Timbuktu institute, en partenariat avec l’ambassade de France et l’Organisme national en charge des activités de vacances (Oncav), a présenté ce vendredi sa bande dessinée intitulée «Non à la violence dans le sport». Ce projet entre dans le cadre du renforcement des capacités des jeunes issus des Associations sportives et culturelles (Asc) et des Organisations de la société civile (Osc) à promouvoir la paix dans le sport.
 
Le 16 juillet 2017, lors de la finale de la Coupe de la Ligue, le match opposant le Stade de Mbour à l’Us Quakam s’était soldé par la mort de 8 supporters du club mbourois. Pour éviter que ces actes d’une extrême violence ne se reproduisent, le Timbuktu institute et l’ambassade de France au Sénégal ont décidé de travailler ensemble. «L’ambassade de France soutient le projet de Timbuktu institute à travers le dispositif des Projets innovants des sociétés civiles et coalitions d’acteurs (Piscca) qui a été engagé en 2017», a expliqué Mme Coralie Nkuka représentante de l’ambassade de France, ce vendredi à la Maison de la presse lors de la cérémonie officielle de lancement de la bande dessinée intitulée Non à la violence dans le sport.
Le projet compte également sur l’appui de l’Organisme national de coordination des activités de vacances (Oncav) qui est une structure qui gère les mouvements sportifs nationaux à travers les navetanes de football notamment. «Vous savez au Sénégal, s’il y a une structure omniprésente que l’on peut retrouver dans le plus petit village de notre pays, ce sont les Associations sportives et culturelles (Asc). Et donc, il serait dommage de ne pas s’appuyer sur ce levier pour promouvoir les valeurs citoyennes et de paix pour la prévention de la violence», note Dr Bakary Sambe qui n’a pas manqué de relever le rôle de sensibilisation et de promotion de la paix de l’Oncav dans les différentes régions du pays.
Pour une meilleure sensibilisation, l’Institut Timbuktu a également mis en place une chaîne YouTube d’éducation à la paix alimentée par les messages issus de l’enseignement des chefs religieux, mais aussi par les jeunes qui ont développé leurs propres supports à travers le théâtre, la poésie et d’autres méthodes éducatives, et également les radios communautaires qui sont des supports de communication et d’échange. L’objectif étant, selon le Dr Samb, «de former les jeunes à devenir des ambassadeurs de la paix pour leurs concitoyens et dans leurs localités respectives». Cela a d’ailleurs commencé puisque dans les régions de Kaolack, Mbour et Saint-Louis, les autorités se sont engagées à accompagner Timbuktu institute dans la promotion de la non-violence dans le sport, soutient le Dr Bakary Sambe.
 
 
 
 
 

Ce vendredi 11 janvier 2019 à 9H, à la Maison de la Presse (Dakar), Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies organise une cérémonie de lancement de la bande dessinée « Non à la violence dans le sport ».  Elle sera suivie d’un Atelier de renforcement de capacités des jeunes des OSC et ASC de Dakar. Cette activité, organisée dans le cadre du projet « Les jeunes des OSC et des associations sportives du Sénégal mobilisent leurs cités pour des valeurs citoyennes et contre la violence » soutenu par l’Ambassade de France à travers son le dispositif PISCCA, s’intéresse au phénomène omniprésent de la violence dans toutes les disciplines sportives afin d’en connaitre davantage les causes et proposer des solutions préventives.

L’objectif de cette initiative portée par Timbuktu Institute en partenariat avec l’ONCAV, est d’outiller les jeunes des associations sportives et ceux des OSC pour l’acquisition d’outils leur permettant de promouvoir la non-violence, l’éducation à la paix, le renforcement de la cohésion sociale et la prévention des extrémismes. Elle vise aussi à former les jeunes à devenir des « ambassadeurs de la paix » pour leurs concitoyens et leurs localités respectives.

Cette cérémonie se déroulera en présence des autorités sénégalaises et des représentants de l’Ambassade de France ainsi que du Directeur de Timbuktu Institute, Dr. Bakary Sambe et du Président de l’ONCAV, Monsieur Amadou Kane.

Fait à Dakar, le 10 janvier 2019

L'Observatoire des radicalismes et conflits religieux (ORCRA) consacre un numéro Hors-Série à la situation sécuritaire du Nigeria sous Buhari. Il a été confié au chercheur Alioune Ndiaye, enseignant à l'Université de Sherbrooke, spécialiste du Nigeria et des questions de sécurité au Sahel de manière générale, chercheur invité au Timbuktu Institute.  Alioune Ndiaye, va au-delà des identités et des idéologies, pour revisiter les multiples dynamiques de l'insécurité au Nigeria et analyser la stratégie du gouvernement de Buhari. 
 
En effet, les multiples défis à la sécurité qui se posent au Nigeria ont presque fini de constituer l’identité remarquable du pays. La tendance à les lier à la question ethnique est aussi très forte chez les auteurs qui travaillent sur le pays, de sorte que, souvent, on en oublie les autres facteurs. Il est vrai que l’ethnicité constitue un facteur important aussi bien dans les causes, la mobilisation et les dynamiques de la violence politique au Nigeria, et ce, depuis les indépendances. 
 
Pour comprendre l’insécurité qui découle de cette pratique répandue de la violence, il convient de concevoir celle-ci aussi bien comme étant le fruit de la stratégie de certains acteurs, que le produit des conditions sociopolitiques et économiques. En effet, la violence est un outil incontournable dans le système politique nigérian. Il peut s’agir, pour certains groupes ethniques, d’une « violence de représentation » qui leur permet d’exprimer leur défiance au projet fédéral et garder ainsi un avantage dans sa renégociation permanente. D’autre part, la violence peut aussi être un moyen d’accéder aux ressources dans une société inégalitaire où la redistribution n’est pas toujours garantie. La violence électorale est aussi à ranger dans cette catégorie de violence instrumentale, en ce sens qu’elle vient avec l’entretien des réseaux clientélistes et la mobilisation des identités ethnoreligieuses compléter la stratégie des acteurs politiques pour l’accès au pouvoir. Les politiciens locaux entretiennent ces réseaux de violence qui sont très importants en période électorale (Kendhammer, 2015). 
 
En période non électorale, ils peuvent s’adonner à une violence d’extorsion souvent assurés d’une impunité en raison de leurs liens avec les dirigeants. Certains auteurs ont, sur ce plan, montré combien le développement de Boko Haram a été favorisé par les réseaux de violence entretenus par certains politiciens locaux (Alozieuwa, 2016; Abosede et al, 2016). En perspective des élections de 2013, les politiciens qui s'affrontaient dans les élections au poste de gouverneurs dans les États du Nord-Est sont largement accusés d'avoir fourni aux jeunes appartenant au mouvement Yusufiyya, entre autres dans le Borno, des armes sophistiquées, dans un dessein de manipuler les résultats en leur faveur. 
 
Cela a constitué une des principales raisons du virage du mouvement pacifiste Yusufiyya vers la violente organisation qu’est Boko Haram. (Abosede et al, 2016). L’insécurité est aussi le produit de certaines conditions qui peuvent être à la fois d’ordre sociopolitique et économique. Dans le cas du Nigeria, la question des inégalités horizontales est un facteur primordial de la pratique de la violence politique et de l’insécurité qui en découle (Langer, Mustapha et Stewart, 2007). Les inégalités horizontales sont des inégalités entre les groupes qui sont perçues sous le prisme des identités sociales. Ces identités peuvent être construites sur une base ethnique, religieuse, raciale ou d'appartenance régionale (Cederman et al, 2011). L’importance des inégalités horizontales comme facteur de conflit s’explique par le 2 fait qu’elles rendent plus probables la mobilisation violente du groupe et les heurts ethniques. Elles viennent donc renforcer le sentiment collectif d’une mise à l’écart du groupe et générer, ainsi, la formulation de griefs qui constituent la base de la mobilisation contre l’État. 
 
La persistance de l’irrédentisme igbo, ainsi que les contestations du projet fédéral qui ont cours dans la région du Delta s’expliquent par les perceptions des inégalités sous un prisme ethnique. Le narratif d’une ethnie marginalisée depuis la période coloniale, ayant subi les affres de la guerre civile et qui, jusque-là, n’a produit aucun président de la République constitue le terreau sur lequel poussent des entreprises de violence productrices d’insécurité. L’insurrection de Boko Haram dans le Nord-Est se nourrit aussi des inégalités horizontales qui font de cette région l’une des plus pauvres au Nigeria. 
Pour accéder à la publication cliquez ici : 

Du 30 novembre au 1er décembre, le prestigieux Centre Arabe des Recherches et de l’Étude des Politiques a organisé un colloque académique international consacré aux thématiques si actuelles, sensibles mais aussi complexes, « de la réforme religieuse, de la démocratie chrétienne et de l’islam politique ».
Réunissant une vingtaine d’universitaires venus du monde entier, le colloque, qui s’est tenu à Hammamet à 60 kilomètres de l’aéroport Tunis Carthage, fut une belle occasion de réfléchir sur les mécanismes faisant que certains pays de tradition chrétienne aient eu à embrasser l’idée démocratique plus que d’autres nations arabo-musulmanes où des lectures littérales et politiques de la religion empêchent toute sécularisation et acceptation de l’idée démocratique dans un moment où l’islam politique résiste encore.
Timbuktu Institute, représenté par Dr Seydi Diamil Niane, a pris part aux travaux. Dans son intervention, intitulée « réformisme islamique, radicalisme religieux et contestations de l’islam confrérique au Sénégal », Dr Niane a pris soin de revenir sur l’utilisation même du terme réformisme, largement analysé par Dr Bakary Sambe dans son dernier livre, qui peut avoir plusieurs manifestations concrètes d’une société religieuse à l’autre.
En revenant sur l’ancrage de l’islam confrérique et en faisant une cartographie des autres mouvements non confrériques que d’aucuns qualifient de réformistes, Seydi Diamil Niane a pu démontrer comment la contestation de l’islam confrérique, notamment par les adeptes du salafisme wahhabite, peut être une source non négligeable de ce qui est désormais connu sous le nom de radicalisme et d’extrémisme religieux.
Le colloque était une belle opportunité, que Dr Niane a bien saisie, pour exposer les travaux de Timbuktu Institute en matière de prévention de l’extrémisme et de promotion de la paix.

Avec son légendaire franc-parlé, le directeur de Timbuktu institute a condamné les investissements massifs dans l’armement au détriment de l’éducation. « Nous savons bien que les kalachnikovs n’ont jamais vaincu les idéologies. Mais on s’obstine encore à n’investir que sur le sécuritaire dans des régions du Sahel où l’achat d’un char de combat de seconde main coûte beaucoup plus cher que la construction d’une école moderne et équipée, flambant neuve », déplore t-il.

Face aux radicalismes et  la menace terroriste, il a rappelé que nul n’est à l’abri et qu’il urge  d’engager dans un élan de solidarité, un dialogue franc et sincère. « Nous sommes devenus la communauté internationale des vulnérables; vulnérables aussi bien à Gao, Tombouctou au Mali, Gueskérou, Diffa au bord du Lac Tchad qu’à Paris, Berlin ou encore New York. Nous partageons ce nouveau destin qui nous rappelle notre devoir de solidarité, notre vocation à dialoguer et à se parler. Mais franchement et sincèrement », a-t-il martelé.

Parlant de la vision qu’a parfois l’Europe de l’islam, Bakary SAMBE a rappelé une partie des propos qu’il a tenu aux étudiants de sciences politiques de l’Université de Kemnitz, ancienne Karl Marxville, en ex-Allemagne de l’Est et qu’il a redit à la chancelière Angela Merkel lors de sa visite au Sénégal. « L’Allemagne a réussi la prouesse de faire chuter le mur de Berlin, symbole de velléités qui avaient plombé la marche de l’Europe, il reste aujourd’hui à ce continent de faire tomber avec courage et ouverture, ce mur qui reste et perdure : celui de l’incompréhension avec l’Islam. Et les Musulmans, comme leurs sœurs et frères chrétiens, sauront répondre à l’appel au dialogue » fait-il remarqué.

Il faut rappeler que cette année, c’est l’édition jubilaire (10 ans) du colloque plaidoyer pour le dialogue inter-religieux organisé par la fondation Konrad Adenauer. Le thème retenu pour cette 10ème édition est : religion laïcités et contrat social : fondement, bilan et perspectives. Les travaux sont prévu pour durer 2 jours.

Source : www.senenews.com

Pour chauffer l’ambiance de la salle, rien de plus simple que de crier « yali yé ». Tous ensemble, et d’une seule voix, ils font vibrer la salle par un puissant « yali ya ».  Les 12 et 15 novembre 2018, Timbuktu Institute a eu à vivre cette expérience avec les bénéficiers du programme d’échange Young African Leaders Initiative (YALI) Afrique de l’Ouest.

C’est au siège du programme, au Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion (CESAG) à Dakar, juste en face de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise ( RTS 1) que deux chercheurs de Timbuktu Institute, en l’occurrence Mlle Yague Sambe et Dr Seydi Diamil Niane, ont rencontré, le 12 novembre, ces jeunes venus d’une vingtaine de pays ouest-africains et en présence de quelques prestigieux ambassadeurs de la sous-région.

La Rencontre des Ambassadeurs, qui a duré deux heures, portait sur la responsabilité qui incombe aux jeunes, d’être de vrais ambassadeurs de la paix dans leurs pays respectifs.

Dans un dialogue passionnant, critique et parfois dialectique, avec les jeunes Yalis, les chercheurs de Timbuktu Institute ont eu l’occasion de présenter les études et actions que mène l’institut dans différents pays ouest africains, mais aussi de donner des pistes de réflexion aux jeunes pour qu’ils soient mieux outillés en matière de lutte contre la radicalisation et favoriser leur sens de résilience pour bâtir une Afrique forte, plus pacifique, une Afrique qui se parle, qui parle à ses jeunes et dialogue avec le reste du monde.

La réflexion enclenchée à la Rencontre des Ambassadeurs a été poursuivie le 15 novembre au siège du Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS) à Dakar. Autour d’un panel Les jeunes, la Paix et la Sécurité, Mlle Samb a eu l’occasion de faire une communication sur « Les femmes actrices de paix : rôles et initiatives dans le cadre de la prévention et de lutte contre l’extrémisme violent au Sahel » aux cotés des représentantes d’ONU Femmes et du UNOWAS et du Général de Brigade Paul Ndiaye. La rencontre, qui a essentiellement concerné les jeunes femmes du YALI, a été le moment, pour la représentante de l’Institut Timbuktu, de revisiter les paradigmes (à travers les différentes casquettes de victimes, d’actrices à part entière ou de solutions à l’extrémisme violent), de présenter les résultats de divers diagnostics obtenus au cours de recherches de terrain et enfin partager les actions qui ont été exécutées en la matière dans différents pays. C’est parce la jeunesse est incontournable et que la femme représente un pilier dans la résolution des conflits qu’il faut impérativement les impliquer dans les programmes de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent conformément aux résolutions 1325 et 2419 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

La discussion, que même un buffet convivial n’a su interrompe, a été une belle occasion de nouer des liens avec les jeunes bénéficiaires, pour la plupart porteurs de projets, réunis pour une seule cause : faire de l’Afrique, non pas le continent du futur, mais celui du présent.

En tant que Centre de recherches africain, Timbuktu Institute salue ce type d’initiatives et se met à la disponibilité de toute structure d’échanges qui s’intéresse à ses actions et qui aspire à outiller davantage les jeunes du continent pour la promotion de la paix et la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.