Timbuktu Institute - Semaine 2 - mai 2026 

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En Côte d'Ivoire, la recomposition de l'espace politique se poursuit. Au sein de l’opposition, les partis politiques se transforment, s’organisent et se préparent pour les prochaines élections. Les 14 et 15 mai derniers, le congrès ordinaire du Parti des peuples africains de Côte d'Ivoire (PPA-CI) a reconduit Laurent Gbagbo, l'ancien président, à la tête de l'organisation politique. Pour Marie-Clémence Adom, directrice de l’école du parti, « nous tenions à ce qu'il soit réélu, car partir à un moment où le parti n'est pas au mieux de sa forme serait passé pour une trahison de l'engagement qu'il a pris de sortir les Ivoiriens d'un État de non-droit ». Les congressistes ont également profité de l’occasion pour adopter une motion de soutien en faveur de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le comité scientifique a par ailleurs dénoncé les « actions terroristes fomentées par des impérialistes » au Niger, au Mali et au Burkina Faso.

PPA-CI : Gbagbo entreprend une délégation de pouvoirs aux contours encore imprécis

Autre fait marquant, Gbagbo a annoncé une reconfiguration de l'organisation dans laquelle il compte déléguer ses pouvoirs. Cependant, il s'agit « ni d'un retrait définitif, ni d'une succession immédiate ». Il maintient ainsi le flou autour de la gestion du parti et de son niveau d'implication. Face à ses militants venus assister à la 4ème Fête de la renaissance à Songon, le 17 mai dernier, il a clarifié sa décision : « Quand je vais déléguer mes pouvoirs à quelqu’un, ça ne veut pas dire que je le nomme comme mon successeur, pas du tout ! » Pour l’heure, il n’a pas encore révélé le nom de la personne qui incarnera ce personnage que beaucoup considèrent comme un boulevard ouvert vers sa succession future.

Le RHDP renforce sa discipline interne à l’approche des législatives

Du côté du pouvoir, le président Ouattara a également entrepris de restructurer le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le parti au pouvoir entend rappeler ses militants à l’ordre, alors que des candidatures indépendantes pour les législatives de décembre commencent à se faire connaître. Le président du parti souhaite apporter de nouveaux changements pour arrondir les angles. Les houphouëtistes n’excluent pas d’activer le conseil de discipline à l’encontre des récalcitrants.

Justice et opposition : Assalé Tiémoko sous contrôle judiciaire

Sur le plan judiciaire, l’actualité a fait état de la mise en examen de l’opposant Assalé Tiémoko. Il est notamment accusé de « diffusion de fausses informations », « atteinte à l’ordre public » et « émission d’expressions outrageantes ». Il a été placé sous contrôle judiciaire à l'issue de son audition au parquet du tribunal d'Abidjan. Selon son avocat, la principale mesure est une interdiction de sortie du territoire, sauf autorisation expresse du juge d’instruction. Il lui est également interdit de tenir des propos ou des déclarations tendant à troubler l’ordre public ou à discréditer les institutions par tous les canaux de communication. » Pour rappel, l’ex-député et président du mouvement « Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire » (ADCI) avait été placé en garde à vue en avril dernier pour trouble à l’ordre public.

Timbuktu Institute – Week 2 – may 2026

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News reports in Burkina Faso have highlighted the suspension of 247 associations. The government is continuing its fight against the financing of terrorism. According to Jean-Pierre Vogna, Director-General of Territorial Administration, “it is these organisations, these associations, that have failed to implement all the necessary measures to comply with the law”. 

Between security and civil liberties: the controversy surrounding the dissolution of organisations

This operation follows an initial suspension and dissolution of organisations and associations that were not in compliance, according to the authorities. Now, nearly 1,000 organisations are banned from operating in the country, which has provoked strong reactions from human rights organisations, who see this as an infringement of freedom of association in the name of the fight against terrorism. Amnesty International describes the legislation as “abusive” and condemns it as a “flagrant violation of the right to freedom of association”. Similarly, the International Federation for Human Rights has condemned these restrictions on freedom in a press release. “A strong , and independent civil society acts as a safeguard against abuses of power and amplifies the voices of marginalised communities,” the statement reads.

Ban on livestock exports: Burkina Faso prioritises supplying the local market

On the eve of Eid al-Adha, the ban on exporting livestock to Burkina Faso came into force. The first trucks were stopped by the fraud control and enforcement brigade. A large-scale operation led to the seizure of around ten trucks that were due to travel to Côte d’Ivoire, according to the brigade. The authorities wish to ensure self-sufficiency for the population and avoid any shortages in the local market. This decision could have adverse consequences for certain traders who were transporting their livestock to neighbouring countries.

Timbuktu Institute - Semaine 2 - mai 2026 

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L’actualité au Burkina Faso a fait état de la suspension de 247 associations. Le gouvernement poursuit en effet sa lutte contre le financement du terrorisme. Selon Jean-Pierre Vogna, directeur général de l’administration du territoire, « ce sont ces structures, ces associations, qui n’ont pas mis en œuvre toutes les actions nécessaires pour se mettre en conformité avec la loi ».

Entre sécurité et libertés publiques : la controverse autour des dissolutions d’organisations

Cette opération fait suite à une première suspension et dissolution d'organisations et d'associations qui n'étaient pas en règle, selon les autorités. Désormais, près de 1 000 organisations sont interdites d’activités dans le pays, ce qui a suscité de vives réactions de la part d'organisations de défense des droits humains, qui y voient une atteinte à la liberté d’association au nom de la lutte contre le terrorisme. Amnesty International parle de « législation abusive » et dénonce une « atteinte flagrante au droit à la liberté d'association ». Dans le même esprit, la Fédération internationale pour les droits humains a dénoncé ces privations de liberté dans un communiqué de presse. « Une société civile forte et indépendante agit comme un garde-fou contre les abus de pouvoir et amplifie les voix des communautés marginalisées », peut-on lire dans le communiqué.

Interdiction d’exportation du bétail : le Burkina Faso privilégie l’approvisionnement du marché local

En cette veille de l'Aïd el-Kebir, l'interdiction d'exporter le bétail vers le Burkina Faso est entrée en vigueur. Les premières arrestations de camions ont en effet été effectuées par la brigade de contrôle et de répression de la fraude. Une vaste opération a permis de mettre la main sur une dizaine de camions qui devaient se rendre en Côte d'Ivoire, selon la brigade. Les autorités souhaitent assurer aux populations une autosuffisance et éviter toute pénurie sur le marché local. Cette décision pourrait avoir des conséquences néfastes pour certains commerçants qui acheminaient leur bétail vers les pays voisins.

Timbuktu Institute – Week 2 – may 2026

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In Nigeria, May is clearly continuing to be a month of intense security activity. Following the bloody setback suffered by the armed forces at the start of the month, Abuja has been steadily stepping up its military response. It is against this backdrop that Nigeria and the United States have intensified their military cooperation against the Islamic State group in West Africa through new operations carried out in the north-east of the country. On 17 May, joint air strikes targeted jihadist positions around Metele and Dogon Chukwu, in Borno State, near the borders with Niger and Chad. According to Nigerian authorities and the US Africa Command (AFRICOM), these operations resulted in the elimination of around 20 fighters, including senior jihadist leader Abu-Bilal al-Minuki and several of his lieutenants. Abuja, for its part, claims that the United States mainly provided intelligence, without any official deployment of ground troops, although US media reports suggest that a US commando unit took part in the assault. Two days prior to these operations, in the same state of Borno, several dozen children were abducted in the Askira Uba district during an attack attributed to jihadists. According to eyewitness accounts reported by Agence France-Presse (AFP), armed men on motorbikes stormed a school in the village of Mussa, near the Sambisa Forest, known as a stronghold of jihadist groups. Between 35 and 43 primary and nursery school pupils are reported to have been kidnapped in less than half an hour, shortly after a military patrol had passed through the area. On the same day, further child abductions were reported in Oyo State, in the south-west of the country, following coordinated attacks on several schools. Beyond the intensification of military operations, this sequence seems above all to reveal the scale of the security pressure weighing on Abuja, which must contain security threats that are geographically dispersed. Furthermore, this diversity of hotspots of in e security tends, at the same time, to accentuate the fragmentation of the Nigerian state’s response capabilities.

Another blunder by the Nigerian armed forces?

One of the week’s events was the deadly airstrike carried out on 10 May by the Nigerian army on the weekly market in Tumfa, in Zamfara State. According to several local sources, community leaders and Amnesty International, the bombing reportedly killed between 72 and over 100 people, mostly civilians, and left dozens injured. Witnesses claim that military aircraft first flew over the area before returning several hours later to strike the market at a time when it was particularly busy. For their part, the Nigerian military authorities reject the possibility of a mistake, maintaining that the operation targeted a gathering of terrorist leaders and armed criminal groups, commonly referred to as ‘bandits’. The army also claims to have acted on the basis of intelligence indicating a strategic meeting of fighters in the village of Tumfa, considered a stronghold of armed groups involved in kidnappings, looting and attacks on surrounding villages. According to Abuja, the strike is said to have neutralised several members of these groups. Beyond these conflicting accounts, this episode—which is by no means unprecedented—reignites questions about the operational limits of counter-terrorism efforts in Nigeria. Given that the armed forces often cite the difficulty of distinguishing with certainty between military targets and civilian areas in certain environments, the perception among civilians that they are victims of reprisals is unlikely to prevent a potential stalemate.

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Au Nigeria, le mois de mai continue manifestement d’être le théâtre d’une intense activité sécuritaire. Après la sanglante déconvenue essuyée par les forces armées en début de mois, Abuja n’a eu de cesse d’accroître sa riposte militaire. C’est dans ce cadre que le Nigeria et les États-Unis ont intensifié leur coopération militaire contre le groupe État islamique en Afrique de l’Ouest à travers de nouvelles opérations menées dans le nord-est du pays. Le 17 mai, des frappes aériennes conjointes ont visé des positions jihadistes autour de Metele et Dogon Chukwu, dans l’État de Borno, à proximité des frontières nigérienne et tchadienne. Selon les autorités nigérianes et le commandement américain pour l’Afrique (Africom), ces opérations ont permis d’éliminer une vingtaine de combattants, dont le haut responsable jihadiste Abu-Bilal al-Minuki et plusieurs de ses lieutenants. Abuja, pour sa part, affirme que les États-Unis ont principalement fourni du renseignement, sans déploiement officiel de soldats au sol, même si des médias américains évoquent la participation d’un commando américain à l’assaut. Deux jours avant ces opérations, c’est d’ailleurs dans le même Etat du Borno que plusieurs dizaines d’enfants ont été enlevés dans le district d’Askira Uba, lors d’une attaque attribuée à des jihadistes. Selon des témoignages relayés par l’Agence France Presse (AFP), des hommes armés à moto ont pris d’assaut une école du village de Mussa, près de la forêt de Sambisa, connue comme un bastion des groupes jihadistes. Entre 35 et 43 élèves des écoles primaire et maternelle auraient été kidnappés en moins d’une demi-heure, peu après le passage d’une patrouille militaire. Le même jour, d’autres enlèvements d’enfants ont été signalés dans l’État d’Oyo, dans le sud-ouest du pays, à la suite d’attaques coordonnées contre plusieurs écoles. Au-delà de l’intensification des opérations militaires, cette séquence semble surtout révéler l’ampleur de la pression sécuritaire qui pèse sur Abuja qui doit contenir des menaces sécuritaires géographiquement diffuses. De plus, cette diversité des foyers d’insécurité tend dans le même mouvement, à accentuer la dispersion des capacités de réponse de l’État nigérian.

Nouvelle bavure des forces armées nigérianes ?

L’un des événements de la semaine aura été la frappe aérienne meurtrière menée le 10 mai par l’armée nigériane sur le marché hebdomadaire de Tumfa, dans l’État de Zamfara. Selon plusieurs sources locales, des chefs communautaires et Amnesty International, le bombardement aurait fait entre 72 et plus de 100 morts, majoritairement des civils, ainsi que des dizaines de blessés. Des témoins affirment que des avions militaires ont d’abord survolé la zone avant de revenir plusieurs heures plus tard pour frapper le marché alors qu’il était particulièrement fréquenté. De leur côté, les autorités militaires nigérianes rejettent la possibilité d’une bavure, soutenant que l’opération visait un rassemblement de chefs terroristes et de groupes armés criminels, communément appelés « bandits ». L’armée affirme par ailleurs avoir agi sur la base de renseignements signalant une réunion stratégique de combattants dans le village de Tumfa, considéré comme un bastion de groupes armés impliqués dans des enlèvements, des pillages et des attaques contre les villages environnants. A en croire Abuja, la frappe aurait permis de neutraliser plusieurs membres de ces groupes. Au-delà de ces versions contradictoires, cet épisode, qui n’est pas inédit, ravive les interrogations sur les limites opérationnelles de la lutte antiterroriste au Nigeria. Dans la mesure où les forces armées évoquent souvent la difficulté à établir avec certitude la distinction entre cibles militaires et espaces civils dans certains environnements, la perception, par des civils, d’être victimes de représailles n’est pas de nature à enrayer un possible enlisement.

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Within the space of a few weeks, it would appear that, for N’Djamena, border threats have once again become the most pressing concerns. In addition to the security and humanitarian pressures on its border with Sudan, the recent attack (4 May) by the terrorist group Boko Haram has brought its border with Nigeria back to the forefront of concerns. Following this setback, the Chadian army carried out retaliatory air strikes against suspected Boko Haram positions in the Lake Chad region, in north-eastern Nigeria. These operations, presented by N’Djamena as part of the fight against terrorism, are nevertheless causing concern following allegations of around a hundred civilian casualties, according to Agence France-Presse (AFP). “It is crucial that the Nigerian and Chadian authorities conduct prompt, thorough, independent and impartial investigations into these disturbing incidents,” said the UN High Commissioner for Human Rights, Volker Türk, on 13 May. In response, the Chadian government has rejected the allegations made by the UN Office of the High Commissioner for Human Rights regarding possible civilian casualties during strikes against Boko Haram positions in the Lake Chad basin. Government spokesperson Gassim Chérif Mahamat contested “serious accusations aimed at discrediting a professional army on the front line against terrorism”. In a regional context marked by security emergencies and sovereignty issues, the fear remains that the political and security considerations at play will override the desire to establish the true responsibilities surrounding these strikes.

An opposition running out of steam?

The recent dissolution of the opposition coalition Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) and the sentencing of several of its leaders to eight years in prison came as a crushing blow to the political opposition. At a press conference held on 13 May, the opposition party Les Patriotes denounced this sentencing as “an abuse of the justice system” within a national context of “authoritarian hardening” marked by insecurity, communal tensions and a rollback of civil liberties. It must be said that the dismantling of the GCAP was not followed by any significant upheaval within Chad’s political parties. In this sense, is this stand taken by the Patriots proving to be a waste of time? The fact remains that, given the current state of the political landscape, one reality is hard to dispute: the absence of a united opposition capable of providing a significant counterweight to the ruling power.

That said, since the start of the year, it is noteworthy that N’Djamena has been engaged in intense diplomatic activity. Thus, on the sidelines of the Africa Forward summit in Nairobi on 11 and 13 May, President Mahamat Idriss Déby Itno was received by his Kenyan counterpart William Ruto to strengthen cooperative relations between the two countries. Discussions focused on several African issues, notably security, economic and diplomatic matters, as well as the need for greater coordination between African states. Furthermore, the two leaders expressed their desire to give new impetus to their bilateral partnership, emphasising strategic sectors such as agriculture, technology, tourism, environmental protection and investment.