Timbuktu Institute

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Timbuktu institute  Semaine 1 - Septembre 2026

Le recrutement de ressortissants africains dans les rangs russes sur le théâtre du conflit ukrainien, semble constituer désormais un prolongement des plus sensibles du rapprochement noué entre Moscou et l’Afrique. Si le sort de ces hommes interpelle naturellement leurs pays d’origine, il renvoie aussi la Russie aux responsabilités qui sont les siennes quant aux conditions de leur enrôlement et à l’usage qui est fait de leur engagement. Au Cameroun, cette réalité prend aujourd’hui une résonance singulière. C’est dans cette optique que s’inscrit que la mobilisation lancée en août par le collectif « Ramenez nos fils et nos frères », qui entend placer Yaoundé face à ses responsabilités. Selon différentes enquêtes, dont celle d’All Eyes on Wagner, 335 ressortissants camerounais auraient été recrutés et 94 auraient trouvé la mort au combat. Beaucoup auraient été attirés par des promesses d’emploi, d’études ou de voyage avant d’être finalement enrôlés. Telle que posée par le collectif citoyen, la question concerne non seulement le sort de ces recrues mais aussi la capacité des autorités camerounaises à identifier les réseaux qui organisent ces départs, à protéger leurs ressortissants et, surtout, à obtenir des explications de la part d’un partenaire dont les relations avec Yaoundé se sont sensiblement rapprochées ces dernières années. En avril dernier, le ministre des Relations extérieures avait certes convoqué l’ambassadeur russe après la mort de seize Camerounais. Mais face à l’ampleur alléguée du phénomène, la société civile estime désormais qu’une réponse plus structurée est nécessaire. Le cas kényan, où Nairobi affirme avoir obtenu de Moscou l’arrêt du recrutement de ses ressortissants, apparaît à cet égard comme un précédent dont les autorités camerounaises pourraient être amenées à tirer quelques enseignements. Cela étant, cette mobilisation est d’autant plus sensible que Yaoundé et Moscou ont consolidé leur coopération, notamment depuis l’accord militaire signé en 2022. La question des recrues camerounaises place ainsi les autorités devant un délicat exercice d’équilibre : préserver une relation stratégique sans donner le sentiment que celle-ci pourrait s’exercer au détriment de la protection des citoyens camerounais.

Affaire Martinez Zogo, une mutation pleine d’interrogations

Au plan interne, l’affaire Martinez Zogo du nom du journaliste enlevé, torturé et assassiné en janvier 2023 ne connaît toujours pas d’épilogue. Son procès met notamment en cause des membres des services de renseignement et des personnalités économiques proches du pouvoir. Et c’est à ce propos que la mutation du lieutenant-colonel Cerlin Belinga, ne manque pas soulever quelques interrogations. Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé et figure centrale du procès consacré à l’assassinat de Martinez Zogo, celui-ci a été réaffecté à Maroua par décret présidentiel le 31 août, alors même que les audiences se poursuivaient. Naturellement, le calendrier de cette décision retient l’attention de l’opinion publique. Elle intervient au moment où le ministère public entamait l’audition de témoins importants dans une procédure visant dix-sept accusés, tandis que Cerlin Belinga s’était récemment distingué par une posture mettant l’accent sur la recherche de la vérité « à charge comme à décharge ». Cette orientation lui avait valu les critiques d’une partie civile qui lui reprochait notamment de fragiliser certains éléments de l’accusation. Son départ relance dès lors les interrogations sur l’influence de l’exécutif sur la conduite d’un procès dont la portée dépasse largement le cadre judiciaire.

Toutefois, il serait prématuré d’y voir une quelconque preuve d’une intervention politique. Dans les faits, le décret présidentiel ne fournit aucune explication sur les raisons de cette réaffectation et la partie civile elle-même semble accueillir favorablement l’arrivée d’André Eric Atemengue Omgba, dont elle espère une coopération plus étroite. Reste que le simple télescopage entre une mutation décidée en pleine audience et un dossier aussi sensible suffit à raviver les interrogations sur les conditions dans lesquelles la justice militaire conduit certaines des procédures les plus délicates du pays. En attendant, le prochain rendez-vous judiciaire, fixé aux 14 et 15 septembre, permettra peut-être d’apprécier si ce changement demeure essentiellement administratif ou s’il infléchit réellement la conduite du procès.

Le mystère des greffes

Dans ce paysage déjà marqué par ces interrogations, le cambriolage du Tribunal criminel spécial de Yaoundé, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, ajouta une nouvelle zone d’ombre. Les greffes de cette juridiction ont été particulièrement ciblées et, en l’absence de bilan officiel, des informations non confirmées évoquent la disparition de sommes placées sous scellés ainsi que de dossiers liés à des affaires en cours. De toute évidence, il convient de laisser l’enquête établir les faits et leur portée. Mais le lieu lui-même donne à l’incident une résonance particulière. Créé en 2011 pour connaître notamment des affaires de détournement de deniers publics, le Tribunal criminel spécial occupe une place singulière dans l’architecture judiciaire camerounaise et traite plusieurs dossiers susceptibles de mettre en cause des responsables de premier plan. De plus, le timing pourrait interroger. En effet, la juridiction examine notamment le dossier impliquant Oswald Baboke, directeur adjoint de la présidence de la République, dans une affaire de trafic présumé d’or vers Dubaï. Celle-ci porte notamment sur des soupçons de pressions dans l’attribution de permis miniers et sur l’écart entre la production d’or et les volumes officiellement exportés entre 2021 et 2025. En attendant que lumière soit faite sur le cambriolage, il apparaît en outre que l’enquête en cours devrait permettre de plancher sur les conditions de sécurité d’une institution appelée précisément à traiter des affaires de corruption et de détournement. Si certains dossiers judiciaires sensibles étaient effectivement concernés, leur disparition éventuelle ne manquerait pas de nourrir les soupçons autour de procédures déjà exposées à la défiance.

Timbuktu Institute Week 1, September 2026

In Nigeria, the authorities are doing their utmost to regain control of the various spaces where insecurity feeds. From operations against armed groups in the northeast to the destruction of illicit weapons, and the recalibration of military cooperation with Washington, Abuja's priority logic ultimately consists of strengthening national capabilities while diversifying its levers of cooperation. Meanwhile, in the northeast, military pressure is being matched by a return of intelligence work. Operation Hadin Kai continues its effort against factions descended from Boko Haram and the Islamic State in West Africa. On 1 September, an operation conducted in the Lamusuri area, in Yobe State, neutralized one fighter and recovered an AK-47 rifle, three magazines, 90 rounds of ammunition and a body bag. Beyond the immediate results of this intervention, its method deserves attention: the operation reportedly relied on intelligence that enabled Nigerian forces and the Civilian Joint Task Force to spot a group of fighters along a suspicious route.

This link between military intelligence and local actors' knowledge of the terrain appears all the more important given that armed groups retain a mobility and adaptability that limits the effectiveness of a purely offensive approach. It also seems to fit into a broader strategy. In July and August, Nigerian armed forces claim 7,062 security operations across the country, which, according to their own figures, led to the neutralization of 1,487 terrorists and insurgents, the arrest of 487 people and the rescue of 777 kidnap victims. In the northeast, Operation Hadin Kai alone reportedly neutralized 309 fighters and led to the arrest of several logistics facilitators. However, the army also highlights so-called “non-kinetic” initiatives, with nine dialogue actions and fifteen consultations with traditional and religious leaders. A welcome combination reflecting an acknowledgment that military pressure unsupported by sustained work on the social and territorial networks of bandits and terrorists will remain unable to curb armed groups' capacity for action.

Abuja regains control of its security

This drive for control does not appear confined to counterterrorism operations alone. The fight against the proliferation of small arms and light weapons is another front on which Abuja is seeking to act further upstream. Authorities report 5,449 weapons recovered and 1,419 others destroyed in operations carried out across the country. Since 2022, more than 19,000 weapons are said to have been destroyed. The volume of seizures gives a sense of a problem that extends well beyond the northeast. Among recent operations is the interception, at Onne Port, of a container holding 844 automatic weapons and 112,500 rounds of ammunition, which led to the arrest of eleven suspects. Securing legally held stockpiles and improving traceability are meant to complement this policy, as a new national survey on small arms and light weapons is being planned to update data dating back to 2016. Here, one can observe an interesting evolution in Nigeria's security approach. By targeting not only those who carry weapons but also the networks that supply them, Abuja is attempting to address one of the causes common to terrorism, kidnapping and banditry — in short, to control the flows that fuel violence.

Furthermore, with Washington, Abuja intends to preserve a security partnership set to evolve without calling into question its strategic depth. Hence the upcoming withdrawal of more than 200 American troops. Nigeria's military leadership is working to separate the reduction of the American physical presence from the continuation of the strategic partnership between the two countries. Intelligence sharing, training, information exchange and technical assistance are meant to continue, with the possibility of joint operations when circumstances warrant. As the Nigerian army claims an intensification of its own operations, this withdrawal could thus be read as a recalibration of the arrangement rather than a strategic disengagement.

Against corruption, the Chinese model

In Nigeria, persistent difficulties in the fight against corruption are pushing authorities to take a closer look at the Chinese experience. Cooperation with China is thus now extending into the field of governance, particularly the fight against corruption. Abuja and Beijing are seeking to strengthen exchanges on prevention, institutional reform and asset recovery. The interest shown by the Independent Corrupt Practices Commission in Chinese mechanisms reflects a desire to diversify sources of expertise, following similar exchanges with Kenya and Indonesia. This move comes as Nigeria remains poorly ranked in Transparency International's 2025 Corruption Perceptions Index, with a score of 26 out of 100 and 142nd place out of 182 countries, despite the existence of specialized institutions such as the ICPC and the EFCC. For Abuja, the challenge appears to lie less in the absence of legal mechanisms than in their effectiveness, in a context marked by weaknesses in law enforcement, lengthy procedures and limited institutional capacity. China, which scores 43 and ranks 76th, has for its part a more centralized system built around the National Supervisory Commission and the Central Commission for Discipline Inspection. While this experience interests Nigerian authorities, adapting it remains difficult given the deep differences between the two political systems. The rapprochement nonetheless illustrates Abuja's determination to explore new institutional levers to strengthen the effectiveness of its anti-corruption policy.

Ultimately, ahead of the 2027 presidential election, Nigeria appears engaged both in stepping up its security response and in a broader attempt to consolidate the machinery of the state. It remains to be seen whether this momentum will durably narrow the gap between Abuja's capacity to conduct operations and its capacity to address the social, economic and institutional fragilities that continue to fuel insecurity.

Timbuktu institute  Semaine 1 - Septembre 2026 

Au Nigéria, les autorités s’emploient du mieux que faire se peut, de reprendre la maîtrise des différents espaces où se nourrit l’insécurité. Des opérations contre les groupes armés dans le nord-est à la destruction d’armes illicites, en passant par le réajustement de la coopération militaire avec Washington, la logique prioritaire d’Abuja consiste in fine à renforcer les capacités nationales tout en diversifiant les leviers de coopération. Pendant ce temps, dans le nord-est, la pression militaire s’accompagne d’un retour du renseignement. En effet, l’opération Hadin Kai poursuit son effort contre les factions issues de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Le 1er septembre, une opération menée dans la région de Lamusuri, dans l’État de Yobe, a ainsi permis de neutraliser un combattant et de récupérer un fusil AK-47, trois chargeurs, 90 cartouches ainsi qu’un sac mortuaire. Au-delà du bilan ponctuel de cette intervention, son mode opératoire mérite attention : l’opération aurait reposé sur des renseignements ayant permis aux forces nigérianes et à la Civilian Joint Task Force de repérer un groupe de combattants sur un itinéraire suspect.

Cette articulation entre renseignement militaire et connaissance du terrain par les acteurs locaux apparaît d’autant plus importante que les groupes armés conservent une capacité de mobilité et d’adaptation qui limite les effets d’une approche exclusivement offensive. Elle semble d’ailleurs s’inscrire dans une stratégie plus large. En juillet et août, les forces armées nigérianes revendiquent 7 062 opérations de sécurité à travers le pays, ayant conduit, selon leur propre bilan, à la neutralisation de 1 487 terroristes et insurgés, à l’arrestation de 487 personnes et à la libération de 777 personnes enlevées. Dans le nord-est, l’opération Hadin Kai aurait à elle seule neutralisé 309 combattants et permis l’arrestation de plusieurs facilitateurs logistiques. Cependant, l’armée met également en avant des initiatives dites « non cinétiques », avec neuf actions de dialogue et quinze consultations auprès de chefs traditionnels et religieux. Une combinaison bienvenue traduisant une prise en compte de la réalité selon laquelle qu’une pression militaire qui ne serait pas appuyée par un travail de fond sur les relais sociaux et territoriaux des bandits et terroristes, restera incapable d’endiguer la capacité d’action des groupes armés.

Abuja reprend la main sur sa sécurité

Ce faisant, cette logique de contrôle ne semble pas se limiter au seul champ des opérations antiterroristes. La lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre constitue un autre front sur lequel Abuja cherche à intervenir plus en amont. Les autorités font état de 5 449 armes récupérées et de 1 419 autres détruites lors d’opérations menées à travers le pays. Depuis 2022, plus de 19 000 armes auraient ainsi été détruites. Le volume des saisies donne la mesure d’un problème qui excède le périmètre du nord-est. Parmi les opérations récentes figure notamment l’interception, au port d’Onne, d’un conteneur contenant 844 armes automatiques et 112 500 cartouches, ayant conduit à l’arrestation de onze suspects. La sécurisation des stocks légalement détenus et l’amélioration de la traçabilité doivent parallèlement compléter cette politique, alors qu’une nouvelle enquête nationale sur les armes légères et de petit calibre est envisagée afin d’actualiser des données datant de 2016. Pour le coup, l’on observe là une évolution intéressante de l’approche sécuritaire nigériane. En s’attaquant non seulement aux porteurs d’armes mais également aux circuits qui les alimentent, Abuja tente de traiter l’une des causes communes au terrorisme, aux enlèvements et au banditisme, bref à contrôler les flux qui alimentent les violences.

Par ailleurs, avec Washington, Abuja entend préserver une coopération sécuritaire appelée à évoluer sans pour autant remettre en cause sa profondeur stratégique. Ainsi le prochain retrait de plus de 200 militaires américains. L’état-major nigérian s’emploie à dissocier la réduction de la présence physique américaine du maintien du partenariat stratégique entre les deux pays. Renseignement, formation, partage d’informations et assistance technique doivent continuer, avec la possibilité d’opérations conjointes lorsque les circonstances l’exigeront. Au moment où l’armée nigériane revendique une intensification de ses propres opérations, ce départ pourrait dès lors être interprété comme un réajustement du dispositif plutôt que comme un désengagement stratégique.

Contre la corruption, le modèle chinois

Au Nigéria, les difficultés persistantes dans la lutte contre la corruption poussent les autorités à s’intéresser davantage à l’expérience chinoise. Ainsi, avec la Chine, la coopération s’étend désormais au terrain de la gouvernance, notamment sur la lutte contre la corruption. En effet, Abuja et Pékin cherchent à renforcer leurs échanges autour de la prévention, des réformes institutionnelles et du recouvrement des avoirs. L’intérêt manifesté par la Commission indépendante contre la corruption pour les dispositifs chinois traduit une volonté de diversifier les sources d’expertise, après des échanges similaires avec le Kenya et l’Indonésie.  Cette démarche intervient alors que le Nigéria demeure mal classé dans l’Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, avec un score de 26 sur 100 et une 142e place sur 182 pays, malgré l’existence d’institutions spécialisées comme l’ICPC et l’EFCC. Pour Abuja, l’enjeu apparaît ainsi moins lié à l’absence de dispositifs juridiques qu’à leur efficacité, dans un contexte marqué par des faiblesses dans l’application des lois, la durée des procédures et les capacités institutionnelles. La Chine, qui obtient un score de 43 et se classe 76e, présente de son côté un système davantage centralisé autour de la Commission nationale de supervision et de la Commission centrale d’inspection de la discipline. Si cette expérience intéresse les autorités nigérianes, son adaptation demeure toutefois délicate en raison des différences profondes entre les deux systèmes politiques. Le rapprochement illustre néanmoins la volonté d’Abuja d’explorer de nouveaux leviers institutionnels pour renforcer l’efficacité de sa politique anticorruption.

Au fond, à l’approche de la présidentielle de 2027, le Nigeria semble ainsi engagé autant dans une intensification de sa réponse sécuritaire que dans une tentative plus large de consolidation de l’appareil d’État. Reste à savoir si cette dynamique permettra de réduire durablement l’écart entre la capacité d’Abuja à mener des opérations et sa capacité à traiter les fragilités sociales, économiques et institutionnelles qui continuent d’alimenter l’insécurité.

Timbuktu Institute Week 1, September 2026

News in Burkina Faso has been heavily marked by the presence of armed groups and their ability to destabilize the country and its economy. Indeed, mining areas are increasingly becoming their target, as they offer numerous opportunities. Communities near these sites are thus stormed by these groups seeking revenue and manpower to carry out their attacks.

Mining areas and economic corridors: the new challenges of counterterrorism in Burkina Faso

Terrorist groups want greater logistical means to strengthen their ranks and military capabilities. ACLED data is alarming: three-quarters of violent events occur in Burkina Faso, and a significant share of them take place near mining areas. According to Lucia Bird Ruiz Benitez de Lugo, Director of the West Africa Observatory at the GI-TOC, “the way JNIM and ISWAP benefit from the mining sector is indirect. People have to extract first.” It should be noted that mines are not only strategic sites liable to be attacked. They are, above all, an important source of funding for armed groups' activities. These sites are also meeting points for various economic actors who deserve protection. It is therefore essential to stress the pressing need to secure populations in areas surrounding these sites, as well as the economic corridors, for more effective counterterrorism.

Burkina Faso: the pre-trial detention of Lionel Bilgo and the stakes of the transition

In a different vein, the pre-trial detention of Lionel Bilgo, former Minister of Communication under Damiba, has made headlines in Ouagadougou in recent days. This action comes amid what appears to be a “witch hunt” targeting former leaders. Indeed, former ministers, senior administration officials and heads of major institutions are being prosecuted by the country's justice system for various offenses related to their management. Beyond being a strong signal of accountability, these initiatives also allow the current regime to further consolidate its power in the eyes of the population. As a reminder, the state is engaged in a fierce fight against armed groups and the reconquest of its territory.

Burkina Faso thus stands at a crossroads, with authorities caught between the hammer of armed groups and the anvil of accountability, which occupies a central place in the new leadership's approach.

Timbuktu institute  Semaine 1 - Septembre 2026 

L’actualité au Burkina Faso est fortement marquée par la présence de groupes armés et leur capacité à déstabiliser le pays et son économie. En effet, les zones minières deviennent de plus en plus leur cible, car offrant de nombreuses opportunités. Les communautés proches de ces sites sont ainsi prises d’assaut par ces groupes qui cherchent à trouver des revenus et des hommes pour mener à bien leurs exactions.

Zones minières et corridors économiques : les nouveaux défis de la lutte antiterroriste au Burkina Faso

Les groupes terroristes souhaitent disposer de plus de moyens logistiques pour renforcer leurs effectifs et leurs capacités militaires. Les données d’ACLED sont alarmantes : trois quarts des événements violents se produisent au Burkina Faso, et une part importante d'entre eux se déroule à proximité de zones minières. Selon Lucia Bird Ruiz Benitez de Lugo, Directrice de l’Observatoire d’Afrique de l’Ouest à la GI-TOC, « la façon dont le GSIM et l’EIGS profitent du secteur minier est indirecte. Les gens doivent d’abord extraire. » Il est à noter que la mine n’est pas seulement un lieu stratégique susceptible d’être attaqué. Elle est surtout une importante source de financement des activités des groupes armés. Ces sites constituent également un lieu de rencontre pour divers acteurs économiques qui méritent d’être protégés. Il convient dès lors de souligner l'impérieuse nécessité de sécuriser les populations des zones riveraines de ces sites ainsi que les corridors économiques pour une meilleure lutte contre le terrorisme.

Burkina Faso : le placement sous mandat de dépôt de Lionel Bilgo et les enjeux de la transition

Dans un autre registre, le placement sous mandat de dépôt de Lionel Bilgo, ancien ministre de la Communication sous Damiba, a marqué l’actualité de ces derniers jours à Ouagadougou. Cet acte survient dans un contexte où une « chasse aux sorcières » visant les anciens dirigeants serait à l’ordre du jour. En effet, d’anciens ministres, hauts cadres de l’administration et dirigeants de grandes institutions sont poursuivis par la justice du pays pour diverses infractions liées à leur gestion. Outre le fait qu'il s'agit d'un signal fort de reddition des comptes, ces initiatives constituent une manière pour le régime actuel de mieux consolider son pouvoir aux yeux des populations. Pour rappel, l’État est engagé dans une lutte acharnée contre les groupes armés et la reconquête du territoire.

Le Burkina Faso est donc à la croisée des chemins et les autorités se trouvent entre le marteau des groupes armés et l'enclume de la reddition des comptes, qui occupe une place centrale dans la démarche des nouveaux dirigeants.

Timbuktu Institute Week 1, September 2026

In Côte d'Ivoire, the political system's ability to prevent and manage electoral conflicts remains one of its greatest challenges. Since the dissolution of the Independent Electoral Commission (CEI), this issue has been at the heart of the country's news. In this national debate, the opposition is seeking to speak with one voice to better safeguard its interests. Pascal Affi N'Guessan's FPI, Simone Ehivet Gbagbo's MGC, Assalé Tiémoko's ADCI, Charles Blé's COJEP and Laurent Gbagbo's PPA-CI thus held talks to unify their positions on electoral governance.

Electoral reform in Côte d'Ivoire: the opposition seeks a unified front against the government

Through this unified framework, these political leaders aim to submit their demands to the government in a single document, in order to harmonize their positions and be more effective. They met on 1 September at PPA-CI headquarters to agree on a common stance regarding the shape of the next electoral architecture. This institutional void, created by the dissolution of the CEI on 6 May, raises concerns in a country where political crises have repeatedly undermined unity and caused heavy losses. As a reminder, on 18 June, Simone Ehivet Gbagbo proposed the creation of an independent “High Electoral Council,” excluding the government and political parties. The government, for its part, proposes an electoral architecture split into three separate bodies: “one for material organization, one for vote counting, and a third dedicated to overall oversight of the process.” At stake, therefore, is the opposition's lack of confidence regarding the organization of free and transparent future elections.

Côte d'Ivoire-Xinyi Glass partnership: a stake in integration into global value chains

Meanwhile, the Ivorian state is working to strengthen its economic appeal. Discussions are underway to establish a strategic partnership with the Chinese group Xinyi Glass to “diversify the country's industrial fabric and promote its integration into global value chains.” This involves a major plant-construction project representing an estimated investment of $150 million, which will boost employment and expand economic opportunities. The country is continuing its drive toward modernizing and industrializing its economy in order to make it more resilient and preserve the country's stability.

Timbuktu institute  Semaine 1 - Septembre 2026

En Côte d’ivoire, la capacité du système politique à prévenir et à gérer les conflits électoraux reste l’un des plus grands défis. Depuis la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), cette question est au cœur de l’actualité du pays. Dans ce débat national, l’opposition cherche à parler d’une seule voix afin de mieux préserver ses intérêts. Ainsi, le FPI de Pascal Affi N’Guessan, le MGC de Simone Ehivet Gbagbo, l’ADCI d’Assalé Tiémoko, le COJEP de Charles Blé et le PPA-CI de Laurent Gbagbo ont échangé pour unifier leurs positions concernant la gouvernance électorale. 

Réforme électorale en Côte d'Ivoire : l'opposition en quête d'un cadre unitaire face au gouvernement

À travers ce cadre unitaire, ces leaders politiques ont l’ambition de soumettre des revendications au gouvernement dans un document unique, afin d’harmoniser leurs positions et d'être plus efficaces. Ils se sont réunis le 1er septembre au siège du PPA-CI pour se prononcer de manière concertée sur la configuration de la prochaine architecture électorale. Ce vide institutionnel, créé par la dissolution de la CEI le 6 mai dernier, suscite des questionnements dans un pays où les crises politiques ont à plusieurs reprises sapé la dynamique unitaire et occasionné de nombreuses pertes. Pour rappel, le 18 juin dernier, Simone Ehivet Gbagbo avait proposé la création d'un « Haut Conseil électoral » indépendant, excluant le gouvernement et les partis politiques. De son côté, le gouvernement propose une architecture électorale scindée en trois organes distincts : « un pour l'organisation matérielle, un pour le recensement des votes et un dernier dévolu à la supervision générale du processus ». Le débat qui se pose est donc celui d'un manque de confiance de la part de l’opposition quant à l’organisation de prochaines élections libres et transparentes.


Partenariat Côte d'ivoire - Xinyi Glass : un enjeu d'intégration dans les chaînes de valeur mondiales

Pendant ce temps, l’État ivoirien œuvre à renforcer son attractivité économique. En effet, des discussions sont en cours pour nouer un partenariat stratégique avec le groupe chinois Xinyi Glass afin de « diversifier le tissu industriel du pays et favoriser son intégration dans les chaînes de valeur mondiales ». Il s’agit d’un important projet d’implantation d’une usine représentant un investissement estimé à 150 millions de dollars, qui permettra d’accroître le nombre d’emplois et d'élargir les opportunités économiques. Le pays poursuit sa marche vers la modernisation et l’industrialisation de son économie afin de la rendre plus résiliente et de préserver la stabilité du pays.

Timbuktu Institute Week 1, September 2026

In Togo, the news has been marked by the arrest of two French filmmakers, which has reignited diplomatic relations between Paris and Lomé. Gaël Mocaër and Sebastian Perez Pezzani were arrested on 27 July while filming a documentary near the Beninese border, in the Savanes region placed under a state of emergency.

Press freedom in Togo: after the arrest of two French journalists, the debate on reporting in a tense zone resurfaces

According to the Minister of Communication, “they are said to be journalists, but that remains to be documented. These two French nationals did not submit a formal request for press accreditation.” Authorities were prosecuting them, notably for making false statements. In a statement, the French Foreign Ministry (Quai d'Orsay) said that “Gaël Mocaër and Sebastian Perez Pezzani, filmmakers arrested in Togo on 27 July 2026, were granted provisional release on 1 September, with authorization to leave the country.” Their return to France was scheduled for 3 September. This affair once again raises the persistent question of press freedom in a tense security context.

Cybersecurity in Togo: Lomé banks on local expertise to counter cyberattacks

On the security front, the country continues to build its capacity against the scale of cyber threats. As part of the 2024-2028 National Cybersecurity Strategy, the National Cybersecurity Agency launched a call for tenders to pool expertise in the field, in order to prevent cyber threats, respond effectively to attacks and protect personal data, among other goals. According to the agency, “this talent pool is meant to enable ANCy to identify, qualify, register and, as needed, mobilize national expertise to contribute to technical, operational, research, development, training, awareness-raising or implementation-support missions.” Togo is thus opting for local expertise to ensure its sovereignty in this field. The authorities appear to understand that the country's security is also at stake in cyberspace, just as it is at land borders.

Xenophobic tensions in South Africa: Togo's diplomatic and humanitarian crisis management

Separately, Togo repatriated some twenty of its nationals following xenophobic tensions in South Africa last Sunday. This was a voluntary return operation fully funded by the Togolese state. As a reminder, African nationals residing in South Africa have for several months been subjected to unprecedented xenophobic treatment.

Timbuktu institute  Semaine 1 - Septembre 2026

Au Togo, l’actualité a été marquée par l'arrestation des deux réalisateurs français, qui a ravivé les relations diplomatiques entre Paris et Lomé. En effet, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont été arrêtés le 27 juillet dernier alors qu’ils tournaient un film documentaire près de la frontière béninoise, dans la zone des Savanes placée sous état d’urgence.

Liberté de la presse au Togo : après l'arrestation de deux journalistes français, le retour du débat sur l'information en zone de tension

Pour le ministre de la Communication, « on dit qu’ils sont journalistes, mais cela reste à documenter. Ces deux ressortissants français n’ont pas fait l’objet d’une demande d’accréditation de presse en bonne et due forme. » Les autorités les poursuivaient notamment pour fausses déclarations. Dans un communiqué, le Quai d’Orsay a affirmé que « Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, réalisateurs arrêtés au Togo le 27 juillet 2026, se sont vus signifier une décision de mise en liberté provisoire le 1er septembre, avec autorisation de quitter le territoire ». Leur retour en France est prévu pour le 3 septembre. Cette affaire pose encore la lancinante question de la liberté d’informer dans un contexte sécuritaire tendu.

Cybersécurité au Togo : Lomé mise sur l'expertise locale pour contrer les attaques informatiques

Sur le plan sécuritaire, le pays continue de renforcer ses capacités face à l’ampleur des cybermenaces. À cet effet, dans le cadre de la Stratégie nationale de cybersécurité 2024-2028, l’Agence nationale de la cybersécurité a lancé un appel d’offres pour regrouper les compétences en la matière, afin de prévenir les cybermenaces, de répondre efficacement aux attaques et de protéger les données personnelles, entre autres. Selon l'agence, « ce vivier a pour vocation de permettre à l'ANCy d'identifier, de qualifier, de référencer et, selon les besoins, de mobiliser des compétences nationales pour contribuer à des missions techniques, opérationnelles, de recherche, de développement, de formation, de sensibilisation ou d'appui à la mise en œuvre de ses missions ». Le Togo opte donc pour une expertise locale afin d’assurer sa souveraineté dans ce domaine. Les autorités semblent comprendre que la sécurité du pays se joue également dans le cyberespace, tout comme aux frontières terrestres.

Tensions xénophobes en Afrique du Sud : la gestion de crise diplomatique et humanitaire du Togo

Par ailleurs, le Togo a rapatrié une vingtaine de ses ressortissants à la suite des tensions xénophobes en Afrique du Sud dimanche dernier. Il s’agit d’une opération de retour volontaire totalement prise en charge par l’État togolais. Rappelons que depuis quelques mois, les ressortissants africains séjournant en Afrique du Sud sont victimes d'un traitement xénophobe sans précédent.

 

 

Timbuktu Institute Week 1, September 2026

The three countries of the Alliance of Sahel States are more committed than ever to a drive to build a shared identity. To this end, a first technical meeting was held in Ouagadougou on 1 September between the Burkinabè Prime Minister and the Secretaries-General of the Grand Chancelleries of the three countries. The goal is to create a fully African order of merit, drawing on the continent's local realities and rewarding patriotism and merit.

The FAMa (Malian Armed Forces) and their partners continue to monitor and secure Malian territory, according to an announcement by the Mali General Armed Forces Staff. This falls under Operation Dougoukoloko which, through continued surveillance operations in the eastern theater and the use of precise intelligence, has enabled the detection of new gathering sites for armed terrorist groups in the Ouertédjach region. These operations will continue with rigor and professionalism to better secure the national territory.

The lifting of JNIM's blockade on Léré, a relief for the population

In northern Mali, the blockade on the town of Léré, in the Timbuktu region, was lifted on 31 August 2026, although the agreement remains only provisional. As a reminder, this JNIM blockade, in place since October 2025 and causing shortages, required intense negotiations between the population and local authorities. A monitoring committee has been set up, and the blockade is expected to be effectively lifted within three to four days, following mine clearance.

Under the AES banner, Mali more attached than ever to sovereignty

Furthermore, on 1 September 2026, at the Belgrade summit attended by Mali's Foreign Minister, the minister clearly reaffirmed the objectives of the Confederation of Sahel States — namely sovereignty, independence and the fight against terrorism, among others — in keeping with the historic principles of non-alignment, while also recalling Mali's role since 1961 and linking the Sahel crisis to the 2011 intervention in Libya.