Timbuktu Institute

Timbuktu Institute

Sacré-Coeur 3 – BP 15177 CP 10700 Dakar Fann – SENEGAL. +221 33 827 34 91 / +221 77 637 73 15

Timbuktu Institute Octobre 2026 - Semaine 1

A la manière d’un feuilleton dont nul ne connaîtrait encore le dernier épisode, il semble bien qu’il faudra s’accoutumer à ce que les prochaines années soit rythmées à l’aune des soubresauts du duel politique ouvert entre le président Diomaye Faye et le président de l’Assemblée Ousmane Sonko. Et, à la guerre comme à la guerre, le chef de l’Etat poursuit son objectif de transformer le jeune parti présidentiel Kiiray en force politique et territoriale. Dans cette quête d’ancrage, la première université d’hivernage de Kiiraay, organisée le 3 octobre à Dakar, a ainsi constitué une nouvelle étape dans la construction du parti lancé le 25 juillet dernier. La formation tente d’y préciser une identité fondée sur un « souverainisme pragmatique » et une « diplomatie d’équilibre », avec un discours qui se veut davantage mesuré qu’idéologique.

En filigrane de cette balbutiante ligne idéologique, se trouve une préoccupation beaucoup plus immédiate : celle du terrain. À quelques mois des élections locales de 2027, Kiiraay affirme bénéficier désormais du soutien de près de 400 maires sur les 557 que compte le Sénégal. Plusieurs de ces élus sont issus de l’Alliance Pour la République (APR) de l’ex-président Macky Sall. Une progression, qui resterait toutefois à être consolidée. C’est dans cette optique qu’une campagne de distribution de cartes d’adhésion doit d’ailleurs prochainement permettre au parti de passer du ralliement d’élus à la constitution d’un véritable réseau militant. Pendant ce temps, l’Assemblée nationale continue de projeter une limpide peinture du jeu des puissances auxquelles cette nouvelle configuration politique doit faire face. Certes, les tensions qui s’y expriment ne sont certes pas formellement liées à Kiiraay, mais elles témoignent du même mouvement de recomposition.

L’hémicycle, théâtre d’un rapport de forces

Dans ce bras de fer, la majorité parlementaire du Pastef, on le sait, est décidée à peser de tout son poids sur la machine de l’exécutif. C’est ainsi que l’Assemblée nationale semble être devenue l’un des miroirs les plus cristallins de la bataille entre les camps Faye et Sonko. En effet, les séances parlementaires ne manquent plus de souvent donner lieu à des débats houleux, passes d’armes ou altercations. Nouvel épisode : l’examen le 30 septembre de la proposition de loi sur la santé en milieu carcéral, portée par les députés de Pastef Khady Sarr, Anta Dia, Cheikh Faye et Mamadou Lamine Diaité. Selon ces derniers, le texte vise à combler l’absence de cadre juridique cohérent pour la prise en charge sanitaire des détenus et à garantir un accès aux soins équivalent à celui des citoyens libres. Toutefois, le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu et de l’APR, s’est opposé à l’examen de la proposition de loi sur la santé en milieu carcéral portée par des députés de Pastef. Demandant le report des délibérations tout en reconnaissant la gravité des conditions de détention et l’importance de la santé des détenus, il a notamment déclaré : « Qu’on ne légifère pas dans la colère », arguant selon ses dires, de la légèreté du texte. Aussitôt après, le parlementaire Takku Wallu Sénégal a dénoncé une altercation dans les couloirs de l’hémicycle impliquant son député Abdou Mbow, qui aurait été pris à partie et insulté, selon le groupe, par le député de Pastef Ousmane Fall. Sa présidente Aïssata Tall Sall a dénoncé une « violence verbale » et une violation du règlement intérieur, tandis qu’Abdou Mbow annonçait une plainte.

Par ailleurs, corrigée sur la forme après la décision du 25 août, la proposition de loi sur les crédits spéciaux était de nouveau sur la table de l'Assemblée nationale sous la forme d'une loi organique. En effet, le gouvernement sénégalais a déposé un amendement visant à supprimer de la loi organique relative aux lois de finances la catégorie des « crédits ou fonds spéciaux ». Porté par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, l’amendement n°2 modifie l’article 14 de la loi organique n°2020-07 du 26 février 2020. Mais, le 1er octobre, l’Assemblée nationale a rejeté l’ensemble des amendements défendus par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, malgré le recours du gouvernement au vote bloqué, avant d’adopter l’article unique de la proposition de loi organique sur les lois de finances. Les députés ont notamment écarté l’amendement à l’article 14 qui visait à supprimer la mention spécifique des « crédits ou fonds spéciaux » pour les intégrer à la dotation globale des institutions constitutionnelles. La modification de l’article 70, qui encadrait différemment le contrôle parlementaire de ces crédits, a également été rejetée. Ces deux amendements avaient déjà été refusés en Commission des Finances et du Contrôle budgétaire. L’article unique a finalement été adopté dans la rédaction souhaitée par les parlementaires, avec l’objectif d’inscrire explicitement les fonds spéciaux dans les dotations budgétaires et de renforcer leur contrôle.

Vers la lumière sur les violences entre 2021-2024 ?

Alors que les voix commençaient à se multiplier pour dénoncer les lenteurs de la justice à faire la lumière sur les événements politiques de 2021 à 2024, quelques pas commencent désormais à être esquissés dans cette direction. Fin septembre dernier, quatre personnes avaient ainsi été inculpées pour « crimes contre l’humanité » et « complicité » dont quatre dans le dossier des violences infligées à Pape Abdoulaye Touré et une dans l'enquête sur la mort de Mamadou Ndoye, tué à Bargny après avoir été, selon le parquet, volontairement percuté par un véhicule de police. En ce sens, le 2 octobre, le parquet de Dakar a annoncé avoir recensé provisoirement 76 morts et plus de 200 personnes présumées victimes de tortures ou de traitements inhumains durant les violences politico-judiciaires de cette période. Quarante et un de ces décès auraient été enregistrés dans la seule région de Dakar. Au total, 166 victimes et témoins ont déjà été entendus dans le cadre de l’enquête ouverte en juillet 2025. Certes, ces premières procédures constituent une avancée, mais elles soulèvent déjà une question plus lourde : jusqu’où la justice ira-t-elle dans la chaîne des responsabilités ? La loi d’amnistie adoptée en mars 2024 couvre en principe les infractions liées aux événements politiques de 2021-2024. Mais le Conseil constitutionnel avait estimé en avril 2025 qu’elle ne faisait pas obstacle aux poursuites pour homicide ou torture. Dans la présente séquence politique entre le Pastef et Kiiraay, serait-il téméraire de voir dans ce regain judiciaire, un quelconque signe ? Une chose, du moins, ne fait guère de doute : pendant que les victimes et une partie des militants de Pastef réclament une accélération des procédures, le certain contraste du rapprochement entre le président Faye et Macky Sall, n’est pas sans nourrir un malaise chez ceux qui attendent encore vérité, justice et réparation.

Timbuktu Institute 

Download the report

Throughout September and October, events across West and Central Africa highlighted the mounting pressures confronting political and security institutions, as well as the varied responses of states seeking to contain them. In the central Sahel, major attacks against Malian military positions and the reorganization of Niger's military leadership following the late-August mutiny raised renewed questions about military effectiveness, cohesion, and the role of external security partners. These challenges unfolded against a broader regional security environment in which neighboring states, including Senegal, Benin, and Nigeria, continued to strengthen their responses to threats emanating from or developing along the Sahelian borderlands.

On the political front, institutional arrangements governing competition and participation remained contested in several countries. Restrictions affecting opposition parties in Guinea-Bissau, administrative pressures on political organizations in Cameroon, and disputes over electoral institutions in Côte d'Ivoire illustrated different ways in which political competition can become constrained. Meanwhile, in Senegal and The Gambia, economic pressures and public grievances increasingly intersected with political competition. These developments also underscored an important distinction: public mobilization, parliamentary scrutiny, and opposition activity can strengthen institutional accountability when political systems provide credible avenues for expressing and addressing grievances.

At the regional level, political divisions persisted alongside efforts to maintain practical cooperation. The Alliance of Sahel States (AES) pursued further diplomatic and institutional coordination, while neighboring governments sought ways to manage shared security challenges despite unresolved tensions. Algeria's renewed engagement with Mali also illustrated the continuing strategic importance of relationships extending beyond the AES itself. Taken together, the region's fragility appears to depend not only on the pressures confronting states and societies, but also on whether the responses adopted by governments and regional institutions alleviate existing vulnerabilities or create new ones.

Timbuktu Institute 2026

Télécharger le rapport 

Tout au long des mois de septembre et d’octobre, plusieurs événements survenus en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ont mis en lumière les pressions croissantes auxquelles sont confrontées les institutions politiques et sécuritaires, ainsi que la diversité des réponses apportées par les États pour les contenir. Au Sahel central, les attaques majeures contre des positions de l’armée malienne et la réorganisation du commandement militaire nigérien à la suite de la mutinerie de la fin août ont ravivé les interrogations sur l’efficacité des forces armées, leur cohésion et le rôle des partenaires sécuritaires extérieurs. Ces difficultés se sont inscrites dans un environnement sécuritaire régional plus large, marqué par le renforcement des dispositifs mis en place par des pays voisins, notamment le Sénégal, le Bénin et le Nigeria, face aux menaces provenant des espaces frontaliers sahéliens ou s’y développant. 

Sur le plan politique, les règles institutionnelles encadrant la compétition et la participation ont continué de faire l’objet de contestations dans plusieurs pays. Les restrictions touchant les partis d’opposition en Guinée-Bissau, les pressions administratives exercées sur les formations politiques au Cameroun et les différends relatifs aux institutions électorales en Côte d’Ivoire illustrent différentes formes que peut prendre l’entrave à la compétition politique. Parallèlement, au Sénégal et en Gambie, les difficultés économiques et les revendications sociales se sont davantage imbriquées dans les rivalités politiques. Ces évolutions rappellent toutefois une distinction essentielle : les mobilisations citoyennes, le contrôle parlementaire et l’activité de l’opposition peuvent renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité lorsque les systèmes politiques offrent des voies crédibles pour exprimer les griefs et y répondre.

À l’échelle régionale, les divisions politiques ont persisté, alors même que se maintiennent les efforts visant à préserver une coopération pragmatique. En effet, l’Alliance des États du Sahel (AES) a poursuivi sa coordination diplomatique et institutionnelle, tandis que les gouvernements voisins cherchaient à gérer des défis sécuritaires communs malgré des tensions non résolues. Dans ce sillage, la reprise des contacts entre l’Algérie et le Mali illustre également l'importance stratégique persistante de relations qui dépassent le seul cadre de l’AES. Somme toute, les trajectoires de fragilité régionale semblent dépendre non seulement des pressions auxquelles les États et les sociétés font face, mais aussi de la capacité des réponses gouvernementales et régionales à atténuer les vulnérabilités existantes plutôt qu’à en créer de nouvelles.

 

 

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

On 23 September, Togo and Mali took a significant step in strengthening their cooperation on personal data protection. That day, Togo’s Personal Data Protection Authority (IPDCP) and its Malian counterpart, the Personal Data Protection Authority (APDP), signed a protocol aimed at framing their relations and fostering the sharing of experience.

Togo–Mali: Digital Sovereignty at the Heart of Security Cooperation

The agreement will cover several areas, including cross-border data transfers, cybersecurity, artificial intelligence and digital sovereignty, in order to enable better cooperation in handling complaints and compliance checks, as well as in building the capacities of the staff of both institutions. The two countries seem to understand that data occupies a central place in the new form of the fight against terrorism, particularly in cyberspace. Their rapprochement in this area is part of a regional policy in favour of digital development. 

Togo–AES: Lomé Asserts Its Role as a Strategic Partner in the Face of the Terrorist Threat

At the same time, on the diplomatic front, Togo continues to position itself as a “strategic ally” of the Sahel states. Once again, this approach was underlined in an interview with the Togolese Minister of Foreign Affairs, who calls for support for the AES states, the security “dyke” of West African states. In his view, “Togo’s choice is to help Mali, Burkina Faso and Niger… The security of these countries also depends on ours.” For Lomé, the crisis affecting Burkina Faso, Mali and Niger is not a purely external matter, but also concerns West Africa as a whole. Borders between countries do not systematically make it possible to counter the terrorist threat. For several years, armed groups from Sahelian countries have been advancing towards coastal countries. Bakary Sambe, president of the Timbuktu Institute, believes that “states such as Benin, Togo and even Ghana are already aware of the growing scale of terrorism, which has already crossed their borders”. It should be recalled that the north of the country, notably the Savanes region, is directly exposed to the terrorist risk. Lomé is determined to work with the AES countries to combat this phenomenon together. 

When Lomé Denies the Presence of Russian Mercenaries and Clarifies Cooperation with Foreign Trainers

In the same interview, the head of Togolese diplomacy took the opportunity to clarify the presence of Russian elements in the country. He was keen to deny this information, widely circulated by the opposition last July. Answering the journalist’s question, Robert Dussey stated: “We do not have Russian mercenaries.” In New York to attend the UN General Assembly, he acknowledged the presence of “foreign trainers” on the ground to train the Togolese armed forces, notably in the use of new equipment.

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026

Le 23 septembre dernier, le Togo et le Mali ont posé un acte fort dans le cadre du renforcement de leur coopération en matière de protection des données personnelles. En effet, ce jour-là, l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP) du Togo et son homologue malien, l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), ont signé un protocole visant à encadrer leurs relations et à favoriser le partage d’expériences.

Togo-Mali : la souveraineté numérique au cœur de la coopération sécuritaire

Cet accord portera sur plusieurs domaines, notamment les transferts transfrontaliers de données, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique, afin de permettre une meilleure coopération dans le traitement des plaintes et les contrôles de conformité, ainsi que dans le renforcement des capacités des agents des deux institutions. Les deux pays semblent comprendre que la donnée occupe une place centrale dans la nouvelle forme de lutte contre le terrorisme, notamment dans le cyberespace. Leur rapprochement dans ce domaine s’inscrit dans le cadre d’une politique régionale en faveur du numérique.

Togo-AES : Lomé affirme son rôle de partenaire stratégique face à la menace terroriste

Parallèlement, sur le plan diplomatique, le Togo continue de se positionner comme « allié stratégique » des États du Sahel. Une fois de plus, cette démarche est soulignée par l'entretien avec le ministre togolais des Affaires étrangères qui appelle à soutenir les États de l'AES, « digue » sécuritaire des États d'Afrique de l'Ouest. Pour lui, « le choix du Togo est d'aider le Mali, le Burkina Faso et le Niger… La sécurité de ces pays dépend aussi de la nôtre. » Pour Lomé, la crise qui frappe le Burkina Faso, le Mali et le Niger ne relève pas de la seule sphère extérieure, mais concerne également l'Afrique de l’Ouest. En effet, les frontières entre les pays ne permettent pas de contrer systématiquement la menace terroriste. Depuis plusieurs années, on note une avancée des groupes armés des pays sahéliens vers les pays côtiers. Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute, estime que « des États comme le Bénin, le Togo et même le Ghana sont déjà conscients de l’ampleur grandissante du terrorisme qui a déjà franchi leurs frontières ». Rappelons que le nord du pays, notamment la région des Savanes, est directement exposé au risque terroriste. Lomé est déterminé à travailler avec les pays de l’AES afin de combattre ensemble ce phénomène.

Quand Lomé dément la présence de mercenaires russes et clarifie la coopération avec des formateurs étrangers

Toujours dans le même entretien, le chef de la diplomatie togolaise a profité de l’occasion pour apporter des précisions sur la présence d’éléments russes dans le pays. Il a tenu à démentir cette information largement diffusée par l'opposition en juillet dernier. Répondant à la question du journaliste, Robert Dussey a déclaré : « Nous n’avons pas de mercenaires russes. » Venu participer à l’Assemblée générale de l’ONU à New York, il a reconnu la présence de « formateurs étrangers » sur le terrain pour entraîner les forces armées togolaises, notamment à l’utilisation des nouveaux équipements.

 

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

News in Burkina Faso was marked by the strengthening of the military-industrial apparatus. Captain Traoré announced the production of some 300 vehicles in just 10 months. During an exchange with young female winners of a women’s competition, he stated that “from November 2025 to today, the national production line has delivered nearly 300 armoured vehicles to the Defence and Security Forces (FDS) and the Volunteers for the Defence of the Homeland (VDP)”. 

Defence Industry: Burkina Faso Seeks to Strengthen Its Military Autonomy

The Burkinabè leader thus intends to respond to ambushes and explosive devices, particularly in the north of the country, and to overcome the logistical constraints linked to the fight against terrorism. These vehicles are adapted to the terrain where the conflict is taking place in order to be more effective. Moreover, the fact that this equipment is produced locally is in itself a strong signal: the country is pursuing a logic of reducing imports and continuing its march towards sovereignty. Through the company “Faso Armored” and other firms specialising in this field, the authorities intend to further develop local production by drawing on national expertise. For the time being, there is no way to verify this information. Furthermore, many observers question the authorities’ ability to keep these machines running over the long term and to make the current models more robust.

Diplomacy: AES States Coordinate Their Positions at the UN General Assembly

Furthermore, the three AES countries consulted each other in order to speak with one voice at the United Nations General Assembly. The foreign ministers of Burkina Faso, the Republic of Mali and the Republic of Niger, as well as the heads of the diplomatic missions of these three countries in Washington and New York, met to harmonise their positions. Burkina Faso, which currently holds the presidency, will deliver the joint speech. Karamoko Jean Marie Traoré, Burkina Faso’s Minister of Foreign Affairs, will advocate a “fairer” and “more equitable” multilateralism, more focused on the interests of peoples. For his part, Niger’s top diplomat stated: “Since 2023, we have always spoken with one voice... In 2024 and 2025, we had the same confederal discourse.” The three states intend to take this opportunity to present their achievements and their vision to the whole world. It will be a unique opportunity to increase their visibility on the international stage. It should be recalled that since their withdrawal from ECOWAS, they have sought to establish a common identity in order to fight terrorism together and make sovereignty their rallying cry.

80% of Resources to the Field: Burkina Faso Imposes New Requirements on NGOs

Meanwhile, the regulation of NGOs in Burkina Faso continues to make the news. This time, it concerns a tightening of the rules applicable to these NGOs: from now on, at least 80% of the resources mobilised by NGOs in Burkina Faso must be devoted to direct investment in the field. The announcement was made at the latest Council of Ministers. According to Aboubakar Nakanabo, Minister of the Economy, “a framework agreement will be mandatory for associations under Burkinabè law and a headquarters agreement will govern foreign entities”. These new provisions require framework agreements, establishment agreements and above all evaluations, so that aid is more effective in this crisis context. The aim is to enable aid to have a direct impact on vulnerable populations. Several observers see this “radical” measure as a way of driving these organisations out through coercive measures.

 

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026

L’actualité au Burkina Faso a été marquée par le renforcement du dispositif industriel militaire. En effet, le capitaine Traoré a annoncé la production de quelque 300 véhicules en seulement 10 mois. Lors d'un échange avec de jeunes lauréates d'un concours féminin, il a affirmé que « de novembre 2025 à aujourd'hui, la chaîne de production nationale a livré près de 300 blindés aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ».

Industrie de défense : le Burkina Faso veut renforcer son autonomie militaire

Le leader burkinabè entend ainsi apporter une réponse aux embuscades et aux explosifs, notamment dans le nord du pays, et pallier les contraintes logistiques liées à la lutte contre le terrorisme. Ces véhicules sont adaptés au contexte du terrain où se déroule le conflit afin d’être plus efficaces. De plus, le fait que ces équipements soient produits localement constitue en soi un signal fort : le pays est dans la logique de réduire ses importations et continue sa marche vers la souveraineté. À travers la société « Faso Armored » et d’autres entreprises spécialisées dans ce domaine, les autorités entendent développer davantage ces productions locales en s'appuyant sur des expertises nationales. Pour l’heure, il n’existe aucun moyen de vérifier cette information. De surcroît, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la capacité des autorités à faire fonctionner ces machines sur le long terme et à rendre les modèles actuels plus robustes.

Diplomatie : les États de l’AES coordonnent leurs positions à l’Assemblée générale de l’ONU

Par ailleurs, les trois pays de l’AES se sont concertés pour parler d’une seule voix à l’Assemblée générale des Nations unies. Ainsi, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, de la République du Mali et de la République du Niger, ainsi que les chefs des missions diplomatiques de ces trois pays à Washington et à New York, se sont réunis pour harmoniser leurs positions. Ce sera au Burkina Faso, qui assure actuellement la présidence, de prononcer le discours commun. Karamoko Jean Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, défendra un multilatéralisme « plus juste » et « plus équitable », davantage orienté vers les intérêts des peuples. De son côté, le chef de la diplomatie nigérienne a déclaré : « Depuis 2023, nous avons toujours parlé d'une seule voix... En 2024 et 2025, nous avons eu le même discours confédéral. » Les trois États souhaitent profiter de l'occasion pour exposer leurs réalisations et leur vision au monde entier. Ce sera une occasion unique d'accroître leur visibilité sur la scène internationale. Il faut rappeler que depuis leur retrait de la CEDEAO, ils souhaitent mettre en place une identité commune pour lutter ensemble contre le terrorisme et faire de la souveraineté leur cheval de bataille.

80 % des ressources au terrain : le Burkina Faso impose de nouvelles exigences aux ONG

Par ailleurs, la réglementation des ONG sur le territoire burkinabè continue d’occuper l’actualité. Cette fois-ci, il s’agit du durcissement des règles applicables à ces ONG : dorénavant, au moins 80 % des ressources mobilisées par les ONG au Burkina Faso devront être consacrées aux investissements directs sur le terrain. Cette annonce a été faite lors du dernier conseil des ministres. Selon Aboubakar Nakanabo, ministre de l’Économie, « un accord-cadre sera obligatoire pour les associations de droit burkinabè et une convention de siège régira les entités étrangères ». Ces nouvelles dispositions imposent des accords-cadres, des conventions d’établissement et surtout des évaluations, afin que l’aide soit plus efficace dans ce contexte de crise. L’objectif est de permettre à l’aide d'avoir un impact direct sur les populations vulnérables. Plusieurs observateurs voient dans cette mesure « radicale » une manière de faire fuir ces organisations à travers des mesures coercitives.

 

Timbuktu Institute - Week 4 September 2026 

Ahead of The Gambia’s presidential election on 5 December, the political landscape is rapidly realigning around the incumbent president. He displays complete confidence in his re-election, declaring it “fully assured”. Adama Barrow has also called on his political opponents to join his coalition. After the GDC in July, it is the APP-Sobeyaa, a party that has been critical of the government and has repeatedly called for Barrow’s removal, that announced this week it had concluded an alliance agreement with the presidential party. 

Confident of Re-election, the Presidential Party Rolls Out Its Strategy

However, this decision does not appear to enjoy consensus within the opposition party. Several founding members and senior officials of the APP-Sobeyaa have distanced themselves from this rapprochement and called for the resignation of the party’s president, who signed the agreement. A commentator close to the government, for his part, warned opposition figure Talib Bensouda that he risked prison if he continued to fight President Barrow. Citing what he described as compromising evidence contained in an unpublished official report, the government supporter called on the mayor of Kanifing to abandon any prospect of running.

The UDP Rejects Rapprochement with Barrow and Builds Its Own Alliance

UDP leader Ousainu Darboe reaffirmed his refusal to join the incumbent president’s alliance and set a target of 75% of the vote in the municipality of Kanifing. The UDP has also formed its own alliance, “Gambia First”, which this week received the backing of the Gambia for All party. Hagi Suwaneh, national youth president of the UDP, for his part sharply criticised President Barrow, accusing him among other things of being power-hungry. He criticised Barrow’s remaining in power beyond the three-year transition initially promised, as well as his opposition to the 2020 draft Constitution, which provided for presidential term limits. Suwaneh also accused the president of mismanagement and personal enrichment. Finally, he denounced the country’s economic situation and the persistent difficulties in accessing water, electricity and medicines. According to him, the UDP should continue to expand its opposition alliance in the near future.

 Yahya Jammeh Prepares His Return to the Political Arena

Deposed former president Yahya Jammeh, still in exile in Equatorial Guinea, has officially launched his “No to Alliance” movement (NAM). On this occasion, he announced his wish to return to The Gambia before the end of October in order to designate his movement’s candidate for the presidential election. Should he be prevented from doing so, senior members of his party are expected to make the announcement on his behalf.

The Central Bank Tightens Local Employment Requirements

The Central Bank of The Gambia has ordered all commercial banks operating in the country to begin replacing their non-Gambian employees with Gambians who are “sufficiently qualified”, with a mandatory transfer of skills, by 31 December 2026. The measure follows a study that revealed a “relatively high” number of non-Gambian staff employed outside the formal framework of expatriate quotas.

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

À l'approche de la présidentielle gambienne du 5 décembre prochain, le paysage politique se recompose rapidement autour du président sortant. Ce dernier affiche une confiance totale dans sa réélection, la déclarant ainsi « pleinement assurée ». Adama Barrow a par ailleurs appelé ses opposants politiques à rejoindre sa coalition. Après le GDC en juillet, c’est l’APP-Sobeyaa, parti pourtant critique du gouvernement et ayant demandé à plusieurs reprises la destitution de Barrow, qui a annoncé cette semaine avoir conclu un accord d’alliance avec le parti présidentiel.

Ne doutant pas de sa réélection, le parti présidentiel déploie sa stratégie

Il semble toutefois que cette décision ne soit pas consensuelle au sein du parti d’opposition. Plusieurs membres fondateurs et cadres de l’APP-Sobeyaa se sont ainsi désolidarisés de ce rapprochement et ont appelé à la démission du président du parti, signataire de cet accord.  Un commentateur proche du pouvoir a quant à lui mis en garde l’opposant Talib Bensouda, déclarant qu’il risquait la prison s’il continuait de combattre le président Barrow. Invoquant des éléments compromettants présents selon lui dans un rapport officiel non publié, le partisan du pouvoir a appelé le maire de Kanifing à abandonner la perspective d’une candidature.

L’UDP refuse le rapprochement avec Barrow et structure son alliance

Le chef de l’UDP, Ousainu Darboe, a réaffirmé son refus de rejoindre l’alliance du président sortant et fixé un objectif de 75 % des voix dans la municipalité de Kanifing. L’UDP a par ailleurs formé sa propre alliance, « Gambia first », qui a bénéficié cette semaine du soutien du parti Gambia for all. Hagi Suwaneh, président national des jeunes de l’UDP, a de son côté vivement critiqué le président Barrow, l’accusant entre autres d’être avide de pouvoir. Il a formulé des critiques à l’encontre du maintien de Barrow au pouvoir au-delà des trois années de transition initialement promises, ainsi que de son opposition au projet de Constitution de 2020, qui prévoyait une limitation des mandats présidentiels. Suwaneh a également accusé le président de mauvaise gestion et d’enrichissement personnel. Il a enfin dénoncé la situation économique du pays ainsi que les difficultés persistantes d’accès à l’eau, à l’électricité et aux médicaments. L’UDP devrait, selon ses dires, continuer d’élargir son alliance d’opposition dans un futur proche. 

 Yahya Jammeh prépare son retour dans le jeu politique

L’ancien président déchu Yahya Jammeh, toujours en exil en Guinée équatoriale, a officiellement lancé son mouvement « No to Alliance » (NAM). À cette occasion, il a annoncé son souhait de revenir en Gambie avant la fin octobre afin de désigner le candidat de son mouvement à l’élection présidentielle. En cas d’empêchement, des cadres de son parti devraient procéder à cette annonce en son nom.

La banque centrale renforce les exigences en matière d’emploi local

La banque centrale de Gambie a ordonné à l'ensemble des banques commerciales opérant dans le pays d'engager un remplacement de leurs employés non-gambiens par des Gambiens « suffisamment qualifiés », avec obligation de transfert de compétences, d'ici au 31 décembre 2026. La mesure fait suite à une étude ayant révélé un nombre « relativement élevé » de personnels non-gambiens employés en dehors du cadre formel des quotas d'expatriés.

Timbuktu Institute - Week 3 September 2026 

In his second address to the United Nations General Assembly, the Guinean head of state devoted most of his speech to the record of his action since coming to power. Highlighting the adoption of the new Constitution, infrastructure development and the Simandou 2040 programme, Mamadi Doumbouya turned this platform, usually devoted to states’ visions on international issues, into a presentation of his domestic policy.

Before the UN, Mamadi Doumbouya Defends His Record

Anticipating criticism likely to target the nature of his rule, the president also defended a model of governance adapted to the “national genius”, citing countries in Asia and the Middle East that “did not wait for an external model to be validated for them before building their prosperity”. He also called for building an international partnership “respectful of the sovereignty of each nation”, based on “win-win co-construction” rather than “preconceived frameworks”.

In New York, the Guinean Diaspora Protests Against the Government

On the sidelines of his speech, several hundred members of the Guinean diaspora gathered in front of the hotel where Mamadi Doumbouya was staying to express their discontent with the head of state. The protesters notably denounced the repression carried out by the authorities and the partiality of the judicial system.

An Opponent of Mamadi Doumbouya Prevented from Travelling to the United States?

Former Guinean Prime Minister and UFDG president Cellou Dalein Diallo says he was prevented from travelling to New York, where he was due to attend several meetings on the sidelines of the United Nations General Assembly. His passport was reportedly revoked by the Guinean authorities without his being informed. His party denounces a violation of rights and accuses the Conakry government of seeking to restrict political freedoms. This measure adds to the dissolution of the UFDG and other opposition parties decided in early March on the grounds of “failure to meet their obligations”.

Guinea, Africa’s Leading Recipient of Foreign Investment

On the economic front, Guinea recorded more than 7.7 billion dollars in foreign direct investment in 2025, placing it at the top of the continent, largely thanks to the Simandou mining project. However, the benefits for national companies remain limited. Only one billion dollars has reportedly been paid to them, with the rest going mainly to Chinese and Portuguese companies. With a further 13 to 15 billion dollars still to be invested in the Simandou project, the challenge now lies in Guinea’s ability to involve national companies more closely in the project, so that the influx of foreign capital can benefit the local economic fabric.

Simandou: A New Contract Bolsters Guinea’s Economic Ambitions 

The Compagnie du TransGuinéen (CTG) and the American group Wabtec have signed a 700-million-dollar contract to support the operation and maintenance of the locomotive fleet assigned to the Simandou project, with a cumulative commitment raised to 1.2 billion dollars over more than 14 years. According to the Minister of Mines and Geology, Bouna Sylla, this commercial agreement should also enable a “transfer of technology” and the local training of teams.