Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Le Bénin peut se féliciter d’avoir enregistré une belle réussite diplomatique. Alors que les travaux de la 48ème session du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) pour 2026-2028 se sont ouverts le 11 février à Addis-Abeba en Ethiopie, le Bénin a été élu membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Dans un communiqué, Cotonou s’est félicité d’une « marque de confiance et de reconnaissance de l'engagement constant du Bénin en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la prévention des conflits sur le continent africain. » Sur les dix sièges du Conseil soumis au vote, le Bénin fait donc partie des six nouveaux élus avec le Lesotho, le Gabon, le Maroc, la Somalie et l’Afrique du Sud.

Sur le plan interne, après les législatives, la 10ème législature de l’histoire du pays a élu à sa tête le 8 février le leader du principal parti de la majorité présidentielle, Joseph Djogbénou. L’ex-ministre de la Justice et ancien président de la Cour constitutionnelle était le seul candidat pour ce poste. C’est donc sans surprise qu’il a été élu à l’unanimité par un Parlement intégralement constitué par les deux partis de la majorité au pouvoir, l’Union progressiste-Le renouveau (UP-R) (son parti) et du Bloc républicain (BR). Dans son allocution, Joseph Djogbénou a insisté sur la continuité institutionnelle, soulignant que le changement de leadership ne devait pas remettre en cause le fonctionnement de l’institution dans la lignée de son prédécesseur, Louis Gbèhounou Vlavonou.

Réouverture du corridor de Tsamiya-Kamba

Le corridor de Tsamiya-Kamba permettant le passage du Bénin au Niger via le Nigeria, est de nouveau ouvert depuis le 9 février, après avoir été fermé durant plusieurs mois. Cet axe routier transfrontalier entre les trois pays est d’une grande importance dans le transit des marchandises provenant du port de Cotonou (Bénin) vers le Niger à travers le territoire nigérian. Une ouverture autorisée par le président nigérian Bola Tinubu « dans le cadre des efforts visant à assouplir les restrictions commerciales tout en préservant la sécurité nationale ». Ainsi, la remise en circulation de ce transit débloque le passage pour plus de 1600 camions chargés de marchandises en direction de Niamey et alors immobilisés sur Cotonou.

La frontière Nigeria-Niger était fermée depuis 2019 pour lutter contre la contrebande. Et celle du Niger-Bénin, maintenue close en raison des tensions diplomatiques entre Cotonou et Niamey depuis 2023. Une situation qui handicapait les convois routiers qui se retrouvaient avec l’alternative du long détour par le Togo et le Burkina Faso. Au-delà de la simple reprise du trafic, cette réouverture traduit une volonté politique de décrispation progressive entre les États concernés, quand bien même elle s’inscrit mieux dans une logique de pragmatisme dans la gestion des tensions régionales. Il apparaît dès lors que le dialogue sous-régional est loin d’être rompu et que les impératifs économiques, notamment pour le Niger enclavé, sont d’importance dans la teneur des décisions diplomatiques dans la sous-région. En ce sens, cette mesure consensuelle entre Abuja, Niamey et Cotonou  est de nature à stimuler la coopération sous-régionale et souligner par la même occasion, le rôle stratégique du port de Cotonou dans l’économie du Niger et dans les échanges commerciaux ouest-africains.

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

 

Chad continues to intensify its diplomatic activity, which began at the start of the year. After strengthening its sub-regional cooperation with Niger and Burkina Faso in early February, alongside reconciliation with Paris, N'Djamena is keen to diversify its partners. On 12 February, the Secretary General of the Ministry of Foreign Affairs, African Integration and Chadians Abroad, Djangbeye G. Évariste, granted an audience to the chargé d'affaires of the Chinese Embassy in Chad, Qi Xianming. At the end of the meeting, both parties welcomed a strong strategic partnership and renewed their commitment to consolidating mutually beneficial cooperation.

In the same vein, the expansion of partnerships that N'Djamena considers essential for its stability and economic development has been formalised through the approval of a new loan agreement with the Abu Dhabi Fund for Development (ADDF). The Chadian Senate adopted the ADDF's $250 million loan agreement, which is intended to support the national budget and assist in the implementation of the ‘Chad Connection 2030’ National Development Plan.

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Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Le Tchad continue sur sa lancée d’intensification de  son activité diplomatique entamée depuis le début de l’année. Après avoir renforcé, début février, sa coopération sous-régionale avec le Niger et le Burkina Faso, parallèlement à la réconciliation avec Paris, N’Djamena ne manque pas de diversifier ses partenaires. C’est ainsi que, le 12 février, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger Djangbeye G. Évariste a, accordé une audience au chargé d’affaires de l’ambassade de Chine au Tchad Qi Xianming. Au terme de cette entrevue, les deux parties ont salué un partenariat stratégique solide et renouvelé leur volonté de consolider une coopération mutuellement bénéfique.

 

 

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

In Togo, recent events highlight two distinct but complementary dynamics: on the one hand, a security issue linked to document fraud and the protection of civil status for citizens; on the other hand, a political debate on the vitality of pluralism and the evolution of civil liberties. Between the imperative of sovereignty and questions about the quality of democratic debate, these developments call for a cross-analysis of the country's contemporary challenges, both security-related and institutional.

Identity fraud and cross-border threats: heightened vigilance in Lomé

Last week, the Togolese national police announced the dismantling of a network involved in the forgery of national identity cards in the capital. This operation follows the arrest of two individuals suspected of involvement in this trafficking in the Avépozo Tropicana neighbourhood, east of Lomé. The two men, Atangana from Cameroon and Edmond from Togo, are currently in police custody.

 

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Au Togo, l'actualité récente met en lumière deux dynamiques distinctes, mais complémentaires : d'une part, un enjeu sécuritaire lié à la fraude documentaire et à la protection de l'état civil pour les citoyens; d'autre part, un débat politique sur la vitalité du pluralisme et l'évolution des libertés publiques. Entre un impératif de souveraineté et un questionnement sur la qualité du débat démocratique, ces développements invitent à une analyse croisée des enjeux contemporains du pays, à la fois sécuritaires et institutionnels.

Falsification d'identités et menaces transfrontalières : la vigilance est accrue à Lomé

La semaine dernière, la police nationale togolaise a annoncé le démantèlement d'un réseau de falsification de cartes nationales d'identité dans la capitale. Cette opération fait suite à l'arrestation de deux individus présumés impliqués dans ce trafic, dans le quartier Avépozo Tropicana, à l'est de Lomé. Il s'agit du Camerounais Atangana et du Togolais Edmond, actuellement entre les mains de la police. Au-delà du fait divers, l’enjeu est stratégique : la sécurisation des documents d’identité est essentielle pour contrôler les flux migratoires, lutter contre la criminalité transfrontalière et prévenir les infiltrations. Dans un contexte régional instable, la sécurisation de l'état civil demeure un pilier central de la souveraineté et de la stabilité nationale. Ainsi, la consolidation des systèmes d’état civil et la modernisation des dispositifs d’identification apparaissent comme des priorités stratégiques, à la croisée de la sécurité intérieure, de la gouvernance et de la souveraineté nationale. 

Affaiblissement des partis et restriction des libertés : une lecture critique

Pendant ce temps, dans une tribune remarquée, Gerry Taama, ancien président du Nouvel Engagement Togolais, a évoqué un affaiblissement progressif des partis politiques et une restriction des libertés publiques. Selon lui, la stabilité institutionnelle du Togo est apparente, mais le débat public semble se contracter, ce qui pourrait entraîner un désengagement civique à moyen terme. Revenant sur sa carrière politique, il estime que les partis politiques ont été systématiquement affaiblis, les syndicats décapités et presque toutes les libertés publiques restreintes. Selon l'ancien lieutenant d'Edem Kodjo, le Togo est devenu « un pays des ombres, où les consciences se sont atrophiées et les identités effacées ». En d'autres termes, il critique une politique sévère, évoquant un déficit de transparence et un affaiblissement du débat public. Et avec les péripéties de l'affaire Damiba ces derniers jours, les critiques relatives à l'affaiblissement du débat public soulignent l'importance d'un espace civique dynamique pour garantir la légitimité et la résilience institutionnelles. À terme, l'équilibre entre sécurité, gouvernance et pluralisme restera déterminant pour assurer la stabilité nationale à long terme.

 

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

The week in Burkina Faso was marked by a major acceleration in the institutional restructuring that began in September 2022. Since coming to power, the military authorities had banned all political activities throughout the country. Three years later, this decision has been formalised by the country's institutions.

The dissolution of political parties: a major break in Burkina Faso's institutional trajectory ? 

On 9 February 2026, the Transitional Legislative Assembly unanimously passed a law dissolving political parties, thereby repealing the 2001 charter and the 2009 law on their funding and the status of the opposition. The government justified this decision by citing the need to adapt the institutional framework to current security, political and social challenges, and stated its intention to lay the foundations for a new political system that is ‘more coherent and rooted in national realities.’ The regime led by Captain Ibrahim Traoré is now explicitly undertaking a political overhaul outside the traditional pluralist framework, justified by the need for national unity in the face of security challenges. This is no longer a transitional measure, but a complete legal dismantling of the party system. This development marks a further step in the consolidation of executive power. It considerably reduces the institutional space for dissent and raises the question of the political model that the authorities envisage for the future.

From ‘diplomatic lobbying’ to internal consolidation: analysis of a strategic repatriation

In the same spirit of consolidation, Damiba's transfer from Lomé to Ouagadougou, obtained from the Togolese authorities, would demonstrate a desire to neutralise any political alternatives. This move demonstrates the Burkinabe government's ability to mobilise diplomatic channels, despite a controversial political context. According to Africa Intelligence, this transfer is the result of sustained lobbying by Ouagadougou with the Togolese authorities. The transfer of the former Burkinabe leader to Ouagadougou is therefore part of a strategy to neutralise a potential political alternative in order to reduce the risks of internal restructuring.

Between political pressure and multilateral partnerships: Burkina Faso's balancing strategy

As part of its economic partnerships, Burkina Faso continues to seek funds to finance its development through a variety of collaborations. On 6 February 2026, Ouagadougou signed a financing agreement worth 850.2 billion CFA francs with the United Nations System for the period 2025-2030. This partnership targets three key areas: sustainable food systems, the humanitarian-development-peace nexus, and the stabilisation of fragile areas. These areas are part of the RELANCE 2026-2030 plan, mentioned in the previous issue of Météo Sahel. With this in mind, as the political arena closes, the socio-economic arena is opening up to an ambitious multilateral partnership aimed at food sovereignty and territorial resilience, while Burkina Faso faces international pressure on the issue of political freedoms.