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Observatoire

janvier 18, 2018

Le monde actuel est particulièrement marqué par une plus forte expression des forces et mouvements religieux sur la scène politique et internationale. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte global et a pu être accentué par les récents bouleversements géopolitiques, tellement la religion demeure un facteur de sens, notamment en Afrique et dans les sociétés du Sud de manière générale.

Dans un monde caractérisé par les crispations identitaires et une certaine fluctuation de l’identité culturelle, les appartenances religieuses sont, non seulement revendiquées, mais instrumentalisées par les acteurs politiques institutionnels comme « ordinaires ».

En même temps, sur le continent africain, on assiste à une profonde mutation du rapport au religieux aussi bien à travers l’émergence de mouvements et d’opinions religieuses diverses que par l’affichage de plus en plus marqué des appartenances. Ainsi les revendications identitaires comme les rivalités politico-ethniques empruntent, très souvent, le biais religieux au regard de l’efficacité des symboles constamment manipulés, réinterprétés et redynamisés.

Ces faits sont combinés aux effets de la transnationalité des acteurs et à la globalisation du croire. Mais, paradoxalement, on assiste aussi à la fragmentation et à l’émiettement à l’extrême des modes de religiosités. En Afrique, la faiblesse des États, la non-viabilité des entités politiques accentuent les risques d’affrontements intercommunautaires surtout avec la « déterritorialisation » des modes d’appartenance et la mondialisation des communautés ainsi que des causes et revendications politico-religieuses.
De plus, le continent n’est pas à l’abri des nouvelles idéologies et doctrines religieuses usant de la violence sur fond d’un radicalisme cachant, dans bien des cas, des frustrations politiques et économiques dues à l’inégale répartition des ressources et des conditions socio-économiques ne favorisant pas un cadre apaisé de gouvernance.

Le Mali en pleine crise institutionnelle doublée d’un irrédentisme ethnico-religieux fait suite à une longue évolution socio-historique ayant favorisé l’ancrage d’idéologies telles que le salafisme le wahhabisme au Nord du Nigeria et dans la corne de l’Afrique et sur la bande du Sahel.

Les derniers développements dans le Sahel, les affrontements intercommunautaires sur fond de différends religieux (Nigeria, Cameroun, Tchad) ainsi que les nombreuses crises qui couvent dans d’autres régions remettent à l’ordre du jour la nécessité d’appréhender le facteur religieux et son impact dans la marche de nos sociétés sous toutes leurs dimensions. Cela s’avère d’autant plus nécessaire surtout que les études sur le fait religieux dans de nombreux pays de la Sous-région n’ont pas connu de renouvellement paradigmatique alors que de profondes mutations traversent les sociétés africaines et affectent la nature du rapport aux religions et de leurs fonctions sociopolitiques.

L’importance et l’enjeu de tels phénomènes appellent nécessairement à une attention particulière de la part des chercheurs et des décideurs. La complexité et la sensibilité de ce sujet au cœur des préoccupations universitaires mais surtout des États et organisations internationales, exigent une meilleure compréhension des enjeux, la mise sur pied d’une méthodologie et d’une approche spécifiques, construites par des chercheurs et experts africains imprégnés des réalités.

Objectifs

  • L’Observatoire a pour objectif de veiller à :
  • L’élaboration de méthodologies et approches transdisciplinaires des questions sur le radicalisme religieux (sécurité, défense, diplomatie),
  • Mise en place d’outils de mesure et d’analyse de phénomènes de radicalisation dans les sociétés africaines contemporaines,
  • La conduite de projets de recherche en collaboration avec d’autres institutions s’intéressant à ce phénomène.

Mais l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique est surtout le lieu de production de connaissances endogènes dans une démarche, à la fois, d’opérationnalisation des savoirs mais aussi de renforcement des capacités des acteurs étatiques comme des organisations internationales.Dans cette perspective, l’Observatoire produit de l’expertise mobilisable dans les actions gouvernementales, régionales et internationales sous forme de consultance.

Notre vision

janvier 18, 2018

Timbuktu (Tombouctou) est la ville symbole d’échanges et d’interactions culturelles et civilisationnels entre les peuples des deux rives du Sahara .Elle a toujours été l’une des sources les plus fécondes de productions de la pensée islamique en Afrique.

Dans le but de promouvoir la production culturelle autour du religieux et sa pensée en Afrique ; le nom de cette ville a été choisie pour ce projet innovant devant aider les jeunes générations africaines et au-delà à mieux saisir l’importance de ce patrimoine d’un islam paix et de coexistence pacifique comme paravent contre l’extrémisme violent et le terrorisme qui freinent notre élan vers le développement.

Tombouctou est la ville symbole de la rencontre et des échanges autour du savoir entre les peuples des mondes africains, européens et arabes ayant été pendant toute son histoire un point de jonction entre les cultures et les civilisations.

De ce fait son patrimoine qui a été malmené ces derniers temps par les tenants d’une religiosité intolérante mérite d’être réhabilité par une pensée critique ; responsable, et ouverte au monde.

Fonctionnement

janvier 18, 2018

Timbuktu Institute fonctionne comme un think tank classique avec de la recherce à la base, la production d’expertises opérationnelles, une action de plaidoyer et de sensibilisation des acteurs et populations de tout l’espace saharo-sahélien. Il ambitionne aussi d’accompagner les partenaires internationaux dans leurs actions et projets en Afrique.

Tous les quatre Axes de son intervention contribueront à ce travail avec une focalisation sur la promotion de l’esprit de tolérance et de coexistence pacifique contre le développement de l’extrémisme violent et la promotion de la paix, la sécurité et la stabilité préalables au progrès socioéconomique des peuples africains.

Axe 1 : Prévention de l’extrémisme violent : Elle se fera par le biais de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique

  • Publications sur les dangers de l’extrémisme violent dans les différents pays (un mensuel électronique : « la Voix de Timbuktu »
  • Conférences et débats sur la question de l’extrémisme violent
  • Campagnes de plaidoyer auprès des autorités politiques, des médias et leaders religieux et des média.
  • WebTV sur l’éducation à la tolérance et contre l’extrémisme violent avec une action ciblée à travers les réseaux sociaux.

Axe 2 : Publication et vulgarisation du savoir et du patrimoine: Timbuktu Editions veut appuyer les auteurs et penseurs proposant des alternatives contre l’extrémisme violent et promouvoir l’esprit de tolérance et d’ouverture.

  • Valorisation du patrimoine islamique africain
  • Appuyer l’effort des confréries soufies dans la diffusion de la pensée des guides religieux
  • Diffusion des écrits des cheikhs africains sur des supports numériques et papiers
  • Vulgarisation de la pensée islamique en Afrique auprès des populations notamment des jeunes
  • Policy brief sur les enjeux religieux

Axe 3 : Renforcement des capacités et sensibilisation : jeunes, leaders d’opinion, autorités politiques, organisations internationales, ONG, diplomates etc

  • Session de formation sur les enjeux religieux
  • Training sur les stratégies de lutte contre les radicalismes religieux
  • Formation de jeunes leaders d’opinion sur le plan médiatique
  • Session de formation en leadership politique et religieux pour les jeunes issus des confréries soufies
  • Appui technique des associations de femmes et de jeunes sur les questions religieuses

Axe 4 : Dialogue interculturel et interreligieux

  • Promouvoir la rencontre entre les cultures et leur dialogue dans un esprit de dialogue et de respect mutuel.
  • Favoriser l’implication des jeunes africains dans les grandes rencontres où se conçoivent les grandes idées qui feront l’avenir de l’humanité.
  • Faire émerger des voix africaines audibles et respectables sur toutes les questions d’intérêt majeur pour l’Humanité.
  • Éduquer à l’esprit de diversité et de confrontations respectueuses des opinions et des visions du monde.
  • Prévenir le choc des extrémismes religieux qui menacent la paix mondiale et l’Afrique plus particulièrement

Notre démarche

janvier 18, 2018

L’Institut se déploie sur quatre axes afin d’atteindre ses objectifs transversaux:

  • Axe 1 : La prévention de l’extrémisme violent sous toutes ses formes, la recherche active et le plaidoyer à travers l’Observatoire de Radicalismes et Conflits Religieux en Afrique ORCRA. L’institut travaille aussi sur les solutions de réinsertion socio-économiques des jeunes cibles de ces réseaux qui versent dans le terrorisme et les crimes organisés.
  • Axe 2 : La production, l’Edition et la Diffusion du patrimoine culturel africain, de la pensée islamique et sur l’Islam en Afrique et/ou par des Africains à travers les Editions Timbuktu
  • Axe 3 : Le renforcement des capacités et la sensibilisation des acteurs religieux, politiques, notamment les jeunes; des Organisations internationales, des diplomates et ONG sur les problématiques du religieux et de son impact dans les sociétés sahélo-sahariennes.
  • Axe 4 : Dialogue interculturel et interreligieux : afin de rester fidèle à l’esprit de Timbuktu à travers les siècles de brassages et de dialogue civilisationnels, cet axe sera au cœur de l’action du Think tank qui se veut un cadre ouvert de réflexions constructives et d’actions au service de la paix et de l’entente entre les peuples, les cultures et les civilisations.

Action

janvier 18, 2018

Répondant à la quête des nouvelles générations de repères et de ressources symboliques et spirituelles pour l’édification d’un nouveau monde assis sur le socle de la tolérance et du respect mutuel, Timbuktu Institute se veut un cadre de production de connaissances endogènes, d’échanges et de diffusion autour de la contribution africaine à la pensée et à la civilisation islamique et aux valeurs universelles.

Pour la réalisation d’une telle ambition portée par une nouvelle génération africaine assumant son passé riche de ses métissages et brassages, consciente de son rôle présent en faveur de la paix et de la stabilité ainsi que de sa responsabilité historique pour un meilleur avenir, Timbuktu Institute se veut un cadre ouvert, inclusif et pluridisciplinaire.

Domaines d’intervention de Timbuktu Institute :
  • Réforme du secteur de sécurité ;
  • Terrorisme et radicalismes religieux ;
  • Géopolitique du monde islamique ;
  • Relations internationales;
  • Analyse politique et stratégique ;
  • Analyse des politiques publiques dans un contexte post-conflit;
  • Gestion du changement et restauration de l’autorité de l’Etat;
  • Analyse institutionnelle et organisationnelle ;
  • Renforcement des capacités ;
  • Formation en consolidation et maintien de la paix ;
  • Analyse, résolution de conflits et consolidation de la paix

Préambule

janvier 18, 2018

Constatant que les rapports internationaux d’aujourd’hui, en plus de la simple logique de puissance, sont aussi fondés sur une rude compétition pour le contrôle de la production de la pensée, du sens et des valeurs autour de l’influence.

Conscient du fait que la production de la pensée et l’influence sur les valeurs dominantes soient des facteurs déterminants de rayonnement dans un marché globalisé des idées où circulent des biens symboliques et culturels.

Déplorant le retard de l’Afrique de l’Ouest et des pays à majorité musulmane dans cette course à l’influence due à l’absence de cadre actifs de production d’une pensée critique sur nous-mêmes et sur le cours du monde.

Déterminés à réduire progressivement ce fossé séparant notre continent des autres régions du monde dans la construction des concepts dominants qui façonneront l’avenir de l’humanité de demain.

Engagés à prévenir les extrémismes violents de toutes origines, facteurs de guerres et de terrorisme dévastateurs, à promouvoir la culture de l’ouverture et de la paix par une valorisation des ressources culturelles africaines en termes de socialisation, de médiation des conflits et de construction des sociétés ouvertes.

Des intellectuels, universitaires, acteurs de la société civiles, autorités politiques et diplomatiques ont décidé de mettre en place un think-tank africain dénommé « Timbuktu ».

Dans le cadre de son volet « Education pour la Paix », Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies  (Dakar) en collaboration avec le Mouvement européen interreligieux « Coexister »,présente dans 33 villes de France, à Londres, Bruxelles et Genève, organise en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, une Conférence sur le thème : « Coexister : le modèle sénégalais du vivre ensemble à la lumière d’autres expériences », le Jeudi 21 Juillet 2016 à 10h à la fondation Konrad Adenauer

Cette conférence sera co-animée par Dr. Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des Radicalismes et conflits religieux en Afrique, les membres de la délégation de Co-exister ainsi que des personnalités religieuses et représentants de structures actives dans le dialogue interreligieux

En présence des leaders religieux et des associations, cette conférence-débat sera suivie d’un débat et des échanges sur les différentes expériences de dialogue et de consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Afrique et en Europe.

Auteur de Islam et diplomatie, la politique africaine du Maroc, le politologue sénégalais Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute-African center for peace studies, analyse l’influence religieuse du royaume sur le continent et l’offensive des pays qui tentent de la concurrencer..

Le Maroc veut créer une sainte alliance autour de l’islam malikite pour contrer l’essor du wahhabisme dans les pays africains, en s’appuyant sur les confréries religieuses. Est-ce une arme efficace face aux moyens financiers saoudiens ?

En Afrique subsaharienne, le Maroc dispose depuis plus de mille ans de ressources symboliques qui font défaut à ses rivaux maghrébins et du Golfe. Il y entretient des relations d’ordre spirituel qui le lient à l’Afrique via les confréries soufies, notamment la Tijaniya. Le wahhabisme est une greffe idéologique qui a pris avec les pétrodollars mais qui n’arrive pas à effacer ce passé commun, renforcé par le partage du dogme achâarite et du soufisme.

Les confréries ont, selon vous, un discours parfois archaïque, alors que le discours salafiste est beaucoup plus rationnel. Quel est l’impact sur les objectifs religieux du Maroc ?

Les confréries ont toujours été, jusqu’ici, un rempart contre le salafisme jihadiste. Mais il leur faut beaucoup d’efforts pour capter les jeunes attirés par le salafisme, avec son discours usant de la modernité technologique pour mieux combattre la modernité sociale et politique. Le salafisme est simple comme tous les discours idéologiques, et de plus en plus digital. Les confréries doivent didactiser leur message de paix et le rendre plus accessible aux jeunes aux réalités du moment.

L’Algérie peut-t-elle rattraper son retard en Afrique en matière d’influence religieuse ?

Le Maroc a clairement un avantage comparatif : il a très tôt cultivé la fibre religieuse alors que la génération du FLN algérien avait relégué le soufisme au dernier plan, en l’ayant même combattu. Il a fallu attendre 1984 pour que l’Algérie renoue avec la Tijaniya comme vecteur diplomatique. La riposte marocaine en 1985 lors du colloque de Fès a été déterminante pour la suite : les chefs religieux soufis venus de toute l’Afrique ont signé un mémorandum de soutien du royaume pour le Sahara marocain.

L’influence religieuse du Maroc dans les pays d’Afrique de l’Ouest a un nouveau challenger : la Turquie. Un adversaire à craindre à l’avenir ?

La Turquie a multiplié par cinq le nombre de ses représentations en Afrique depuis 2008. Ce pays a aussi un modèle à vendre : un islam modéré et un capitalisme de type musulman aux dehors modernistes. A côté de l’offensive diplomatique officielle d’Ankara, le mouvement de l’intellectuel musulman turc, Fethullah Gülen, impose sa présence par la généralisation du modèle d’enseignement turc dans des écoles élitistes à travers l’Afrique, où sont accueillis les enfants des plus hautes autorités politiques et militaires. Ce qui représente un levier d’influence important pour l’avenir. Lors d’une de ses récentes visites au Sénégal, Erdogan a inauguré le “jardin turc” dans la cour de laGrande mosquée de Dakar, inaugurée en 1964 par Hassan II et dessinée par son architecte personnel Gustave Collet. On y a vu le symbole puissant que les turcs sont désormais bien entrés dans le patio marocain.

Le Ndomo est une structure traditionnelle créée sous forme d’association depuis 1990. Elle s’inspire des étapes de l’initiation dans la culture bambara afin de résorber le chômage des jeunes par une sauvegarde des traditions d’apprentissage de métiers et de savoir-faire. Le Ndomo désigne la première étape de l’initiation dans la culture bambara, traditionnellement une école de formation ouverte pour tous les jeunes. Tout se déroule en un seul lieu construit en 2003 dans la ville de Ségou.

Problème de développement posé :

La ville de Ségou est considérée comme un endroit de passage. Les investisseurs ne s’y intéressent pas beaucoup. Le chômage des jeunes reste très important et aggrave la situation économique de la région. Une association veut s’inspirer des méthodes traditionnelles d’éducation pour trouver une solution économique et éthique à ce fléau à travers la conservation des techniques traditionnelle de teinture du bogolan.

Objectifs du Ndomo :

Le Ndomo a pour principal objectif de lutter contre le chômage des jeunes tout en sauvegardant la tradition. Il vise aussi à innover à partir de la tradition et de ses valeurs afin de les adapter aux réalités du monde actuel.

Structure et fonctionnement

Au Ndomo, on fait tout pour éviter le mode de fonctionnement d’une entreprise occidentale.  Le développement est calqué sur le savoir-faire et la culture locaux. Le Ndomo développe une méthode de travail qui permet à des jeunes sans niveau d’études d’accéder à une formation autour de l’artisanat textile et de la teinture avec des matériaux 100% produits au Mali. Son fonctionnement requiert l’équilibre entre un travail collectif (pour les grandes commandes), un travail individuel (réalisés par les jeunes à leur compte) et un travail de soutien (permettant de générer des fonds d’autofinancement de la structure collective) pour créer une solidarité et mettre en commun des projets. Un système sophistiqué est mis en place pour favoriser l’épargne afin d’aider les jeunes à être autonomes et avoir une meilleure attitude à l’égard de l’argent. C’est, en même temps, une école traditionnelle, une unité de production et un cadre d’accompagnement économique et social des jeunes dans leur vie en harmonie avec les traditions locales.

La formation est gratuite et accessible à toutes les catégories sociales. Les aînés prennent en charge les plus jeunes durant la formation qui dure deux ans. Durant ces deux années, le jeune apprenti constitue en même temps un « fond de roulement » (on ne parle pas de capital !) tiré des revenus des aînés. A la fin, le jeune a deux choix : s’installer à son compte et travailler de manière indépendante ou rester à l’atelier pour mener ses activités en conformité avec l’esprit du Ndomo et les méthodes traditionnelles de l’initiation et de la solidarité (ndama) bambara.

Activités et réalisations :

Economiquement, le Ndomo fonctionne sur deux principes : le travail solidaire pour générer des revenus équitablement partagés tout en garantissant la pérennité d’un « fonds collectif de roulement » et un système pour favoriser l’épargne. S’y ajoute une dimension éducative et écologique visant à préserver le cadre de vie.

I ) Les trois formes de travail dans le Ndomo : Ndomo et Ndama (initiation et solidarité)

Dans le Ndomo le principe des 3 formes de travail (collectif, individuel et soutien) structure toute l’activité.

  • Le travail collectif: tous les produits de vente sont versés dans un compte qui appartient à la structure. A la fin du mois, le délégué des jeunes et l’initiateur décident de la rémunération des jeunes avec une base fixe. Le variable dépend de l’activité et des bénéfices accumulés. Chaque jeune peut disposer de son argent et le gérer à sa guise. Ce travail collectif occupe les jeunes de 8h à 14h.
  • Le travail individuel: le Ndomo cherche aussi à développer les talents individuels et les promouvoir. Tout jeune peut exposer sa production artisanale dans la salle commune et la vendre. Le produit de la vente lui revient immédiatement. Le travail individuel commence de 14h à 17 heures.
  • Le travail de soutien: le jeune peut choisir de faire des heures supplémentaires afin de participer à l’autofinancement du Ndomo ou de prélever 10 à 15% sur le produit des travaux collectif et individuel au profit du « fonds de roulement » devant garantir les frais de fonctionnement du Ndomo.

II) Système mis en place pour favoriser l’épargne :

Incitation à l’épargne : Chaque jeune formé dans le Ndomo a l’obligation d’ouvrir un compte d’épargne. Pour empêcher le gaspillage, le compte d’épargne des jeunes célibataires de 18 à 20 ans sont sous la responsabilité du Ndomo. Chaque année, le Ndomo fixe un objectif d’épargne à atteindre par les jeunes afin de cultiver le sens de la responsabilité et de la gestion. A la fin de l’année, il y a un contrôle des comptes d’épargne. Si le montant exigé dans les objectifs est atteint, le jeune peut rester dans le Ndomo. Sinon, on lui accorde une seconde chance pour une année de « rattrapage » au terme de laquelle son maintien dans la structure dépend de la réalisation des objectifs en termes d’épargne et de discipline dans la gestion de son argent.

Micro-finance interne : les objectifs d’épargne peuvent être revus à la hausse selon l’importance de l’activité dans la structure pour créer des fonds communs pouvant servir à des prêts. En fait, les travailleurs du Ndomo, n’ont pas besoin de recourir aux banques pour les prêts personnels. C’est le Ndomo qui prend la responsabilité de prêts sans intérêts pour les projets personnels de « bien-être » des jeunes : besoins matériels, équipements etc.

L’entraide : Ce système est basé sur le principe traditionnel de la culture bambara appelé « Ndama » : l’aide mutuelle, la solidarité. Le fonds commun et le système de prêts aident les jeunes pour l’accès à la propriété : achat de terrain à usage d’habitation. 4 personnes en bénéficient présentement parmi les jeunes Ndomo.

Le planning des dépenses : il fait l’objet d’un programme spécial dans la vie du Ndomo avec des lignes budgétaires indispensables pour le « parcours de la vie » des jeunes : fonds de roulement, sécurité sociale et projets à court et à long termes. Le Ndomo aide le jeune à établir un budget selon les besoins fondamentaux et éviter le gaspillage très présent dans la société malienne à cause des cérémonies et évènements familiaux. L’objectif est de faire en sorte que le jeune puisse accéder à la propriété et construire un projet de vie dans le cadre d’un équilibre social.

Recyclage des déchets de l’atelier : après la décoration des tissus, un lavage spécial permet de récolter de la boue ; il y a un circuit performant pour récupérer cette argile qu’on laisse se décomposer à travers des fûts pendant deux mois. Cela donne du compost offert gratuitement aux maraîchers voisins. Des restes d’écorces ayant servi à la teinture sont séchés au soleil puis utilisés comme combustible pour faire bouillir d’autres écorces ; les cendres sont, en partie, transformés en potasse de manière traditionnelle pour créer de nouvelles couleurs de teinture et le reste pour enrichir le composte naturel.

Cette structure semble donner des résultats satisfaisants et est cité en exemple au Mali comme dans des institutions internationales qui viennent très souvent la visiter. Il y a actuellement 14 jeunes dans le Ndomo de Ségou : 4 en initiation et 10 qui restent y travailler après leur formation. Près de 15 jeunes sont allés s’installer à leur compte depuis la création de la structure.

Les leçons du Ndomo 

Une structure s’est inspirée des principes traditionnels locaux pour mettre en place un fonctionnement adapté à la culture locale. Elle a réussi à générer des revenus, réaliser de l’épargne au profit de ses membres et se développer par l’autofinancement. Elle semble viable et sert d’exemple dans la région. Elle est visitée pour son originalité et surtout parce qu’elle symbolise une stratégie endogène de développement dans une ville qui ne peut pas encore compter sur des investissements étrangers.

 

Auteur:  Dr Bakar SAMBE

En offrant ce prix, Dr. Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute- African Center for Peace Studies de Dakar a dit vouloir « encourager la démarche inclusive qui a abouti à la reconnaissance de cet enseignement au Concours Général au moment où il est plus qu’important de prévenir les frustrations pouvant mener au radicalisme ».

Pour le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, « le Sénégal gagnera toujours à harmoniser son système éducatif qui devra prendre en charge toutes les demandes mais aussi donner leur place à tous les enfants de ce pays. L’idéal étant au bout du compte d’unifier notre école».

Revenant sur cette édition, l’ancien lauréat du Concours général (en français et en arabe, 1992) se dit « satisfait du choix du parrain, Pr. El Hadji Rawane Mbaye symbole de l’unification de nos élites aux parcours divers et preuve vivante que les doomu daara, issus de l’école arabophone mais ayant joué leur participation dans l’excellence, ont toujours été au cœur du progrès social notamment au service de l’éducation et de la cohésion sociale ».

« Cette action sera pérennisée notamment dans le cadre du volet « Education pour la paix » qui occupe une place importante dans les différents programmes du Think tank africain », souligne Bakary Sambe.