Timbuktu Institute January 2026

 

 

In Burkina Faso, the news reported a major security alert on the night of January 3 to 4 in Ouagadougou and Bobo-Dioulasso. According to the authorities, this was an attempted coup against the transitional president. Several soldiers were arrested and population movements were observed in both cities. Calls for rallies were issued by supporters of the regime to counter this attempted coup. Once again, Lieutenant Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exiled in Togo, is cited as one of the masterminds behind this affair. In any case, the alleged accomplices cited in this affair have presented him as the main instigator from his place of exile. According to them, he was behind this plan, which targeted the transitional authorities and involved the mobilization of resources transiting through Abidjan.

When questioned by the military authorities, Captain Prosper Couldiaty, who was arrested during this large-scale operation targeting the institutions of the Republic, did not deny the facts. He admitted to receiving five million CFA francs to take part in this attempted coup. He also implicated the former lieutenant colonel who had recently contacted him and, during his testimony, asked for clemency from the President of Burkina Faso, Captain Ibrahima Traoré, the Burkinabe people, and his military superiors. According to the Burkinabe government, the situation is under control. In his address to the nation, Captain Traoré emphasized that he would continue to strengthen the army's forces in order to intensify the fight against terrorists. According to him, "several operations have taken place in the theater of operations. We note in particular a daring operation launched two months ago, called 'Lalmasga', which means 'wall of ice' in English."

 

Source : Sahel weather January 2026

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Source : Météo Sahel Janvier 2026 

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Au Burkina Faso, l’actualité a fait état d’une importante alerte sécuritaire dans la nuit du 3 au 4 janvier, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Il s'agirait en effet, d’après les autorités, d'une tentative de coup d'État contre le Président de la transition. Plusieurs militaires ont été arrêtés et des déplacements de population ont été observés dans les deux villes. Des appels au rassemblement ont été lancés par les soutiens du régime pour faire face à cette tentative de putsch. Une fois de plus, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exilé au Togo, est cité comme faisant partie des cerveaux de cette affaire. En tout état de cause, les présumés complices cités dans cette affaire l’ont présenté comme l’instigateur principal depuis son lieu d’exil. Selon eux, il serait à l'origine de ce plan qui visait les autorités de la transition et qui prévoyait la mobilisation de ressources transitant par Abidjan.

Interrogé par les autorités militaires, le capitaine Prosper Couldiaty, interpellé lors de cette vaste opération visant des institutions de la République, n'a pas nié les faits. Il a reconnu avoir reçu la somme de cinq millions de francs CFA pour prendre part à cette tentative de coup de force. Il a également impliqué l’ex-lieutenant-colonel qui l’aurait contacté récemment, et a sollicité la clémence du Président du Faso, le capitaine Ibrahima Traoré, de la population burkinabè et de sa hiérarchie militaire au cours de sa déposition. Selon le gouvernement burkinabè, la situation est sous contrôle. Dans son allocution à la nation, le capitaine Traoré a tenu à rappeler qu’il poursuivrait sans relâche le renforcement des effectifs de l’armée afin d'intensifier la lutte contre les terroristes. Selon lui, « plusieurs opérations ont eu lieu sur le théâtre des opérations. Nous retenons principalement une opération audacieuse lancée il y a deux mois, baptisée “Lalmasga”, ce qui signifie “mur de glace” en français. »

الدكتور باكاري سامب

عدتُ للتو من الدوحة، حيث شاركت في “منتدى قطر للوساطة”، محملًا بقناعة راسخة: إن الجمود الذي يخيّم على منطقة الساحل الأفريقي يتطلب لغة جديدة وشجاعة ديبلوماسية تتجاوز الخيارات العسكرية الصرفة. ففي أروقة المنتدى، كان هناك إجماع لافت بين الخبراء الدوليين وصناع القرار على ضرورة فتح قنوات تفاوضية مع الجماعات المسلحة في منطقة الساحل، كضرورة حتمية تفرضها حقائق الميدان وتجارب التاريخ
القيمة المضافة للدبلوماسية القطرية: الشرعية والخبرة

لا يمكن الحديث عن الوساطة اليوم دون التوقف عند “النموذج القطري”. فدولة قطر لم تعد مجرد ميسّر للحوار، بل أصبحت قطبًا دوليًا في الدبلوماسية الوقائية. وتستمد الدوحة قوتها في هذا المجال من ركيزتين أساسيتين
الشرعية الثقافية والدينية: بصفتها دولة ذات ثقافة إسلامية عريقة، تحظى قطر باحترام وتقدير كبيرين لدى مختلف الأطراف في العالم الإسلامي، مما يمنحها قدرة على نيل الثقة في بيئات معقدة مثل منطقة الساحل، حيث تلعب الهوية والدين أدوارًا محورية
المؤسساتية والاحترافية: يبرز هنا الدور القطري الريادي في تحويل النزاعات إلى فرص للسلام، من خلال تحليل جذور الأزمات وتقديم حلول مبتكرة تجمع بين العمل الإنساني والوساطة السياسية
يبرز هنا دور مركز دراسات النزاع والعمل الإنساني (CHS

من الكونغو إلى الساحل الدروس المستفادة

إن النجاحات التي حققتها قطر في ملفات شائكة، سواء في جمهورية الكونغو الديمقراطية أو في مناطق أخرى من العالم، تثبت أن “الصبر الاستراتيجي” هو مفتاح الحل. لقد أظهرت الدوحة قدرة فائقة على جمع الأضداد على طاولة واحدة، وهو ما نحتاجه اليوم في الساحل
لقد علمتنا تجارب النزاعات المسلحة الطويلة أن الدول لا تستطيع القضاء نهائيًا على الجماعات المسلحة عسكريًا، كما أن هذه الجماعات لا يمكنها إسقاط الدول كليًا. نحن اليوم أمام حالة من “النضج المتأزم” للصراع، حيث أصبح الحوار والوساطة هما المساران الأكثر واقعية لتجنب استنزاف الشعوب والمقدرات

نداء من أجل السلم في الساحل

إننا من منبر “معهد تمبكتو”، ومن وحي نقاشات الدوحة، نوجه نداءً عاجلاً إلى دول الساحل وشركائها الدوليين بضرورة تشجيع التسوية السلمية للنزاعات. إن المراهنة على الحل الأمني البحت أثبتت محدوديتها، والواقع يفرض علينا اليوم استكشاف مسارات التفاوض
إن منطقة الساحل يمكنها الاستفادة بشكل كبير من الخبرة القطرية، ليس فقط كجهة مانحة، بل كشريك استراتيجي يمتلك أدوات الوساطة الناعمة والقبول لدى جميع الأطراف ، إن الوقت قد حان لاستبدال
لغة الرصاص بمنطق التفاوض، فالسلام لا يصنعه إلا الشجعان الذين يجرؤون على الجلوس مع خصومهم من أجل مستقبل الأجيال القادمة

الرئيس المؤسس لمعهد تمبكتو- المركز الأفريقي لدراسات السلام

Même si le Séné­gal hérite du poste de pré­sident de la Com­mis­sion de la Cedeao, il reste à choi­sir celui qui va rem­pla­cer le Gam­bien Omar Alieu Tou­ray à Abuja. Inter­rogé sur le pro­fil de celui qui doit être dési­gné par l’État du Séné­gal, Bakary Sambe, pré­sident du Tim­buktu Ins­ti­tute, affirme que « le pro­fil idéal du futur pré­sident de la Com­mis­sion de la Cedeao à dési­gner par le Séné­gal devrait allier exper­tise éco­no­mique poin­tue, jeu­nesse dyna­mique et expé­rience en diplo­ma­tie inclu­sive, reflé­tant ainsi les prio­ri­tés de la pré­si­dence séné­ga­laise qui devrait expé­ri­men­ter un renou­veau pour l’orga­ni­sa­tion sous-régio­nale ».

Il est d’avis que « pen­dant ce man­dat (2026-2030), la ques­tion brû­lante de l'union moné­taire, avec la pos­sible fina­li­sa­tion de l'Eco et la conver­gence bud­gé­taire, exi­gera un lea­der doté d'une solide connais­sance en finances régio­nales, inté­gra­tion éco­no­mique et gou­ver­nance, idéa­le­ment issu d'ins­ti­tu­tions finan­cières régio­nales ou inter­na­tio­nales pour pilo­ter des réformes ambi­tieuses sans accen­tuer les dis­pa­ri­tés entre États ». D’après M. Sambe, « la jeu­nesse comme cri­tère clé répon­drait à la demande pres­sante des jeunes ouest-afri­cains pour une ‘‘Cedeao des peuples’’ ». À son avis, « un can­di­dat repré­sen­tant la nou­velle géné­ra­tion incar­née et sym­bo­li­sée d’ailleurs par le pré­sident Bas­si­rou Dio­maye Faye pour­rait cata­ly­ser la moder­ni­sa­tion de l'orga­ni­sa­tion », a insisté l’ensei­gnant-*cher­cheur à l’Ugb. Enfin, le futur pré­sident doit aussi, selon lui, « appli­quer les prin­cipes de dia­logue inclu­sif pour une média­tion immé­diate : mis­sions de bons offices impli­quant la société civile et les auto­ri­tés tra­di­tion­nelles afin de res­tau­rer la confiance et pré­ve­nir les esca­lades ».

 

Source : Le Soleil 

L’attribution de la présidence de la Commission de la Cedeao au Sénégal est une victoire diplomatique pour l’État, d’après des observateurs. Cependant, cette première pour le Sénégal implique des défis à relever, d’autant plus que l’organisation fait face à beaucoup de difficultés. 

Le poste de président de la Commission de la Cedeao a été attribué au Sénégal, le 14 décembre 2025, en marge de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Abuja, au Nigeria. Une première depuis la création de l’organisation sous-régionale en 1975. Dès lors, le Dr Bakary Sambe, président de Timbuktu Institute-African center for peace studies, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb) et spécialiste des questions diplomatiques, de médiation et de résolution de conflits, estime qu’il est clair

« que la désignation du Sénégal à la tête de la Commission représente indéniablement une victoire diplomatique majeure pour Dakar ».

Pour lui, cela témoigne de la confiance renouvelée que les États membres accordent au Sénégal comme pilier de stabilité et de modération au sein de l’organisation, dans un contexte ouest africain marqué par des turbulences politiques et sécuritaires.

« Cette élection, obtenue par consensus lors d’une session extraordinaire dédiée à la réforme institutionnelle, consacre le leadership du président Bassirou Diomaye Faye – élu en 2024 et représentant une nouvelle génération de dirigeants africains – axé sur l’innovation, la jeunesse et l’inclusion »,

a répondu Bakary Sambe interrogé par « Le Soleil ».

Abondant dans le même sens, Aldiouma Sow, ministre conseiller du président de la République, chargé de coordonner le Pôle « politique, société civile et syndicats » dans le cabinet du chef de l’État, pense que « l’accession du Sénégal à la tête de la Commission de la Cedeao pour un mandat de quatre ans, après 50 ans de présence, est un succès diplomatique et politique majeur, soulignant ainsi le retour du pays au cœur du pouvoir décisionnel régional, sous l’impulsion du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye ».

Le membre du Bureau politique (Bp) de Pastef ajoute aussi que « ce succès n’est pas fortuit, mais la résultante d’efforts diplomatiques intenses déployés par le chef de l’État dès son arrivée à la magistrature suprême pour la stabilité et la prospérité sous-régionale ». Cependant, Bakary Sambe fait remarquer que cette présidence arrive à point nommé pour repositionner la Cedeao comme un espace de dialogue inclusif, plutôt que de confrontation, et sera le moment de relever beaucoup de défis.

« Pour réussir cette présidence dans un contexte de fragmentation régionale exacerbé par le retrait effectif des pays de l’Aes (Mali, Burkina Faso et Niger), en janvier 2025, le Sénégal doit s’appuyer sur les orientations cardinales de sa diplomatie : la modération, la recherche de solutions pacifiques et le dialogue inclusif »,

préconise le spécialiste des questions régionales.

Pour ce dernier, ces principes, ancrés dans la tradition sénégalaise depuis l’ère Senghor et qui pourraient être renforcés par le leadership jeune et dynamique du président Faye, positionnent Dakar comme un médiateur légitime capable de transcender les clivages. M. Sambe poursuit que

« le Sénégal devrait prioriser une approche pragmatique et dépolitisée des enjeux sécuritaires en découplant les questions militaires des différends diplomatiques ».

Le président de Timbuktu Institute reste convaincu « que la seule passerelle immédiatement opérationnelle consiste à découpler totalement les questions sécuritaires des débats politiques et des velléités diplomatiques qui polarisent la région ». Concrètement, dit-il, « cela impliquerait, peut-être, d’initier, dès le premier semestre 2026, des canaux techniques exclusifs entre les états-majors de la région pour le partage de renseignements et les opérations transfrontalières, inspirés des modèles réussis ».

Sourec : Le soleil

Timbuktu Institute – December 2025

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The recent kidnappings of foreigners and the substantial ransom of $50 to $70 million reportedly paid to JNIM to secure the release of two Emiratis and one Iranian have reignited questions about the security of investments and even the viability of economic sites in the Sahel region. This phenomenon certainly accentuates the effects of the strategy of economic suffocation, but it also internationalises the echo of an economic “jihad” that also seems to be part of an effort to weaken the military regimes in place. The offensive by Jamâ'at Nasrat al-Islâm wal Muslimîn (JNIM) is inflicting increasing economic damage on foreign interests, turning foreign investors and companies into strategic targets of a hybrid and endemic threat. Attacks now directly target economic infrastructure, mining sites and logistics convoys, with the strategic objective of suffocating local economies and delegitimising the regimes in place. In 2025, JNIM intensified its operations against foreign targets, demonstrating at the same time a growing ability to strike on several fronts simultaneously.

Several raids were carried out in the gold-mining region of Kayes. On 1 July, three Indian nationals were kidnapped from the Diamond Cement Factory, prompting an immediate response from the Indian Ministry of Foreign Affairs. Between late July and August, six Chinese industrial sites, mainly gold mines, were attacked, resulting in the kidnapping of Chinese nationals. Beijing is said to have demanded that the Malian authorities improve security for projects in this area. On 22 August, the Bougouni lithium mine in Mali, operated by the British company Kodal Minerals, was targeted, killing a security guard and forcing a tightening of security measures. This escalation reflects a sophisticated strategy: beyond direct attacks on industrial sites, JNIM disrupts logistics chains through blockades and ambushes on convoys, compromising the exploitation of strategic resources such as gold, uranium and lithium. Such actions affect various foreign investors – Chinese, Western, Indian, Russian – regardless of their origin, despite the diplomatic shift towards non-Western partners (China, Russia, Turkey).

This repositioning has not made it possible to secure the economic sites where the new partners are active, exacerbating the persistent vulnerability of extractive and infrastructure projects. The economic impacts are multiple and interconnected. In the short term, operational disruptions lead to production stoppages, additional security costs and direct losses of resources. In the longer term, insecurity risks creating a major deterrent effect: foreign companies are reluctant to maintain or increase their investments in high-risk areas, with the risk of a drastic fall in foreign direct investment flows. At the same time, JNIM skilfully exploits local grievances by labelling foreign investors as ‘economic colonisers’ and accusing their projects of exploiting resources without benefiting the local population. This rhetoric, amplified by the terrorist group's propaganda, strengthens its community roots while delegitimising regimes and their new partners.

Beyond the human and material losses, the strategic consequences are serious: increased risk of insecurity spreading to coastal countries, threats to regional trade corridors, and the erosion of foreign investors' soft power. Faced with this hybrid threat, foreign companies and investors must necessarily adapt their strategies. Ultimately, the JNIM offensive does not target foreign interests per se, but uses them as leverage to strangle economies, weaken existing regimes and consolidate its territorial control. Without a coordinated and sustained response, this dynamic risks triggering massive disinvestment, regional economic contraction and increased instability, with lasting repercussions for stability in the Sahel and beyond.

 

See also the report on "JNIM Offensive : Between “Economic Jihad” and the Threat to Foreign Interests"