Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

Les rapports entre l’État camerounais et certains de ses partenaires économiques prennent une tournure de plus en plus contentieuse. Derrière les différends contractuels qui se multiplient, apparaît une question plus sensible, celle du coût que ces litiges pourraient finir par faire peser sur les finances publiques. 446 milliards de FCFA en l’espace de trois mois :  c’est le montant cumulé des condamnations prononcées contre l’État camerounais par des juridictions internationales. Une somme qui doit être versée à trois entreprises étrangères opérant dans les secteurs du pétrole, du BTP et des mines.

La succession de ces décisions suscite des inquiétudes parmi des responsables politiques et des acteurs de la société civile, qui s’interrogent sur le coût de ces contentieux pour les finances publiques. L’économiste Serge Alain Goddong attribue notamment cette accumulation à des pratiques de gouvernance ainsi qu’au non-respect de certains engagements contractuels au regard des normes internationales. Les différentes affaires renvoient en effet à des partenariats commerciaux conclus avec des entreprises étrangères et désormais portés devant des instances judiciaires ou arbitrales.

La presse camerounaise a notamment fait état de condamnations concernant la société pétrolière nigériane Sahara Energy, le groupe italien Gruppo Officine Piccini et la compagnie minière australienne Sundance Resources. En sus du caractère mirobolant du montant, c’est donc la manière dont l’État conduit et sécurise ses engagements contractuels qui se trouve questionnée. Le silence du gouvernement sur cette succession de décisions alimente également les interrogations, alors que plusieurs autres procédures sont encore pendantes et pourraient alourdir davantage la facture.

L’Extrême-Nord, un front sécuritaire permanent

Cette pression financière intervient alors que le front sécuritaire demeure particulièrement préoccupant dans l’Extrême-Nord. Dans la nuit du 16 au 17 septembre, le village de Madegoua, dans le département du Logone-et-Chari, a été frappé par une attaque qui a fait 15 morts et trois blessés. Des hommes lourdement armés ont fait irruption dans la localité vers 2 heures du matin, avant de sortir plusieurs habitants de leurs maisons, de les ligoter puis de les exécuter. L’attaque n’a pas été revendiquée. Alors que l’ISWAP est particulièrement actif dans la zone, des  sources locales évoquent également l’hypothèse d’une action punitive, après la saisie de munitions qui auraient été dissimulées dans le secteur et remises aux autorités par un comité de vigilance. Cette hypothèse n’est toutefois pas établie. La gravité de l’attaque, une des plus meurtrières contre des civils dans l’Extrême-Nord ces dernières années, tient aussi à ses circonstances. Les assaillants n’auraient rencontré aucune résistance durant leur incursion, alors qu’une base militaire se trouve à environ huit kilomètres du village.

Au sein du MRC, le remue-ménage

Au plan politique, la récente démission de Maurice Kamto de la présidence du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) semble avoir ouvert une période de transition particulièrement sensible pour le parti d’opposition. La nouvelle direction doit être élue lors d’une convention extraordinaire prévue le 10 octobre, tandis que plusieurs candidatures se dessinent déjà, dont celle de Pierre Emmanuel Binyam., Dans cette phase de succession, Mamadou Mota a cherché à fixer les limites de ce que devrait être, selon lui, la ligne politique du futur président du parti. Il a notamment déclaré que toute réconciliation avec Willy Mengue (dissident à l’origine du procès contre le MRC) et ses associés constituerait une « ligne rouge absolue et non-négociable ». Il a également dénoncé toute collaboration avec le ministère de l’Administration territoriale (MINAT), qu’il accuse d’agir contre les aspirations du MRC.

Ces déclarations interviennent alors que le parti est lui-même engagé dans une bataille judiciaire autour de sa gouvernance. Membres du parti, Willy Mengue, Laure Noutchang et Sébastien Mbala Wouria II avaient saisi le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou afin notamment d’obtenir la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du parti et contester les conditions du retour de Maurice Kamto à sa tête en décembre 2025. Le 17 septembre, le tribunal s’est déclaré incompétent pour statuer en référé. La décision met fin à cette procédure dans l’urgence sans trancher les contestations de fond relatives à la gouvernance du MRC. Preuve s’il en était, que les tensions au sein de la formation d’opposition sont palpables, le parti a dû démentir un faux communiqué circulant sur les réseaux sociaux et annonçant la création d’un nouveau parti politique par son ancien président. Le parti a précisé qu’aucune initiative de ce type n’avait été engagée par Maurice Kamto, lequel n’a pas réagi publiquement à ce document.

Le Cameroun donne ainsi à voir deux formes distinctes d’usure tenant en ceci : que devient un ordre politique lorsque certaines crises semblent briller par leur pérennité ? Dans l’Extrême-Nord, la persistance de la menace entretient une zone de vulnérabilité qui ne se réduit plus à la seule question des attaques ; dans le champ politique, les recompositions inachevées prolongent une incertitude constante. En attendant, les partis politiques se mettent en ordre de bataille pour d'hypothétiques élections législatives et municipales, normalement prévues pour début 2027.

Timbuktu Institute - Week 3 September 2026

N’Djamena is seeking to regain its grip on several fronts at once. Indeed, the military high command appears determined to restore order down to the institution’s everyday practices. The series of directives issued by the Chief of General Staff of the Armed Forces, General Abakar Abdelkerim Daoud, is revealing in this respect. First, in a document sent on 10 September to all commanders of major formations, operations coordinators and directors, an instruction now prohibits the movement of Toyota “troop” military vehicles in urban areas. According to the measure, the ban aims to regulate the use of these vehicles more strictly, with a few exemptions granted for fatigue duties or training. The instruction is to be applied notably in the Lac, Daboua, Ounianga Kebbir-Nord and Kanem areas.

On the same day, the high command prohibited soldiers from getting involved in mediating community and religious conflicts. The General Staff says it has observed soldiers of various ranks taking part in managing these disputes and points out that this mission does not fall within the prerogatives of the defence and security forces, in accordance with Ordinance 02 on the general statute of the FDS. Any offender now faces disciplinary sanctions. A third measure concerns the wearing of uniforms. The military command has noted the recurrent presence of armed soldiers in bars and other public places in N’Djamena outside working hours. Wearing military dress is therefore now prohibited outside working hours. The capital’s joint security commission and the military police have been instructed to intercept offenders, who are to be handed over to the General Staff of the Armed Forces and face disciplinary sanctions.

Curbing the circulation of weapons

This determination by the State to assert control over its territory is also evident on another front: the circulation of weapons. A disarmament operation conducted over three months in four eastern provinces led to the seizure of 3,430 weapons as well as a large quantity of ammunition. Presented on 17 September at the base of the Chad-Sudan Joint Force, the results concern Ouaddaï, Wadi Fira, Sila and Ennedi-Est. A considerable figure that gives tangible substance to the effort to regain security control. According to General Ousmane Bahr Mahamat Itno, general coordinator of the disarmament programme, the aim is to remove weapons illegally held by the population in order to strengthen security and stability in this part of the country. This disarmament operation comes, moreover, as the high command seeks to prevent soldiers from becoming actors in these community conflicts. The logic is twofold: reducing the circulation of instruments of violence while clarifying the responsibilities of those tasked with ensuring security.

Strengthening the social fabric

On the social front, civil society is working to bring about transitional justice mechanisms. On 15 September, in N’Djamena, civil society organisations, human rights defenders, lawyers and victims’ representatives presented a citizens’ project to create a National Truth, Justice, Reparation and Reconciliation Commission (CNVJRR). The initiative seeks to address the trauma linked to the conflicts, violence, disappearances and human rights violations that have marked Chad’s history. Its promoters believe that previous peace agreements and dialogues have failed to deal with this legacy in a lasting way. “There is something we have not yet tried: the truth, justice and reparation mechanism,” said Mahamat Nour Ibedou, defending an approach inspired notably by the South African and Rwandan experiences, but adapted to Chadian realities. The project rests on six pillars: truth, justice, trauma healing, reparation, institutional reform and reconciliation.

The organisations are now asking President Mahamat Idriss Déby Itno to institutionalise this commission, drawing in particular on the Doha Agreement and the recommendations of the Inclusive and Sovereign National Dialogue. The initiative thus adds a political and memorial dimension to stabilisation efforts. For disarming communities or disciplining the security forces is not necessarily enough to heal accumulated wounds. The question also remains how a State can acknowledge past violence, deliver justice to victims and restore trust in its institutions.

The economic gamble

Consolidating the country also involves another, no less urgent battle: that of economic transformation. In this respect, N’Djamena intends to mobilise up to 30 billion dollars from investors, notably French ones, to finance the 268 projects of the “Tchad Connexion 2030” National Development Plan. The programme covers 17 sectors and provides for investments in water, electricity, infrastructure, digital technology, agriculture, health and hydrocarbons, to which are added 133 projects devoted to structural reforms. The stakes are high: increasing GDP by 60% and lifting 2.5 million people out of poverty. The government is counting in particular on public-private partnerships and French expertise to accelerate the country’s economic transformation. The Chad-France economic forum scheduled in Paris on 25 September 2026 is precisely intended to mobilise French investors around the plan’s priority sectors, including water, energy, infrastructure, mining, industry, agriculture, livestock, health and training. But here again, moving from words to implementation is the real test. The plan comprises 268 projects and carries a transformative ambition that goes well beyond building infrastructure alone. It touches on electricity, water, digital technology, transport, agriculture, health and hydrocarbons, but also on justice, taxation, social protection, State reform and decentralisation. From this angle, the challenge for N’Djamena is also to create the conditions for turning financial commitments into tangible achievements, in an environment where expectations regarding transparency, governance and project implementation remain high. All the more so as the country still faces a degree of caution towards major development programmes announced over the decades without always delivering the expected results.

 

 

Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

N’Djamena cherche à reprendre prise, à la fois, sur plusieurs fronts. En effet, le haut commandement militaire semble vouloir remettre de l’ordre jusque dans les usages ordinaires de l’institution. La série de directives prises par le chef d’état-major général des armées, le général Abakar Abdelkerim Daoud est à cet égard révélatrice. D’abord, dans un document adressé le 10 septembre à l'ensemble des commandants de grandes formations, coordinateurs des opérations et directeurs, une instruction interdit désormais la circulation des véhicules militaires Toyota « troupe » dans les zones urbaines. Selon la mesure, cette interdiction vise à encadrer plus strictement l’utilisation de ces véhicules, avec quelques dérogations accordées pour les corvées ou les entraînements. L’instruction doit notamment être appliquée dans les zones du Lac, de Daboua, d’Ounianga Kebbir-Nord et du Kanem.

Le même jour, le haut commandement a interdit aux militaires de s’impliquer dans la médiation des conflits communautaires et confessionnels. L’état-major dit avoir constaté la participation de militaires de différents grades à la gestion de ces différends et rappelle que cette mission ne relève pas des prérogatives des forces de défense et de sécurité, conformément à l’ordonnance 02 portant statut général des FDS. Tout contrevenant s’expose désormais à des sanctions disciplinaires. Une troisième mesure concerne le port de l’uniforme. Le commandement militaire a constaté la présence récurrente de militaires en armes dans des bars et autres lieux publics de N’Djamena en dehors des heures de service. Le port de la tenue militaire est donc désormais interdit hors des horaires professionnels. La commission mixte de sécurité de la capitale et la police militaire ont reçu instruction d’intercepter les contrevenants, qui doivent être remis à l’état-major général des armées et exposés à des sanctions disciplinaires.

Endiguer la circulation d’armes

Cette volonté de l’Etat d’assurer son contrôle sur le territoire se retrouve également sur un autre terrain, celui de la circulation des armes. Une opération de désarmement menée pendant trois mois dans quatre provinces de l’Est a permis de saisir 3 430 armes ainsi qu’une importante quantité de munitions. Présenté le 17 septembre à la base de la Force mixte tchado-soudanaise, le bilan concerne le Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et l’Ennedi-Est. Un chiffre considérable qui donne une matérialité à l’effort de reprise du contrôle sécuritaire. Selon le général Ousmane Bahr Mahamat Itno, coordonnateur général du désarmement, l’objectif est de retirer les armes détenues illégalement par les populations afin de renforcer la sécurité et la stabilité dans cette partie du pays. Cette opération de désarmement intervient d’ailleurs alors que le haut commandement cherche à empêcher les militaires de devenir des acteurs de ces conflits communautaires. La logique est double, réduire la circulation des instruments de violence tout en clarifiant les responsabilités de ceux qui sont chargés d’assurer la sécurité.

Raffermir le tissu social

Sur le plan social, la société civile s’emploie à faire émerger des mécanismes de justice transitionnelle. Le 15 septembre, à N’Djamena, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains, des juristes et des représentants de victimes ont présenté un projet citoyen visant à créer une Commission nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CNVJRR). L’initiative entend répondre aux traumatismes liés aux conflits, aux violences, aux disparitions et aux violations des droits humains qui ont marqué l’histoire du Tchad. Ses promoteurs estiment que les précédents accords de paix et dialogues n’ont pas permis de traiter durablement ces passifs. « Il y a quelque chose que nous n’avons pas encore essayé : le mécanisme de vérité, de justice et de réparation », a déclaré Mahamat Nour Ibedou, en défendant une démarche inspirée notamment des expériences sud-africaine et rwandaise, mais adaptée aux réalités tchadiennes. Le projet repose sur six piliers : la vérité, la justice, la guérison des traumatismes, la réparation, les réformes institutionnelles et la réconciliation.

Les organisations demandent désormais au président Mahamat Idriss Déby Itno d’institutionnaliser cette commission, en s’appuyant notamment sur l’Accord de Doha et les recommandations issues du Dialogue national inclusif et souverain. La démarche ajoute ainsi une dimension politique et mémorielle aux efforts de stabilisation. Car désarmer les communautés ou discipliner les forces de sécurité ne suffit pas nécessairement à refermer les blessures accumulées. La question demeure aussi celle de la manière dont un État peut reconnaître les violences du passé, rendre justice aux victimes et restaurer la confiance dans ses institutions.

Le pari économique

La consolidation du pays passe aussi par une autre bataille non moins urgente : celle de la transformation économique. A cet égard, N’Djamena entend mobiliser jusqu’à 30 milliards de dollars auprès d’investisseurs, notamment français, pour financer les 268 projets du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Le programme couvre 17 secteurs et prévoit des investissements dans l’eau, l’électricité, les infrastructures, le numérique, l’agriculture, la santé et les hydrocarbures, auxquels s’ajoutent 133 projets consacrés aux réformes structurantes. Le pari est de taille : augmenter le PIB de 60 % et sortir 2,5 millions de personnes de la pauvreté. Le gouvernement mise notamment sur les partenariats public-privé et sur l’expertise française pour accélérer la transformation économique du pays. Le forum économique Tchad-France prévu à Paris le 25 septembre 2026 doit justement permettre de mobiliser les investisseurs français autour des secteurs prioritaires du plan, parmi lesquels l’eau, l’énergie, les infrastructures, les mines, l’industrie, l’agriculture, l’élevage, la santé et la formation. Mais ici encore, le passage du discours à l’exécution constitue le véritable test. Le plan compte 268 projets et porte une ambition de transformation qui dépasse largement la seule construction d’infrastructures. Il touche à l’électricité, à l’eau, au numérique, aux transports, à l’agriculture, à la santé, aux hydrocarbures, mais aussi à la justice, à la fiscalité, à la protection sociale, à la réforme de l’État et à la décentralisation. Sous cet angle, l’enjeu pour N’Djamena reste aussi de créer les conditions permettant de transformer les engagements financiers en réalisations tangibles, dans un environnement où demeurent fortes les attentes en matière de transparence, de gouvernance et d’exécution des projets. D’autant que le pays reste confronté à une forme de prudence face aux grands programmes de développement annoncés au fil des décennies sans toujours produire les résultats espérés.

 

Timbuktu Institute - Week 3 September 2026

For the past few months, the security front in northern Benin appears to have been experiencing a lull. Admittedly, this does not mean the security threat has been fully contained, but the country continues to step up efforts aimed at bending the curve of jihadist violence on its territory. According to a study by the Africa Center for Strategic Studies (ACSS), the number of people killed by terrorist groups reportedly fell from 277 to 81 within a year, a drop of 78%. This trend is attributed in particular to the increase in the army’s manpower and resources, the operations conducted under Operation Mirador and socio-economic measures designed to reduce community tensions. However, this improvement is by no means a return to normal. While terrorism-related deaths have risen by 77% across the continent since 2021, particularly in the Sahel, Benin’s lull may remain fragile, insofar as the terrorist group JNIM continues its attempts to expand there.

The extension, on 14 September, of exceptional measures in certain northern areas provides a concrete illustration. The government has indeed decided to relocate schools located in localities exposed to incursions by armed groups, in order, according to the government, to “protect children and (…) avoid exposing the population, particularly pupils and their teachers”. The exact number of schools, pupils and teachers affected has not been specified. The measure concerns localities in around ten municipalities bordering Niger, Nigeria and Burkina Faso, including Karimama and Matéri. Pupils and their teachers are therefore to move to secure sites, away from areas deemed sensitive. Hence, behind the fall in casualties, this decision is a reminder of a more mundane reality: in the north of the country, the threat continues to weigh on the ordinary conditions of daily life.

A respite under watch

Certainly, the fall in fatalities is therefore an important indicator, but it cannot on its own reflect how the threat is evolving. The increase in resources devoted to the armed forces, the security operations conducted under Mirador and the initiatives aimed at reducing tensions likely to fuel instability reflect the continued vigilance guiding Benin’s security policy. On 15 September, the Minister of the Interior and Public Security, Djibril Mama Cissé, thus received a delegation from the US National Guard. The talks focused on strengthening cooperation on security and civil protection, notably around the partnership with the Beninese Civil Protection Agency. The American delegation also presented new support projects in several areas of common interest.

With European partners, Benin’s approach follows the same logic. In Cotonou, the Minister Delegate for National Defence, Gildas Agonkan, held talks on 15 September with the new Italian ambassador, Roberto Mengoni, on ways to strengthen the military partnership. This already rests on personnel training, but the two sides are now considering extending it to other sectors matching the needs of the Beninese Armed Forces. Minister Agonkan expressed his wish to intensify exchanges and identify new areas of support and experience-sharing, while the Italian diplomat reaffirmed Rome’s readiness to support Benin in defending and protecting its territory. This momentum is part of an already substantial European cooperation. In 2024, the European Union had mobilised 35 million euros for the Beninese armed forces, notably for equipment, training, medical capabilities, medical evacuation and surveillance. The opening of new channels with Rome, like the deepening of the partnership with Washington, is thus part of a broader drive to diversify external support as security needs evolve.

Rwanda’s support, from intelligence to technology

It is, however, with Rwanda that this search for new capabilities takes on a particularly technological dimension. On 16 September, President Romuald Wadagni travelled to Kigali to meet Paul Kagame, as part of a tour of Central Africa. Cooperation between Benin and Rwanda had already been initiated under Patrice Talon in the administrative, digital and security fields. The two leaders agreed to continue exchanges in the civil service, notably through the secondment of Beninese officials to Rwandan administrations, in order to draw on Kigali’s experience in digitalising public services and developing digital identity. This administrative cooperation also has a security dimension. Benin’s unique identification number project certainly aims to better centralise citizens’ data, but it also includes a component relating to the strengthening of certain telecommunications surveillance capabilities. Intelligence is thus one of the central pillars of the rapprochement with Kigali. Benin’s services could notably gain access to certain Rwandan technologies for telecommunications surveillance and satellite imagery exploitation.

In this respect, Rwanda has American technologies for analysing satellite images, notably using artificial intelligence, in order to track population movements and detect movements considered suspicious. For Benin, these capabilities would be particularly useful in the northern departments, where jihadist incursions have intensified. They could help identify the routes used by fighters, as well as certain sites serving as bases or caches for weapons, ammunition or fuel. After Kigali, the Beninese president travelled to Brazzaville on 17 September to meet his Congolese counterpart Denis Sassou-N’Guesso. The discussions covered bilateral relations and several issues of common interest, although their precise content was not made public. No new agreement or concrete partnership was announced at the end of the meeting. The trip is nonetheless part of a rapprochement under way since Wadagni took office. A few months earlier, Congo had sent Françoise Joly, Sassou-N’Guesso’s personal representative, to Cotonou, carrying a message from the Congolese president and tasked with discussing with the Beninese authorities ways of strengthening bilateral cooperation.

The relative lull observed in the north of the country therefore does not mean the risk has disappeared; rather, it seems to open a phase in which Benin appears to be moving from a logic of responding to sudden attacks towards a more diffuse architecture of prevention, in which intelligence, technology, military cooperation and control of border areas converge. In this respect, a shift is taking shape, in that Benin is now seeking to make anticipation a fully-fledged component of its defence.

Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

Depuis quelques mois, le front sécuritaire au nord du Bénin semble connaître une accalmie. Certes, cela ne signifie pas un total endiguement de la menace sécuritaire, mais le pays continue de multiplier les efforts allant dans le sens d’infléchir la courbe de la violence jihadiste sur son territoire. Selon une étude du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA), le nombre de personnes tuées par des groupes terroristes serait passé de 277 à 81 en l’espace d’un an, soit une baisse de 78 %. Une évolution attribuée notamment au renforcement des effectifs et des moyens de l’armée, aux opérations conduites dans le cadre de l’opération Mirador ainsi qu’aux mesures socio-économiques destinées à réduire les tensions communautaires. Cette embellie n’a toutefois rien d’un retour à la normale. Alors que les décès liés au terrorisme ont progressé de 77 % à l’échelle du continent depuis 2021, particulièrement au Sahel, l’accalmie béninoise pourrait demeurer fragile, dans la mesure où le groupe terroriste JNIM y poursuit ses tentatives d’expansion.

Ainsi, le maintien, le 14 septembre, de mesures exceptionnelles dans certaines zones septentrionales en donne une illustration concrète. Le gouvernement a en effet décidé de déplacer des écoles situées dans des localités exposées aux incursions de groupes armés, afin, selon le gouvernement de « protéger les enfants et (…) éviter d’exposer les populations, notamment les élèves et leurs enseignants ». Le nombre exact d’établissements, d’élèves et d’enseignants concernés n’a pas été précisé. La mesure touche des localités d’une dizaine de communes frontalières du Niger, du Nigeria et du Burkina Faso, notamment Karimama et Matéri. Les élèves et leurs enseignants doivent ainsi rejoindre des sites sécurisés, éloignés des zones jugées sensibles. Partant, derrière la baisse des victimes, cette décision rappelle une réalité plus prosaïque : dans le nord du pays, la menace continue de peser sur les conditions ordinaires de la vie quotidienne.

Un répit sous surveillance

Assurément, la baisse de la mortalité constitue donc un indicateur important, mais elle ne saurait à elle seule refléter l’évolution de la menace. L’augmentation des ressources consacrées aux forces armées, les opérations de sécurité menées sous Mirador et les initiatives visant à réduire les tensions susceptibles d’alimenter l’instabilité traduisent le maintien de la vigilance qui guident la politique sécuritaire béninoise.  Le 15 septembre, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, recevait ainsi une délégation de la Garde nationale américaine. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité et de protection civile, notamment autour du partenariat avec l’Agence béninoise de protection civile. La délégation américaine a également présenté de nouveaux projets d’appui dans plusieurs domaines d’intérêt commun.

Côté partenaires européens, la démarche béninoise obéit à la même logique. À Cotonou, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Agonkan, s’est entretenu le 15 septembre avec le nouvel ambassadeur d’Italie, Roberto Mengoni, sur les moyens de renforcer le partenariat militaire. Celui-ci repose déjà sur la formation des personnels, mais les deux parties envisagent désormais de l’étendre à d’autres secteurs correspondant aux besoins des Forces armées béninoises. Le ministre Agonkan a souhaité intensifier les échanges et identifier de nouveaux domaines d’appui et de partage d’expérience, tandis que le diplomate italien a réaffirmé la disponibilité de Rome à accompagner le Bénin dans la défense et la protection de son territoire. Cette dynamique s’inscrit dans une coopération européenne déjà substantielle. En 2024, l’Union européenne avait mobilisé 35 millions d’euros au profit des forces armées béninoises, notamment pour l’équipement, la formation, les capacités médicales, l’évacuation sanitaire et la surveillance. L’ouverture de nouveaux canaux avec Rome, comme l’approfondissement du partenariat avec Washington, participe ainsi d’une volonté plus large de diversifier les soutiens extérieurs à mesure que les besoins sécuritaires évoluent.

L’appui du Rwanda, du renseignement à la technologie

C’est toutefois avec le Rwanda que cette recherche de capacités nouvelles prend une dimension particulièrement technologique. Le 16 septembre, le président Romuald Wadagni s’est rendu à Kigali pour rencontrer Paul Kagame, dans le cadre d’une tournée en Afrique centrale. La coopération entre le Bénin et le Rwanda avait déjà été engagée sous Patrice Talon dans les domaines administratif, numérique et sécuritaire. Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre les échanges dans la fonction publique, notamment à travers le détachement de cadres béninois auprès des administrations rwandaises, afin de tirer parti de l’expérience de Kigali dans la numérisation des services publics et le développement de l’identité numérique. Cette coopération administrative recouvre aussi une dimension sécuritaire. Le projet béninois de numéro d’identification unique vise certes à mieux centraliser les données relatives aux citoyens, mais il comporte également, un volet touchant au renforcement de certaines capacités de surveillance des télécommunications. Le renseignement constitue ainsi l’un des axes centraux du rapprochement avec Kigali. Les services béninois pourraient notamment avoir accès à certaines technologies rwandaises de surveillance des télécommunications et d’exploitation de l’imagerie satellitaire.

Le Rwanda dispose à cet égard de technologies américaines permettant d’analyser des images satellitaires, notamment grâce à l’intelligence artificielle, afin de suivre des mouvements de population et de détecter des déplacements considérés comme suspects. Pour le Bénin, ces capacités auraient vocation à être particulièrement utiles dans les départements septentrionaux, où les incursions jihadistes se sont intensifiées. Elles pourraient contribuer à repérer les itinéraires empruntés par les combattants, mais également certains lieux servant de bases ou de caches d’armes, de munitions ou de carburant. Après Kigali, le président béninois s’est rendu le 17 septembre à Brazzaville pour rencontrer son homologue congolais Denis Sassou-N’Guesso. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales et sur plusieurs questions d’intérêt commun, sans que leur contenu précis n’ait été rendu public. Aucun nouvel accord ou partenariat concret n’a été annoncé à l’issue de la rencontre. Le déplacement s’inscrit néanmoins dans une dynamique de rapprochement engagée depuis l’arrivée de Wadagni à la présidence. Quelques mois auparavant, le Congo avait envoyé à Cotonou, Françoise Joly, représentante personnelle de Sassou-N’Guesso, porteuse d’un message du président congolais et chargée d’échanger avec les autorités béninoises sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale.

La relative accalmie observée dans le nord du pays ne signe donc pas la disparition du risque ; elle semble plutôt ouvrir une phase où le Bénin paraît ainsi passer d’une logique de réponse à l’irruption à une architecture plus diffuse de prévention, dans laquelle renseignement, technologie, coopération militaire et contrôle des espaces frontaliers se rejoignent. A cet égard, une inflexion prend forme en ceci que le Bénin cherche désormais à faire de l’anticipation une composante à part entière de sa défense.

Timbuktu Institute - Week 3, September 2026

Less than three months before the presidential and legislative elections to be held jointly on 6 December, the spokesperson of the African Party for the Independence of Guinea and Cape Verde (PAIGC) has criticised the conditions under which the political transition is taking place in Guinea-Bissau. Muniro Conté thus called into question the creation of the Guinean People’s Party (PPG), led by the Prime Minister and the Minister of Finance, arguing that the participation of members of the transitional government in the electoral contest couldcompromise the fairness and transparency of the vote.

The main political party denounces the conditions of the democratic transition ahead of the general elections

The spokesperson also recalled that the PAIGC does not recognise the result of the 30 August referendum, which it described as “fraudulent” and likened to “another coup d’état”. As a reminder, the vote, which proposed replacing the parliamentary system with a strengthened presidential system, resulted in a “yes” victory with 70% of votes cast and a 55% turnout, according to the National Electoral Commission. Muniro Conté claims that voters massively boycotted the referendum and that the official results “do not match the atmosphere felt on voting day”. Beyond contesting the referendum, Muniro Conté denounces the restrictions imposed on political activity in the country. On 9 January, the transitional authorities banned public meetings and press conferences by political parties on the grounds that these had enabled their organisers “to incite violence and disobedience”. The PAIGC spokesperson believes that these measures have placed Guinea-Bissau “in the orbit of dictatorial regimes”.

This week, the High Military Command for the Restoration of Security and Public Order also ordered political parties to relocate, within seven days, their headquarters located less than 500 metres from sovereign institutions, hospitals, diplomatic missions and military or paramilitary units. The measure appears to target the PAIGC directly, as its headquarters is located right next to a hospital in central Bissau. A further tightening of the screws, while Muniro Conté regrets the ineffectiveness of the mediation missions led by ECOWAS and the African Union to help restore political freedoms.

The Prime Minister seeks to dispel suspicions surrounding his new party

Responding to criticism from the opposition, the transitional Prime Minister and leader of the Guinean People’s Party (PPG), Ilídio Vieira Té, gave assurances that he would not use his government position to build up his political party. He said he wished to maintain a separation between the exercise of power and partisan activity. Despite the restrictions on political activity in Guinea-Bissau, the Prime Minister said he upholds the neutrality of institutions, equal treatment of candidates and the freedom to campaign. Finally, he dismissed rumours that the PPG is a tool of former President Umaro Sissoco Embaló, stating that there would be “neither hidden presidents nor parallel decision-making centres”.

Cooperation with China: a strategy to develop the mining sector

Guinea-Bissau took part in the 28th international mining conference “China Mining 2026”, held from 10 to 12 September in Tianjin. Bringing together representatives from some sixty countries and international organisations, the event was devoted to developing “win-win, green and smart” mining. While the Minister of Natural Resources highlighted the country’s bauxite and phosphate potential, the Bissau-Guinean delegation also said it wanted to improve knowledge of the national mining potential. Strengthening the country’s technical capacity is to be achieved through training national staff, technology transfer and developing technical cooperation with China. Minister Júlio Mamadú Baldé presented a mining development strategy based on the local processing of resources, in order to promote job creation and the capture of added value.

Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

À moins de trois mois des élections présidentielles et législatives prévues conjointement le 6 décembre prochain, le porte-parole du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) critique les conditions dans lesquelles se déroule la transition politique en Guinée-Bissau. Muniro Conté a ainsi mis en cause la création du Parti populaire guinéen (PPG) dirigé par le Premier ministre et le ministre des Finances, estimant que la participation de membres du gouvernement de transition à la compétition électorale pourraitcompromettre l’équité et la transparence du scrutin.

Dénonciation des conditions de la transition démocratique à l’approche des élections générales par le principal parti politique

Le porte-parole a également rappelé que le PAIGC ne reconnaît pas le résultat du référendum du 30 août qualifié de « frauduleux » et comparé à « un autre coup d’État ». Pour mémoire, le scrutin qui prévoyait de remplacer le régime parlementaire par un régime présidentiel renforcé, a abouti à la victoire du « oui » avec 70 % des suffrages exprimés et 55 % de participation, selon la Commission nationale électorale. Muniro Conté affirme que les électeurs ont massivement boycotté le référendum et que les résultats officiels « ne correspondent pas à l’atmosphère ressentie le jour du vote ». Au-delà de la contestation du référendum, Muniro Conté dénonce les restrictions imposées à l’activité politique du pays. Le 9 janvier dernier, les autorités de transition ont interdit les réunions publiques et les conférences de presse des partis politiques au motif que celles-ci avaient permis à leurs organisateurs « d’inciter à la violence et à la désobéissance ». Le porte-parole du PAIGC estime que ces mesures ont placé la Guinée-Bissau « dans l’orbite des régimes dictatoriaux ».

Cette semaine, le Haut Commandement Militaire pour le Rétablissement de la Sécurité et de l'Ordre Public a en outre imposé aux formations politiques de déplacer, sous sept jours, leurs sièges situés à moins de 500 mètres des organes de souveraineté, établissements hospitaliers, représentations diplomatiques et unités militaires ou paramilitaires. La mesure semble viser directement le PAIGC, dont le siège est situé à proximité immédiate d’un hôpital dans le centre de Bissau. Un tour de vis supplémentaire alors que Muniro Conté regrette l’inefficacité des missions de médiation conduites par la CEDEAO et l’Union africaine chargées de contribuer au rétablissement des libertés politiques.

Le Premier ministre entend dissiper les soupçons entourant son nouveau parti

Face aux critiques de l’opposition, le Premier ministre de transition et chef du Parti populaire guinéen (PPG), Ilídio Vieira Té, a assuré qu’il n’utiliserait pas ses fonctions gouvernementales pour développer sa formation politique. Il a affirmé vouloir maintenir une séparation entre l’exercice du pouvoir et l’activité partisane. Malgré les restrictions visant l’exercice de l’activité politique en Guinée-Bissau, le Premier ministre a indiqué défendre la neutralité des institutions, l’égalité de traitement des candidats et la liberté de faire campagne. Il a enfin balayé les rumeurs faisant du PPG un instrument de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, affirmant qu’il n’y aurait « ni présidents cachés ni centres de décision parallèles ». 

La coopération avec la Chine : une stratégie pour développer le secteur minier

La Guinée-Bissau a participé à la 28ème conférence internationale minière « China Mining 2026 », organisée du 10 au 12 septembre à Tianjin. Réunissant des représentants d’une soixantaine de pays et d’organisations internationales, l’événement a été consacré au développement d’une exploitation minière « gagnant-gagnant, verte et intelligente ». Si le ministre des Ressources naturelles a notamment rappelé le potentiel du pays en bauxite et en phosphate, la délégation bissau-guinéenne a également indiqué vouloir améliorer la connaissance du potentiel minier national. Le renforcement des capacités techniques du pays doit quant à lui passer par la formation de personnels nationaux, le transfert de technologies et le développement de la coopération technique avec la Chine. Le ministre Júlio Mamadú Baldé a présenté une stratégie de développement minier fondée sur la transformation locale des ressources, permettant de favoriser la création d’emplois ainsi que la captation de la valeur ajoutée.

Timbuktu Institute - Week 3, September 2026

On 10 September, JNIM overran the Dioura military camp, in the Mopti region, inflicting on the FAMa one of their heaviest losses since 2012: according to sources, between 50 and 150 Malian soldiers were reportedly killed, alongside Russian paramilitaries from Africa Corps. Amid Bamako’s silence on the toll, the army retaliated as early as 15 September with strikes against jihadist logistics bases. But this attack revives questions about the vulnerability of the Malian army and the effectiveness of Russian support.

The Mopti region (Dioura), target of a deadly attack

Targeted several times in recent years, the Dioura military camp, located in the Mopti region in central Mali, faced a massive attack launched by JNIM. It is considered one of the deadliest attacks suffered by the Malian army since the security crisis began in 2012. The events took place at dawn on 10 September 2026, when the assault, using various means of transport including motorbikes, armed vehicles and even on foot, allowed the jihadists to quickly overrun the military camp and occupy the premises. After filming the site and seizing weapons, ammunition and vehicles, the jihadists reportedly withdrew before the FAMa abandoned the site.

The toll is heavy, with figures revised upwards. While some sources report a death toll of more than fifty Malian soldiers and five Russian paramilitaries from Africa Corps killed, in addition to several dozen prisoners, other sources estimate at least 100 Malian soldiers killed, double the initial estimates. According to AFP and Reuters, the number of Malian soldiers killed may have reached 150. Meanwhile, the Al-Qaeda-affiliated JNIM, which claimed the attack, reports 150 dead and more than 90 captured. The Malian armed forces and their families have chosen not to communicate about this attack, leaving the international community somewhat sceptical, insofar as this silence could be seen as confirmation of the figures announced.

A disproportionate military response

On the Malian army’s side, the response was swift. In the days that followed, specifically on 15 September 2026, the FAMa, supported by their mainly Russian partners, struck terrorist logistics bases as part of Operation Dougoukoloko. They first targeted the area north of Dioura, considered a fallback point with war materiel, motorbikes and kamikaze drones, then an area 35 km south-east of Mondoro marked by a heavy concentration of armed groups with vehicles and weapons. According to the General Staff, these operations were successful. It also announced the continuation of its reconnaissance missions in order to assess their effects and eradicate the remaining threats.

A partnership with Russia lacking effectiveness?

These attacks point to several structural trends. First, they highlight the vulnerability of the Malian army despite Africa Corps’ support. Hence the questioning of the effectiveness of Africa Corps and of the partnership with Russia more generally, which continues to show its limits.

Moreover, the fact that Bamako’s communication on terrorist attacks, particularly on casualty figures, remains perfunctory may be seen by the public as an admission of failure, especially as there is a considerable gap between the information given by local military sources and the international press, as well as JNIM’s propaganda. The latter, through its recent rather targeted attacks, is inflicting growing casualties on the FAMa and thus giving them a hard time. For example, the Dioura attack caused many casualties despite the presence of Russian paramilitaries and follows a long series of attacks carried out by JNIM as part of coordinated operations that cost the life of the Malian defence minister.

 

Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

Le 10 septembre, le JNIM a submergé le camp militaire de Dioura, dans la région de Mopti, infligeant aux FAMa l'un de leurs pertes les plus lourdes depuis 2012 : selon les sources, entre 50 et 150 soldats maliens auraient été tués, aux côtés de paramilitaires russes d'Africa Corps. Face au silence de Bamako sur le bilan, l'armée a riposté dès le 15 septembre par des frappes contre des bases logistiques jihadistes. Mais cette attaque ravive les interrogations sur la vulnérabilité de l'armée malienne et sur l'efficacité du soutien russe.

La région de Mopti (Dioura), cible d’une attaque meurtrière

Ciblé à plusieurs reprises ces dernières années, le camp militaire de Dioura, situé dans la région de Mopti dans le centre du Mali, fait face à une attaque massive lancée par le JNIM. Considérée comme l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis la crise sécuritaire en 2012. Les faits se sont déroulés le 10 septembre 2026 à l’aube quand l’assaut avec différents moyens de locomotion dont la moto, les véhicules armés ou même à pied a permis aux djihadistes de submerger rapidement le camp militaire et d’occuper ainsi les lieux. Après avoir filmé les lieux et saisi des armes, des munitions et des véhicules, les djihadistes se seraient retirés avant que les FAMa n’abandonnent les lieux.

Le bilan est lourd avec des chiffres revus à la hausse. Alors que certaines sources annoncent un bilan humain de plus de cinquante militaires maliens et cinq paramilitaires russes d’Africa Corps tués en plus de plusieurs dizaines de prisonniers, d’autres sources estiment au moins 100 militaires maliens tués, soit le double des premières estimations. Selon AFP et Reuters, le nombre de soldats maliens tués aurait atteint les 150. Pendant ce temps, le JNIM affilié à Al Qaëda qui revendique l’attaque, annonce 150 morts et plus de 90 capturés. Les forces armées maliennes ainsi que leurs familles ont choisi de ne pas communiquer sur cet attaque rendant plus ou moins dubitatif la communauté internationale dans la mesure où ce mutisme pourrait être considéré comme une confirmation des chiffres annoncés.

 Une réponse militaire disproportionnée

Du côté de l’armée malienne, la riposte ne s’est pas faite attendre. Dès les jours qui suivent, précisément le 15 septembre 2026, les FAMa, appuyés par leurs partenaires principalement russes, ont frappé des bases logistiques terroristes dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. Ils ont d’abord ciblé le nord de Dioura qui est considéré comme un point de repli avec du matériel de guerre, des motocyclettes et des drones Kamikazes, puis à 35 km au sud-est de Mondoro caractérisé par une forte concentration de groupés armés avec véhicules et armement. Selon l’état-major, ces opérations sont couronnées de succès. Il annonce par ailleurs la poursuite de ses missions de reconnaissance afin d’évaluer les effets et éradiquer les menaces restantes.

Un partenariat avec la Russie en manque d’efficacité ?

De ces attaques, force est de constater plusieurs tendances structurelles. D’abord, elles mettent en lumière la vulnérabilité de l’armée malienne malgré le soutien d’Africa Corps. D’où la remise en cause de l’efficacité d’Africa Corps et du partenariat avec la Russie de manière générale qui ne cesse de montrer ses limites.

De plus, le fait que la communication de Bamako concernant les attaques terroristes, particulièrement sur les bilans reste superflu, peut être considéré par l’opinion comme un aveux d’échec surtout qu’il y a un écart considérable entre les informations données par les sources militaires locales et la presse internationale, de même qu’avec la propagande du JNIM. Ce dernier, au regard des dernières attaques qui sont plutôt ciblées, font de plus en plus de victimes du côté des FAMa et leur donnent ainsi du fil à retordre. Par exemple l’attaque de Dioura a fait beaucoup de victimes malgré la présence des paramilitaires russes et constitue la suite d’une longue série d’attaques perpétrées par le JNIM dans le cadre d’opérations coordonnées qui ont coûté la vie au ministre malien de la défense.

 

 

Timbuktu Institute - Week 3, September 2026 

Armed with its agreement with the IMF, Dakar now seems to be redoubling its efforts to restore its financial balance. Indeed, the new programme negotiated with the IMF, being an agreement in principle, is for now less an achievement than a starting point. Senegal must now secure guarantees from its creditors and have the programme approved by the Fund’s Executive Board. In addition, Dakar must undertake a debt restructuring, notably of its Eurobonds, while getting potentially unpopular budgetary measures adopted by the National Assembly amid a rising cost of living. It is in this light that President Diomaye Faye’s recent economic offensive should be read.

First, in Washington, the Senegalese president sought above all to consolidate the institutional support likely to accompany the country’s economic recovery. On 14 September, he held talks with Ajay Banga, President of the World Bank Group, who confirmed the institution’s readiness to support Dakar in consolidating its macroeconomic framework and financing its public policies over the coming years. The discussions covered several of the most sensitive issues of economic transformation: reducing the cost of energy, social protection, improving the business environment, entrepreneurship and youth employment. In doing so, President Faye also met Kristalina Georgieva, Managing Director of the IMF, and Scott Bessent, US Secretary of the Treasury. The World Bank said it was in favour of handling Senegal’s case “with the utmost speed”, while the IMF Managing Director spoke of a willingness to move “expeditiously” towards a new economic and financial programme.

Moreover, President Faye’s trip was not limited to financial institutions. On 14 September, the Head of State received a delegation from the American cybersecurity company Cybastion. At the end of the meeting, the company announced the mobilisation of around 300 million dollars to support Senegal’s digitalisation. The investments are expected to cover cybersecurity, data centres, technology transfer and national capacity building, with the participation of Senegalese start-ups. Straight afterwards, the Senegalese Head of State met a delegation from the US Chamber of Commerce, in the presence of executives from American companies already active in Senegal in energy, health and digital technology. To investors, the president presented the country’s strengths: its institutional framework, its open economy and its geographical position. He invited them to invest in priority sectors, highlighting “transparency” and rigour in the management of public finances. The aim of this economic diplomacy offensive thus appears quite clear: to prepare for the “post-debt” era by trying to make the restoration of financial confidence a springboard for attracting private investment.

From hydrocarbons to the energy transition

This search for capital and partnerships continued in Thailand, where Senegal took part, from 14 to 17 September, in Gastech 2026, held at the Bangkok International Trade & Exhibition Centre (BITEC). The event is one of the leading international gatherings devoted to gas, oil, LNG, hydrogen and energy transition technologies. Led by the Minister of Energy and Petroleum, El Hadji Abdourahmane Diouf, the Senegalese delegation held numerous meetings with investors, operators and international partners in order to present the opportunities of the Senegalese market and explore new avenues for cooperation.

The Bangkok event comes as Senegal enters a new phase of its oil and gas production. Dakar is seeking to make its hydrocarbons not a mere source of rent, but a lever for economic transformation, through investment, technology transfer, the training of national skills and the development of a local industrial base. Dakar’s presence at Gastech is also part of a broader energy transition perspective, with an interest in renewable energy, energy efficiency, hydrogen, decarbonisation and new technologies. Looking ahead, the same economic diplomacy aims to raise the country’s profile among major investors and diversify its partnerships.

In Abu Dhabi, widening the circle

After Washington, Bassirou Diomaye Faye continued his offensive in Abu Dhabi. The objective is clear: to widen the circle of partners able to support the country’s major projects. On 16 September, a few hours after arriving in the United Arab Emirates, he was received at the Presidential Palace by his Emirati counterpart, Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan. The two leaders discussed strengthening bilateral relations and finalising a new economic partnership between Dakar and Abu Dhabi. The future cooperation framework is expected to cover finance, infrastructure, energy, agriculture, logistics and digital technology. These sectors directly overlap with the priorities set out by the Senegalese government and give this visit a significance that goes beyond the mere search for financing. It is well known that Dakar’s approach also follows a logic of diversification. Indeed, in Abu Dhabi, several investors had been waiting for the IMF agreement to be secured before making new commitments.

The private sector to the rescue?

Yet economic diplomacy can only produce results if it finds a relay within the country. On 17 September, in Dakar, Prime Minister Ahmadou Al Aminou Lo thus called on the private sector to play a central role in economic transformation. “The structural transformation of the Senegalese economy will not come about through the will of the State alone,” he said. The government notably intends to complete the settlement of domestic debt in order to restore business confidence. It also plans to finalise, before the end of the year, the implementing texts of the 2025 Investment Code as well as the new framework for public-private partnerships. Strengthening local content, supporting industrialisation and increasing the participation of Senegalese companies in regional markets are also among the stated priorities. The ambition is considerable: to create 1.5 million jobs by 2029 and make the private sector more of a driver of growth. In addition, the government plans to settle over three years the more than 1,400 billion CFA francs in arrears owed to companies, with a first repayment of 300 billion announced by the end of 2026. But the private sector considers this timetable too long, after several years of difficulties linked to unpaid bills, the halting of many construction projects and declining investment. Furthermore, proposals are set out in a “white paper” handed to President Faye on 17 September to support the recovery of economic activity. For it is at this level that the effectiveness of capital diplomacy will be judged.

The investments announced in Washington, the partnerships sought in Bangkok and Abu Dhabi and the financing mobilised from international institutions will only truly make sense if they manage to irrigate the national economy, strengthen local businesses and generate jobs. Clearly, then, Dakar is working harder than ever to rebuild an economic credibility that has been severely tested over the past two years. The growing number of interlocutors, financial centres and targeted sectors clearly reflects a determination no longer to depend on a single window or a single partner. In this sense, Senegalese economic diplomacy appears as the external extension of one and the same domestic imperative: regaining room for manoeuvre in an economy weakened by debt.