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Timbuktu Institute Week 3 - June 2026
Just a few months ago, mistrust and distance reigned supreme between Benin and Niger. But since the beginning of President Romuald Wadagni’s term, gestures of openness between Cotonou and Niamey have followed one another at a steady pace, a clear sign of a warming relationship. Thus, two days of talks in Cotonou—on June 20 and 21—were enough to lay the groundwork for reconciliation in both security and economic spheres: enhanced cooperation in border areas, reduced burdens on the transit of goods, and the resolution of pending disputes. According to Beninese Minister Adjadi Bakari, the two delegations had effectively become one by the end of the talks. These agreements in principle build on the diplomatic momentum that began on June 2 in Niamey during the meeting between President Wadagni and General Tiani. Although they remain subject to approval by the authorities of both countries, they already outline the contours of a rapprochement that should breathe new life into bilateral cooperation that has long been on hold.
However, Niger’s Minister of the Interior, General Mohamed Toumba, has also set several preconditions for reopening the border with Benin. Specifically, Niamey is demanding, among other things, the signing of a defense agreement as well as a security agreement enshrining the principle of non-use of one country’s territory against the other. The Nigerien authorities are also demanding full transparency regarding foreign military forces deployed near the border area. Finally, General Toumba insisted on the establishment of a bilateral intelligence-sharing unit to strengthen security cooperation between the two countries in the face of cross-border threats. As further evidence of the ongoing policy of détente, Cotonou immediately strongly condemned the JNIM attack that took place on June 18 near the Diori-Hamani International Airport in Niamey.
Opposition figure Candide Azannaï awaits his fate
On the evening of the attempted coup on December 7, 2025, then-President Patrice Talon had adamantly insisted that all those involved, whether directly or indirectly, would be held accountable for their actions before the courts. Since then, numerous convictions—such as that of former lawmaker Soumaïla Sounon Boké, who was sentenced to five years in prison for “glorifying crimes against state security” and “inciting hatred and violence”—have made headlines.
While Cotonou is currently seeking the extradition of activist Kémi Séba from South Africa, other domestic trials are proceeding. It was in this context that on June 18, opposition figure and former minister Candide Azannaï was heard by the investigative commission of the Court for the Suppression of Economic Offenses and Terrorism (CRIET). During this initial hearing, he was questioned about allegations of undermining state security and inciting rebellion; charges he denies. Detained since December 2025, he remains a defendant in a case that is still in the preliminary investigation phase. The defense maintains that “the case is baseless,” and his attorney, Aboubacar Baparapé, is hoping for the case to be dismissed.
Meanwhile, on the same day in Ahozon (near Ouidah), Benin’s National Agency for the Recovery of Confiscated and Seized Assets (Anracs) the incineration of several narcotics seized within the country, including 95 kg of cocaine recently intercepted at the Autonomous Port of Cotonou—proof that Benin’s capital continues to serve as a major transit hub in West Africa. In this instance, the drugs—concealed on a foreign-flagged container ship—had been handed over to the Central Office for the Suppression of Illicit Trafficking in Drugs and Precursors (Ocertid) for investigation prior to their destruction, along with cannabis and psychotropic substances from other seizures. Ultimately, these intertwined dynamics reveal a pattern in which the consolidation of judicial authority and the intensification of the fight against criminal networks are part of the same strategy—articulated by Cotonou—to secure the political and territorial space.
Timbuktu Institute Semaine 3 - Juin 2026
Il y a encore quelques mois, la méfiance et la distance régnaient en maître entre le Bénin et le Niger. Mais depuis le début de l’ère du président Romuald Wadagni, les gestes d’ouverture entre Cotonou et Niamey n’ont cessé de s’enchaîner à un rythme soutenu, signe manifeste d’un rapprochement. Ainsi, deux jours de concertations à Cotonou – les 20 et 21 juin – ont suffi pour jeter les bases d’une réconciliation aussi bien sécuritaire qu’économique : coopération renforcée dans les zones frontalières, allègement des charges sur le transit des marchandises, règlement des contentieux en suspens. Les deux délégations, à en croire le ministre béninois Adjadi Bakari, n’en formaient plus qu’une seule à l’issue des échanges. Ces accords de principe prolongent l’élan diplomatique amorcé le 2 juin à Niamey, lors de la rencontre entre le président Wadagni et le général Tiani. Même s’ils restent soumis à validation par les autorités des deux pays, ils dessinent d’ores et déjà les contours d'un rapprochement qui devrait redonner un souffle à une coopération bilatérale longtemps mise en veille.
Toutefois, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a par ailleurs posé plusieurs conditions préalables à la réouverture de la frontière avec le Bénin. En l’espèce, Niamey exige notamment la signature d’un accord de défense ainsi que d’un accord de sécurité consacrant le principe de non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre. Les autorités nigériennes réclament également une transparence totale sur les dispositifs militaires étrangers déployés à proximité de la zone frontalière. Enfin, le général Toumba a insisté sur la mise en place d’une cellule bilatérale de fusion de renseignements afin de renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays face aux menaces transfrontalières. Preuve s’il en était de la politique de détente en cours, Cotonou a illico presto condamné fermement l’attaque du JNIMsurvenue le 18 juin aux abords de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey.
L’opposant Candide Azannaï en attente de son sort
Au soir de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le président d’alors, Patrice Talon, avait martelé avec intransigeance que toutes les personnes impliquées, de près ou de loin, auraient à répondre de leurs actes devant la justice. Depuis, de nombreuses condamnations à l’instar de celle de l’ex-député Soumaïla Sounon Boké à cinq ans ferme pour « apologie de crime contre la sûreté de l'État » et « incitation à la haine et à la violence », ont fait date. Alors que Cotonou essaie actuellement d’obtenir l’extradition de l’activiste Kémi Séba depuis l’Afrique du Sud, d’autres procès à l’interne suivent leur cours. C’est dans ce cadre que le 18 juin, l’opposant et ex-ministre Candide Azannaï a été entendu par la commission d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Lors de cette première audition, il a été interrogé sur des faits d’atteinte à la sûreté de l’État et d’incitation à la rébellion ; accusations qu’il conteste. Détenu depuis décembre 2025, il reste poursuivi dans une procédure toujours en phase d’instruction. Du côté de la défense, l’on estime que « le dossier est vide », son avocat Aboubacar Baparapé espérant en ce sens, un non-lieu.
Entre temps, l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis du Bénin (Anracs) procédait le même jour à Ahozon (près de Ouidah), à l’incinération de plusieurs stupéfiants saisis sur le territoire national, dont 95 kg de cocaïne récemment interceptés au Port autonome de Cotonou, preuve que la capitale béninoise continue d’être un carrefour de circulation en Afrique de l’Ouest. En l’occurrence, la drogue, dissimulée dans un navire porte-conteneurs battant pavillon étranger, avait été remise à l’Ocertid (Office Central de Répression du Trafic Illicite des Drogues et des Précurseurs) pour enquête avant sa destruction, aux côtés de cannabis et de substances psychotropes issus d’autres saisies. En fin de compte, à travers ces dynamiques croisées, se dessine une configuration où la consolidation de l’autorité judiciaire et le durcissement de la lutte contre les réseaux criminels participent d’une même logique exprimée par Cotonou, de sécurisation de l’espace politique et territorial.
Timbuktu Institute Week 3 - June 2026
Although the specter of former Prime Minister Ousmane Sonko’s dismissal had become increasingly apparent over time, his ouster nonetheless caused quite a stir on the Senegalese political scene. In what was a moment of political uncertainty if ever there was one, various parties felt compelled to reaffirm their loyalty or allegiance to either Ousmane Sonko or President Diomaye Faye, depending on their political stance. It was undoubtedly for this reason that, upon assuming the presidency of the National Assembly, O. Sonko opted for a conciliatory approach, insisting that “there is no institutional crisis” in Senegal. Thus, in an interview with France 24 and Radio France International (RFI), the new head of the legislature, in the same vein, presented himself as a man of moderation. While acknowledging the existence of “political and programmatic differences,” Ousmane Sonjo assured that “there will be no rift,” maintaining that “Senegal is greater than political differences.” At the helm of an Assembly largely dominated by Pastef, Sonko affirms his intention to work in a spirit of cooperation with the executive branch and promises not to resort to censorship for political reasons.
Regarding the electoral calendar, he opposed any postponement of the local elections scheduled for 2027, stating that “there is no valid reason for them to be postponed” and that “the elections must be held on schedule.” On the economic front, he advocated for solutions in line with “Senegal’s best interests” and raised the need to discuss a possible partial debt cancellation. Finally, on the issue of homosexuality, he defended the tightening of Senegalese legislation, asserting that “there is no witch hunt against homosexuals” and reaffirming that Senegal is “a sovereign country” that enacts laws in accordance with its values and societal choices.
Thus, it is clear that Ousmane Sonko intends to demonstrate both restraint and pragmatism. Indeed, despite his promise not to use the National Assembly as a tool for institutional obstruction, it remains unlikely that he will entirely forgo such a significant lever of influence in the power struggle that now pits Pastef against the presidential coalition. This is all the more true given that on June 18, the Senegalese Constitutional Council declared itself without jurisdiction to review the appeal filed by the opposition against Ousmane Sonko’s reinstatement to the National Assembly, citing a violation of the rules of procedure and an “institutional coup.” Even though there was little chance, in reality, that this proceeding would succeed, this episode reinforced the former prime minister’s status as the country’s second-in-command.
Debt: Heading Toward an Upcoming Restructuring?
After more than two years in office, the debt issue remains one of the deadlocks in governance under President Diomaye Faye, who is more in favor of debt restructuring than Ousmane Sonko. On the operational front, negotiations are ongoing between the IMF and Senegal regarding the future of this debt, which brought the country’s debt-to-GDP ratio to approximately 132% at the end of last year. In its statement released following its mission to Dakar from June 15 to 19, the IMF warns of “high risks” weighing on the country’s short-term economic outlook and calls for continued efforts to reduce debt-related vulnerabilities. The institution emphasizes that, despite an improvement in the budget deficit—which fell from 13.4% of GDP in 2024 to 6.4% in 2025— “fiscal and debt vulnerabilities remain high,” against a backdrop marked by the revelation of an underestimated debt and the suspension of the $1.8 billion aid program. The Fund nevertheless acknowledges that “the Senegalese economy has shown resilience,” with growth of 6.7% in 2025, driven by hydrocarbons. But it warns that the outlook remains fragile due to rising oil prices and their impact on public finances.
While commending “the authorities’ ongoing commitment,” the IMF reaffirms its readiness to support Senegal in reforms aimed at strengthening governance and debt management. For Dakar, the challenge remains—beyond any potential direct financial support—to reach an agreement with the IMF that would restore investor confidence, reduce the cost of debt, and secure access to other sources of international financing. The sensitive issue of debt restructuring remains. Faced with a debt burden deemed difficult to sustain, several observers believe that rescheduling or reprofiling could gradually emerge as a compromise to break the deadlock without formally resorting to restructuring. In this context, the recent appointment of Babacar Touré, former CEO of Afrika Banque Sénégal, to head the new General Directorate of Finance and Debt shows that Dakar is willing to pull out all the stops to get back on track by strengthening the transparency and credibility of its financial governance.
Nearly a metric ton of cocaine seized in the east
Eastern Senegal, long viewed as a secondary transit zone, continues to emerge as a key corridor for drug trafficking, thanks to its border location and the porous nature of the road networks connecting the country to Mali and Guinea. On June 15, the Koumpentoum Mobile Customs Brigade seized 970.6 kg of cocaine on the Koumpentoum-Koungheul route, near Ida Mouride. The drugs, divided into 844 packets and estimated to be worth more than 58.2 billion CFA francs, were hidden in a secret compartment inside a truck coming from a neighboring country and camouflaged under a shipment of a fruit called “madd.” Analyses by the National Laboratory of the Technical and Scientific Police confirmed the nature of the substance. This operation, which is part of efforts to strengthen the fight against transnational trafficking, represents one of the largest cocaine seizures recorded recently in Senegal. An investigation has been launched to identify those responsible and uncover the ramifications of the network involved.
Timbuktu Institute Semaine 3 - Juin 2026
Bien que l’ombre du limogeage de l’ex-premier ministre Ousmane Sonko apparaissait de plus en plus distinctement au fil du temps, son éviction aura tout de même occasionné un certain tumulte sur la scène politique sénégalaise. Moment de flottage politique s’il en était, les uns et les autres jugèrent par ailleurs impérieux de renouveler leur loyauté ou allégeance à Ousmane Sonko ou le président Diomaye Faye, selon leurs positionnements. C’est sans doute fort de cela qu’à son accession à la présidence de l’Assemblée Nationale, O. Sonko a opté pour l’apaisement, martelant qu’ « il n’y a pas de crise institutionnelle » au Sénégal. Ainsi, dans un entretien accordé à France 24 et Radio France International (RFI), le nouveau chef du législatif s’est, dans la même démarche, montré en homme de mesure. Tout en reconnaissant l’existence de « divergences politiques et programmatiques », Ousmane Sonjo a assuré qu’« il n’y aura pas de déchirure », estimant que « le Sénégal est plus grand que les divergences politiques ». A la tête d’une Assemblée largement dominée par le Pastef, Sonko affirme vouloir agir dans une logique de complémentarité avec l’exécutif et promet de ne pas recourir à la censure pour des raisons politiciennes.
Sur le calendrier électoral, il s’est opposé à tout report des élections locales prévues en 2027, déclarant qu’« il n’y a aucune raison valable pour qu’elles soient reportées » et que « les élections devront se tenir à date ». Sur le plan économique, il a plaidé pour des solutions conformes à « l’intérêt du Sénégal » et a évoqué la nécessité de discuter d’une éventuelle annulation partielle de la dette. Enfin, sur la question de l’homosexualité, il a défendu le durcissement de la législation sénégalaise en affirmant qu’« il n’y a pas de chasse aux homosexuels » et en réaffirmant que le Sénégal est « un pays souverain » qui légifère conformément à ses valeurs et à ses choix de société.
Ainsi, force est de constater qu’Ousmane Sonko entend faire à la fois preuve de mesure et de pragmatisme. En effet, malgré sa promesse de ne pas se servir de l’Assemblée comme outil de blocage institutionnel, il reste cependant peu probable qu’il se prive entièrement d’un levier de taille dans le rapport de forces qui oppose désormais le Pastef à la coalition présidentielle. Ceci d’autant plus que le 18 juin, le Conseil constitutionnel sénégalais s’est déclaré incompétentpour examiner le recours déposé par l’opposition contre la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, arguant d’une violation du règlement intérieur et d’un « coup d’État institutionnel ». Même s’il y avait peu de chances, en réalité, que cette procédure aboutisse, cet épisode a conforté l’ex-premier ministre dans son statut de numéro deux de l’État.
La dette, vers une restructuration prochaine ?
Après plus de deux ans d’exercice du pouvoir, l’équation de la dette demeure une des impasses de la gouvernance sous le président Diomaye Faye, ce dernier étant plus favorable qu’Ousmane Sonko, à une restructuration de la dette. Sur le plan opérationnel, les négociations suivent leurs cours entre le FMI et le Sénégal sur l’avenir de cette dette, qui portait l’endettement du pays à environ 132 % du PIB à la fin de l’an dernier. Dans son communiqué publié à l’issue de sa mission à Dakar entre le 15 au 19 juin, le FMI alerte sur des « risques élevés » pesant à court terme sur les perspectives économiques du pays et appelle à poursuivre les efforts de réduction des vulnérabilités liées à la dette. L’institution souligne que, malgré une amélioration du déficit budgétaire passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, « les vulnérabilités budgétaires et liées à la dette demeurent élevées », dans un contexte marqué par la révélation d’une dette sous-estimée et la suspension du programme d’aide de 1,8 milliard de dollars. Le Fonds reconnaît néanmoins que « l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience », avec une croissance de 6,7 % en 2025, portée par les hydrocarbures. Mais il avertit que les perspectives restent fragilisées par la hausse des prix du pétrole et ses effets sur les finances publiques.
Tout en saluant « l’engagement continu des autorités », le FMI réaffirme sa disponibilité à accompagner le Sénégal dans des réformes visant à renforcer la gouvernance et la gestion de la dette. Pour Dakar, l’enjeu reste - au-delà d’un éventuel soutien financier direct – l’aboutissement à un accord avec le FMI qui permettrait de restaurer la confiance des investisseurs, de réduire le coût de l’endettement et de sécuriser l’accès à d’autres financements internationaux. Reste la question sensible de la restructuration de la dette demeure. Face à une charge de la dette jugée difficilement soutenable, plusieurs observateurs estiment qu’un rééchelonnement ou un reprofilage pourrait progressivement s’imposer comme un compromis permettant de sortir de l’impasse sans recourir formellement à une restructuration. Dans ce contexte, la récente nomination de l’ancien directeur général d’Afrika Banque Sénégal, Babacar Touré à la tête de la nouvelle Direction générale des financements et de la dette montre que Dakar souhaite faire feu de tout de bois pour remonter la pente, en renforçant la transparence et la crédibilité de sa gouvernance financière.
Près d’une tonne de cocaïne saisie à l’Est
L’Est du Sénégal, longtemps perçu comme une zone de transit secondaire, continue de s’affirmer comme un corridor privilégié des trafics de stupéfiants, à la faveur de sa position frontalière et de la porosité des axes routiers reliant le pays au Mali et à la Guinée. Le 15 juin, la Brigade mobile des Douanes de Koumpentoum a saisi 970,6 kg de cocaïne sur l’axe Koumpentoum-Koungheul, à hauteur d’Ida Mouride. La drogue, répartie en 844 plaquettes et estimée à plus de 58,2 milliards de FCFA, était dissimulée dans un compartiment secret aménagé à l’intérieur d’un camion en provenance d’un pays voisin et camouflée sous une cargaison d’un fruit appelé « madd ». Les analyses du Laboratoire national de la Police technique et scientifique ont confirmé la nature de la substance. Cette opération, qui s’inscrit dans le renforcement de la lutte contre les trafics transnationaux, constitue l’une des plus importantes saisies de cocaïne enregistrées récemment au Sénégal. Une enquête a été ouverte afin d’identifier les responsables et les ramifications du réseau impliqué.
Timbuktu Institute – June 2026
The visit by the Moroccan ambassador to the Khalife of the Tijaniya on June 26, 2026, reveals the depth of a bilateral relationship that goes far beyond conventional diplomatic interests.
Tivaouane, June 26, 2026—corresponding to the 10th of Muharram in the year 1448 of the Hijri calendar—Mr. Hassan Naciri, Morocco’s Ambassador to Senegal, visited the home of Sheikh Babacar Mansour Sy, General Khalife of the Tijaniyya Order. On the surface, it was a courtesy visit. In reality, however, it was a highly diplomatic act.
Some bilateral relations are measured in terms of treaties, trade balances, or joint communiqués. The Moroccan-Senegalese relationship cannot be understood in this way—or at least not solely in this way. It is rooted in a longer historical context: that of Sufi brotherhoods, the exchange of Islamic knowledge, and pilgrimages that, long before the advent of modern states, forged a shared destiny between the two sides of the Sahara. In his first book, published in 2011, Islam and Diplomacy: Morocco’s African Policy, Dr. Bakary Sambe extensively analyzed this unique characteristic that makes Morocco the most influential Maghreb country in sub-Saharan Africa due to the “spiritual dimension of the bond that unites it—beyond successive states and governments—to the very peoples of the region.”
The Tijaniyya Order is one of the most visible manifestations of this connection. Founded in the 18th century, it spread throughout the Maghreb and sub-Saharan Africa, eventually becoming one of the most socially, politically, and spiritually influential brotherhoods in Senegal. Sheikh El Hadj Malick Sy, founder of the Senegalese branch known as the “Malikiyya,” made Tivaouane a center of Islamic influence whose moral authority spans generations and geographies. Sheikh Boubacar Mansour Sy is today its Khalife, embodying this continuity.
For Rabat, maintaining and strengthening this bond is not merely a symbolic gesture: it is also a strategic priority. The Commander of the Faithful—a title held by King Mohammed VI, as by all the Kingdom’s sovereigns—is not merely a constitutional figure. He is a religious authority recognized by millions of Muslims in sub-Saharan Africa, which gives Morocco a capacity for spiritual influence unmatched in the region.
“This visit is part of the ongoing human and spiritual interaction between the August Alaouite Royal Family and the Senegalese Sufi brotherhoods. ” notes Ambassador Hassan Naciri
The visit took place on the 10th of Muharram, the first month of the Hijri year, a day of commemoration steeped in meaning in Islam. This was likely no coincidence. “Choosing this day for a diplomatic-spiritual visit is to deliberately frame the gesture within a religious context, signaling a shared belonging to a civilizational space and a shared memory.” The message is addressed as much to Khalife Cheikh Babacar Mansour Sy as it is to all the followers of the Senegalese Tijaniyya and beyond.
For decades, Moroccan diplomacy has cultivated this art of timing and symbolism. Royal visits to Senegal—such as King Mohammed VI’s memorable one—the construction of mosques, support for the zawiyas, training programs for Sahelian imams in Rabat, and the network of Mohammed VI Institutes for Imam Training all form part of a single, coherent strategy: to make the spiritual dimension a vehicle for a lasting presence on the continent, but also a sign of “brotherhood among peoples beyond institutional diplomatic conventions.”
The June 26 meeting in Tivaouane between the Moroccan Ambassador, Mr. Hassan Naciri, and the General Khalife of the Tijâniyya revived a memory that illustrates the depth of these relations. Sheikh Boubacar Mansour Sy spoke emotionally about his visit to Morocco in 2018, which took place following the death of his cousin, Sheikh Abdoul Aziz Sy Al Amine, who had been the Khalife. At that time, Morocco had welcomed the grieving Khalife, and the visit led to a concrete achievement among other constructive initiatives: the publication of the *Diwan*, the collected works of Sheikh El Hadj Malick Sy—a compilation of the foundational writings of the Malikite Tijaniya, the preservation and dissemination of which represent a major intellectual and spiritual challenge for the brotherhood.
This detail deserves attention. “For Morocco, editing and publishing such a seminal religious work means becoming part of the enduring memory of a spiritual community—far beyond mere publicity—and thus perpetuating the legacy of a great leader of the Tijâniyya order and adding it to the universal library,” explains Dr. Bakary Sambe, president of the Timbukru Institute. In his view, “this is a form of cultural and religious patronage that reinforces Tivaouane’s enduring loyalty to the Kingdom of Morocco;a capital of trust that, unlike traditional forms of cooperation, is not measured in euros or dollars, but carries significant weight in the long-term balance of influence”
Ambassador Naciri’s visit to the Khalife of Tivaouane illustrates a consistent doctrine: for Rabat, sub-Saharan Africa “is not a periphery to be exploited,” but “a space of shared civilization to be actively nurtured, where meaning is constructed jointly and common symbols are interpreted positively in the service of South-South cooperation,” emphasizes Sambe.
This stance, embodied in Mohammed VI’s African policy since the 2000s, rests on three pillars that this visit encapsulates: a spiritual presence; humanitarian solidarity, as demonstrated during the COVID-19 pandemic; and a firm commitment to the long-term historical perspective, while opening up prospects for South-South cooperation—a vision largely reflected in the recent Atlantic Initiative launched by the King of Morocco.
At a time when many powers are seeking to (re)define their relationship with Africa amid rapid geopolitical realignment, “Morocco offers a model that is both original and sustainable: that of a country which, century after century, has cultivated a capital of trust that the new powers on the continent struggle to build due to a lack of comparable historical roots,” notes Dr. Bakary Sambe, author of the book, “African Morocco: Trajectories of a Continental Ambition”
Timbuktu Institute – Juin 2026
La visite de l'ambassadeur du Maroc au Khalife de la Tijaniya, le 26 juin 2026, révèle la profondeur d'une relation bilatérale qui dépasse de loin le registre des intérêts diplomatiques conventionnels.
Tivaouane, le 26 juin 2026 correspondant au 10 Mouharram de l'an 1448 de l'Hégire, M. Hassan Naciri, Ambassadeur du Maroc au Sénégal, s'est rendu au domicile de Cheikh Babacar Mansour Sy, Khalife général de la Tarîqa Tijaniyya. Une visite de courtoisie, en apparence. Un acte hautement diplomatique en réalité.
Il est des relations bilatérales qui s'évaluent en traités, en balances commerciales ou en communiqués conjoints. La relation maroco-sénégalaise ne se lit pas ainsi, ou pas seulement ainsi. Elle s'inscrit dans une temporalité plus longue, celle des confréries soufies, des échanges de savoirs islamiques et des pèlerinages qui ont tissé, bien avant les États modernes, une communauté de destin entre les deux rives du Sahara. Dans son premier ouvrage publié en 2011, « Islam et diplomatie ; la politique africaine du Maroc », Dr. Bakary Sambe a largement analysé cette spécificité qui fait du Maroc le pays du Maghreb le plus influent en Afrique subsaharienne de par la « dimension spirituelle du lien qui l’unit, au-delà des États et des gouvernements successifs, aux peuples même de la région »
La Tarîqa Tijaniyya constitue l’un des fils les plus visibles de ce lien. Fondée au XVIIIe siècle, elle s'est propagée à travers le Maghreb et l'Afrique subsaharienne jusqu'à devenir, au Sénégal, l'une des confréries les plus influentes socialement, politiquement, spirituellement. Cheikh El Hadj Malick Sy, fondateur de la branche sénégalaise dite « Malikiyya », a fait de Tivaouane un foyer de rayonnement islamique dont l'autorité morale traverse les générations et les espaces. Cheikh Boubacar Mansour Sy en est aujourd'hui le Khalife qui incarne cette continuité.
Pour Rabat, entretenir et renforcer ce lien n'est pas un simple geste symbolique : c'est aussi une constante stratégique. Le Commandeur des croyants, titre porté par le roi Mohammed VI à l’instar de tous les souverain du Royaume, n'est pas seulement une figure constitutionnelle. C'est une autorité religieuse reconnue par des millions de musulmans en Afrique subsaharienne, ce qui confère au Maroc une capacité d'influence spirituelle sans équivalent dans la région.
« Cette visite s'inscrit dans le cadre de l'interaction humaine et spirituelle continue entre l'Auguste Famille Royale Alaouite et les confréries soufies sénégalaises. » rappelle l’Ambassadeur Hassan Naciri
La visite a eu lieu le 10 Mouharram, premier mois de l'année hégirienne, jour de commémoration chargé de sens dans l'islam. Ce n'est vraisemblablement pas un hasard de calendrier. « Choisir ce jour pour une visite diplomatico-spirituelle, c'est inscrire délibérément le geste dans un registre religieux, signaler une commune appartenance à un espace civilisationnel et une mémoire partagée partagée ». Le message est autant adressé au Khalife Cheikh Babacar Mansour Sy qu'à l'ensemble des fidèles de la Tijaniyya sénégalaise et au-delà.
La diplomatie marocaine cultive depuis des décennies cet art du calendrier et du symbole. Les visites royales au Sénégal telles que celle mémorable du Roi Mohammed VI, la construction de mosquées, l’appui aux Zawiya, les programmes de formation des imams sahéliens à Rabat ou le réseau des instituts Mohammed VI de formation des imams s'inscrivent dans une même cohérence : faire de la dimension spirituelle un vecteur de présence durable sur le continent, mais un signe de « fraternité entreb les peuples au-delà des convenances diplomatiques institutionnelles ».
La rencontre du 26 juin à Tivaouane entre l’Ambassadeur du Maroc, M. Hassan Naciri et le Khalife Général de la Tijâniyya, a réactivé un souvenir qui illustre cette densité relationnelle. Cheikh Boubacar Mansour Sy a évoqué avec émotion sa visite au Maroc en 2018, effectuée après le décès de son cousin, Cheikh Abdoul Aziz Sy Al Amine qui était Khalife. Le Maroc avait alors accueilli le Khalife en deuil, et la visite avait débouché sur une réalisation concrète entre autres initiatives constructives : l'impression du Diwan, œuvres complètes de Cheikh El Hadj Malick Sy, recueil des écrits fondateurs de la Tijaniya malikite, dont la conservation et la diffusion constituent un enjeu intellectuel et spirituel majeur pour la confrérie.
Ce détail mérite attention. « L’édition, la publication d’une telle œuvre religieuse fondatrice, c'es, de la part du Maroc, s'inscrire dans la mémoire longue d'une communauté spirituelle, bien au-delà des effets d'annonce et ainsi perpétuer l’œuvre d’un grand guide de la Tijâniyya et la verser à la bibliothèque universelle », analyse Dr. Bakary Sambe, président du Timbukru Institute. Pour lui, « c'est une forme de mécénat culturel et religieux qui conforte la loyauté durable de Tivaoaune au Royaume du Maroc ; un capital de confiance qui, contrairement aux coopérations classiques, ne se mesure pas en euros ou en dollars, mais qui pèse lourd dans les équilibres d'influence à long terme »
La visite de l'ambassadeur Naciri au Khalife de Tivaouane illustre une doctrine cohérente : pour Rabat, l'Afrique subsaharienne « n'est pas une périphérie à exploiter », mais « un espace de civilisation partagée à entretenir activement ou le sens se construit conjointement et les symboles communs se décryptent positivement au service d’une coopération Sud-Sud », souligne Sambe.
Cette posture, incarnée dans la politique africaine de Mohammed VI depuis les années 2000, repose sur trois piliers que cette visite condense à savoir, une présence spirituelle, solidarité humanitaire comme lors de la pandémie de Covid-19, et une pleine inscription dans la longue durée historique tout en ouvrant des perspectives pour une coopération Sud-Sud largement reflétée dans la récente Initiative Atlantique lancée par le Roi du Maroc..
À l'heure où de nombreuses puissances cherchent à (re)définir leur rapport à l'Afrique dans un contexte de recomposition géopolitique accélérée, « le Maroc offre un modèle à la fois original et durable : celui d'un pays qui cultive, siècle après siècle, un capital de confiance que les nouvelles puissances présentes sur le continent peinent à construire faute d'ancrage historique comparable », analyse Dr. Bakary Sambe, auteur de l’ouvrage, «Le Maroc Africain, Trajectoires d’une ambition continentale »
Timbuktu Institue & Cauris Institut - Juin 2026
Malgré les rivalités géopolitiques, le Sahel est-il encore un espace stratégique ? C'est la question centrale qu'explorera le webinaire de haut niveau organisé le jeudi 9 juillet 2026 de 16h à 18h (heure de Dakar). Depuis les transitions politiques au Mali, au Tchad, au Burkina Faso et au Niger, la région connaît une reconfiguration inédite de ses alliances, montée en puissance de la Russie, de la Chine, de la Turquie et des États du Golfe, émergence de l'Alliance des États du Sahel. Alors que l'influence des puissances traditionnelles est contestée et que le contexte international est bouleversé par les guerres russo-ukrainienne et israélo-américano-iranienne, le Sahel s'impose comme un laboratoire vivant des nouvelles rivalités entre puissances. Qui est réellement influent dans la région, sur quels secteurs sécurité (énergie, mines, espace numérique) et avec quelle pérennité ? Quelle est la pace des nouveaux acteurs qui s'affirment ? Une table ronde virtuelle réunissant des experts de premier plan tentera d'actualiser la cartographie des présences étrangères, des rivalités géopolitiques, d'analyser les stratégies d'influence en concurrence et de formuler des recommandations à l'attention des décideurs sahéliens, africains et des pratenaires internationaux.
Le lien pour vous inscrire :
https://us06web.zoom.us/webinar/register/WN_65HpuQbvQgiYqZ3-vRajUA
Ci-dessous les Termes de références du Webinaire
TERMES DE RÉFÉRENCE
Webinaire régional co-organisé par Timbuktu Institute et Cuaris Institut dans le cadre de leur partenariat et des activités scientifiques du 10eAnniversaire du Timbuktu Institute
Date : Jeudi 9 juillet 2026
Heure : 16H-18H (heure de Dakar & Abidjan)
Thème : Reconfigurations géopolitiques et partenariats : Le Sahel est-il encore un espace stratégique ?
Contexte
Depuis les coups d’État militaires et les changements anticonstitutionnels au Mali (2020), au Tchad (2021), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023), la région connaît une reconfiguration inédite de ses alliances historiques. La fin de l’opération Barkhane, de la MINUSMA et du G5 Sahel, la réorientation de la présence étasunienne, l’arrivée officielle du groupe Wagner devenu Africa Corps, l’activation des ambassades russes, turques et saoudiennes dans le cadre de politiques d’influence ainsi que l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) redessinent la cartographie des alliances et des rivalités.
Depuis plus d'une décennie, le Sahel est devenu l'un des principaux épicentres des transformations géopolitiques contemporaines. Longtemps considéré comme un espace périphérique des relations internationales, il s'est progressivement imposé, au gré des évolutions, comme un territoire stratégique au croisement des enjeux sécuritaires, économiques, énergétiques, migratoires, climatiques et géopolitiques.
Parallèlement, les évolutions du contexte international marquées par les guerres russo-ukrainienne, israélo-américano-iranienne, les tensions sino-américaines, les crises énergétiques mondiales et les nouvelles dynamiques Sud-Sud, interrogent la place du Sahel dans les priorités stratégiques internationales et régionales.
Dans ce contexte de recomposition accélérée de l'ordre international, le Sahel apparaît comme un laboratoire vivant des nouvelles rivalités de puissance. Alors que l'influence de certains acteurs traditionnels est contestée, de nouvelles puissances internationales et régionales renforcent leur présence politique, économique, sécuritaire, religieuse ou diplomatique dans la région.
Beaucoup d’interrogations émergent sur la place de cette région à un moment où s’ouvre une époque charnière traversée par des défis mondiaux d’une ampleur sans précédent aux plans socioéconomique, sécuritaire, climatique et énergétique. Le Sahel vit une étape décisive de la marche du monde caractérisée par des puissances traditionnelles qui déclinent et d’autres puissances moyennes qui émergent en réclamant le statut de Middle Power. Cette ère nouvelle est annonciatrice d’une reconfiguration géopolitique majeure qui engagent irrémédiablement l’Afrique à affirmer sa place centrale à un moment où beaucoup soutiennent que son basculement géostratégique peut contribuer à changer le rapport de force au niveau international.
Pendant qu’on évoque un désintérêt stratégique de l’Europe, notamment, avec les effets de la guerre en Ukraine et le regain d’intérêt pour le Moyen-Orient, la Chine, la Russie, la Turquie, mais également les puissances africaines régionales telles que l'Algérie, le Maroc, le Nigéria, la Côte d'Ivoire ou encore le Ghana, ainsi que les États du Golfe (Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) développent des stratégies d'influence souvent déliées des cadres multilatéraux (CEDEAO, UA, UE et ONU), contribuant à redessiner les rapports de force au Sahel. Dès lors, la question n’est plus seulement « qui est présent ? », mais « qui est réellement influent », sur quels secteurs (sécurité, énergie, mines, démocratie, espace médiatique et numérique) et avec quelle pérennité ?
Ce webinaire de haut niveau se propose d’analyser de telles recompositions géopolitiques en cours au Sahel et examiner, sous plusieurs angles, l'évolution des intérêts, des approches, des stratégies d'influence et des modalités d'engagement des puissances internationales et régionales dans une région connaissant des instabilités majeures. Sur les plans stratégique et prospectif, ce débat permettra d'actualiser la cartographie des présences étrangères au Sahel, la typologie des modèles de coopération et les scénarios possibles de reconfiguration géopolitique du Sahel afin de formuler des recommandations politiques pour les acteurs sahéliens, africains et internationaux.
Déroulement et format scientifique
Format : Table ronde virtuelle (visioconférence) d’une durée de 2 heures.
Structure :
- Le webinaire se voudra interactif avec une série de trois questions donnant la parole à chaque intervenant qui la traitera à parti de son horizon disciplinaire, ses récents travaux et les positions soutenues dans leurs publications ou interventions
- Une série de questions/réponses et d’échanges avec le public s’en suivra avant de demander aux intervenants de répondre et de dire un mot de conclusion.
Liste des intervenants proposés
Bakary Sambe (Modérateur et Introduction Générale).
Ladji Ouattara (Les nouvelles coopérations de la Chine, de la Russie et de la Turquie au Sahel : ambitions, instruments et limites).
Seidik Abba (Les stratégies des puissances du Golfe de Guinée : Nigéria, Côte d'Ivoire et Ghana face aux défis sahéliens).
Salim Chena (Le rôle des puissances du Maghreb : Algérie, Maroc et compétition d'influence au Sahel).
Leonardo Villalón (Les USA au Sahel : continuités, ajustements et nouvelles priorités stratégiques).
Caroline Roussy (La France et l'Union européenne : entre reconfiguration stratégique et renouvellement des partenariats).
Abdel Nasser Ould Ethmane Elyessa (L'influence croissante des pays du Golfe : Arabie saoudite et Qatar. Diplomatie économique et religieuse au Sahel).
Beatriz Mesa (Les recompositions de la coopération occidentale et les nouvelles dynamiques de puissance au Sahel).
Résultats et livrables
À l'heure où le système international connaît des transformations profondes, le Sahel apparaît comme un espace privilégié d'observation des nouvelles rivalités, coopérations et stratégies d'influence. Cette table ronde entend contribuer à une lecture renouvelée des enjeux sahéliens en mettant en perspective les recompositions géopolitiques régionales et internationales qui façonnent aujourd'hui l'avenir de la région. Ainsi, la table ronde permettra :
Timbuktu Institute
At a time when terrorist activities continue to reshape the security landscape in West Africa, a detailed understanding of the mechanisms of radicalization, resilience, and prevention has become a strategic necessity for the region’s states. With this in mind, the Institute for Strategic Research (IRS) of the International Academy for Counter-Terrorism (AILCT) organized a workshop on June 17 at Alassane Ouattara University in Bouaké (Ivory Coast) a workshop to present the findings of three strategic studies on the dynamics of terrorism and violent extremism in West Africa. This event, which aligns with the IRS’s mission to generate and disseminate knowledge in support of prevention, brought together professors, faculty researchers, and students from the university. Moreover, this forum for reflection aimed to raise awareness among academic stakeholders, stimulate scholarly debate, and formulate recommendations to strengthen policies on prevention and social cohesion.
If there is one finding on which there is broad consensus today in research on violent extremism, it is that young people are particularly vulnerable to the dynamics of radicalization and recruitment. These are the main points of the study presented by the regional director of the Timbuktu Institute, Bakary Sambe, on the topic: “Young Boys and Girls in Areas Under Jihadist Influence: Challenges of Recruiting and Protection.” Highlighting the relevance and timeliness of this workshop, Bakary emphasized that the IRS’s decision to present the findings of the three studies directly to faculty, researchers, and students at the University of Bouaké is significant: “The IRS does not merely produce knowledge in Abidjan; it disseminates and enriches it in collaboration with on-the-ground actors and future elites.” Thus, the study conducted by the Timbuktu Institute took its field teams to Ménaka (Mali) and Diffa (Niger) in the Lake Chad basin. For Bakary Sambe, “this immersion in these two different field settings allowed for a comparative analysis of two distinct jihadist recruitment dynamics, each with its own specific characteristics, underpinned by a multidisciplinary approach to complex issues.”
At the same time, the other two studies presented focused on “support for victims of terrorism and the challenge of reintegrating displaced persons” and “the experience of deradicalization policies in Africa: successes, failures, doubts, and prospects.” These two studies were presented, respectively, by Régis Hounkpè, a Beninese researcher and executive director of InterGlobe Conseils, and Barka Bâ, a Senegalese expert specializing in regional security issues and director of Sen Stratégies Consulting, who brings extensive field and research experience in the Sahel and West Africa. In this regard, the studies presented in Bouaké directly address the challenges identified in the regional context, namely: the territorialization of terrorism, the appeal of jihadist rhetoric to young people, and the need to transform universities into spaces for prevention and resilience.
Abidjan, an emerging hub for strategic research
According to Bakary Sambe, the regional significance of the event cannot be overstated: “Abidjan already has a major asset in AILCT in Jacqueville, which combines training and research activities. This event demonstrates that this institution can become a center where high-level analysis, lessons learned from the Sahel and the Gulf of Guinea, and concrete proposals converge.” This is what makes it “precisely a strategic hub, one that not only generates knowledge but also makes it useful and accessible to the entire subregion,” he added. Furthermore, the president of the Timbuktu Institute highlighted Côte d’Ivoire’s unique position: “It is today one of the most stable and economically integrated countries in ECOWAS and UEMOA. It benefits from a strategic geographic location, modern infrastructure in Abidjan, and a tradition of regional openness; and in a context where terrorism is spreading from the Sahel to coastal countries, having a research hub in Abidjan offers a dual advantage.”
“The knowledge generated can inform concrete frameworks for cooperation, whether through joint operations, intelligence sharing, or cross-border prevention programs,” he explained. He added that the involvement of universities and young people, as seen in this workshop, strengthens community resilience: “It is essential that security cooperation be not only military but also social and preventive. By becoming this research hub, Abidjan can provide the region’s states with shared and up-to-date analytical tools. This is a valuable contribution to smarter and more sustainable regional cooperation. ”
All in all, the workshop—which took an interactive format featuring presentations followed by discussions—helped identify tailored solutions and strengthen the capacity of academic actors in terrorism prevention. Beyond its scientific significance, this event confirms a genuine momentum that could continue to grow. It is worth noting that Abidjan, through the AILCT and its Institute for Strategic Research (IRS), is gradually establishing itself as a major regional hub for the production and dissemination of strategic knowledge on security, in support of an integrated approach combining scientific research, training for executives and practitioners, and prevention policies.
Timbuktu Institute
À l’heure où les dynamiques terroristes continuent de redessiner les équilibres sécuritaires en Afrique de l’Ouest, la compréhension fine des mécanismes de radicalisation, de résilience et de prévention s’impose comme une nécessité stratégique pour les États de la région. C’est fort de cela que l’Institut de Recherche Stratégique (IRS) de l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT) a organisé le 17 juin à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké (Côte d’Ivoire), un atelier de restitution de trois études stratégiques sur les dynamiques du terrorisme et de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest. Cet événement, qui s’inscrit dans la mission de l’IRS de produire et diffuser des connaissances au service de la prévention, a réuni professeurs, enseignants-chercheurs et étudiants de l’université. Au demeurant, ce creuset de réflexion visait à sensibiliser les acteurs académiques, stimuler le débat scientifique et formuler des recommandations pour renforcer les politiques de prévention et de cohésion sociale.
S’il est un enseignement qui fait aujourd’hui largement consensus dans les recherches sur l’extrémisme violent, c’est bien celui de l’exposition particulière des jeunes aux logiques de radicalisation et d’embrigadement. Tels sont les linéaments de l’étude présente par le directeur régional du Timbuktu Institute, Bakary Sambe, sur le thème : « Jeunes garçons et filles dans les zones sous influence jihadiste : enjeux d’embrigadement et de protection ». Rappelant la pertinence et l’opportunité de cet atelier, Bakary a souligné que le choix de l’IRS de présenter directement les résultats des trois études aux enseignants-chercheurs et aux étudiants de l’Université de Bouaké est significatif : « l’IRS ne se contente pas de produire du savoir à Abidjan, il le diffuse et l’enrichit avec les acteurs de terrain et les futures élites ». Ainsi, l’étude réalisée par le Timbuktu Institute a conduit ses équipes de terrain à Ménaka (Mali) et à Diffa (Niger) dans le bassin du Lac Tchad. Pour Bakary Sambe, « cette immersion sur ces deux différents terrains ont permis une approche comparative entre deux dynamiques de recrutement djihadiste avec leurs spécificités respectives, sous-tendue par une approche pluridisciplinaire de problématiques complexes ».
Dans le même temps, les deux autres études restituées concernaient la « prise en charge des victimes du terrorisme et problématique d’insertion des déplacés » et « l’expérience des politiques de dé-radicalisation en Afrique : succès, échecs, doutes et perspectives ». Ces deux recherches ont été présentées respectivement par le chercheur béninois et directeur exécutif du Cabinet InterGlobe Conseils, Régis Hounkpè ; et l’expert sénégalais Barka Bâ spécialiste des questions sécuritaires régionales et directeur du Cabinet Sen Stratégies Consulting, fort d’une grande expérience de terrain et de recherche au Sahel et en Afrique de l’Ouest. En ce sens, ces travaux présentés à Bouaké répondent directement aux défis identifiés dans le contexte régional, à savoir : la territorialisation du terrorisme, l’attraction exercée par les discours jihadistes sur les jeunes et la nécessité de transformer les universités en espaces de prévention et de résilience.
Abidjan, hub émergent de la recherche stratégique
Selon Bakary Sambe, la portée régionale de l’évènement ne saurait être suffisamment soulignée : « Abidjan dispose déjà d’un atout majeur avec AILCT à Jacqueville, qui combine des actions de formation et recherche. Cet événement montre que cette institution peut devenir le centre où se croisent analyses de haut niveau, retours d’expérience du Sahel et du Golfe de Guinée ainsi que propositions concrètes ». C’est cela qui en fait « précisément un hub stratégique, consistant non seulement à produire de la connaissance, mais aussi en la rendant utile et accessible à l’ensemble de la sous-région », ajoute-t-il. Par ailleurs, le président du Timbuktu Institute a mis en avant le positionnement particulier de la Côte d’Ivoire : « Il s’agit aujourd’hui de l’un des pays les plus stables et les plus intégrés économiquement de la CEDEAO et de l’UEMOA. Elle bénéficie d’une position géographique stratégique, d’infrastructures modernes à Abidjan et d’une tradition d’ouverture régionale et dans un contexte où le terrorisme se diffuse du Sahel vers les pays côtiers, avoir un hub de recherche à Abidjan présente un double avantage ».
« Ces connaissances produites peuvent nourrir des cadres de coopération concrets, qu’il s’agisse d’opérations conjointes, de partage de renseignement ou de programmes de prévention transfrontaliers », a-t-il expliqué. Ajoutant que l’implication des universités et des jeunes, comme lors de cet atelier, renforce la résilience communautaire : « il est indispensable pour que la coopération sécuritaire ne soit pas seulement militaire, mais aussi sociale et préventive. Abidjan, en devenant ce hub de recherche, peut fournir aux États de la région des outils d’analyse communs et actualisés. C’est une contribution précieuse à une coopération régionale plus intelligente et plus durable. »
Somme toute, l’atelier, qui s’est déroulé sous un format interactif avec des présentations suivies de discussions, aura permis d’identifier des pistes de solutions adaptées et de renforcer les capacités des acteurs académiques dans la prévention du terrorisme. Au-delà de son importance scientifique, cet événement confirme une réelle dynamique qui pourrait se consolider. A savoir que Abidjan, à travers l’AILCT et son Institut de Recherche Stratégique (IRS), s’impose progressivement comme un pôle régional majeur de production et de diffusion de savoirs stratégiques sur la sécurité, au service d’une approche intégrée alliant recherche scientifique, formation des cadres et des praticiens et politiques de prévention.
Timbuktu Institute Week 2 - June 2026
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Against a backdrop of ongoing shifts in the regional balance of power, Senegal is working to strengthen its position, with its sights set on playing a central role in the current dynamics. It is in this context that Dakar is currently conducting a diplomatic offensive in West Africa to bolster General Birame Diop’s candidacy for the presidency of the ECOWAS Commission for the 2026–2030 term. Following stops in Freetown and Abidjan, Foreign Minister Cheikh Niang’s tour continued on 8 June in Lomé, where he was received by the President of the Togolese Council, Faure Gnassingbé. Conveying a message from President Diomaye Faye, Senegal’s foreign minister officially presented the candidate nominated by Senegal and sought the support of the Togolese authorities. This move forms part of a broader regional strategy aimed at strengthening support for the Senegalese candidacy in the run-up to the upcoming ECOWAS elections. According to Dakar, this campaign aims to promote a candidate deemed capable of contributing to the revitalisation of the regional institution, given the major security and political challenges in West Africa. It also comes at a time when Senegal, which currently holds the chairmanship of the ECOWAS Commission, makes no secret of its desire to play a greater role within the regional organisation.
Meanwhile, on 10 June, President Diomaye Faye received an envoy from his Mauritanian counterpart, Mohamed El Ghazouani, as part of efforts to strengthen political dialogue between the two neighbouring countries. The special envoy, the Mauritanian Minister for Foreign Affairs and African Cooperation, Mohamed Salem Ould Merzoug, delivered a message from the Mauritanian Head of State. This meeting forms part of the ongoing regular exchanges between Dakar and Nouakchott, which maintain strategic and structured diplomatic relations. In this instance, the discussions reaffirmed the two countries’ shared commitment to strengthening their cooperation in several priority sectors, notably the economy, energy, fisheries and security, within a regional context characterised by a high degree of interdependence. Beyond being a diplomatic gesture, this meeting illustrates the depth of Senegal-Mauritanian relations and the desire of both countries to strengthen a partnership described as fraternal, in the face of the political, economic and security challenges facing the sub-region.
Institutional balances in flux
On the domestic front, amid escalating tensions between President Diomaye Faye and his former Prime Minister Ousmane Sonko, a coalition comprising trade unions, intellectuals and civil society actors has appealed to public opinionto warn of the risks of an institutional crisis. At the heart of the controversy lies Sonko’s reinstatement to the National Assembly – the legality of which is contested by n the opposition – and which enabled his election as Speaker. The signatories believe that only the Constitutional Council can resolve this dispute and restore a climate of political calm. They are urging it to rule swiftly on the appeal already lodged by opposition MPs, in order to prevent the conflict from turning into a protracted power struggle between the presidency and the parliamentary majority.
Meanwhile, two Pastef MPs, Ismaila Diallo (First Deputy Speaker of the National Assembly) and Cheikh Thioro Mbacké (Third Deputy Speaker), have announced their resignation from their posts as Deputy Speakers of the National Assembly of Senegal. On the one hand, Ismaila Diallo justifies his decision on the grounds of a “sense of responsibility and loyalty” to his commitment. For his part, Cheikh Thioro Mbacké describes it as a decision taken after careful consideration, motivated by “personal and political considerations”. However, both elected representatives remain Members of Parliament. Whilst the underlying reasons for these moves are not yet entirely clear, they appear to be a new episode in the political manoeuvring within Parliament, where the Pastef intends to wield its legislative power in the political dispute pitting it against the Head of State.