Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

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Une nouvelle vague de violences meurtrières au Nigeria se fait sentir au centre-ouest du pays, où au moins 46 personnes ont été tuées lors d'attaques coordonnées contre trois villages par des « bandits » armés. Ces assaillants, arrivés en grand nombre à moto, ont ouvert le feu sur les habitants, pillé des commerces et incendié des habitations, provoquant également le déplacement de centaines de survivants. Ce drame illustre la persistance d'une insécurité chronique dans cette région, marquée par des conflits pour le contrôle des ressources et des enlèvements contre rançon, malgré les promesses répétées des autorités nigérianes de renforcer la protection des populations civiles face à des groupes criminels de plus en plus audacieux.

Escalade de la violence contre les communautés chrétiennes à Taraba

Une attaque meurtrière perpétrée le 10 février 2026 à Mchia, dans l'État de Taraba, où dix chrétiens ont été tués par des bergers peuls. Les responsables du diocèse de Wukari dénoncent un « carnage » et une crise humanitaire sans précédent : depuis septembre 2025, les violences auraient fait plus de 100 morts, entraîné la destruction de 200 églises et communautés, et provoqué le déplacement de 90 000 catholiques. Les assaillants cibleraient spécifiquement les édifices religieux et les habitations au petit matin, tout en s'emparant des terres agricoles et en commettant des exactions contre les civils. Face à cette situation, l'Église lance un appel urgent au gouvernement nigérian pour un déploiement immédiat de renforts de sécurité dans les zones rurales vulnérables et sollicite une aide humanitaire accrue pour éviter une catastrophe majeure.

Huit soldats tombés lors d'une attaque de l'ISWAP près du lac Tchad

Une offensive d'envergure a été menée par environ soixante-dix combattants de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) contre une base militaire à Cross Kauwa, dans le nord-est du Nigeria. L'assaut, d'une grande violence, a causé la mort de huit soldats et fait vingt-trois blessés, tandis que les assaillants ont détruit onze véhicules blindés et dérobé du matériel antiaérien avant de s'enfuir. Ce raid témoigne de la  recrudescence générale des violences dans l'État de Borno, malgré le déploiement récent de renforts américains pour soutenir l'armée nigériane. Face à un conflit qui dure depuis 2009 et a déjà fait plus de 40 000 morts, cette attaque souligne la capacité de résilience des groupes djihadistes dans la zone stratégique du lac Tchad, forçant les autorités à renforcer leur coopération sécuritaire internationale

Massacre jihadiste dans sept villages de l'État de Kebbi

Une série d'attaques coordonnées menées le 18 février 2026 par le groupe jihadiste Lakurawa contre sept villages de la zone d'Arewa, dans l'État de Kebbi (nord-ouest du Nigeria). Ces assauts, d'une grande violence, ont visé les habitants ayant tenté de résister, faisant plus de trente morts parmi les civils et provoquant un climat de terreur. L'émergence de ce groupe, suspecté de liens avec l'État islamique au Sahel, aggrave une situation sécuritaire déjà fragilisée par les activités des bandes criminelles locales spécialisées dans les enlèvements contre rançon. Malgré le déploiement immédiat de l'armée et des milices locales pour stabiliser la zone et traquer les assaillants, cette flambée de violence souligne les défis persistants pour les autorités nigérianes dans une région désormais au cœur de menaces jihadistes transnationales.

Timbuktu Institute - Week 3 - February 2026

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The National Assembly of Senegal has begun examining several crucial bills, including one concerning the request to lift the parliamentary immunity of MP Farba Ngom. This legislative procedure, which is part of a drive for accountability desired by the new authorities, aims to allow the justice system to hear the MP on financial matters. The Assembly's bureau met to set the timetable for this procedure, marking a significant symbolic step in the management of parliamentary privileges.

Farba Ngom's response: ‘Hand on the Koran’ In response to the allegations of embezzlement, Farba Ngomvigorously proclaimed his innocence, claiming that he had never received a single franc from the public treasury illegally. To emphasise his good faith, the MP symbolically took an oath with his hand on the Koran, declaring that he was prepared to respond to any legal summons once his immunity had been lifted. He denounced what he called an attempt at political demonisation, while insisting that his wealth was the result of transparent private activities.

Bassirou Diomaye Faye: Modern and preventive justice

President Bassirou Diomaye Faye outlined his vision for far-reaching reform of the judiciary, arguing that modern justice should go beyond its purely repressive role to become a lever for conflict prevention. In his speech, he emphasised the importance of promoting social dialogue and mediation to relieve congestion in the courts. For the Head of State, a peaceful and accessible justice system is essential to guarantee social stability and restore trust between citizens and institutions.

Death of Abdoulaye Ba: six uniformed men punished

The investigation into the tragic death of Abdoulaye Ba has resulted in the official punishment of six defence and security forces officers, a decision confirmed by lawyer Bamba Cissé, Minister of the Interior and Public Security. These administrative and disciplinary measures are intended to punish the serious misconduct observed during the intervention that led to the victim's death. This announcement is seen as a strong signal against impunity within the law enforcement agencies, responding to the expectations of justice of the family and public opinion.

Tightening of laws and extension of the scope of ‘unnatural acts’

The Senegalese government has decided to significantly strengthen the Penal Code with regard to ‘unnatural acts’. The new reform now provides for the punishment of not only the acts themselves, but also their advocacy, with prison sentences. This decision is part of a clear desire to preserve the country's socio-cultural and religious values in the face of what the authorities consider to be deviant behaviour, thereby tightening the existing legal framework.

The bill to amend the Senegalese Penal Code has been clarified to include two new profiles in the context of the repression of unnatural acts. Parliamentary debates indicate that the law now more specifically targets those who encourage or facilitate these practices, thereby broadening criminal liability. This legislative extension reflects pressure from certain social and religious groups for stricter and more comprehensive legislation on these moral issues.

Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

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L’Assemblée nationale du Sénégal a entamé l’examen de plusieurs projets de loi cruciaux, dont celui concernant la demande de levée de l’immunité parlementaire formulée contre le député Farba Ngom. Cette procédure législative, qui s'inscrit dans une dynamique de reddition de comptes souhaitée par les nouvelles autorités, vise à permettre à la justice d'entendre le parlementaire sur des dossiers financiers. Le bureau de l'Assemblée s'est réuni pour définir le calendrier de cette procédure, marquant une étape symbolique forte dans la gestion des privilèges parlementaires.

Réponse de Farba Ngom : « La main sur le Coran » En réaction aux accusations de malversations, Farba Ngom a vigoureusement clamé son innocence  en affirmant n'avoir jamais perçu le moindre franc du Trésor public de manière illicite. Pour souligner sa bonne foi, le député a symboliquement prêté serment la main sur le Coran, déclarant être prêt à répondre à toutes les convocations judiciaires une fois son immunité levée. Il dénonce une tentative de diabolisation politique tout en assurant que son patrimoine est le fruit d'activités privées transparentes.

 Bassirou Diomaye Faye : Une justice moderne et préventive

Le Président Bassirou Diomaye Faye a exposé sa vision d’une réforme en profondeur de l'appareil judiciaire, plaidant pour que la justice moderne dépasse son rôle purement répressif pour devenir un levier de prévention des conflits. Lors de son allocution, il a insisté sur l’importance de promouvoir le dialogue social et la médiation pour désengorger les tribunaux. Pour le chef de l'État, une justice apaisée et accessible est indispensable pour garantir la stabilité sociale et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Mort d’Abdoulaye Ba : six hommes de tenue sanctionnés

L'enquête sur le décès tragique d'Abdoulaye Ba a abouti à la sanction officielle de six agents des forces de défense et de sécurité, une décision confirmée par l'avocat Me Bamba Cissé, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique. Ces mesures administratives et disciplinaires visent à punir les manquements graves constatés lors de l'intervention ayant entraîné la mort de la victime. Cette annonce est perçue comme un signal fort contre l'impunité au sein des forces de l'ordre, répondant aux attentes de justice de la famille et de l'opinion publique.

Durcissement des lois et extension du champs des « actes contre nature »

Le gouvernement sénégalais a décidé de renforcer considérablement le Code pénal en ce qui concerne les « actes contre nature ». La nouvelle réforme prévoit désormais de sanctionner non seulement les actes eux-mêmes, mais aussi leur apologie, par des peines de prison ferme. Cette décision s'inscrit dans une volonté affirmée de préserver les valeurs socioculturelles et religieuses du pays face à ce que les autorités considèrent comme des déviances, durcissant ainsi le cadre légal déjà existant.

Le projet de loi visant à modifier le Code pénal sénégalais a été précisé pour inclure deux nouveaux profils dans le cadre de la répression des actes contre nature. Les débats parlementaires indiquent que la loi cible désormais plus spécifiquement ceux qui encouragent ou facilitent ces pratiques, élargissant ainsi la responsabilité pénale. Cette extension législative reflète la pression de certains groupes sociaux et religieux pour une législation plus stricte et exhaustive sur ces questions de mœurs.

Timbuktu Institute - Week 3 - February 2026

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General Abdourahamane Tiani proposes to return to France its share of uranium (63.4%) from a stockpile of 156,000 tonnes accumulated at the Somaïr mine before its nationalisation in June 2025. This announcement, seen as a gesture of clarification in the diplomatic standoff between Niamey and Paris, nevertheless sets a strict limit: all uranium produced after the junta took power remains the exclusive property of Niger, with the authorities claiming to have invested 24 billion CFA francs to maintain operations after Orano's withdrawal. This position illustrates Niger's sovereignist stance on its natural resources, while the legal dispute over ‘expropriation’ and environmental damage continues to fester between the two countries.

Algeria–Niger: An official visit to seal reconciliation

General Abdourahamane Tiani's official visit to Algiers marks the end of an ‘abnormal period of coldness’ and the beginning of a ‘cautious resumption of bilateral dialogue’ after months of heightened tensions linked to the July 2023 coup and migration management. Welcomed with honours by President Abdelmadjid Tebboune, the Nigerien transitional leader, supported by a high-ranking ministerial delegation (Defence, Energy, Petroleum), is seeking to transform this diplomatic détente into a solid operational partnership. Beyond the symbolic return of ambassadors, the challenge is to reactivate structural projects such as the Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), fibre optic interconnection and border security cooperation, while repositioning Algeria as an essential regional mediator in the face of Niger's isolation. This summit demonstrates a mutual political will to stabilise the Sahel-Saharan region, although the realisation of these ambitions remains dependent on the ability of both states to overcome administrative burdens and local political fragilities.

AES Unified Force: A rise in strength to 6,000 men

Faced with the resurgence of jihadist threats and the use of advanced technology by ‘mercenaries’, General Abdourahamane Tiani announced that the strength of the Unified Force of the Alliance of Sahel States (AES) would be increased from 5,000 to 6,000 soldiers. This strategic increase aims to strengthen the operational capacity of Burkina Faso, Mali and Niger to secure the Sahel region, which has been marked by recent attacks such as the one against Niamey airport. Beyond simply increasing troop numbers, the alliance is focusing on greater coordination of intelligence and logistics and on raising awareness among defence forces of new types of asymmetric threats. This military reinforcement is accompanied by a desire for broader integration, including the fight against disinformation and the creation of common economic institutions, despite persistent challenges related to financing and the establishment of an operational supranational framework.

Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

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Le Général Abdourahamane Tiani  propose de restituer à la France sa part d'uranium (63,4 %) issue d'un stock de 156 000 tonnes accumulé à la mine de la Somaïr avant sa nationalisation en juin 2025. Cette annonce, perçue comme un geste de clarification dans le bras de fer diplomatique entre Niamey et Paris, fixe néanmoins une limite stricte : tout l'uranium produit après la prise de pouvoir de la junte reste la propriété exclusive du Niger, les autorités affirmant avoir investi 24 milliards de francs CFA pour maintenir l'exploitation après le désengagement d'Orano. Ce positionnement illustre l’élan  souverainiste du Niger sur ses ressources naturelles, alors que le contentieux judiciaire pour « expropriation » et préjudices environnementaux continue de s'envenimer entre les deux pays.

Algérie–Niger : Une visite officielle pour sceller la réconciliation

La visite officielle du Général Abdourahamane Tiani à Alger consacre la fin d’une « période anormale de froideur » et amorce une « relance prudente du dialogue bilatéral » après des mois de vives crispations liées au coup d’État de juillet 2023 et à la gestion migratoire. Accueilli avec les honneurs par le Président Abdelmadjid Tebboune, le chef de la transition nigérienne, soutenu par une délégation ministérielle de haut rang (Défense, Énergie, Pétrole), cherche à transformer cet apaisement diplomatique en un partenariat opérationnel solide. Au-delà du retour symbolique des ambassadeurs, l'enjeu est de réactiver des projets structurants tels que le gazoduc transsaharien (TSGP), l'interconnexion par fibre optique et la coopération sécuritaire frontalière, tout en repositionnant l'Algérie comme un médiateur régional incontournable face à l'isolement du Niger. Ce sommet témoigne d'un volontarisme politique mutuel visant à stabiliser l'espace sahélo-saharien, bien que la concrétisation de ces ambitions reste tributaire de la capacité des deux États à surmonter les pesanteurs administratives et les fragilités politiques locales.

Force unifiée de l'AES : Une montée en puissance à 6 000 hommes

Face à la recrudescence des menaces djihadistes et à l'utilisation par les « mercenaires » de technologies de pointe, le Général Abdourahamane Tiani a annoncé que l'effectif de la Force unifiée de l'Alliance des États du Sahel (AES) serait porté de 5 000 à 6 000 soldats. Cette augmentation stratégique vise à renforcer la capacité opérationnelle du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour sécuriser l'espace sahélien, marqué par des attaques récentes comme celle contre l'aéroport de Niamey. Au-delà du simple accroissement des troupes, l'alliance mise sur une coordination accrue du renseignement, de la logistique et sur la sensibilisation des forces de défense à de nouveaux types de menaces asymétriques. Ce renforcement militaire s'accompagne d'une volonté d'intégration plus large, incluant la lutte contre la désinformation et la création d'institutions économiques communes, malgré des défis persistants liés au financement et à la mise en place d'un cadre supranational opérationnel.

Timbuktu Institute - Week 3 - February 2026

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This is a case that the shadow of silence managed to cover up for only a month. It concerns the imbroglio surrounding fifteen migrants of African origin, who were sent back from the United States and are currently under house arrest in Cameroon. In fact, there were two stages to the story. First, two Ghanaians, three Zimbabweans, one Sierra Leonean, two Ugandans and one Kenyan arrived in Yaoundé on 14 January 2026 from a detention centre in the state of Louisiana. These first nine were then joined on 16 February by eight others, bringing the total number of migrants deported under Donald Trump's new migration policy to 17.

The Cameroonian authorities have made it clear [to those deported] that they will only be allowed to leave to return to their country of origin. For some, this would be tantamount to signing their death warrant," according to their lawyer, contacted by Jeune Afrique. In any case, judging by appearances, the Cameroonian authorities seem at the very least embarrassed by this situation. Indeed, while attempting to contact those under house arrest, four journalists and a lawyer were arrested and then released on 18 February in Yaoundé. Faced with this situation, the main question that arises is this: has Cameroon concluded an agreement with Washington to take in migrants deemed undesirable, following the example of Ghana and Equatorial Guinea? For the time being, this question remains unanswered. However, the validity of this transfer operation is being debated within Cameroonian public opinion, in a context of uncertainty following the postponement of the upcoming legislative and municipal elections.

 

Ngarbuh massacre: an inadequate verdict?

After a six-year legal saga, on 19 February 2026, the military court in Yaoundé sentenced three Cameroonian soldiers to prison terms of between five and ten years for the massacre of 21 civilians in Ngarbuh (North-West region) on 14 February 2020. Ten years' imprisonment for the highest-ranking officer, Sergeant Baba Guida, eight years for Constable Sanding Sanding and five years for Private First Class Gilbert Haranga. The latter were found guilty of ‘murder, arson, violence against a pregnant woman and violation of orders’. In addition, former separatist Afa Fong, who did not attend the hearing because he is on the run, was found guilty of the same charges. However, the verdict is far from satisfactory for the families' lawyer. According to him, ‘these were extremely serious offences that could have led to a life sentence (...) This verdict does not do justice’. For the time being, neither the prosecution nor the defence has indicated any intention to appeal. Be that as it may, even if this case has come to a legal conclusion, it is far from being closed on a symbolic level. This is because the verdict, which some consider lenient, has reignited the debate on the fight against impunity and the ability of the Cameroonian justice system to respond appropriately to the violations committed in the context of the Anglophone crisis.

Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

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Voilà une affaire que l’ombre du silence n’aura réussi à recouvrir que le temps d’un mois. Il s’agit de l’imbroglio au sujet de quinze migrants d’origine africaine, renvoyés des États-Unis et actuellement assignés à résidence au Cameroun. En effet, l’histoire a connu deux temps. C’est d’abord deux Ghanéens, trois Zimbabwéens, un Sierra-Léonais, deux Ougandais et un Kényan qui arrivent à Yaoundé le 14 janvier 2026 en provenance d’un centre de détention de l’État de la Louisiane. Par la suite, ces neuf premiers seront rejoints, le 16 février par huit autres, portant ainsi à 17 le nombre total de ces migrants expulsés dans le cadre de la nouvelle politique migratoire de Donald Trump.

Les autorités camerounaises ont clairement signifié [aux expulsés] qu’ils ne pourraient sortir de là que pour retourner dans leur pays d’origine. Ce qui reviendrait, pour certains, à signer leur arrêt de mort », à en croire leur avocat, contacté par Jeune Afrique. En tous les cas, à en juger, les autorités camerounaises paraissent pour le moins embarrassées par cette histoire. En effet, alors qu’ils tentaient d’entrer en contact avec les assignés à résidence, quatre journalistes et un avocat ont été arrêtés puis libérés, le 18 février à Yaoundé. Face à cette situation, la question principale qui émerge est celle-ci : le Cameroun aurait-il conclu un accord avec Washington pour accueillir des migrants jugés indésirables, à l’instar du Ghana et de la Guinée équatoriale ? Pour l’heure, elle reste sans réponse. Toujours est-il que le bien fondé de cette opération de transfert fait débat au sein de l’opinion camerounaise, dans un contexte d’incertitude suite au report des prochaines législatives et municipales.

Massacre de Ngarbuh, un verdict insuffisant ?

Après un feuilleton judiciaire de six ans, le tribunal militaire de Yaoundé a condamné, le 19 février 2026, trois militaires camerounais à des peines de cinq à dix ans de prison pour le massacre de 21 civils à Ngarbuh (région du Nord-Ouest) survenu le 14 février 2020. Dix ans de prison ferme pour le plus gradé, le sergent Baba Guida, huit ans pour le gendarme Sanding Sanding et cinq ans pour le soldat de première classe Gilbert Haranga. Ces derniers ont été reconnus coupables de « meurtres, incendie, violence sur femme enceinte et violation de consignes ». Par ailleurs, l’ex-séparatiste Afa Fong – qui n’a pas assisté à l’audience car en cavale - a été reconnu coupable des mêmes faits. Cependant, le verdict est loin de satisfaire l’avocat des familles. D’après lui, « il s’agissait de faits extrêmement graves susceptibles de conduire à une condamnation à vie (…) Ce verdict ne rend pas justice ». Pour l’heure, l’accusation et la défense n’ont pour l’instant pas formulé l’intention d’interjeter appel. Quoiqu’en il soit, même si ce dossier arrive à son terme judiciaire, il n’en reste pas moins qu’il est loin d’être clos sur le plan symbolique. Ceci dans la mesure où ce verdict jugé clément par d’aucuns, ravive le débat sur la lutte contre l’impunité et la capacité de la justice camerounaise à apporter une réponse à la hauteur des violations commises dans le contexte de la crise anglophone.

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In Togo, current events reveal a country plagued by tensions between strategic assertiveness and institutional challenges. From threats against journalist Roger Amemavoh to the appeal trial of Félix Abalo Kadangha, via Faure Gnassingbé's goal of food sovereignty and his presidency of the Organisation for the Harmonisation of Business Law in Africa, this sequence illustrates the delicate balance between political ambition, governance requirements and the protection of freedoms.

Threats against Roger Amemavoh: a sign of the structural challenges to press freedom in Togo

The threats against journalist Roger Amemavoh reveal the challenges facing press freedom in Togo. The Observatoire Togolais des Médias (OTM) has denounced ‘a serious attack on freedom of expression and the media,’ calling on the authorities to guarantee the journalist's safety. For its part, the Union of Independent Journalists of Togo (SYNJIT) condemned these threats ‘in the strongest possible terms’ and referred to a ‘resurgence of attacks on press freedom’. The government, through the ministries responsible for communication and security, said it was ‘monitoring the situation closely’. This case has reignited the structural debate on the protection of journalists in Togo. While the official reaction marks institutional recognition of the problem, the challenge now lies in the ability to translate these statements into concrete protection measures and effective procedural guarantees. 

Félix Abalo Kadangha's appeal trial: credibility of military justice and issues of state responsibility in Togo

Five years after the death of Colonel Toussaint Bitala Madjoulba, Félix Abalo Kadangha's appeal trial opened on 16 February 2026 before a military court. Sentenced in 2023 to 20 years' imprisonment for ‘conspiracy against state security’, ‘complicity in murder’ and ‘obstruction of justice’, the former chief of staff is contesting a decision that his lawyers consider to be marred by procedural flaws and a glaring lack of evidence. This trial is highly symbolic; it calls into question the credibility of the military justice system, the handling of sensitive cases involving the armed forces, and the transparency of accountability mechanisms at the highest levels of government. This event comes amid ongoing debate over Damiba's extradition and his various misadventures.

Faure Gnassingbé: Focus on food sovereignty and self-sufficiency in agricultural production in Togo

During his visit to the planned agricultural development zones (ZAAP) of Dankpen and Binah, he stated: "Beyond food security, it is imperative to achieve food sovereignty. ‘ The President of the Council stressed that ’the government does not have all the answers" and called for greater collaboration with producers. This statement marks a strategic shift towards a logic of autonomy in agricultural production. By distinguishing between food security and food sovereignty, he emphasises reducing dependence on imports and the joint responsibility of the state and producers. The challenge is not limited to agricultural production: it is about consolidating the country's economic resilience and structuring rural value chains in a sustainable manner. This approach is therefore part of a strategic self-sufficiency strategy aimed at reducing dependence on imports and consolidating national economic resilience. However, the success of this approach will depend on the effective professionalisation of agricultural and agri-food activity zones (ZAAPs) and access to finance, inputs and markets.

Harmonisation of business law in Africa: a diplomatic lever for Togo's strategic repositioning

The Organisation for the Harmonisation of Business Law in Africa (OHADA) is a diplomatic lever for Togo's strategic repositioning. This assumption of office gives Togo increased visibility in the African legal arena. This accession to the presidency of OHADA strengthens Togo's diplomatic position within the African legal architecture. It provides Lomé with a strategic platform to promote legal certainty, investment attractiveness and regional economic integration, while strengthening its image as an influential institutional player. The country is making progress on several fronts, but sustainable consolidation will depend on the ability of institutions to simultaneously guarantee security, civil liberties and inclusive governance.

 

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Au Togo, l’actualité révèle un pays en proie à des tensions entre affirmation stratégique et défis institutionnels. Des menaces visant le journaliste Roger Amemavoh au procès en appel de Félix Abalo Kadangha, en passant par l'objectif fixé par Faure Gnassingbé en matière de souveraineté alimentaire et par sa présidence de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, cette séquence illustre un équilibre délicat entre ambition politique, exigences de gouvernance et protection des libertés.

Menaces contre Roger Amemavoh : un révélateur des défis structurels de la liberté de la presse au Togo

Les menaces visant le journaliste Roger Amemavoh sont un révélateur des défis auxquels la liberté de la presse est confrontée au Togo. L’Observatoire togolais des médias (OTM) a en effet dénoncé « une atteinte grave à la liberté d’expression et des médias », appelant les autorités à garantir la sécurité du journaliste. De son côté, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a condamné « avec la plus grande fermeté » ces menaces et évoqué une « recrudescence des atteintes à la liberté de la presse ». Le gouvernement, par la voix des ministères en charge de la Communication et de la Sécurité, a indiqué « suivre la situation avec attention ». Cette affaire relance le débat structurel sur la protection des journalistes au Togo. Si la réaction officielle marque une reconnaissance institutionnelle du problème, l'enjeu réside désormais dans la capacité à traduire ces déclarations en mesures concrètes de protection et en garanties procédurales effectives.

Procès en appel de Félix Abalo Kadangha : crédibilité de la justice militaire et enjeux de la responsabilité de l’État au Togo

Cinq ans après la mort du colonel Toussaint Bitala Madjoulba, le procès en appel de Félix Abalo Kadangha s’est ouvert le 16 février 2026 devant la justice militaire. Condamné en 2023 à 20 ans de réclusion pour « complot contre la sûreté de l’État », « complicité d’assassinat » et « entrave à la justice », l’ancien chef d’état-major conteste une décision que ses avocats jugent entachée de vices de procédure et marquée par un manque criant de preuves. Ce procès est hautement symbolique ; il interroge la crédibilité de la justice militaire, la gestion des affaires sensibles impliquant les forces armées, ainsi que la transparence des mécanismes de responsabilité au sommet de l’État. Cet événement intervient dans un contexte où le débat porte sur l'extradition de Damiba et ses péripéties.

Faure Gnassingbé : cap sur la souveraineté alimentaire et l’autonomie dans la production agricole au Togo

Lors de sa visite dans les zones d'aménagement agricole planifié (ZAAP) de Dankpen et de la Binah, il a déclaré : « Au-delà de la sécurité alimentaire, il est impératif d'atteindre la souveraineté alimentaire. » Le président du Conseil a souligné que « le gouvernement ne détient pas toutes les réponses » et a appelé à une collaboration renforcée avec les producteurs. Cette déclaration marque un tournant stratégique vers une logique d’une autonomie dans le cadre de la production agricole. En distinguant la sécurité alimentaire de la souveraineté alimentaire, il met l’accent sur la réduction de la dépendance aux importations et sur la responsabilisation conjointe de l’État et des producteurs. L’enjeu ne se limite pas à la production agricole : il s'agit de consolider la résilience économique du pays et de structurer durablement les chaînes de valeur rurales. Cette orientation s'inscrit donc dans une logique d'autosuffisance stratégique visant à réduire la dépendance aux importations et à consolider la résilience économique nationale. Toutefois, la réussite de cette démarche dépendra de la professionnalisation effective des zones d'activités agricoles et agroalimentaires (ZAAP) et de l'accès au financement, aux intrants et aux marchés.

L’harmonisation du droit des affaires en Afrique : un levier diplomatique pour le repositionnement stratégique du Togo

L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est un levier diplomatique pour le repositionnement stratégique du Togo. Cette prise de fonction confère au Togo une visibilité accrue dans l'espace juridique africain. Cette accession à la présidence de l'OHADA renforce le positionnement diplomatique du Togo au sein de l'architecture juridique africaine. Elle offre à Lomé une tribune stratégique pour promouvoir la sécurité juridique, l'attractivité des investissements et l'intégration économique régionale, tout en renforçant son image d'acteur institutionnel influent. Le pays progresse sur plusieurs fronts, mais la consolidation durable dépendra de la capacité des institutions à garantir simultanément la sécurité, les libertés publiques et une gouvernance inclusive.

Timbuktu Institute - Week 3 - February 2026

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This week, the news in Côte d'Ivoire is marked by the political consolidation of the Rally of Houphouëtists for Democracy and Peace (RHDP), significant judicial developments, the strengthening of the partnership with the United Nations Development Programme (UNDP) around the PND 2026-2030, and increased regulation of the media by the High Authority for Audiovisual Communication (HACA).

Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix in Massala: territorial consolidation and a logic of continuity

On 16 February 2026, a large delegation from the Rally of Houphouëtists for Democracy and Peace (RHDP), led by Bouaké Fofana and Adama Dosso, held a large rally in the No. 204 electoral district of Massala, ahead of the partial legislative elections. Party leaders called on voters to ‘make the right choice’ by voting for Mamadou Dosso, so that ‘Worodougou can continue its glorious march of development spearheaded by President Alassane Ouattara’. This mobilisation by the RHDP in Massala reflects a classic strategy of territorial consolidation by the ruling party in these partial legislative elections. By evoking the ‘glorious march of development’ driven by President Ouattara, the leaders are banking on the party's track record and continuity as levers of electoral legitimacy in this politically strategic constituency for Worodougou. The candidate says he is ‘very confident’, believing that ‘the ministers and officials of the region are supporting us, which is an additional assurance’. He has promised to continue with structural projects, particularly in terms of roads and access to water. The withdrawal of Metola Coulibaly, an independent candidate who stated, ‘I was independent, but I realised I had to come home,’ strengthens the RHDP's momentum in this constituency.

 

Prince Arthur Dalli: release under judicial supervision with measured political implications

On the legal front, the mayor of Lakota, Prince Arthur Dalli, who had been remanded in custody on 23 January, was released under judicial supervision by order of 16 February 2026. According to a statement from his political office, he ‘remains fully available for the remainder of the legal proceedings, in strict compliance with the obligations that have been notified to him.’ This release on bail marks a significant procedural development, without closing the case. It reaffirms the principle of the presumption of innocence and respect for judicial guarantees, while keeping the person concerned under legal constraint pending the outcome of the proceedings. The mayor reaffirmed his commitment to ‘peace, social cohesion and sustainable development in the department of Lakota’, calling for ‘dialogue, stability and national unity’. This decision illustrates how judicial mechanisms operate in a closely scrutinised political context.

 

The United Nations Development Programme (UNDP) and Côte d'Ivoire: a strengthened strategic partnership for the 2026-2030 National Development Plan

At the strategic level, UNDP has reaffirmed its commitment to Côte d'Ivoire for the implementation of the 2026-2030 National Development Plan (NDP). During a meeting with the Minister of Planning, Dr Souleymane Diarrassouba, the Resident Representative assured him that UNDP interventions would ‘align with the priorities of the NDP 2026-2030’. This renewed commitment by UNDP confirms the essential role of international partnership in Côte d'Ivoire's economic trajectory. This alignment demonstrates a commitment to strategic coherence between national planning and technical support, particularly with regard to reducing inequalities, governance and territorial resilience. For his part, the Minister welcomed the 2021-2025 cooperation programme (US$35 million) and the adoption of the new Country Cooperation Framework (CPD) 2026-2030 (US$99 million), highlighting its consistency with national priorities, particularly the reduction of inequalities and the digitalisation of PND monitoring.

 

High Authority for Audiovisual Communication: suspension of Radio-école BLM and challenges of audiovisual regulation

On another note, on 18 February 2026, the High Authority for Audiovisual Communication (HACA) announced the precautionary suspension of Radio-école BLM for non-compliance with its specifications. The regulatory body stated that it had acted following reports concerning an alleged authorisation to operate an Arabic-language radio service. This decision is part of the HACA's normal exercise of its regulatory powers and monitoring of compliance with its specifications. This suspension reflects the authorities' increased vigilance regarding content compliance and operating licences, in a context where control of the audiovisual space is a sensitive issue of governance and social cohesion. During their hearing, the managers acknowledged that they had broadcast music in Arabic two days a week, while denying any parallel online broadcasting.