, elle aussi, critique. Selon une étude de l’ONG ACLED, cette zone s’est imposée en 2025 comme un nouveau foyer djihadiste majeur, avec une hausse de 86% des attaques et de 262% du nombre de morts en un an. En effet, le JNIM et l’Etat Islamique semblent y avoir consolidé leur installation, notamment dans les départements de l'Alibori et du Borgou. 

De même, le troisième département, l’Atacora, n’est pas du reste de cette tourmente. Au petit matin du 24 février, le commissariat de Kouandé a été la cible d'une attaque armée. Des assaillants non identifiés en provenance de l’arrondissement de Guilmaro ont ouvert le feu sur l'infrastructure avant d'incendier le bâtiment annexe de la Police républicaine, volant deux motos et en détruisant trois. Dans la foulée, les forces de défense et de sécurité ont rapidement déployé un dispositif de ratissage autour de la localité. Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Ce panorama révèle une région septentrionale qui reste sous pression. De fait, il ne fait plus doute que l’hydre djihadiste gangrène le nord du pays, transformant progressivement une menace localisée en défi sécuritaire structurel pour l'État. En outre, la superposition des foyers de vulnérabilité dessine les contours d’un arc d’instabilité dont l’enjeu de gestion ne semble pas s’amenuiser au fil du temps.

Consolider la résilience des communautés

C’est sans doute conscient de cet enjeu de taille que les autorités béninoises s’emploient, au-delà du volet sécuritaire, à  mettre en place des mécanismes de résilience, qui puis est, dans le présent contexte socio-politique à la veille de la présidentielle. Ainsi, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique a déployé une mission dans les départements de l'Atacora et de la Donga afin de renforcer les mécanismes de prévention des conflits. Le 24 février s’est tenue à la préfecture de Natitingou, une séance de sensibilisation sur la coproduction de la sécurité en période électorale. A cet effet, des échanges ont été menés avec les autorités locales, les forces de sécurité, les leaders communautaires et les acteurs politiques avec pour objectifs la sensibilisation des populations, la lutte contre les discours de haine et le maintien d'un cadre de médiation. Cet entrain institutionnel vient par ailleurs rappeler la conscience des autorités de ce que la légitimité du scrutin à venir pourrait aussi se jouer dans la capacité de l'État à garantir un environnement sécuritaire apaisé dans les zones les plus vulnérables du territoire.

En parallèle, les autorités continuent de s’investir dans le traitement judiciaire du coup d’Etat manqué du 7 décembre 2025. Nouvelle séquence : le Centre National d'Investigations Numériques a publié le 27 février, un avis de recherchecontre neuf individus liés à la tentative de putsch. Il s’agit du colonel Pascal Tigri (présumé cerveau du putsch), Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji et Yacoubou Moudachirou Osseni. Dans cette logique, l’intransigeance affichée par l’Etat béninois atteste de sa détermination à faire toute la lumière sur cet évènement. En ce sens, il est vrai que ce processus demeurera inachevé tant que le colonel Tigri continuera d’échapper à la justice de son pays.

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