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Timbuktu Institute- African Center for Peace Studies en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann, a mené une étude préliminaire sur les femmes et la prévention de l’extrémisme violent dans le cadre d’un projet test de recherche-action confiné à Bamako et environs qu’il vise à élargir dans les autres régions du Mali. Présenté ce 23 mai l’étude fait ressortir les difficultés que vit cette « matrice faible et en lutte ». Elle met en exergue l’extrême vulnérabilité des femmes, leur engagement rarement mis en valeur dans la prévention, mais aussi le besoin de renforcement des capacités de la société civile de même que la situation alarmante des droits des femmes face à des institutions religieuses très influentes malgré la confiance des femmes vis femmes vis-à-vis de l’Etat. Ce dernier est même plébiscité devant les partenaires internationaux sur fond d’inquiétudes quant à la stabilisation du pays et rôle de la MINUSMA. L’enquête a été menée par deux chercheurs en janvier dernier par Mmes Yague Samb et Yousra Hamdaoui sous la direction scientifique du Timbuktu Institute. Dr. Bakary Sambe, directeur de l’institut et coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, revient, dans cette interview, sur les grandes lignes de cette étude préliminaire et nous en donne un aperçu analytique dans cette interview.

Votre étude préliminaire s’est limitée à Bamako, où sont localisées le gros des organisations de femmes et femmes leaders.
Qu’est ce qui en ressort sur la perception des femmes du radicalisme et de l’extrémisme violent ?

Cette étude a surtout alerté sur la grande vulnérabilité socioéconomique des femmes. C’est une étude de perception qui s’est servie de la méthode CAP (connaissance, attitude et pratiques) pour mieux comprendre comment les acteurs eux-mêmes voient et analysent les phénomènes. Les femmes maliennes ainsi que les organisations féminines interrogées dans le cadre d’un questionnaire et de focus groupes à Bamako et Senou avec une présence importante de réfugiées, estiment que les deux facteurs les plus importantes de l’extrémisme violent restent la pauvreté (47%) et pour 40% ce serait le chômage. Cela prouve encore cette vulnérabilité qui nécessite des solutions urgentes aussi bien de la part de l’Etat que des partenaires internationaux du Mali.

Quel rôle les femmes peuvent-elles jouer contre le phénomène de l’extrémisme violent ?

Vous savez, les femmes ont une prédisposition dans la lutte contre l’extrémisme. Il est vrai qu’on les présente surtout comme les premières victimes de l’extrémisme violent mais on insiste rarement sur leur capacité à faire face à ce phénomène. Il faut rappeler que les femmes et les organisations féminines étaient presque seules à faire face à l’extrémisme religieux lorsqu’il menaçait leurs droits dans les années 1990s. Les hommes et surtout les hommes politiques ont attendu que le radicalisme devienne un enjeu sécuritaire pour le prendre au sérieux. Les femmes interrogées mettent à nu deux « grandes failles» dans les dispositifs nationaux et internationaux de lutte contre l’extrémisme : pour 63% d’entre-elles la société civile n’est pas assez outillée pour jouer pleinement son rôle contre ce phénomène, elles pensent aussi à 52% que les femmes ne sont pas assez impliquée dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent. Pourtant différentes expériences montrent que les femmes sont capables de développer des formes de résilience communautaire méritant d’être prises en compte dans les différentes stratégies. Il suffit que leur rôle soit mieux valorisé notamment en ce qui est de la prévention auprès des plus jeunes.

En quelles institutions les femmes ont-elles confiance pour lutter efficacement contre l’extrémisme violent ?

Malgré des critiques assez sévères contre les institutions politiques, les femmes placent l’Etat en tête des acteurs capables de lutter contre l’extrémisme (28%). Viennent ensuite les Nations Unies (13%), puis la CEDEAO (12,5 %), la MINUSMA (11,5%) ou encore la France (8,5%). Il est intéressant de voir qu’elles dissocient les Nations Unies en général comme système de la MINUSMA en tant que mission de stabilisation dont la présence et l’action divisent les personnes interrogées dans le cadre de l’étude et qu’elles spécifient le rôle de la France avec un taux de confiance de 8.5% bien qu’elle soit est un acteur important de la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel.

Dans le projet test, il est aussi question des droits des femmes, un sujet qui divise au Mali.  Qu’en dit l’étude?

La situation des droits des femmes telle qu’analysée par les femmes et les organisations féminines maliennes n’est pas rassurante. Les femmes s’alarment de l’absence de « courage politique » mais aussi une forme d’inertie de la communauté internationale ou en tout cas l’absence de pression sur les autorités politiques. L’étude dénote ce grand paradoxe sur la position des femmes vis-à-vis de l’institution étatique. Cette percée de l’Etat comme acteur le mieux placé pour la lutte contre l’extrémisme dans un contexte où l’on assiste à un recul notoire des droits des femmes est très surprenante d’autant plus que pour beaucoup de femmes leaders, les autorités politiques n’ont jamais su tenir leurs positions face aux pressantes manifestations des associations religieuses contre la promulgation du fameux code de la famille et de la personne. Dans la perception de femmes et des organisations les représentant, la situation semble perdurer aujourd’hui, suite au « soutien décisif des associations islamiques à l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités issues des élections de 2012 ».

Nouvelle étude Timbuktu Institute au Mali : femmes, prévention et lutte contre l’extrémisme violent au mali

Etude préliminaire en vue d’un projet de recherche-action

SOUS LA DIRECTION SCIENTIFIQUE DE Dr. BAKARY SAMBE, Yague Samb et  Yousra Hamdaoui

voir rapport à télécharger en pièce jointe Rapport Femme et extrémisme violent au Mali

APRÈS LA 1ERE CHAÎNE YOUTUBE D’ÉDUCATION À LA PAIX EN AFRIQUE (EDUCATING FOR PEACE), TIMBUKTU INSTITUTE, AVEC LE SOUTIEN DU BUREAU RÉGIONAL DE L’UNESCO, LANCE « SAHEL EDUCATION 2030 », UNE PLATEFORME RÉGIONALE D’ÉDUCATION AUX DROITS HUMAINS ET À LA NON-VIOLENCE DESTINÉE AUX JEUNES ÉLÈVES DU BURKINA FASO, DU MALI, DU NIGER ET DU SÉNÉGAL DANS LE CADRE DE SA STRATÉGIE PRÉVENTIVE.

La cérémonie de lancement aura lieu ce mercredi 21 juin 2017 à 10h au CEM Joseph-Félix Corréa de Guédiawaye avec la participation des autorités nationales, des représentants des pays concernés, du Bureau Régional de l’UNESCO et de la communauté éducative en partenariat avec la coordination des gouvernements scolaires regroupant les élèves du département de Pikine et Guédiawaye.

En présence de Dr. Bakary Sambe directeur du Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, Monsieur Alioune Tine, Directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre animera une conférence sur « le rôle de l’éducation aux Droits humains et à la citoyenneté pour la paix au Sahel ».

La cérémonie sera clôturée par une distribution des prix aux meilleurs élèves dans le cadre de la promotion de la culture de l’excellence ainsi que la signature d’une convention pour l’installation d’un « Club de la Paix » au sein de l’établissement.

En collaboration avec l’Organisation pour la Paix et l’Entente religieuse au Sénégal (ORPER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Timbuktu Institute a organisé la première session du « débat participatif estudiantin » sur l’importance de la prévention de l’extrémisme, ce lundi 3 juillet 2017 à 18 H dans le Campus social de l’université. Plus de 400 participants étudiants et enseignants étaient présents et y ont pris part sous forme de discussion interactive. Plusieurs questions ont été soulevées notamment le rôle du Sénégal dans l’espace sahélien ainsi que son absence du G5 Sahel. Plusieurs interlocuteurs sont revenus sur la question éducative notamment l’enseignement coranique et la situation daaras mais aussi la terminologie stigmatisante souvent utilisée par les médias à propos des questions aussi sensibles que la religion.
Ce débat participatif, en plein air, a été animé par les représentants des différentes communautés et organisations religieuses du Campus de l’UGB, musulmanes et chrétiennes, confrériques et réformistes autour de la thématique « Prévention de l’extrémisme violent : quelle responsabilité pour les communautés religieuses ». Il a été introduit par le Dr. Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) également enseignant au centre d’Etude des Religions (CER) de l’Université Gaston Berger.
Cette activité du programme « Educating for Peace » entrait dans le cadre de l’appui aux efforts de l’Etat du Sénégal pour le renforcement de la cohésion sociale et la culture de la paix. Elle visait à mieux responsabiliser les communautés et les leaders religieux dans la prévention de l’extrémisme ainsi que le renforcement de leurs capacités dans la construction des résiliences communautaires.
« Educating for Peace » qui avait déjà mené plusieurs actions dans les établissements secondaires en collaboration avec la communauté éducative, est un programme de consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Sénégal soutenu par l’Ambassade des Etats Unis à Dakar.

La Fondation Konrad Adenauer en partenariat avec Timbuktu Institute, a initié une formation à l’intention des journalistes de la presse écrite au Sénégal pour mieux les outiller sur les enjeux de la prévention de l’extrémisme violent.

Il s’agissait à travers cette formation d’un renforcement de capacité des journalistes afin de traiter ce sujet très sensible avec la déontologie requise pour mieux édifier les populations.

Pour le directeur de Timbuktu Institute, le Docteur Bakary Sambe « Cette formation est destinée aux acteurs de la presse écrite, la Fondation Konrad Adenauer et Timbukutu Institute ont voulu accompagner les actions de la presse pour mieux les outiller sur les concepts qu’ils utilisent afin d’éviter la stigmatisation de certaines religions, l’utilisation abusive de certains termes qui peuvent prêter à confusion. Au regard de leur rôle comme faiseurs d’opinions qui influencent des opinions, ils ont une responsabilité énorme pour participer dans le travail de sensibilisation, et cela on recoupe totalement le rôle des médias qui est celui d’éduquer, de sensibiliser aussi bien que l’opinion, les décideurs, la société civile et les jeunes soient bien éclairer, accompagner et sensibiliser »

L’objectif de cette journée de formation étant  de Sensibiliser les journalistes aux différents concepts et aux enjeux de la prévention de l’extrémisme violent et le traitement des questions liées au terrorisme notamment l’utilisation d’une certaine terminologie parfois confuse mais aussi les transmettre des pratiques, des grilles d’analyse pour mieux édifier les populations ; les participants ont ainsi bénéficié d’excellentes communications sur les modules comme « Aspects méthodologiques, approche de la question de l’extrémisme violent, concepts et précautions terminologiques et déontologiques », la « Crise sahélienne et l’extrémisme violent : approche critique des stratégies de lutte et enjeux de la prévention » ainsi que les « Stratégies de prévention de l’extrémisme et les bonnes pratiques dans le Sahel » ont été les différentes thématiques présentées par le Dr Bakary Sambe quant au volet « traitement de l’information sensible : éthique et professionnalisme face au phénomène du terrorisme », il a été présenté par Monsieur Moumouni CAMARA.

« C’est très important pour nous journalistes de bénéficier de ce genre de formation surtout avec le phénomène de l’extrémisme violent qui ne cesse de gagner du terrain en Afrique, avec tout ce qu’on a appris et su aujourd’hui, nous savons désormais comment mieux traiter ce sujet très sensible avec beaucoup de précaution sans pour autant vexer ou tomber dans des pièges de manipulation encore moins remettre en cause notre vivre ensemble dans tous ces états, nous remercions beaucoup la Fondation et l’Institut Timbuktu pour cette belle initiative et nous espérons que ce ne serait pas la dernière » nous confie un participant.

Après une séance de travaux en groupe avec les participants suivi de la restitution desdits travaux en plénière, Dr Bakary Sambe (Directeur de Timbuktu Institute) et Mme Ute Bocande chargé des programme de la Fondation Konrad Adenauer ont remercié les participant avant de se donner au revoir sur un cocktail bien garni.

« Le journalisme, c’est voir, savoir, savoir-faire et faire-savoir » disait Gaston Leroux, Ceci étant, il a été évoqué la nécessité de regrouper les participants de cette formation à un réseau de journalistes intervenants dans la prévention de l’extrémisme violent dans notre pays.

« L’absence du Sénégal du G5 Sahel ne signifie point un désengagement sur la question de la lutte contre le terrorisme et les réseaux criminels dans le Sahel », estime le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, Dr. Bakary Sambe, par ailleurs, directeur de Timbuktu Institute.

Selon Bakary Sambe, « Le Sénégal dont les soldats sont déjà assez présents dans le Centre du Mali, va bientôt renforcer son contingent qui pourrait atteindre 1300 à 1400 hommes ; cela est, déjà, la preuve d’une solidarité agissante envers le Mali, pays frère, et d’un engagement dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Cependant, le spécialiste des réseaux transnationaux et de l’extrémisme violent pense que « le Sénégal, déjà engagé dans le cadre du processus de Nouakchott, lancé par la Commission de l’Union africaine en mars 2013 et qui rassemble 11 pays, est tellement concerné par les défis qui interpellent les pays du G5 Sahel qu’il y avait largement sa place pour une coopération plus étroite avec une mutualisation des forces et des expériences ». Car « les attentats de Ouagadougou ont signé la fin des exceptions en Afrique de l’Ouest de même que l’attaque de Grand Bassam inaugure l’ère de l’absurdité de prévision », soutient le chercheur selon qui « tous nos pays partagent les mêmes vulnérabilités car la porosité des frontières maliennes ne sont plus seulement un problème pour le Mali mais pour tous ses voisins. Il est révolu le temps où l’on construisait des résiliences nationales dans un environnement régional instable ».

Interrogé sur l’implication marquée de la France lors du dernier sommet de Bamako avec la présence du Président Macron, le 2 juillet dernier, le directeur de Timbuktu Institute insiste sur « la nécessité de prendre de plus en plus en compte les perceptions des populations locales afin que la nouvelle force du G5 Sahel ne soit pas assimilable à un prolongement régional de la présence militaire étrangère ».

Pour lui, « ce sera dommageable aussi bien pour la précieuse coopération que pour la cause commune de la lutte contre le terrorisme dans laquelle les pays de la sous-région ont besoin de l’appui de la France dont l’intervention avait, tout de même, prémuni d’une expansion régionale djihadiste en janvier 2013 ».

En collaboration avec le Club de Philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Timbuktu Institute organise la seconde session du « débat participatif estudiantin » sur l’importance de la prévention de l’extrémisme, ce jeudi 20 juillet 2017 à 15 H à la Salle Soweto.

Ce débat participatif sera animé par les représentants des différentes communautés et organisations  religieuses du Campus de l’UCAD, musulmanes et chrétiennes, confrériques et réformistes autour de la thématique « Extrémisme violent : Tous concernés ? Comment agir ? ». Il sera introduit par Dr. Bakary Sambe directeur du Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) avec un témoignage d’un survivant de l’occupation djihadiste dans le nord du Mali.

Cette activité du programme « Educating for Peace » entre dans le cadre de l’appui aux efforts de l’Etat du Sénégal pour le renforcement de la cohésion sociale et la culture de la paix. Elle vise à mieux responsabiliser les communautés et les leaders religieux dans la prévention de l’extrémisme ainsi que le renforcement de leurs capacités dans la construction des résiliences communautaires.

« Educating for Peace » qui a déjà mené plusieurs actions dans les établissements secondaires en collaboration avec la communauté éducative, est un programme de consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Sénégal soutenu par l’Ambassade des Etats Unis à Dakar.

Timbuktu Institute a organisé la 2e session du « débat participatif estudiantin » sur l’importance de la prévention de l’extrémisme En collaboration avec le Club de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

pour regarder la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=klwNaap-nSk&feature=youtu.be

« La Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) appelait déjà à mettre en place des « interventions audacieuses » dans le domaine de la population au vu des sensibilités culturelles et religieuses. C’est du reste pourquoi la CIPD dans ses principes avaient déclaré que « La mise en œuvre des recommandations figurant dans le programme d’action est un droit souverain que chaque pays exerce de manière compatible avec ses lois nationales et ses priorités en matière de développement, en respectant pleinement les diverses religions, les valeurs éthiques et les origines culturelles de son peuple, et en se conformant aux principes des droits de l’homme universellement reconnus[1] »

« L’audace, c’est d’aller vers certains de ces gardiens de religions et cultures, ouvrir des discussions sans complexes et sans préjugés sur la façon de travailler ensemble pour le bien- être des populations. Car comme dit un principe du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), depuis que la culture est mise en exergue : « Nous savons tous que le changement qui contribue à l’universalité des droits de l’homme dans divers contextes culturels ne peut être imposé de l’extérieur ; pour perdurer, il doit venir de l’intérieur. La culture compte parce que les traditions et les croyances culturelles sont souvent plus fortes que les lois… Les institutions religieuses, à travers leurs dirigeants ainsi que les organisations y affiliées, sont les agents importants du changement pour influencer leurs sociétés à réduire les stigmatisations et discriminations, et occasionner le changement qui émane de l’intérieur des communautés elles-mêmes ».

C’est dans ce cadre que doit être envisagé le nouveau paradigme de l’accélération d’une transition démographique pour permettre très rapidement aux pays africains de tirer profit du dividende démographique. Comment faire pour tirer le maximum de profit de ce dividende démographique ? L’UA a adopté  une feuille de route qui met l’accent sur un des éléments clés, la jeunesse avec quatre piliers à mettre en exergue : l’emploi et l’entreprenariat, l’éducation et le développement des compétences, la santé et le bien-être, les droits, la gouvernance et l’autonomisation de la jeunesse.Mais comment mettre en action de façon pratique ce plan tout en impliquant tous les acteurs dans la dynamique d’une participation volontaire, éclairée, multidisciplinaire et sans méfiance aucune ?

Au-delà des techniciens du gouvernement, du personnel des institutions nationales et internationales, des ONG qui vont travailler sur ces différents projets pour mener vers une transition démographique, la participation massive et éclairée des gardiens des traditions, des cultures, et des religions est cruciale comme mentionnée plus haut. Sachant que dans nos sociétés africaines, la religion, les us et coutumes sont au début et à la fin de toutes les décisions et actions des populations, il est donc primordial d’approcher les garants de ces religions et cultures pour les informer et les former sur les questions de population pour qu’ils influent positivement sur les actions des membres de la communauté. Ils peuvent être une courroie de transmission très efficace de la bonne information aux cibles pour amorcer un changement dans le domaine population et développement et dans le domaine du changement social. L’UNFPA a une longue expérience de travail avec les réseaux confessionnels et traditionnels qu’ils soient nationaux, régionaux ou internationaux.

Le thème de l’année 2017 de l’UA : «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse » donne une occasion de collaborer avec les confessions religieuses et les réseaux confessionnels musulmans existants. En effet,  Les pays du sahel dont la majeure partie de la population est de religion musulmane ont une croissance démographique qui est l’une des plus fortes au monde, avec une population dont les 45 % sont âgés de moins de 15 ans. L’indice synthétique de fécondité varie de 5 à plus de 7 suivant les pays, et leurs faibles taux de prévalence contraceptive sont en deçà de la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui est de 24%. Les raisons de ces faibles prévalences contraceptives les plus évoquées sont les pesanteurs culturelles ou la désapprobation de la communauté qui encourage parfois les femmes à maximiser leur fertilité et à commencer à procréer à un âge précoce, la faible scolarisation des filles et son corollaire le manque d’accès à l’information sur les méthodes contraceptives modernes.  L’âge au premier mariage reste généralement très bas dans la région, Il est inférieur à 18 ans dans presque tous les pays.

Cependant les membres de ces confessions religieuses ont besoin d’être informés et formés sur la problématique de la transition démographique et du dividende démographique pour être mieux armés afin de formuler des messages et les faire passer aux communautés et aux familles. Pour ce faire, l’UNFPA a organisé en juillet 2017 d’un : Symposium  sur Islam, Dividende démographique et bien-être familial.

Les travaux qui sont ouverts ce matin se poursuivent au Palais des congrès de Ndjamena jusqu’au 27 juillet 2017

(Extrait de la note conceptuelle du Symposium)