Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute - Week 3 September 2026 

In his second address to the United Nations General Assembly, the Guinean head of state devoted most of his speech to the record of his action since coming to power. Highlighting the adoption of the new Constitution, infrastructure development and the Simandou 2040 programme, Mamadi Doumbouya turned this platform, usually devoted to states’ visions on international issues, into a presentation of his domestic policy.

Before the UN, Mamadi Doumbouya Defends His Record

Anticipating criticism likely to target the nature of his rule, the president also defended a model of governance adapted to the “national genius”, citing countries in Asia and the Middle East that “did not wait for an external model to be validated for them before building their prosperity”. He also called for building an international partnership “respectful of the sovereignty of each nation”, based on “win-win co-construction” rather than “preconceived frameworks”.

In New York, the Guinean Diaspora Protests Against the Government

On the sidelines of his speech, several hundred members of the Guinean diaspora gathered in front of the hotel where Mamadi Doumbouya was staying to express their discontent with the head of state. The protesters notably denounced the repression carried out by the authorities and the partiality of the judicial system.

An Opponent of Mamadi Doumbouya Prevented from Travelling to the United States?

Former Guinean Prime Minister and UFDG president Cellou Dalein Diallo says he was prevented from travelling to New York, where he was due to attend several meetings on the sidelines of the United Nations General Assembly. His passport was reportedly revoked by the Guinean authorities without his being informed. His party denounces a violation of rights and accuses the Conakry government of seeking to restrict political freedoms. This measure adds to the dissolution of the UFDG and other opposition parties decided in early March on the grounds of “failure to meet their obligations”.

Guinea, Africa’s Leading Recipient of Foreign Investment

On the economic front, Guinea recorded more than 7.7 billion dollars in foreign direct investment in 2025, placing it at the top of the continent, largely thanks to the Simandou mining project. However, the benefits for national companies remain limited. Only one billion dollars has reportedly been paid to them, with the rest going mainly to Chinese and Portuguese companies. With a further 13 to 15 billion dollars still to be invested in the Simandou project, the challenge now lies in Guinea’s ability to involve national companies more closely in the project, so that the influx of foreign capital can benefit the local economic fabric.

Simandou: A New Contract Bolsters Guinea’s Economic Ambitions 

The Compagnie du TransGuinéen (CTG) and the American group Wabtec have signed a 700-million-dollar contract to support the operation and maintenance of the locomotive fleet assigned to the Simandou project, with a cumulative commitment raised to 1.2 billion dollars over more than 14 years. According to the Minister of Mines and Geology, Bouna Sylla, this commercial agreement should also enable a “transfer of technology” and the local training of teams.

 

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

Pour sa deuxième prise de parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État guinéen a consacré l’essentiel de son intervention au bilan de l’action menée depuis son arrivée au pouvoir. Insistant sur l’adoption de la nouvelle Constitution, le développement d’infrastructures et le programme Simandou 2040, Mamadi Doumbouya a fait de cette tribune, habituellement consacrée à la vision des États sur les enjeux internationaux, un exposé de sa politique intérieure.

Devant l’ONU, Mamadi Doumbouya défend le bilan de son action

Anticipant les critiques susceptibles de viser la nature de son pouvoir, le président a également défendu un modèle de gouvernance adapté au « génie national », citant les pays d’Asie et du Proche-Orient qui « n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité ».  Il a par ailleurs appelé à construire un partenariat international « respectueux de la souveraineté de chaque nation », fondé sur une « co-construction gagnant-gagnant » plutôt que sur des « schémas préétablis ».

À New-York, la diaspora guinéenne proteste contre le pouvoir

En marge de sa prise de parole, plusieurs centaines de membres de la diaspora guinéenne se sont rassemblés devant l’hôtel où séjournait Mamadi Doumbouya pour exprimer leur mécontentement à l’égard du chef de l’État. Les manifestants ont notamment dénoncé la répression mise en œuvre par le pouvoir ainsi que la partialité du système judiciaire.

Un opposant à Mamadi Doumbouya empêché de se rendre aux États-Unis ?

L’ancien Premier ministre guinéen et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, affirme avoir été empêché de se rendre à New York où il devait participer à plusieurs réunions en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Son passeport aurait été révoqué par les autorités guinéennes sans qu’il en soit informé. Son parti dénonce une atteinte aux droits et accuse le pouvoir de Conakry de chercher à restreindre les libertés politiques. Cette mesure vient s’ajouter à la dissolution de l’UFDG et d’autres partis d’opposition décidée début mars, au motif de « manquement à leurs obligations ».

La Guinée, premier pays africain bénéficiaire d’investissements étrangers

Sur le plan économique, la Guinée a enregistré plus de 7,7 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, la plaçant en tête du continent, notamment grâce au projet minier Simandou. Cependant, les retombées pour les entreprises nationales demeurent limitées. Seul un milliard de dollars leur aurait été versé, le reste bénéficiant en majorité à des entreprises chinoises et portugaises. Alors que 13 à 15 milliards de dollars supplémentaires doivent encore être investis dans le projet Simandou, l’enjeu porte désormais sur la capacité de la Guinée à davantage associer les entreprises nationales au projet, afin que l’afflux de capitaux étrangers puisse bénéficier au tissu économique local.

Simandou : un nouveau contrat renforce les ambitions économiques de la Guinée

La Compagnie du TransGuinéen (CTG) et le groupe américain Wabtec ont signé un contrat de 700 millions de dollarsvisant à accompagner l’exploitation et la maintenance de la flotte de locomotives affectées au projet Simandou, avec un engagement cumulé porté à 1,2 milliard de dollars sur plus de 14 ans.  Cet accord commercial doit également permettre un « transfert de technologies » et la formation locale des équipes selon le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla.

 

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

Les ministres des Affaires étrangères et les responsables des représentations diplomatiques de l’AES  à New York et à Washington se sont réunis le dimanche 21 septembre 2026 pour  préparer les messages à porter à l’Assemblée générale des Nations Unies. L’objectif est clair : parler d’une seule voix pour défendre la souveraineté, la sécurité et le droit des peuples à définir leurs propres priorités, tout en proposant une lecture africaine des réalités du Sahel contrairement aux narratifs “extérieurs”. Parallèlement, une rencontre consacrée à la Confédération a été organisée afin d’échanger avec les partenaires internationaux. Pour rappel, la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies porte sur le thème “Restaurer la confiance, gérer la transformation : des Nations unies qui apportent des résultats pour tous”. Les trois États membres de la Confédération des États du Sahel se sont entendus sur une stratégie diplomatique coordonnée. Cette démarche traduit la volonté de donner une dimension concrète à l’union politique, initialement centrée sur la défense et la sécurité, élargie à la diplomatie et au développement, et de faire reconnaître l’AES comme un interlocuteur collectif capable d’impacter à l’échelle internationale. Cette démarche montre la volonté des États membres de la confédération à transformer leur unité politique en une force multilatérale incontournable dans un contexte d’affirmation souverainiste.

Une identité commune aux États membres de la Confédération

L’enrôlement pour la Carte nationale d’identité biométrique AES a officiellement été lancé le 15 septembre 2026 par le Secrétaire général du Gouvernorat d’Agadez, Souleymane Saidou Boulhassan, dans les locaux de la Direction régionale de la Police nationale. Comme dans toute procédure, des pièces à fournir ainsi que des frais de procédures sont demandés avec une durée de validité de la carte de cinq ans. Les données sont collectées localement, transmises à Niamey pour fabrication de la carte, puis renvoyées à la région pour remise au bénéficiaire. Le responsable a appelé la population à se faire enrôler, soulignant le caractère sécurisé de ce nouveau document. Cette opération s’inscrit dans la modernisation de l’état civil et la sécurisation de l’identité dans les États membres de l’AES. .
Ce déploiement de la CNIB AES à Agadez qui est une région stratégique, illustre concrètement l’intégration administrative de la Confédération. Il vise à lutter contre les fraudes et usurpations d’identité, à protéger les données personnelles et à faciliter l’accès aux services publics, tout en symbolisant une souveraineté partagée et une numérisation de l’administration.

Bilan du programme de refondation jugé satisfaisant
Le gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, a présenté le 20 septembre 2026 un bilan des trois années de mise en œuvre du Programme de la Refondation 2023-2026 et des activités 2025-2026 du Comité régional Paix, Sécurité et Développement (CRPS/D), mis en place en janvier 2025. Les quatre axes principaux étant le renforcement de la sécurité et la consolidation de la paix qui est une priorité, la gouvernance territoriale efficace qui passe de manière incontournable par une proximité du terrain. Il y a également la coordination des interventions ; outils de mesure des résultats. Il revendique une consolidation de la stabilité, un désamorçage de tout ce qui peut représenter une menace à la cohésion sociale et la lutte contre les groupes armés non étatiques. D'autres défis existent par ailleurs et non pas des moindres, notamment  l’accès à l’eau, à l’électricité, les infrastructures et le développement économique. l’objectif ést de renforcer les services sociaux de base, de mettre en valeur les ressources naturelles et de développer la coopération décentralisée dans les États membres de la Confédération des États du Sahel.

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

The foreign ministers and heads of the AES diplomatic missions in New York and Washington met on Sunday 21 September 2026 to prepare the messages to be delivered at the United Nations General Assembly. The objective is clear: to speak with one voice in defence of sovereignty, security and the right of peoples to set their own priorities, while offering an African reading of the realities of the Sahel, as opposed to “external” narratives. At the same time, a meeting devoted to the Confederation was organised in order to hold discussions with international partners. As a reminder, the 81st session of the United Nations General Assembly is being held under the theme “Restoring trust, managing transformation: a United Nations that delivers for all”. The three member states of the Confederation of Sahel States agreed on a coordinated diplomatic strategy. This approach reflects a desire to give concrete substance to the political union, initially focused on defence and security and since extended to diplomacy and development, and to have the AES recognised as a collective interlocutor capable of making an impact internationally. It shows the determination of the Confederation’s member states to turn their political unity into an indispensable multilateral force in a context of sovereigntist assertion.

A Common Identity for the Confederation’s Member States

Enrolment for the AES biometric national identity card was officially launched on 15 September 2026 by the Secretary-General of the Agadez Governorate, Souleymane Saidou Boulhassan, at the premises of the Regional Directorate of the National Police. As with any procedure, supporting documents and processing fees are required, and the card is valid for five years. The data are collected locally, sent to Niamey where the card is produced, and then returned to the region for delivery to the holder. The official urged the population to enrol, stressing the secure nature of this new document. This operation is part of the modernisation of civil registration and the securing of identity in the AES member states. This rollout of the AES biometric ID card in Agadez, a strategic region, is a concrete illustration of the Confederation’s administrative integration. It aims to combat fraud and identity theft, protect personal data and facilitate access to public services, while symbolising shared sovereignty and the digitalisation of the administration.

Review of the Refoundation Programme Deemed Satisfactory


The governor of the Agadez region, Major General Ibra Boulama Issa, presented on 20 September 2026 a review of three years of implementation of the Refoundation Programme 2023–2026 and of the 2025–2026 activities of the Regional Peace, Security and Development Committee (CRPS/D), set up in January 2025. The four main pillars are strengthening security and consolidating peace, which is a priority; effective territorial governance, which necessarily requires proximity to the ground; the coordination of interventions; and tools for measuring results. He claims a consolidation of stability, the defusing of anything that might threaten social cohesion, and progress in the fight against non-state armed groups. Other challenges, and by no means minor ones, remain, notably access to water and electricity, infrastructure and economic development. The objective is to strengthen basic social services, develop natural resources and expand decentralised cooperation among the member states of the Confederation of Sahel States.

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

At the end of this rainy season, the JNIM affiliated with Al-Qaeda is stepping up its attacks with increasingly sophisticated modus operandi. On 14 September 2026, the main air command post in Sévaré, as well as the Kona base, were targeted by kamikaze drone and mortar attacks. The jihadists reportedly put drones and helicopters out of action, killed at least 30 Malian army soldiers and ambushed a convoy of Russian mercenaries. This situation highlights the undeniable rise in strength of the JNIM but also the vulnerability of the Malian army and its partners in this densely populated area, considered for about a decade to be the epicentre of jihadist activity.

After the attack on the Dioura military camp, the Malian state has still not released an official toll for the assault, despite the figures reported by the international press. Faced with this silence from the Malian army, the victims’ families have reportedly turned to images published by the JNIM, which claims at least 150 soldiers killed and more than 90 captured, in an attempt to identify the victims.

An Accusation of War Crimes

Despite Mali’s announced withdrawal from the Rome Statute in June 2026, the International Criminal Court remains competent to pursue the investigations the country has been subject to since 2013, until the withdrawal takes effect in June 2027. Moreover, in a research report conducted by Amnesty International between 2025 and 2026 in 10 localities of the Hodh Ech-Chargui region in Mauritania, where UNHCR has registered 290,000 Malian refugees, 119 of them from Mopti, Ségou and Timbuktu were interviewed. The report denounces serious violations of international humanitarian law and human rights committed by the parties to the armed conflict between the Malian army and non-state armed groups. The same report details two FAMa drone strikes in Timbuktu, which targeted a market and a family home in November 2025, killing at least 23 civilians. One of the people interviewed stated: “We found no evidence of the presence of members of armed groups or of military objectives at either of the sites targeted by these strikes. If confirmed, they would constitute direct attacks on civilians and civilian objects, and should be investigated as possible war crimes”. Relatives of victims reportedly said that there were no fighters in the market and that the 16 people killed were all civilians. Amnesty International also reports several violations committed by members of the JNIM and members of the FLA, to the point that some Malian survivors of the conflict have been driven into exile. “They told us to leave and never come back”, testifies one refugee.

 

When Mali Accuses Ukraine Before the UN

Malian Foreign Minister Abdoulaye Diop accused Ukraine of interference and of supporting “terrorist groups” in the Sahel at the UN General Assembly on 28 September 2026. He accuses Kyiv of providing financial, logistical and intelligence support to organisations linked to transnational organised crime whose aim is to destabilise Mali and thereby block its determination to free itself from “colonial domination”. He also called on Africa not to remain silent, especially as the consequences could spread regionally.

This denunciation comes just after President Assimi Goïta called for national reconciliation in his radio and television address on the eve of the 66th anniversary of Mali’s independence. The Malian president firmly affirmed the importance he attaches to territorial integrity and national unity, and did not fail to pay tribute to the soldiers who fell at the front and to announce the creation of the Observatory for Peace and National Reconciliation. Caught between accusations against Ukraine and an alliance with Russia that has shown its limits amid heightened insecurity, Bamako’s stance and strategy are largely justified, according to the Malian authorities.

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

En cette fin d’hivernage, le JNIM affilié à Al Qaeda multiplie ses attaques avec des modes opératoires de plus en plus sophistiqués. Le 14 septembre 2026, le poste principal de commandement aérien de Sévaré, ainsi que la base de Kona, ont été la cible d’attaques aux drones kamikazes et mortiers. Les djihadistes auraient mis hors service des drones et hélicoptères, tué au moins 30 soldats de l’armée malienne et mené une embuscade contre un convoi de mercenaires russes. Cette situation met en exergue la montée en puissance indéniable du JNIM mais aussi la vulnérabilité de l’armée malienne avec ses partenaires dans cette zone immensément peuplée, considérée depuis une dizaine d’années comme épicentre de l’activité djihadiste.

Après l’attaque contre le camp militaire de Dioura, l’État malien n’a toujours pas communiqué sur le bilan officiel de l’assaut, malgré les chiffres annoncés par la presse internationale. Face à ce mutisme de l’armée malienne, les familles des victimes se seraient repliées vers les images publiées par le JNIM, qui revendique au moins 150 soldats tués et plus de 90 capturés, pour tenter d’identifier les victimes.

Une accusation de crime de guerre

Malgré l’annonce du retrait du Mali du traité de Rome en juin 2026, la Cour Pénale internationale reste compétente dans la poursuite des enquêtes dont le pays fait objet depuis 2013, jusqu’à la date de retrait effective en juin 2027. D’ailleurs, dans un rapport de recherche mené par Amnesty International entre 2025 et 2026 dans 10 localités de la région du Hodh Ech-Chargui en Mauritanie où le HCR a enregistré 290 000 réfugiés maliens, 119 d’entre eux originaires de Mopti, Ségou et Tombouctou ont été interrogés. Ce rapport dénonce de graves violations du droit humanitaire international et des droits humains commises par les parties au conflit armé opposant l’armée malienne aux groupes armés non-étatiques. Le même rapport donne des détails sur deux frappes de drones des FAMa à Tombouctou, lesquelles ont visé un marché et une maison familiale en novembre 2025, tuant au moins 23 civils. une des personnes interrogées a déclaré : “Nous n’avons trouvé aucune preuve de la présence de membres de groupes armés ou d’objectifs militaires sur l’un ou l’autre des sites visés par ces frappes. Si cela était confirmé, elles constitueraient des attaques directes contre des civil·e·s et des biens de caractère civil, et devraient faire l’objet d’enquêtes en tant que possibles crimes de guerre”. Des proches de victimes auraient confié qu’il n’y avait aucun combattant dans ce marché et que les personnes tuées au nombre de 16, étaient toutes des civiles. Par ailleurs, Amnesty international fait également état de plusieurs violations commises par les membres du JNIM et des membres du FLA  au point que certains maliens survivant au conflit ont été poussés à l’exil. “Ils nous ont dit de partir et de ne jamais revenir”, témoigne un réfugié.

 

Quand le Mali accuse l’Ukraine devant l’ONU

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a accusé l’Ukraine d’ingérence et de soutien à des “groupes terroristes” au Sahel à l’occasion de l'Assemblée générale de l’ONU le 28 septembre 2026. Il accuse Kiev d’apporter un soutien financier, logistique et de renseignement à des organisations liées à la criminalité transnationale organisée dont le but est de déstabiliser le Mali et ainsi bloquer sa volonté de se libérer de la “domination coloniale”. Il a par ailleurs appelé l’Afrique à ne pas rester silencieuse d’autant plus que les conséquences pourraient s’étendre à l’échelle régionale.

Cette dénonciation arrive juste après que le Président Assimi Goïta ait appelé à la réconciliation nationale lors de son allocution radiotélévisée à la veille du 66ème anniversaire d’indépendance du Mali. Le président malien a affirmé avec la plus grande fermeté l'importance qu’il accorde à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale et n’a pas manqué de rendre hommage aux soldats tombés au front et d’annoncer la création de l’Observatoire de la paix et de la réconciliation nationale. Entre accusations contre l’Ukraine et une alliance avec la Russie qui a montré ses limites dans un climat d’insécurité accrue, la prise de position et la stratégie de Bamako sont  largement  justifiées selon les autorités maliennes.

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

In the north-west of the country, the Nigerian army is pressing on, come what may, with a battle in which kidnappings, armed groups and crime are intertwined with the difficulties of controlling the territories concerned. For now, it is holding its course, facing up to the situation as best it can. On 20 September, forces engaged in Operation “Fansan Yamma” freed six hostages in Sabon Gari, in Sokoto State, following an attack on the community, before rescuing seventeen others on the Isa–Kwanar Isa–Shinkafi road. Another intelligence-led operation led to the interception in Illela of four individuals suspected of belonging to Lakurawa as they were moving stolen livestock from Sarma. The army says it is continuing its operations to disrupt armed groups, free kidnapped people and limit their mobility in the north-west of the country.

However, this security pressure is not limited to armed groups. It extends to organised crime, as shown by the recent stepped-up activity of the National Drug Law Enforcement Agency (NDLEA). The agency announced the seizure of more than 1.3 million tramadol tablets and other opioids as well as nearly six tonnes of cannabis, with an estimated value of 3.4 billion naira, or about 2.56 million dollars. In Lagos, 603.75 kilograms of “Canadian Loud” were seized in a container from Canada, with an estimated value of 1.81 billion naira. In Delta State, a man described as a fake police officer was arrested with 292.48 kilograms of cannabis, while other operations recovered opioids, codeine and methamphetamine.

Avalanches of Drugs

On 24 September, the NDLEA also announced the dismantling of a Nigerian–Mexican drug trafficking network and the discovery of a clandestine methamphetamine laboratory in Enugu State. Two alleged leaders of the network, Chukwu Obumneme Christopher, alias Brown, and Chukwu Georginus Monday, alias George, were arrested after several months of intelligence gathering and surveillance. According to the agency, they ran the Obeagu laboratory with Rodriguez Villanueva, described as a member of a Mexican cartel based in Mexico City. Three other people are still wanted. The site notably housed improvised reactors and distillation equipment as well as chemicals and precursors intended for the production of methamphetamine. The trial of the two arrested suspects has been set for 21 October 2026.

The proliferation of these operations thus outlines a security front whose contours are broader than the fight against jihadist groups alone. In addition to the violence and kidnappings in the North-West, there are trafficking networks capable of mobilising international circuits, clandestine infrastructure and products transiting through several countries. For Abuja, the challenge is therefore also to prevent these criminal economies from consolidating their own networks within the country. The NDLEA also intends to extend its operations through awareness-raising activities in schools, places of worship, businesses and communities.

The Subsoil as a Lever

While the security forces seek to regain ground against clandestine economies, the Nigerian government intends to make greater use of resources likely to support growth. On 23 September, TotalEnergies announced a final investment decision of 800 million dollars to develop the Ima gas field, off Bonny Island. The project includes the construction of a 22-kilometre pipeline linking the field to the Nigeria LNG liquefaction plant in Bonny, with production expected to start in 2028 and a plateau of 350 million cubic feet per day. TotalEnergies, which holds 40% of the project alongside the Nigerian company Amni, believes that this production could help raise the plant’s capacity from 22 to 30 million tonnes of LNG per year. Nigerian President Bola Tinubu sees it as confirmation of an environment that is now “competitive, predictable and conducive” to investors, as his government seeks to increase hydrocarbon production. Output, which had fallen below one million barrels per day when the president took office in 2023, reached 1.6 million barrels in August 2026, with a government target of two million barrels per day in 2027. The investment in gas is thus part of a broader strategy to revive the energy sector, with the aim of supporting industry, exports and employment alike.

However, the desire to make greater use of national resources goes beyond the oil sector. Also on 23 September, Abuja and Washington signed in New York a framework agreement aimed at deepening US investment in Nigeria’s mining sector. The country’s mineral resources are estimated at 700 billion dollars and include lithium, gold, tin, gemstones, iron ore and phosphate. Lithium, currently mined by Chinese companies, gives the agreement a particular dimension in the competition to secure supply chains for critical minerals. For the Nigerian government, however, this opening cannot be reduced to extraction. The Minister of Solid Minerals, Dele Alake, stressed the need to develop local processing, with more jobs, skills and opportunities for Nigerian companies. The agreement with Washington comes as relations between the two countries have experienced tensions, notably over Donald Trump’s accusations regarding violence targeting Christians, while also seeing a rapprochement on the military front.

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026

Dans le nord-ouest du pays, l’armée nigériane continue de mener vaille que vaille une bataille où enlèvements, groupes armés et criminalité s’enchevêtrent aux difficultés de contrôle des territoires en présence. Pour l’instant, elle tient le cap en faisant front tant bien que mal. Le 20 septembre, les forces engagées dans l’opération « Fansan Yamma » ont libéré six otages à Sabon Gari, dans l’État de Sokoto, après une attaque contre la communauté, avant d’en délivrer dix-sept autres sur l’axe Isa-Kwanar Isa-Shinkafi. Une autre opération, fondée sur le renseignement, a permis d’intercepter à Illela quatre individus soupçonnés d’appartenir à Lakurawa alors qu’ils convoyaient du bétail volé depuis Sarma. L’armée affirme poursuivre ses opérations afin de perturber les groupes armés, libérer les personnes enlevées et limiter leur mobilité dans le nord-ouest du pays.

Toutefois, cette pression sécuritaire ne se limite pas aux groupes armés. Elle se prolonge sur le terrain de la criminalité organisée, en témoigne la récente activité accrue de la National Drug Law Enforcement Agency (NDLEA). L’agence a annoncé la saisie de plus de 1,3 million de comprimés de tramadol et autres opioïdes ainsi que près de six tonnes de cannabis, pour une valeur estimée à 3,4 milliards de nairas, soit environ 2,56 millions de dollars. À Lagos, 603,75 kilogrammes de « Canadian Loud » ont notamment été saisis dans un conteneur en provenance du Canada, pour une valeur estimée à 1,81 milliard de nairas. Dans l’État du Delta, un homme présenté comme un faux policier a été arrêté avec 292,48 kilogrammes de cannabis, tandis que d’autres opérations ont permis de récupérer des opioïdes, de la codéine et de la méthamphétamine.

Avalanches de drogues

Le 24 septembre, la NDLEA a également annoncé le démantèlement d’un réseau nigérian-mexicain de trafic de stupéfiants et la découverte d’un laboratoire clandestin de méthamphétamine dans l’État d’Enugu. Deux présumés responsables du réseau, Chukwu Obumneme Christopher, alias Brown, et Chukwu Georginus Monday, alias George, ont été arrêtés après plusieurs mois de renseignement et de surveillance. Selon l’agence, ils exploitaient le laboratoire d’Obeagu avec Rodriguez Villanueva, présenté comme un membre d’un cartel mexicain basé à Mexico. Trois autres personnes restent recherchées. Le site découvert abritait notamment des réacteurs et des appareils de distillation improvisés ainsi que des produits chimiques et des précurseurs destinés à la production de méthamphétamine. Le procès des deux suspects arrêtés a été fixé au 21 octobre 2026.

La multiplication de ces opérations esquisse ainsi un front sécuritaire aux contours plus larges que la seule lutte contre les groupes jihadistes. Aux violences et aux enlèvements dans le Nord-Ouest s’ajoutent des réseaux de trafic capables de mobiliser des circuits internationaux, des infrastructures clandestines et des produits transitant par plusieurs pays. Pour Abuja, l’enjeu consiste donc aussi à empêcher que ces économies criminelles ne consolident leurs propres réseaux à l’intérieur du pays. La NDLEA entend d’ailleurs prolonger ses opérations par des actions de sensibilisation dans les écoles, les lieux de culte, les entreprises et les communautés.

Le sous-sol comme levier

Pendant que les forces de sécurité cherchent à reprendre du terrain face aux économies clandestines, le gouvernement nigérian entend exploiter davantage les ressources susceptibles de soutenir la croissance. Le 23 septembre, la compagnie TotalEnergies a annoncé une décision finale d’investissement de 800 millions de dollars pour développer le champ gazier d’Ima, au large de l’île de Bonny. Le projet prévoit la construction d’un gazoduc de 22 kilomètres reliant le champ à l’usine de liquéfaction de Nigeria LNG à Bonny, avec un démarrage de la production attendu en 2028 et un plateau de 350 millions de pieds cubes par jour. TotalEnergies, qui détient 40 % du projet aux côtés de la société nigériane Amni, estime que cette production pourrait contribuer à porter la capacité de l’usine de 22 à 30 millions de tonnes de GNL par an. Le président nigérian Bola Tinubu y voit la confirmation d’un environnement désormais « compétitif, prévisible et propice » aux investisseurs, alors que son gouvernement cherche à accroître la production d’hydrocarbures. Celle-ci, tombée sous le million de barils par jour à l’arrivée du président au pouvoir en 2023, atteignait 1,6 million de barils en août 2026, avec un objectif gouvernemental de deux millions de barils par jour en 2027. L’investissement dans le gaz intervient ainsi dans une stratégie plus large de relance du secteur énergétique, avec l’ambition de soutenir à la fois l’industrie, les exportations et l’emploi.

Pour autant, la volonté de tirer davantage parti des ressources nationales dépasse le secteur pétrolier. Le 23 septembre également, Abuja et Washington ont signé à New York un accord-cadre destiné à approfondir les investissements américains dans le secteur minier nigérian. Les ressources minérales du pays sont estimées à 700 milliards de dollars et comprennent notamment du lithium, de l’or, de l’étain, des pierres précieuses, du minerai de fer et du phosphate. Le lithium, actuellement exploité par des entreprises chinoises, confère à l’accord une dimension particulière dans la compétition pour la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Pour le gouvernement nigérian, cette ouverture ne saurait toutefois se réduire à l’extraction. Le ministre des Ressources minérales, Dele Alake, a insisté sur la nécessité de développer la transformation locale, avec davantage d’emplois, de compétences et d’opportunités pour les entreprises nigérianes. L’accord avec Washington intervient alors que les relations entre les deux pays ont connu des tensions, notamment autour des accusations de Donald Trump concernant les violences visant les chrétiens, mais qu’elles connaissent également un rapprochement sur le terrain militaire.

 

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026  

Five children in military uniform facing a camera, challenging the head of state on the country’s governance, water and electricity shortages, access to healthcare, relations with the United Arab Emirates and the repression of opponents: the video, widely shared on social media, was enough to trigger a judicial response. Taken in by the judicial police, the five minors were questioned in the presence of their parents, while the N’Djamena prosecutor’s office stated on 23 September that some of their remarks could “incite rebellion against the institutions”. Prosecutor Moussa Abdelkerim Saleh also recalled that their status as minors afforded them special protection, without however ruling out any form of responsibility. The prosecutor’s office has since opened an investigation to determine whether adults organised, encouraged or “manipulated” the teenagers, while insisting on respect for their presumption of innocence, their anonymity and their dignity. For the judicial authorities, social media “is not a lawless zone”.

However, the case has, to say the least, provoked strong reactions within civil society. For Mahamat Nour Ibedou, secretary-general of the CTDDH (Chadian Convention for the Defence of Human Rights), it reflects “the degree to which public space is locked down” and amounts to a “disproportionate” measure. One month after receiving a presidential pardon, opposition figure Max Kemkoye also denounced what he considers an “instrumentalisation” of the justice system. The spokesperson for the former GCAP and president of the UDP, who had been sentenced along with seven other leaders of the movement to eight years in prison before being pardoned, believes that the absence of an independent judiciary constitutes “a danger to the Republic”. Among those he considers unjustly detained, he cites the Mandakao deportees, religious figures and civil servants. The eight GCAP leaders had been convicted of criminal conspiracy, insurrectionary movement, rebellion and illegal possession of weapons of war.

The Bet on Alliances

This series of cases thus puts the judicial question back at the centre of debates on Chadian public life. On one side, the authorities insist on the need to preserve public order and to counter possible manipulation of minors for political ends; on the other, civil society and opposition actors see these proceedings as a sign of an ever-narrowing space for dissent. In this respect, the case of the five teenagers stands out for its symbolic dimension, notably because of the young age of those involved.

At the same time, the Chadian authorities continue to reorganise some of their external relays. On 21 September, Ahmed Kogri was appointed Minister of State, Minister of Foreign Affairs. A former director of the National Security Agency and until then diplomatic adviser to the presidency, he thus returns to the forefront with a profile marked by his ties to American, Israeli and above all French intelligence services. His appointment comes as N’Djamena seeks to further normalise its relations with Paris and redefine its external partnerships. It also allows Mahamat Idriss Déby Itno to settle the dispute between his predecessor, Abdoulaye Sabre Fadoul, and Finance Minister Tahir Hamid Nguilin. According to sources familiar with the matter, the president is “killing two birds with one stone” by strengthening Nguilin while bringing Kogri back to the forefront, which also constitutes “a message to the Gorane community but also to the French”.

Paris–N’Djamena: Business Time Regained

The choice of Kogri therefore takes on even greater significance given that the two men were due to meet in Paris on 25 September at the France–Chad Business Forum. Co-organised with MEDEF International, the meeting aims to bring together French and Chadian companies, investors and financial partners around the priority projects of the national plan “Chad Connexion 2030”. Launched in mid-2025, it is the stated roadmap for the country’s economic transformation and provides for around 30 billion dollars in public and private investment by 2030. The government notably aims to increase national GDP by 60% and lift 2.5 million people out of poverty. Agriculture, infrastructure, agro-industry, energy, transport, communications and mining are among the targeted sectors. The challenge for N’Djamena is now to match the identified projects with the financing, expertise and partners capable of carrying them out. For French employers, the forum also reflects a desire to strengthen partnerships with emerging French-speaking markets, in an environment where competition for access to African resources and markets is intensifying. For several months now, relations between N’Djamena and Paris have been going well. Nevertheless, even if it proves somewhat more discreet than in the past, this cooperation is continuing, now driven by economic interests and exchanges that are gradually regaining their place.

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

Cinq enfants en tenue militaire face à une caméra, interpellant le chef de l’État sur la gouvernance du pays, les pénuries d’eau et d’électricité, l’accès aux soins, les relations avec les Émirats arabes unis ou encore la répression des opposants : la vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, aura suffi à provoquer une réaction judiciaire. Interpellés par la police judiciaire, les cinq mineurs ont été entendus en présence de leurs parents, tandis que le parquet de N’Djamena estimait, le 23 septembre, que certains de leurs propos pouvaient « inciter à la rébellion contre les institutions ». Le procureur Moussa Abdelkerim Saleh rappelait également que leur minorité leur conférait une protection particulière, sans exclure pour autant toute forme de responsabilité. Le Parquet d’instance a, depuis, ouvert une enquête afin de déterminer si des personnes majeures ont organisé, encouragé ou « instrumentalisé » les adolescents, tout en insistant sur le respect de leur présomption d’innocence, de leur anonymat et de leur dignité. Pour l’autorité judiciaire, les réseaux sociaux « ne constituent pas une zone de non-droit ».

Cependant, l’affaire a pour le moins suscité de vives réactions dans la société civile. Pour Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la CTDDH (Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l'Homme), elle témoigne du « degré de verrouillage de l’espace public » et traduit une mesure « disproportionnée ». Un mois après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, l’opposant Max Kemkoye a lui aussi dénoncé ce qu’il considère comme une « instrumentalisation » de la justice. Le porte-parole de l’ex-GCAP et président de l’UDP, qui avait été condamné avec sept autres responsables du mouvement à huit ans de prison avant d’être gracié, estime que l’absence d’une justice indépendante constitue « un danger pour la République ». Il cite notamment parmi les personnes qu’il considère injustement détenues les déportés de Mandakao, des religieux et des fonctionnaires. Les huit cadres du GCAP avaient été condamnés pour association de malfaiteurs, mouvement insurrectionnel, rébellion et détention illégale d’armes de guerre.

Le pari des alliances

Cette succession d’affaires remet ainsi la question judiciaire au centre des débats sur la vie publique tchadienne. D’un côté, les autorités insistent sur la nécessité de préserver l’ordre public et de faire face à d’éventuelles manipulations de mineurs à des fins politiques ; de l’autre, des acteurs de la société civile et de l’opposition voient dans ces procédures le signe d’un espace de contestation de plus en plus étroit. L’affaire des cinq adolescents est à cet égard singulière par sa dimension symbolique, notamment de par le jeune âge des mis en cause.

Dans le même temps, le pouvoir tchadien continue de réorganiser certains de ses relais à l’extérieur. Le 21 septembre, Ahmed Kogri a été nommé ministre d’État, ministre des Affaires étrangères. Ancien directeur de l’Agence nationale de sécurité et jusque-là conseiller diplomatique à la présidence, il revient ainsi au premier plan avec un profil marqué par ses relations avec les services de renseignement américains, israéliens et surtout français. Son arrivée intervient alors que N’Djamena cherche à normaliser davantage ses relations avec Paris et à redéfinir ses partenariats extérieurs. Elle permet également à Mahamat Idriss Déby Itno de trancher le différend qui opposait son prédécesseur, Abdoulaye Sabre Fadoul, au ministre des Finances Tahir Hamid Nguilin. Selon des sources au fait du dossier, le président « fait d’une pierre deux coups » en confortant Nguilin tout en replaçant Kogri au premier plan, ce qui constitue également « un message à la communauté gorane mais aussi aux Français ».

Paris-N’Djamena, le temps recouvré des affaires

Dès lors, le choix de Kogri prend d’autant plus de relief que les deux hommes devaient se retrouver à Paris le 25 septembre à l’occasion du Forum d’affaires France-Tchad. Co-organisée avec MEDEF International, la rencontre vise à rapprocher entreprises, investisseurs et partenaires financiers français et tchadiens autour des projets prioritaires du plan national « Tchad Connexion 2030 ». Lancé à la mi-2025, celui-ci constitue la feuille de route affichée pour la transformation économique du pays et prévoit environ 30 milliards de dollars d’investissements publics et privés d’ici 2030. Le gouvernement ambitionne notamment d’accroître de 60 % le PIB national et de sortir 2,5 millions de personnes de la pauvreté. Agriculture, infrastructures, agro-industrie, énergie, transports, communications et secteur minier figurent parmi les domaines ciblés. L’enjeu, pour N’Djamena, est désormais de faire correspondre les projets identifiés aux financements, aux expertises et aux partenaires capables de les concrétiser. Pour le patronat français, le forum traduit également la volonté de renforcer les partenariats avec les marchés émergents francophones, dans un environnement où la concurrence pour l’accès aux ressources et aux marchés africains s’intensifie. Depuis plusieurs mois maintenant, les relations entre N’Djamena et Paris vont bon train. Néanmoins, même si elle s’avère être quelque peu plus discrète qu’autrefois, cette coopération n’en poursuit pas moins son cours, portée désormais par des intérêts économiques et des échanges qui reprennent progressivement leur place.

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