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Source : Météo Sahel Janvier 2026
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En ce début d'année, l'actualité au Togo a été marquée par la libération de Steeve Rouyar, de nationalité française, après huit mois de prison. Il est rentré chez lui le 1er janvier dernier, après avoir été accusé d'atteinte à la sûreté de l'État lors d'une grande manifestation à Lomé contre la hausse du prix de l'électricité, l'arrestation de voix critiques et la nouvelle Constitution supprimant la limitation des mandats présidentiels. Cette libération intervient alors que 1 511 détenus ont été graciés par les autorités togolaises. Le Quai d’Orsay, de son côté, n’a pas souhaité se prononcer sur le fond de l’affaire, la qualifiant d’« affaire judiciaire individuelle ». Dans le même temps, Kpatcha Gnassingbé, demi-frère de l’actuel président du Conseil et ancien ministre de la Défense, a également été libéré de prison après 16 années de détention pour atteinte à la sûreté de l’État.
Ces détenus graciés s’inscrivent dans le cadre d’un processus d'apaisement social et de désengorgement des établissements pénitentiaires au Togo, et non dans celui de l'impunité, selon les autorités étatiques. Selon le président du Conseil, Faure Gnassingbé, « il ne s'agit ni d'impunité, ni de faiblesse face à des crimes graves. Il s'agit plutôt d'éviter que des erreurs ou des moments d'égarement ne deviennent des destins brisés. Il s'agit surtout de permettre à notre pays de regarder vers l'avenir ». Lors de son adresse traditionnelle à la nation en fin d’année, il a fixé trois priorités principales : « Protéger, rassembler, transformer ». Il a également profité de l’occasion pour revenir sur les réformes de la Ve République, qui visent à refonder durablement la gouvernance politique et institutionnelle du pays.
Source : Sahel weather January 2026
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At the beginning of this year, the news in Togo was marked by the release of Steeve Rouyar, a French national, after eight months in prison. He returned home on January 1, after being accused of threatening state security during a large demonstration in Lomé against rising electricity prices, the arrest of critics, and the new constitution removing presidential term limits. This release comes as 1,511 prisoners have been pardoned by the Togolese authorities. The French Foreign Ministry, for its part, declined to comment on the merits of the case, describing it as an "individual legal matter." At the same time, Kpatcha Gnassingbé, half-brother of the current president of the Council and former defense minister, was also released from prison after 16 years of detention for undermining state security.
According to state authorities, these pardoned prisoners are part of a process of social appeasement and prison decongestion in Togo, and not a process of impunity. According to the President of the Council, Faure Gnassingbé, "this is neither impunity nor weakness in the face of serious crimes. Rather, it is about preventing mistakes or moments of misjudgment from becoming broken destinies. Above all, it is about allowing our country to look to the future." In his traditional end-of-year address to the nation, he set out three main priorities: "Protect, unite, transform." He also took the opportunity to revisit the reforms of the Fifth Republic, which aim to sustainably rebuild the country's political and institutional governance.
Source : Météo Sahel Janvier 2026
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Lors de son discours du Nouvel An, le Président ivoirien a appelé à « la consolidation de la paix et de la sécurité, au renforcement de la cohésion nationale et à la poursuite résolue de notre marche vers le développement, dans un esprit de solidarité active envers les couches les plus vulnérables ». Ainsi, le Chef de l’État, réélu pour un quatrième mandat, réaffirme son engagement à poursuivre la construction du pays et invite les Ivoiriens à ce qu'il appelle le « nouveau contrat social » qui les lie. Dans un contexte régional instable, il a profité de ce moment solennel pour annoncer que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme serait intensifiée, afin que le pays demeure un modèle de transparence et de bonne gouvernance en Afrique. Lors de sa prestation de serment en décembre dernier, il avait dressé un tableau sombre de l'environnement régional, assez fragile. Selon lui, « les menaces terroristes persistent, se transforment, se numérisent. Le cyberterrorisme, en particulier, nous impose une vigilance de chaque instant. » La Côte d'Ivoire est confrontée, comme la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, à des défis politico-sécuritaires de plus en plus complexes et exigeants.
Cette semaine a été marquée par la période post-électorale en Côte d’Ivoire, avec des législatives qui se sont soldées par une victoire écrasante du RHDP. Selon les résultats provisoires, le parti au pouvoir est largement en tête avec 197 sièges sur les 255 en jeu. Le contentieux électoral a ensuite été ouvert jusqu’au 5 janvier pour permettre aux formations politiques de déposer des recours en cas de désaccord. Le communiqué précise que « conformément à l'article 101 du code électoral, le Conseil constitutionnel informe les candidats qu'ils disposent d'un délai de cinq jours à compter de cette proclamation pour présenter leurs réclamations ou observations en dix exemplaires originaux ». Pour rappel, des informations font état de l'arrestation de 15 jeunes dans la région de Tonkpi, qui ont été acheminés vers le procureur de la République. Une procédure judiciaire a ensuite été ouverte pour détention de cartes d'électeurs ; onze d'entre eux ont été relaxés et les quatre autres comparaîtront devant le tribunal le 6 janvier. De son côté, l'opposition continue de mener le combat pour le renforcement de la démocratie et contre les dérives du pouvoir. Réunis le 3 janvier dernier dans leur siège, les membres du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (Ppa-Ci) ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte contre le quatrième mandat et pour la libération des prisonniers d'opinion. Ils envisagent également de réorganiser leur parti afin de se préparer au mieux pour les prochaines échéances électorales.
Pendant ce temps, l’actualité politique ivoirienne a connu un rebondissement qui a fait couler beaucoup d’encre. Il s'agit de la démission du gouvernement, survenue après les deux grandes élections qui se sont déroulées en Côte d'Ivoire et qui ont vu la victoire éclatante du parti au pouvoir. Mercredi 7 janvier, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a démissionné avec l’ensemble de son gouvernement, qui assurera l’intérim jusqu’au prochain remaniement. Après deux ans à la tête de la primature, Robert quitte le gouvernement.
Source : Sahel weather January 2026
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In his New Year's speech, the Ivorian president called for "the consolidation of peace and security, the strengthening of national cohesion, and the resolute pursuit of our march toward development, in a spirit of active solidarity with the most vulnerable segments of society." The head of state, re-elected for a fourth term, thus reaffirmed his commitment to continuing to build the country and invited Ivorians to embrace what he called the "new social contract" that binds them together. In an unstable regional context, he took advantage of this solemn moment to announce that the fight against money laundering and terrorist financing would be intensified, so that the country remains a model of transparency and good governance in Africa. During his swearing-in ceremony last December, he painted a bleak picture of the fragile regional environment. According to him, "terrorist threats persist, transform, and become digital. Cyberterrorism, in particular, requires us to be vigilant at all times." Like most West African countries, Côte d'Ivoire faces increasingly complex and demanding political and security challenges.
This week was marked by the post-election period in Côte d'Ivoire, with legislative elections that resulted in a landslide victory for the RHDP. According to provisional results, the ruling party is well ahead with 197 of the 255 seats at stake. The electoral dispute was then opened until January 5 to allow political parties to file appeals in case of disagreement. The statement specifies that "in accordance with Article 101 of the Electoral Code, the Constitutional Council informs candidates that they have five days from the date of this announcement to submit their complaints or observations in ten original copies." As a reminder, reports indicate that 15 young people were arrested in the Tonkpi region and brought before the public prosecutor. Legal proceedings were then initiated for possession of voter cards; eleven of them were released and the other four will appear in court on January 6. For its part, the opposition continues to fight for the strengthening of democracy and against abuses of power. Meeting on January 3 at their headquarters, members of the African People's Party-Côte d'Ivoire (Ppa-Ci) reaffirmed their determination to continue the fight against a fourth term and for the release of prisoners of conscience. They also plan to reorganize their party in order to be better prepared for the upcoming elections.
Meanwhile, there has been a major development in Ivorian politics that has attracted a lot of attention. This is the resignation of the government, which came after two major elections in Côte d'Ivoire that saw a resounding victory for the ruling party. On Wednesday, January 7, Prime Minister Robert Beugré Mambé resigned along with his entire government, which will remain in office until the next reshuffle. After two years at the head of the prime minister's office, Robert is leaving the government.
الدكتور باكاري سامب، رئيس ومؤسس معهد تمبكتو – المركز الأفريقي لدراسات السلام، دكار – السنغال
لم تعد الرياضة في المملكة المغربية مجرد أهداف تُسجل في الملاعب، بل تحولت إلى أداة ديبلوماسية ناعمة تعكس رؤية استراتيجية بعيدة المدى. إن احتضان المغرب لكأس أمم أفريقيا ليس مجرد حدث عابر، بل هو التجسيد الحي لمفهوم “المغرب الأفريقي” الذي نظّر له الباحث “باكاري سامبي” في مؤلفه الأخير لعام 2024. هذا المفهوم الذي يتجاوز الانتماء الجغرافي ليصل إلى عقيدة سياسية واقتصادية متكاملة
الخيار الأفريقي الذي لا رجعة فيه
لقد رسم صاحب الجلالة الملك محمد السادس معالم طريق واضحة منذ سنوات، توجت بما أسماه جلالته “الخيار الأفريقي لا رجعة فيه”. هذا التوجه لم يكن شعاراً، بل تُرجم إلى شراكات “رابح-رابح”، واستثمارات ضخمة، وحضور ديبلوماسي قوي جعل من الرباط رقماً صعباً في المعادلة القارية. اليوم، تبرز كأس أمم أفريقيا كمنصة لاستعراض هذا النفوذ المتنامي، حيث تحول المغرب إلى “ملتقى طرق” للديبلوماسية الرياضية، معززاً علاقاته مع أشقائه في القارة عبر جسور الثقة والتعاون
من كان 2025 إلى حلم مونديال 2030
إن النجاح المرتقب في تنظيم العرس الأفريقي ليس غاية في حد ذاته، بل هو رسالة طمأنة للعالم حول قدرات القارة السمراء. المغرب، عبر بنيته التحتية العالمية (المطارات، الملاعب، والقطار فائق السرعة)، يقدم الدليل القاطع على أن أفريقيا قادرة على رفع التحديات الكبرى. هذا النجاح التنظيمي هو التمهيد الطبيعي والمنطقي للتحدي الأكبر: التنظيم المشترك لكأس العالم 2030
لقد أثبت المغرب أن الطموح الذي يقوده جلالة الملك لا يحدُّه سقف، وأن المملكة هي “النموذج” الذي يحتذى به في تحويل الرؤية الملكية إلى واقع ملموس، واضعاً القارة بأكملها تحت أضواء التميز العالمي
المغرب كقوة جسر (Bridge Power)
تتجلى عبقرية الرؤية المغربية في تكريس مكانة المملكة كـ “قوة جسر” (Bridge Power) فهي تترسخ في هويتها الأفريقية الأصيلة، وفي الوقت ذاته تفتح ذراعيها لأوروبا وبقية العالم. إن تنظيم المغرب لهذه المحافل الكبرى يكرس صورته كصلة وصل استراتيجية بين القارات، ومحركاً للتنمية المشتركة
إنها “الأفريقانية الواعية والمتحملة لمسؤولياتها” التي تجعل من المغرب فخوراً بانتمائه، طموحاً في ريادته، ومنفتحاً على محيطه الدولي. لقد تحول الحدث الرياضي بفضل القيادة الملكية الرشيدة إلى إعادة تأكيد على أن المغرب ليس فقط في أفريقيا، بل إن أفريقيا في قلب المغرب، وأن مستقبل القارة يُكتب اليوم بأيدٍ مغربية تؤمن بقدرات الإنسان الأفريقي
Source : Sahel weather January 2026
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In Burkina Faso, the news reported a major security alert on the night of January 3 to 4 in Ouagadougou and Bobo-Dioulasso. According to the authorities, this was an attempted coup against the transitional president. Several soldiers were arrested and population movements were observed in both cities. Calls for rallies were issued by supporters of the regime to counter this attempted coup. Once again, Lieutenant Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exiled in Togo, is cited as one of the masterminds behind this affair. In any case, the alleged accomplices cited in this affair have presented him as the main instigator from his place of exile. According to them, he was behind this plan, which targeted the transitional authorities and involved the mobilization of resources transiting through Abidjan.
When questioned by the military authorities, Captain Prosper Couldiaty, who was arrested during this large-scale operation targeting the institutions of the Republic, did not deny the facts. He admitted to receiving five million CFA francs to take part in this attempted coup. He also implicated the former lieutenant colonel who had recently contacted him and, during his testimony, asked for clemency from the President of Burkina Faso, Captain Ibrahima Traoré, the Burkinabe people, and his military superiors. According to the Burkinabe government, the situation is under control. In his address to the nation, Captain Traoré emphasized that he would continue to strengthen the army's forces in order to intensify the fight against terrorists. According to him, "several operations have taken place in the theater of operations. We note in particular a daring operation launched two months ago, called 'Lalmasga', which means 'wall of ice' in English."
Source : Météo Sahel Janvier 2026
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Au Burkina Faso, l’actualité a fait état d’une importante alerte sécuritaire dans la nuit du 3 au 4 janvier, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Il s'agirait en effet, d’après les autorités, d'une tentative de coup d'État contre le Président de la transition. Plusieurs militaires ont été arrêtés et des déplacements de population ont été observés dans les deux villes. Des appels au rassemblement ont été lancés par les soutiens du régime pour faire face à cette tentative de putsch. Une fois de plus, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exilé au Togo, est cité comme faisant partie des cerveaux de cette affaire. En tout état de cause, les présumés complices cités dans cette affaire l’ont présenté comme l’instigateur principal depuis son lieu d’exil. Selon eux, il serait à l'origine de ce plan qui visait les autorités de la transition et qui prévoyait la mobilisation de ressources transitant par Abidjan.
Interrogé par les autorités militaires, le capitaine Prosper Couldiaty, interpellé lors de cette vaste opération visant des institutions de la République, n'a pas nié les faits. Il a reconnu avoir reçu la somme de cinq millions de francs CFA pour prendre part à cette tentative de coup de force. Il a également impliqué l’ex-lieutenant-colonel qui l’aurait contacté récemment, et a sollicité la clémence du Président du Faso, le capitaine Ibrahima Traoré, de la population burkinabè et de sa hiérarchie militaire au cours de sa déposition. Selon le gouvernement burkinabè, la situation est sous contrôle. Dans son allocution à la nation, le capitaine Traoré a tenu à rappeler qu’il poursuivrait sans relâche le renforcement des effectifs de l’armée afin d'intensifier la lutte contre les terroristes. Selon lui, « plusieurs opérations ont eu lieu sur le théâtre des opérations. Nous retenons principalement une opération audacieuse lancée il y a deux mois, baptisée “Lalmasga”, ce qui signifie “mur de glace” en français. »
Timbuktu Institute – January 2026
In a context where debates on migration in West Africa are often dominated by a reductive security-based approach, which equates migration flows with mere vectors of cross-border threats, it is imperative to deconstruct this unilateral view. This dominant interpretation of migration could obscure the positive and structuring contributions of migrants to local development and resilience.
Indeed, this security-focused perspective, often influenced by international agendas, masks the transformative impact of remittances from the diaspora in Europe, particularly in the departments of Bakel and Goudiry in eastern Senegal. These financial transfers play a significant role in reducing vulnerabilities by supporting community investments in education, health, agriculture and basic infrastructure, thereby strengthening local resilience to various threats, including violent extremism. By placing migration at the heart of a dynamic of inclusive development and social cohesion, this action research initiative invites us to rethink migration policies beyond repressive approaches, in order to harness their potential to prevent the risk of ideological infiltration in these fragile border areas.
The departments of Goudiry and Bakel, located in eastern Senegal in the Tambacounda region, represent a strategic and vulnerable crossroads in West Africa. Bordering directly on the Kayes region of Mali, these areas are exposed to growing security threats, illustrated by recent attacks such as those perpetrated in July 2025 in Diboli by Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), a group affiliated with Al-Qaeda in the Sahel. Located less than two kilometres from the Senegalese border, this incursion into the locality highlights the porosity of the borders, facilitating cross-border trafficking in arms, drugs and gold from illegal gold mining.
Areas exposed to the effects of cross-border activity with Mali
Although Senegal has remained relatively resilient to violent extremism – thanks to its historical social cohesion and prevailing religious moderation – these border regions are at risk of ideological infiltration if local vulnerabilities are not addressed and mitigated. Factors such as socio-religious tensions (linked to marginalisation due to castes and traditional community divisions, descent-based slavery and the influence of foreign preachers) weaken local religious models. They could also be exploited, as observed in other Sahelian contexts, by extremist groups that have exploited social grievances to extend their influence beyond the original epicentres of violence.
Environmentally and socio-economically, these departments face a hostile climate characterised by water and wind erosion of the soil, accelerated degradation of fauna and flora, and a glaring lack of communication routes between isolated localities, despite efforts to provide infrastructure through several programmes. High adult illiteracy rates, combined with a lack of basic community infrastructure—schools, health centres, water systems—and necessary equipment, exacerbate the precarious situation. In this context, the interventions of grassroots community organisations, projects and programmes remain limited, while means of communication remain limited, particularly in the south-eastern areas not fully covered by telephone networks.
Paradoxically, these regions are full of potential: fertile and abundant arable land, resources for firewood and timber, water for irrigation and fishing, gold mines and gatherable products, a rich and diverse livestock population, a dynamic network of associations, historical sites and a social fabric that is still relatively strong.
The history and impact of emigration in these regions
Emigration and the income it generates have played a crucial role in the socio-economic evolution and transformation of the departments of Goudiry and Bakel. This emigration, which is viewed in a positive and constructive light in these areas, has evolved in distinct phases since the 1970s. Initially seasonal, with an exodus to the peanut-growing regions of the interior or to fishing areas, it was aimed at securing income to help young men prepare for marriage. It then shifted towards Central Africa (Gabon, Central African Republic, Congo, DRC, etc.) and then West Africa, particularly the mining areas of various countries such as Côte d'Ivoire, Guinea, Senegal and Mali.
From 1974 onwards, a severe cycle of droughts led to mass immigration to Europe, motivated by the search for financial resources to support families who had remained in the country. Before that, veterans and ‘navigators’, workers employed by the merchant navy and international industrial fishing, had paved the way, followed later by more massive migratory flows to Europe, mainly to France.
‘Migrant builders’: a whole section of community resilience
In these departments in eastern Senegal, the achievements resulting from these migrations are tangible and multifaceted. From the earliest stages, migrants invested in social and community infrastructure: building mosques, schools and health posts, purchasing livestock to rebuild herds decimated during years of drought, and supporting agricultural production through improvements and equipment. This encouraged the emergence of village and inter-village associations, as well as investment in education and water systems.
In the 1980s, the network of associations, which had grown denser since the diasporas in Europe, was consolidated with the return of migrants with community and individual projects, who had increasingly benefited from training and a certain level of education, leading to greater awareness of development issues. Local housing was gradually modernised, houses were purchased in urban centres, and the living environment was improved through various facilities. Supply stores, grain banks and community financing of agricultural campaigns strengthened food security.
The 1990s saw a certain diversification in the investment of migrant income with the acquisition of household equipment (refrigerators, telephones, electrification), the development of local and interurban transport and trade, thus promoting the opening up of villages, and the creation of associations under the 1901 law from France. From 1994 onwards, the ‘Migration – Citizenship – Development’ cooperation axis developed with the GRDR became established, with, among other things, the political involvement of migrants in local elections, mayors and rural councillors. The development of North-South partnerships through twinning with French local authorities and decentralised cooperation has given rise to a clear dynamic of local development supported by returning migrants and diasporas from the eastern regions of Senegal.
A tangible impact, a need for sustainability
The overall impact can be seen in terms of increased food security through access to production factors, improved living conditions, easier access to education, rural water supply and health, as well as diversification of health services. Easier access to means of communication has had a positive impact on openness to partnerships with local authorities in the North. There has been a gradual strengthening of inter-village relations with countries and regions through migrant associations and networks. Testimonials attest to the impact of these local development initiatives on reducing women's workload, for example, but also on increasing access to decision-making bodies.
The Timbuktu Institute's Action Research Initiative
In response to these dynamics, the Timbuktu Institute, in partnership with the Rosa Luxemburg Foundation, is launching an action research initiative entitled "Strengthening resilience to crises in the Goudiry and Bakel areas: The role of remittances from the European diaspora and mitigation of vulnerabilities to counter violent extremism ." This initiative aims to analyse the important role of remittances from the region's diaspora in European countries – mainly France – in mitigating vulnerabilities and strengthening resilience.
Although these funds improve livelihoods, particularly by financing education, family farming and small businesses through community projects, poor channelling could involve them in illicit networks, exacerbating risks.
Key questions explored in this action research initiative include: How do migrant remittances (amount, frequency, use) contribute to the economic and social resilience of households? What socio-religious dynamics (caste tensions, foreign influence) increase vulnerabilities to extremism? How do populations perceive factors of resilience (social cohesion, religious moderation) in the face of threats exacerbated by the border with Mali? What community and institutional strategies – taking into account cross-border dynamics and the socio-historical continuum with Kayes – can prevent the spread of violent extremism in this area?
The project, developed as part of a partnership between the Foundation and the Institute, will be carried out in three phases:
Timbuktu Institute – Janvier 2026
Dans un contexte où les débats sur la migration en Afrique de l’Ouest sont, souvent, dominés par une approche sécuritaire réductrice, qui assimile les flux migratoires à de simples vecteurs de menaces transfrontalières, il est impératif de déconstruire cette vision unilatérale. Cette lecture dominante du fait migratoire pourrait occulter les contributions positives et structurantes des migrants dans le développement local et la résilience.
En effet, cette perspective sécuritaire, souvent influencée par des agendas internationaux, masque l’impact transformateur des revenus migratoires issus de la diaspora établie en Europe, particulièrement dans les départements de Bakel et de Goudiry à l’Est du Sénégal. Ces transferts financiers jouent un rôle non négligeable dans leur réduction des vulnérabilités en soutenant des investissements communautaires dans le domaine de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et des infrastructures de base, renforçant ainsi la résilience locale face aux différentes menaces y compris l’extrémisme violent. En replaçant la migration au cœur d’une dynamique de développement inclusif et de cohésion sociale, cette initiative de recherche - action invite à repenser les politiques migratoires au-delà des prismes répressifs, pour valoriser leur potentiel préventif contre les risques d’infiltration idéologique dans ces zones frontalières fragiles.
Les départements de Goudiry et Bakel, situés dans l’Est du Sénégal au sein de la région de Tambacounda, représentent un carrefour stratégique et vulnérable en Afrique de l’Ouest. Bordant directement la région de Kayes au Mali, ces zones sont exposées à des menaces sécuritaires croissantes, illustrées par des attaques récentes comme celles perpétrées en juillet 2025 à Diboli par la Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un groupe affilié à Al-Qaida au Sahel. Située à moins de deux kilomètres de la frontière sénégalaise, cette incursion dans cette localité met en lumière la porosité des frontières, facilitant les trafics transfrontaliers d’armes, de drogue et d’or issu de l’orpaillage clandestin.
Des zones exposées aux effets de la transfrontalité avec le Mali
Bien que le Sénégal ait maintenu une résilience relative face à l’extrémisme violent – grâce à une cohésion sociale historique et une modération religieuse dominante –, ces régions frontalières présentent le risque d’une infiltration idéologique si les vulnérabilités locales ne sont pas prises en compte et mitigées. Des facteurs tels que les tensions socioreligieuses (liées aux marginalisations dues aux castes et velléités communautaires traditionnelles, à l’esclavage par ascendance et à l’influence de prédicateurs étrangers) fragilisent les modèles religieux locaux. Ils pourraient être, aussi, instrumentalisés, comme observé dans d’autres contextes sahéliens par des groupes extrémistes qui ont exploité les griefs sociaux pour étendre leur influence au-delà des épicentres originels de violence.
Sur le plan environnemental et socio-économique, ces départements font face à un climat hostile caractérisé par une érosion hydrique et éolienne des sols, une dégradation accélérée de la faune et de la flore, et une absence criante de voies de communication entre les localités enclavées, malgré les efforts de dotation en infrastructures dans le cadre de plusieurs programmes. L’analphabétisme élevé chez les adultes, combiné à une insuffisance d’infrastructures communautaires de base - écoles, postes de santé, hydraulique - et d’équipements nécessaires, exacerbe la précarité. Dans ce contexte, les interventions d’organisations communautaires de base, de projets et de programmes restent limitées, pendant que les moyens de communication restent limités, particulièrement dans les zones du Sud-Est non entièrement couvertes par les réseaux téléphoniques.
Paradoxalement, ces régions regorgent de potentialités : des terres cultivables fertiles et abondantes, des ressources en bois de chauffe et d’œuvre, de l’eau pour l’irrigation et la pêche, des mines d’or et des produits de cueillette, un cheptel riche diversifié, un tissu associatif dynamique, des sites historiques et un tissu social encore relativement soudé.
L’histoire et l’impact de l’émigration dans ces régions
L’émigration et les revenus qu’elle génère ont joué un rôle crucial dans l’évolution et la transformation socio-économique des départements de Goudiry et de Bakel. Cette émigration appréhendée de manière positive et constructive dans ces zones a évolué en phases distinctes depuis les années 1970. Initialement saisonnière avec un exode vers les bassins arachidiers de l’intérieur du pays ou vers les zones de pêche, elle visait à se garantir des revenus pouvant aider à préparer les mariages chez les jeunes hommes. Elle s’est ensuite orientée vers l’Afrique centrale (Gabon, Centrafrique, Congo, RDC etc.) puis occidentale, notamment les zones minières de différents pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Mali.
À partir de 1974, le cycle sévère de sécheresses avait provoqué une immigration massive vers l’Europe, motivée par la recherche de ressources financières pour soutenir les familles restées au pays. Avant cela, les anciens combattants et « navigateurs », des travailleurs employés par la marine marchande et de la pêche industrielle internationale avaient ouvert la voie, suivis plus tard par des flux migratoires plus massifs vers l’Europe et principalement en France.
Les « migrants constructeurs » : un pan entier de la résilience communautaire
Dans ces départements de l’Est du Sénégal, les réalisations issues de ces migrations sont tangibles et multiformes. Dès les premières phases, les migrants ont investi dans des infrastructures sociocommunautaires : construction de mosquées, écoles et postes de santé, achat de bétail pour reconstituer les cheptels décimés durant les années de sécheresse, appui à la production agricole via des aménagements et équipements. Cela a favorisé l’émergence de mouvements associatifs villageois et inter-villageois, ainsi que des investissements en éducation et hydraulique.
Dans les années 1980, le tissu associatif densifié depuis les diasporas en Europe s’est consolidé avec des retours de migrants porteurs de projets communautaires et individuels, et ayant de plus en plus bénéficié de formations avec un certain niveau d’éducation à l’origine d’une meilleure prise de conscience des enjeux liés au développement. L’habitat local s’est progressivement modernisé, des maisons ont été acquises dans les centres urbains, et le cadre de vie amélioré par divers équipements. Des magasins d’approvisionnement, banques de céréales de même que des financements communautaires de campagnes agricoles ont renforcé la sécurité alimentaire.
Les années 1990 ont marqué une certaine diversification dans l’investissement des revenus migratoires avec l’acquisition d’équipements familiaux (réfrigérateurs, téléphones, électrification), le développement du transport local et interurbain et du commerce favorisant, ainsi, le désenclavement des villages, et la création d’associations sous la loi 1901 depuis la France. À partir de 1994, l’axe de coopération « Migration – Citoyenneté – Développement » qui s’est développé avec le GRDR, s’est imposée, avec, entre autres, une implication politique des migrants dans les élections locales, des maires comme des conseillers ruraux. Le développement des partenariats Nord-Sud à travers des jumelages avec des collectivités françaises et des coopérations décentralisées ont impulsé une nette dynamique de développement local soutenue par les migrants de retour comme par les diasporas originaires de des régions de l’Est du Sénégal.
Un impact tangible, un besoin de durabilité
L’impact global se ressent sur le plan de la sécurité alimentaire accrue à travers l’accès aux facteurs de production, l’amélioration du cadre de vie, la facilitation de l’accès à l’éducation, l’hydraulique rurale et la santé mais aussi la diversification des services de santé. L’accès plus aisé aux moyens de communication a eu un impact positif sur l’ouverture à des partenariats avec des collectivités locales du Nord. Il y a eu progressivement le renforcement des relations inter-villages, avec des pays et régions à travers des associations de migrants et des réseaux. Des témoignages attestent de l’impact de ces initiatives de développement local sur l’allégement des travaux des femmes, par exemple, mais aussi un accès plus fréquent aux instances de décision.
L’Initiative de Recherche-Action du Timbuktu Institute
Face à ces dynamiques, le Timbuktu Institute, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg, lance une initiative de recherche-action intitulée « Renforcer la résilience face aux crises dans les zones de Goudiry et Bakel : Rôle des revenus migratoires de la diaspora européenne et mitigation des vulnérabilités pour contrer l’extrémisme violent ». Cette démarche vise à analyser le rôle important des revenus migratoires issus de la diaspora de la région dans les pays européens - France principalement - dans la mitigation des vulnérabilités et le renforcement de la résilience.
Bien que ces fonds améliorent les moyens de subsistance notamment le financement de l’éducation, l’agriculture familiale, le petit commerce à travers des projets communautaires, une mauvaise canalisation pourrait les impliquer dans des réseaux illicites, aggravant les risques.
Les questions-clés explorées dans le cadre de cette initiative de recherche-action incluent : Comment les revenus migratoires (montant, fréquence, usage) contribuent-ils à la résilience économique et sociale des ménages ? Quelles dynamiques socio-religieuses (tensions castes, influence étrangère) augmentent les vulnérabilités à l’extrémisme ? Comment les populations perçoivent-elles les facteurs de résilience (cohésion sociale, modération religieuse) face aux menaces accentuées par la frontalité avec la Mali ? Quelles stratégies communautaires et institutionnelles – tenant compte des dynamiques transfrontalières et du continuum sociohistorique avec Kayes – peuvent-elles prévenir l’expansion de l’extrémisme violent dans cette zone ?
Le projet construit dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation et l’Institut se déroulera en trois phases :
الدكتور باكاري سامب
عدتُ للتو من الدوحة، حيث شاركت في “منتدى قطر للوساطة”، محملًا بقناعة راسخة: إن الجمود الذي يخيّم على منطقة الساحل الأفريقي يتطلب لغة جديدة وشجاعة ديبلوماسية تتجاوز الخيارات العسكرية الصرفة. ففي أروقة المنتدى، كان هناك إجماع لافت بين الخبراء الدوليين وصناع القرار على ضرورة فتح قنوات تفاوضية مع الجماعات المسلحة في منطقة الساحل، كضرورة حتمية تفرضها حقائق الميدان وتجارب التاريخ
القيمة المضافة للدبلوماسية القطرية: الشرعية والخبرة
لا يمكن الحديث عن الوساطة اليوم دون التوقف عند “النموذج القطري”. فدولة قطر لم تعد مجرد ميسّر للحوار، بل أصبحت قطبًا دوليًا في الدبلوماسية الوقائية. وتستمد الدوحة قوتها في هذا المجال من ركيزتين أساسيتين
الشرعية الثقافية والدينية: بصفتها دولة ذات ثقافة إسلامية عريقة، تحظى قطر باحترام وتقدير كبيرين لدى مختلف الأطراف في العالم الإسلامي، مما يمنحها قدرة على نيل الثقة في بيئات معقدة مثل منطقة الساحل، حيث تلعب الهوية والدين أدوارًا محورية
المؤسساتية والاحترافية: يبرز هنا الدور القطري الريادي في تحويل النزاعات إلى فرص للسلام، من خلال تحليل جذور الأزمات وتقديم حلول مبتكرة تجمع بين العمل الإنساني والوساطة السياسية
يبرز هنا دور مركز دراسات النزاع والعمل الإنساني (CHS
من الكونغو إلى الساحل الدروس المستفادة
إن النجاحات التي حققتها قطر في ملفات شائكة، سواء في جمهورية الكونغو الديمقراطية أو في مناطق أخرى من العالم، تثبت أن “الصبر الاستراتيجي” هو مفتاح الحل. لقد أظهرت الدوحة قدرة فائقة على جمع الأضداد على طاولة واحدة، وهو ما نحتاجه اليوم في الساحل
لقد علمتنا تجارب النزاعات المسلحة الطويلة أن الدول لا تستطيع القضاء نهائيًا على الجماعات المسلحة عسكريًا، كما أن هذه الجماعات لا يمكنها إسقاط الدول كليًا. نحن اليوم أمام حالة من “النضج المتأزم” للصراع، حيث أصبح الحوار والوساطة هما المساران الأكثر واقعية لتجنب استنزاف الشعوب والمقدرات
نداء من أجل السلم في الساحل
إننا من منبر “معهد تمبكتو”، ومن وحي نقاشات الدوحة، نوجه نداءً عاجلاً إلى دول الساحل وشركائها الدوليين بضرورة تشجيع التسوية السلمية للنزاعات. إن المراهنة على الحل الأمني البحت أثبتت محدوديتها، والواقع يفرض علينا اليوم استكشاف مسارات التفاوض
إن منطقة الساحل يمكنها الاستفادة بشكل كبير من الخبرة القطرية، ليس فقط كجهة مانحة، بل كشريك استراتيجي يمتلك أدوات الوساطة الناعمة والقبول لدى جميع الأطراف ، إن الوقت قد حان لاستبدال
لغة الرصاص بمنطق التفاوض، فالسلام لا يصنعه إلا الشجعان الذين يجرؤون على الجلوس مع خصومهم من أجل مستقبل الأجيال القادمة
الرئيس المؤسس لمعهد تمبكتو- المركز الأفريقي لدراسات السلام