Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute – Week 1 – May 2026

On Saturday 9 May, the broad presidential coalition brought together activists and supporters from across the region to pay tribute to President Diomaye Faye. The “Diomaye Président” coalition gathered in Mbour, the current president’s stronghold, to honour him in the presence of his parents, relatives and friends, two years after he came to power.

Diomaye Faye’s supporters reveal their ambitions for 2029

This large-scale gathering is seen as a political test, as tensions appear to persist within the ruling party, Pastef, led by Prime Minister Ousmane Sonko. A trial run, or a masterstroke? In any case, his supporters believe they have succeeded in mobilising support and intend to maintain this momentum for the upcoming elections. The Minister for Trade and former Managing Director of Nestlé’s Africa and Middle East Research and Development Centre, who attended the meeting, said: “I have never seen, in two years, so many results… We want to tell you that the ‘Diomaye-President’ coalition is a lever for building this Senegal. That is why, in 2029, the President must seek another five-year term. No president has ever served just a single term in Senegal, so we, the Senegalese people, want him to be our candidate in 2029 and for him to win for the development of Senegal.” He clearly expressed his willingness to support President Faye’s candidacy, despite internal tensions.

Internal divisions within Pastef are fuelling political speculation

These tensions have manifested in a series of dismissals among the “pro-Sonko” faction in recent months. Following the dismissal of the director of SNHLM, it is now the turn of Ousseynou Ly, the former presidential spokesperson, to bear the brunt of these tensions. These dismissals are seen as highly politically motivated given the individuals’ close ties to the Pastef leader. They reflect the persistent tensions within the state and fuel the notion of an internal political realignment at the expense of figures close to Ousmane Sonko and the Pastef party. Pastef party activists continue to voice criticism against their party colleague – who is also the President of the Republic – and speak of an attempt to ‘de-Pastefise’ the government. According to some observers, Bassirou is already poised to take over after Sonko. The appointment of Abdoulaye Tine, a lawyer and member of the presidential coalition, to replace Mr Ly, is proof of this. As a reminder, the replacement of Aïda Mbodj by Aminata Touré at the head of the coalition had, according to many analysts, signalled the tone of the internal power struggle that was to follow.

During an interview with three Senegalese journalists, President Faye was keen to clarify his relationship with his Prime Minister: “As long as he is Prime Minister, it means he has my trust. The day that trust no longer exists, I will appoint another Prime Minister. ” This statement frustrated several leaders, activists and supporters of the ruling party, who took to the streets to express their discontent. This outburst by President Bassirou Diomaye Faye highlights the fragilities within the majority, where the question of the balance of power between the Head of State and his Prime Minister continues to fuel debate and frustration.

Senegal–Mali: Dakar calls for a coordinated regional response to the terrorist threat

On the security front, the prevailing situation in Mali is a cause for concern for Senegal due to the shared border and trade relations between the two countries. For President Faye, “everything that affects Mali concerns us directly”, emphasising the historical ties between Dakar and Bamako. He also believes that Senegal must support Mali in its fight against terrorism. “We must strengthen cooperation with Bamako through the exchange of intelligence and joint patrols. ” He thus calls on all ECOWAS countries to take joint and coordinated action. The situation is already having repercussions on transport and trade in general. According to researcher Bakary Sambe, a holistic approach involving African countries directly or indirectly affected by the problem must be adopted in order to resolve the crisis. When questioned by a journalist from Dakaractu, the president of the Timbuktu Institute stated that “at the regional level, the approach proposed in Lomé is precisely what is needed: multilateral coordination involving the AU, ECOWAS, Algeria, Mauritania and neutral actors, or those perceived as such. And as regards external partnerships, we must be clear-sighted without being dogmatic.” As a reminder, on 18 April, Lomé hosted a high-level meeting with the foreign ministers of the Economic Community of West African States (ECOWAS), ECOWAS officials, partners and researchers, with a view to bringing positions closer together.

Timbuktu Institute - Semaine 1 - Mai 2026

 

Le samedi 9 mai, la grande coalition présidentielle a réuni  des militants et sympathisants venus de toute la région pour rendrehommage au président Diomaye Faye. La coalition « Diomaye Président » s'est en effet retrouvée à Mbour, le fief de l'actuel président, pour l'honorer en présence de ses parents, proches et amis, deux ans après son accession au pouvoir.

Les soutiens de Diomaye Faye affichent leurs ambitions pour 2029

Ce rassemblement d’une grande envergure est considéré comme un test politique, alors que les tensions semblent perdurer au sein du parti au pouvoir, le Pastef, dirigé par le Premier ministre, Ousmane Sonko. Coup d'essai, coup de maître ? En tout cas, ses soutiens estiment avoir réussi le pari de la mobilisation et comptent bien poursuivre cette dynamique pour les prochaines échéances électorales. Pour le ministre du Commerce et ancien directeur général du centre de recherche et développement Afrique et Moyen-Orient de Nestlé, venu participer à la rencontre : « Je n’ai jamais vu, en deux ans, autant de résultats… Nous tenons à vous dire que la coalition « Diomaye-président » est un levier pour bâtir ce Sénégal. C’est pourquoi, en 2029, le président doit demander un autre mandat de cinq ans. Aucun président n'a jamais fait qu'un seul mandat au Sénégal, donc nous, les Sénégalais, nous voulons qu'il soit notre candidat en 2029 et qu'il gagne pour le développement du Sénégal. » Il affiche clairement sa volonté de soutenir la candidature du président Faye, malgré les tensions internes.

Les fractures internes au sein de Pastef alimentent les spéculations politiques

Ces tensions se sont matérialisées par une série de licenciements parmi les « pro-Sonko » ces derniers mois. Après le licenciement du directeur de SNHLM, c’est au tour d'Ousseynou Ly, l'ex-porte-parole de la présidence, de faire les frais de ces tensions. Des licenciements jugés très politiques au regard de la proximité de ces derniers avec le leader de Pastef. Ils traduisent les tensions persistantes au sein de l'État et alimentent l'idée d'un rééquilibrage politique interne au détriment des personnalités proches d'Ousmane Sonko et du parti Pastef. Des militants du parti Pastef continuent de proférer des critiques contre leur camarade de parti, et non moins président de la République, et parlent d'une tentative de « dépastefisation » du pouvoir. Selon certains observateurs, Bassirou serait déjà prêt à prendre la relève après Sonko. La mise sur orbite de Me Abdoulaye Tine, avocat et membre de la coalition présidentielle, qui remplace M. Ly, en est la preuve. Pour rappel, le remplacement d'Aïda Mbodj par Aminata Touré à la tête de la coalition avait annoncé, selon beaucoup d'analystes, la couleur de la bataille fratricide qui aura lieu.

Lors d'une interview accordée à trois journalistes sénégalais, le président Faye a tenu à clarifier sa relation avec son Premier ministre : « Tant qu'il est Premier ministre, c'est qu'il bénéficie de ma confiance. Le jour où cette confiance n'existera plus, je nommerai un autre Premier ministre. » Cette déclaration a frustré plusieurs leaders, militants et sympathisants du parti au pouvoir, qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Cette sortie du président Bassirou Diomaye Faye met en lumière les fragilités perceptibles au sein de la majorité, où la question de l'équilibre des pouvoirs entre le chef de l'État et son Premier ministre continue d'alimenter les débats et les frustrations.

Sénégal–Mali : Dakar plaide pour une réponse régionale coordonnée face à la menace terroriste

Sur le plan sécuritaire, la situation qui prévaut au Mali inquiète le Sénégal en raison de la frontière commune et des relations commerciales entre les deux pays. Pour le président Faye, « tout ce qui touche le Mali nous concerne directement », insistant sur les liens historiques entre Dakar et Bamako. Il estime également que le Sénégal doit soutenir le Mali dans sa lutte contre le terrorisme. « Nous devons renforcer la coopération avec Bamako par l'échange de renseignements et des patrouilles conjointes. » Il invite ainsi tous les pays de la CEDEAO à mener une action conjointe et coordonnée. La situation a déjà des répercussions sur les transports et les échanges commerciaux en général. Selon le chercheur Bakary Sambe, il faut adopter une approche holistique impliquant les pays africains, directement ou indirectement concernés par le problème, afin de sortir de la crise. Interrogé par un journaliste de Dakaractu, le président du Timbuktu Institute estime qu'« au niveau régional, l'approche proposée à Lomé est précisément ce dont on a besoin : une coordination multilatérale qui associe l'UA, la CEDEAO, l'Algérie, la Mauritanie et des acteurs neutres ou perçus comme tels. Et en ce qui concerne les partenariats extérieurs, il faut être lucide sans être dogmatique. » Pour rappel, Lomé avait accueilli, le 18 avril dernier, une rencontre de haut niveau avec les ministres des Affaires étrangères de l'AES, des responsables de la CEDEAO, des partenaires et des chercheurs, afin de rapprocher les positions.

 

Lettre de l'Observatoire - Timbuktu Institute - Mai 2026

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Le 25 avril 2026 restera une date charnière dans l’histoire sécuritaire du Sahel et du Mali de cette dernière décennie. Six localités maliennes ont été attaquées simultanément par le JNIM et le FLA (Front de libération de l’Azawad), entraînant la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et remettant en cause le contrôle militaire de Kidal. Ces opérations coordonnées révèlent une montée en puissance inédite des groupes armés et, malgré les efforts des FAMAs, marquent l’échec patent du modèle de sous-traitance sécuritaire russe (Wagner puis Africa Corps), incapable de tenir durablement les territoires face à des guérillas ancrées dans les réalités locales.

Dans ce contexte, l’alliance entre le JNIM et le FLA repose sur deux piliers : le rôle central d’Iyad Ag Ghaly, figure de liaison organique vu les allégeances communautaires, et des intérêts économiques partagés autour des trafics transsahariens. Il s’agit cependant d’une alliance de circonstances, dictée par l’ennemi commun – le régime de Bamako - et non d’un pacte stratégique durable. Les objectifs divergent profondément : le JNIM poursuit l’imposition évolutive de la charia sur un territoire élargi, tandis que le FLA, héritier des rébellions touareg, défend un projet d’autonomie ou d’indépendance de l’Azawad. Ces visions irréconciliables, dans le temps long, limitent la pérennité de leur coopération.

Pour le régime du général Goïta, dont la légitimité reposait presque exclusivement sur la promesse de rétablir la sécurité, ces événements constituent un choc politique. La reconquête symbolique de Kidal en 2023 est déjà contestée sur le terrain militaire, et le parallèle avec la crise de 2012 devient inquiétant. À court terme, les attaques suscitent un réflexe de ralliement national autour du pouvoir et surtout du « drapeau », mais cet effet reste fragile et volatile sur le long terme.

Sur le plan régional, l’Alliance des États du Sahel (AES) affiche une solidarité limitée aux déclarations et condamnations, contrainte par les difficultés internes de ses pays. La CEDEAO semble évoluer vers un rôle de facilitateur et plus conciliant, tandis que les États côtiers craignent un effet domino. Dans ce contexte fragmenté, l’initiative togolaise de Lomé du 18 avril 2026 apparaît comme une opportunité diplomatique majeure. En réunissant autour d’une même table acteurs de l’AES, de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU, de la Russie, de la France et de l’Union européenne, le Togo s’est positionné comme un espace neutre de dialogue lors d’une réunion de Haut-Niveau le 18 avril 2026 à Lomé.

Le Timbuktu Institute, parlant à titre de Think Tank régional invité, a défendu, à Lomé, l’approche du « paquet indivisible » – sécurité, gouvernance, développement et démocratie – et proposé la création et l’activation d’un canal militaire et technique direct entre états-majors AES et CEDEAO pour partager le renseignement et coordonner les opérations sur le terrain vu l’ampleur des urgences qui ne peuvent attendre les longues tractations diplomatiques.

Face à cette crise multidimensionnelle, cinq pistes de sortie de crise semblent s’imposer : Sortir de l’illusion d’une solution purement militaire au Sahel et mitiger les stratégies actuelles ; engager un dialogue politique inclusif véritable (décentralisation substantive, meilleure gouvernance des ressources, révision ou amélioration de l’Accord d’Alger) ; soutenir les dynamiques citoyennes constructives maliennes (GRAIN, Imam Dicko, autres) favorables au dialogue inclusif ; construire une architecture régionale pragmatique autour de l’intérêt partagé de contenir l’expansion djihadiste en dehors des velléités diplomatiques AES/CEDEAO ; et privilégier des partenariats pragmatiques, non exclusifs et non substitutifs aux solutions endogènes.

Le 25 avril 2026 révèle les limites des approches sécuritaires externalisées et des fractures persistantes, mais ouvre opportunément une fenêtre de dialogue régional que la routine n’aurait sans doute pas permise dans le contexte actuel. L’urgence est désormais de transformer cette crise qui fut un électrochoc, en opportunité avant que la fenêtre de la prise de conscience, de la médiation et du dialogue ne se referme, en misant sur une réponse globale portée par les sociétés sahéliennes elles-mêmes bien qu’ouverte à tous les partenariats constructifs.

Timbuktu Institute - Week 1 - April 2026 

 

In a regional context marked by the realignment of security alliances and the intensification of logistical challenges in West Africa, Togo is gradually emerging as a pivotal actor. By combining balanced diplomacy, multidimensional cooperation, and economic ambition, it is strengthening its influence while consolidating its strategic partnerships, particularly with Sahelian states. This stance, at the intersection of security and trade dynamics, reflects the Togolese authorities’ commitment to becoming a lasting part of regional stabilization and integration mechanisms.

Togo, a strategic regional actor balancing multidimensional cooperation and diplomatic equilibrium

Togo has strengthened its role as a strategic actor in the West African region, particularly by developing its relations with Burkina Faso. Exchanges between the two countries have spanned various fields, such as security, the economy, and justice, thus illustrating multidimensional cooperation. As a reminder, the repatriation of Damiba, as mentioned in previous bulletins, is a perfect illustration of this. The country is adopting a balanced strategy, combining security engagement with pragmatic diplomacy. By maintaining relations with the countries of the Alliance of Sahel States and traditional regional frameworks, it is positioning itself as a mediator and facilitator.

Logistics Corridor and Internal Stability: The Pillars of Togo’s Regional Ambition

At the same time, Togo has continued its efforts to improve the functioning of the logistics corridor linking the port of Lomé to Sahelian countries. This infrastructure is a key driver of regional trade and a strategic tool for opening up the Sahelian states. This momentum reflects Togo’s ambition to become an essential logistics hub in West Africa. It also underscores the vital role of transport infrastructure in strengthening regional integration and the economic resilience of Sahelian countries. Domestically, Togolese authorities continue to invest in key social sectors, particularly education, to strengthen national cohesion and prevent factors of fragility. This stance grants the country growing influence, but it also exposes it to heightened security risks, particularly in its northern regions. Geographical proximity to Sahelian conflict zones constitutes a vulnerability that warrants close monitoring. 

In the coming weeks, Togo would be well-advised to continue its efforts to strengthen its role as a logistics hub and to pursue its security cooperation initiatives in order to meet a dual challenge: preserving its internal stability while managing security pressures emanating from the Sahel. Togo is gradually establishing itself as a pivotal actor in the region, capable of playing a key role in cooperation and stabilization efforts. However, this strategic position requires vigilance in the face of emerging threats.

Timbuktu Institute - Semaine 1 - Avril 2026

 

Dans un contexte régional marqué par la recomposition des alliances sécuritaires et l’intensification des enjeux logistiques en Afrique de l’Ouest, le Togo s’impose peu à peu comme un acteur pivot. En combinant diplomatie d'équilibre, coopération multidimensionnelle et ambition économique, il renforce son influence tout en consolidant ses partenariats stratégiques, notamment avec les États sahéliens. Cette posture, à la croisée des dynamiques sécuritaires et commerciales, témoigne de la volonté des autorités togolaises de s'inscrire durablement dans les mécanismes de stabilisation et d'intégration régionale.

 Le Togo, un acteur stratégique régional entre coopération multidimensionnelle et diplomatie d’équilibre

Le Togo a renforcé son rôle d'acteur stratégique dans la région ouest-africaine, notamment en développant ses relations avec le Burkina Faso. Les échanges entre les deux pays ont porté sur des domaines variés, tels que la sécurité, l’économie et la justice, illustrant ainsi une coopération multidimensionnelle. Pour rappel, le rapatriement de Damiba comme évoqué dans les précédents bulletins météo en est une parfaite illustration. Le pays adopte une stratégie équilibrée, alliant engagement sécuritaire et diplomatie pragmatique. En maintenant des relations avec les pays de l'Alliance des États du Sahel et les cadres régionaux traditionnels, il se positionne comme un acteur de médiation et de facilitation.

Corridor logistique et stabilité interne : les piliers de l’ambition régionale du Togo

En parallèle, le Togo a poursuivi ses efforts pour améliorer le fonctionnement du corridor logistique reliant le port de Lomé aux pays sahéliens. Cette infrastructure constitue un levier essentiel pour le commerce régional et un outil stratégique pour le désenclavement des États du Sahel. Cette dynamique reflète l'ambition du Togo de devenir un hub logistique incontournable en Afrique de l'Ouest. Elle souligne également le rôle essentiel des infrastructures de transport dans le renforcement de l’intégration régionale et de la résilience économique des pays du Sahel. Sur le plan interne, les autorités togolaises continuent d’investir dans des secteurs sociaux clés, notamment l’éducation, afin de renforcer la cohésion nationale et de prévenir les facteurs de fragilité. Cette posture lui confère une influence croissante, mais elle l’expose également à des risques sécuritaires accrus, en particulier dans ses régions septentrionales. La proximité géographique avec les zones de conflit sahéliennes constitue un facteur de vulnérabilité qu’il convient de surveiller attentivement.

Dans les semaines à venir, le Togo gagnerait à continuer ses efforts de renforcement de son rôle de hub logistique et poursuivre ses efforts de coopération sécuritaire afin de relever un double défi : préserver sa stabilité interne tout en gérant les pressions sécuritaires en provenance du Sahel. Le Togo s'impose progressivement comme un acteur pivot de la région, capable de jouer un rôle clé dans les dynamiques de coopération et de stabilisation. Toutefois, cette position stratégique implique d'être vigilant face aux menaces émergentes.

Timbuktu Institute - Week 1 - April 2026

 

This week, Côte d’Ivoire reaffirmed its unique position in terms of security governance in West Africa. Faced with a regional environment marked by rising asymmetric threats and climate-related vulnerabilities, the country prioritizes a proactive and integrated approach. By combining risk prevention, community resilience, and international cooperation, Ivorian authorities seek to contain factors of instability before they escalate into major crises. This strategy, both proactive and multidimensional, reflects the country’s commitment to pursuing sustainable stabilization.

Risk anticipation and a multidimensional approach: Côte d’Ivoire’s proactive security strategy

With this in mind, Côte d’Ivoire has implemented a series of measures to anticipate security risks, particularly those related to climate-related hazards. On April 2, 2026, the government held a high-level meeting dedicated to preparing for the rainy season, with the goal of preventing floods and their human and material consequences. This initiative is part of a commitment to learn from past disasters and adopt a proactive approach. Côte d’Ivoire stands out for its security approach based on anticipation and a multidimensional perspective. Unlike other regional contexts dominated by primarily military responses, the country integrates social, economic, and environmental dimensions into its security strategy. This approach helps reduce structural vulnerabilities and strengthen the resilience of communities.

Strengthening Resilience in Northern Mali: Structured International Support in the Face of Sahelian Threats

At the same time, Côte d’Ivoire has received significant international support to strengthen stability in its northern regions. In this regard, the ATINORD project, funded by the European Union and the French Development Agency, aims to strengthen community resilience, improve social cohesion, and prevent violent extremism in border areas exposed to Sahelian influences. This international support underscores the importance placed on preventing security risks in the north of the country, through an integrated approach combining development and security. It also demonstrates the partners’ commitment to sustainably supporting the country’s stability in the face of expanding Sahelian threats. Furthermore, the country’s relative political stability depends on the inclusive management of internal dynamics. Ivorian authorities have intensified their collaboration with civil society, in partnership with international actors, to strengthen political dialogue and prevent internal tensions. Côte d’Ivoire stands as an example of proactive stabilization in West Africa. By adopting an integrated approach, it is strengthening its resilience in the face of multiple threats. However, the sustainability of this model will depend on its ability to consolidate its internal gains and reduce its dependence on external support.

In short, Côte d’Ivoire’s security strategy rests on a delicate balance between anticipation, development, and cooperation. By focusing on climate risk prevention, strengthening resilience in vulnerable areas, and involving socio-political actors, the country is equipping itself with robust tools to address contemporary security challenges. However, consolidating this momentum will require constant vigilance, particularly in the face of persistent Sahelian threats and internal vulnerabilities.

Timbuktu Institute - Semaine 1 - Avril 2026

 

Au cours de la semaine, la Côte d'Ivoire confirme son positionnement singulier en matière de gouvernance sécuritaire en Afrique de l'Ouest. Face à un environnement régional marqué par la montée des menaces asymétriques et des vulnérabilités climatiques, le pays privilégie une approche anticipative et intégrée. En articulant prévention des risques, résilience communautaire et coopération internationale, les autorités ivoiriennes cherchent à contenir les facteurs d'instabilité avant qu'ils ne dégénèrent en crises majeures. Cette stratégie, à la fois proactive et multidimensionnelle, témoigne de la volonté du pays de s'inscrire dans une logique de stabilisation durable. 

Anticipation des risques et approche multidimensionnelle : la stratégie sécuritaire proactive de la Côte d’Ivoire

Dans cette perspective, la Côte d'Ivoire a mis en œuvre une série d'actions pour anticiper les risques sécuritaires, notamment ceux liés aux aléas climatiques. Le 2 avril 2026, le gouvernement a ainsi tenu une réunion de haut niveau consacrée à la préparation de la saison des pluies, avec pour objectif de prévenir les inondations et leurs conséquences humaines et matérielles. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de tirer les leçons des catastrophes passées et d'adopter une approche proactive. La Côte d’Ivoire se distingue par une approche de la sécurité fondée sur l’anticipation et la multidimensionnalité. À la différence d'autres contextes régionaux dominés par des réponses essentiellement militaires, le pays intègre des dimensions sociales, économiques et environnementales dans sa stratégie sécuritaire. Cette approche permet de réduire les vulnérabilités structurelles et de renforcer la résilience des populations. 

Renforcer la résilience dans le nord du Mali : un soutien international structurant face aux menaces sahéliennes

Dans le même temps, la Côte d'Ivoire a reçu un soutien international significatif pour renforcer la stabilité de ses régions septentrionales. En ce sens, le projet ATINORD, financé par l’Union européenne et l’Agence française de développement, vise à renforcer la résilience des populations, à améliorer la cohésion sociale et à prévenir l’extrémisme violent dans les zones frontalières exposées aux influences sahéliennes. Cet appui international témoigne de l'importance accordée à la prévention des risques sécuritaires dans le nord du pays, avec une approche intégrée alliant développement et sécurité. Il témoigne également de la volonté des partenaires de soutenir durablement la stabilité du pays face à l'expansion des menaces sahéliennes. Par ailleurs, la stabilité politique relative du pays dépend de la gestion inclusive des dynamiques internes. Les autorités ivoiriennes ont intensifié leur collaboration avec la société civile, en partenariat avec des acteurs internationaux, afin de renforcer le dialogue politique et de prévenir les tensions internes. La Côte d’Ivoire apparaît comme un exemple de stabilisation proactive en Afrique de l’Ouest. En adoptant une approche intégrée, elle renforce sa résilience face aux multiples menaces. Toutefois, la durabilité de ce modèle dépendra de sa capacité à consolider ses acquis internes et à réduire sa dépendance aux soutiens extérieurs.

En somme, la stratégie sécuritaire de la Côte d'Ivoire repose sur un équilibre subtil entre anticipation, développement et coopération. En misant sur la prévention des risques climatiques, le renforcement de la résilience dans les zones sensibles et l’inclusion des acteurs sociopolitiques, le pays se dote d'outils solides pour faire face aux défis sécuritaires contemporains. Toutefois, la consolidation de cette dynamique exigera une vigilance constante, notamment face à la persistance des menaces sahéliennes et aux fragilités internes.

Timbuktu Institute - Week 1 - April 2026

 

During the week, Burkina Faso continued its efforts to strengthen security by reinforcing its bilateral partnerships, particularly with Togo. On April 3, 2026, Burkinabè authorities officially designated Togo as a “brother country,” thereby underscoring the deepening of strategic cooperation between the two states. This dynamic has resulted in more flexible and decentralized military coordination, allowing operational units to make tactical decisions directly in the field, particularly regarding air operations and intelligence sharing. Developments in Burkina Faso highlight a gradual transformation of the national security doctrine. The country now favors a pragmatic approach, based on rapid action and operational flexibility, and is moving away from regional cooperation frameworks deemed “restrictive.” This shift is reflected in a proliferation of targeted partnerships, particularly with states sharing immediate security interests.

Securing the Ouagadougou-Lomé corridor: a strategic issue at the heart of cooperation between Burkina Faso and Togo

At the same time, technical discussions have begun between Ouagadougou and Lomé to improve the efficiency of this logistics corridor. This corridor is of major strategic importance to Burkina Faso, a landlocked country, as it is essential for the transport of goods, military equipment, and basic necessities. Securing this route is therefore both an economic and a security issue. These initiatives reflect a growing awareness of the corridor’s strategic importance for the economic and security stability of the “land of honest men.” They also demonstrate strengthened regional cooperation to address persistent logistical and security challenges.

Persistent Internal Insecurity: Between Pressure from Armed Groups and the Limits of the Military Response

Still on the subject of internal security, the situation is marked by an intensification of activities by non-state armed groups, particularly in border regions. Defense and security forces continue to face recurring asymmetric attacks, reflecting the persistence of a diffuse threat that is difficult to contain in the long term. However, despite these tactical adjustments, results on the ground remain limited. The persistence of terrorist attacks indicates that operational gains have not yet translated into lasting stabilization. Furthermore, this focus on the military dimension is not always accompanied by sufficient measures regarding governance and social cohesion, which could further undermine the country’s internal resilience. Thus, in the short term, Burkina Faso is likely to intensify its joint military operations with its partners, particularly in border areas. This strategy could help contain certain pockets of insecurity without eradicating the threat. In the medium term, the risk of the conflict becoming bogged down remains high, with a risk of insecurity spreading if the structural causes are not addressed.

Ultimately, the country remains locked in a prolonged war, characterized by constantly evolving security strategies. While bilateral cooperation offers prospects for short-term effectiveness, it is insufficient to guarantee lasting stabilization, which requires a more comprehensive approach integrating political, economic, and social dimensions.

Timbuktu Institute - Semaine 1 - Avril 2026

 

Au cours de la semaine, le Burkina Faso a poursuivi ses efforts de consolidation sécuritaire en renforçant ses partenariats bilatéraux, notamment avec le Togo. Le 3 avril 2026, les autorités burkinabè ont officiellement désigné le Togo comme un « pays frère », soulignant ainsi l'approfondissement de la coopération stratégique entre les deux États. Cette dynamique s'est traduite par une coordination militaire plus souple et décentralisée, permettant aux unités opérationnelles de prendre des décisions tactiques directement sur le terrain, notamment en ce qui concerne les interventions aériennes et le partage de renseignements. L’évolution de la situation au Burkina Faso met en lumière une transformation progressive de la doctrine sécuritaire nationale. Le pays privilégie désormais une approche pragmatique, fondée sur la rapidité d'action et la flexibilité opérationnelle, et s'affranchit des cadres de coopération régionale jugés « contraignants ». Cette orientation se traduit par une multiplication des partenariats ciblés, notamment avec des États partageant des intérêts sécuritaires immédiats. 

Sécurisation du corridor Ouagadougou-Lomé : un enjeu stratégique au cœur de la coopération entre le Burkina Faso et le Togo

Parallèlement, des discussions techniques ont été engagées entre Ouagadougou et Lomé pour améliorer la fluidité de ce corridor logistique. Ce corridor est d'une importance stratégique majeure pour le Burkina Faso, pays enclavé, car il conditionne l'acheminement des marchandises, des équipements militaires et des produits de première nécessité. La sécurisation de cet axe est donc un enjeu à la fois économique et sécuritaire. Ces initiatives témoignent d'une prise de conscience croissante de l'importance stratégique du corridor pour la stabilité économique et sécuritaire du « pays des hommes intègres ». Elles témoignent également d'un renforcement de la coopération régionale pour faire face aux défis logistiques et sécuritaires persistants.

Persistance de l’insécurité intérieure : entre pression des groupes armés et limites de la réponse militaire

Toujours sur le plan de la sécurité intérieure, la situation est marquée par une intensification des activités des groupesarmés non étatiques, notamment dans les régions frontalières. Les forces de défense et de sécurité continuent de faire face à des attaques asymétriques récurrentes, traduisant la persistance d'une menace diffuse et difficile à contenir durablement. Toutefois, malgré ces ajustements tactiques, les résultats sur le terrain restent limités. La persistance des attaques terroristes indique en effet que les gains opérationnels ne se traduisent pas encore par une stabilisation durable. De plus, cette focalisation sur la dimension militaire ne s'accompagne pas toujours de mesures suffisantes en matière de gouvernance et de cohésion sociale, ce qui pourrait fragiliser davantage la résilience interne du pays. Ainsi, à court terme, il est probable que le Burkina Faso intensifie ses opérations militaires conjointes avec ses partenaires, notamment dans les zones frontalières. Cette stratégie pourrait permettre de contenir certaines poches d'insécurité sans pour autant éradiquer la menace. À moyen terme, le risque d'enlisement du conflit reste élevé, avec un risque d'extension des zones d'insécurité si les causes structurelles ne sont pas traitées.

En définitive, le pays reste engagé dans une dynamique de guerre prolongée, caractérisée par une adaptation constante des stratégies de sécurité. Si les coopérations bilatérales offrent des perspectives d'efficacité à court terme, elles ne suffisent pas à garantir une stabilisation durable, qui nécessite une approche plus globale intégrant les dimensions politiques, économiques et sociales.

Timbuktu Institute - Week 1 - April 2026

 

The attacks in Jos, particularly during Palm Sunday, serve as a reminder that Nigeria remains plagued by extremely deadly communal and religious violence. Dozens of people have lost their lives in shootings, spreading terror in an already highly fragile region. With the security situation critical, the University of Jos decided to suspend exams out of fear for the lives of students and faculty. These attacks are major disruptions to the lives of residents in these constantly affected areas, bringing all activities to a standstill while creating a climate of fear. This violence appears to be repeating itself without the federal government being able to find a lasting solution. On the same security front, a new attack took place, this time at a bar where some thirty people lost their lives, sparking the anger of residents who gave chase to the attackers to take justice into their own hands. For them, waiting for the competent authorities is no longer enough; they are willing to put themselves in danger in the hope of achieving peace. Without equitable protection for all citizens, these cycles of revenge will be difficult to stop, threatening the cohesion of a country already divided by other security crises in the North and South.

Northeastern Nigeria: Attacks at the Heart of Daily Life

The recurrence of attacks in northeastern Nigeria is escalating; loggers have been targeted, bringing the death toll to 27 and the number of abductees to 18. The sharp rise in these attacks is causing persistent anxiety. Indeed, killings are becoming increasingly frequent, driving up the number of victims. The fragility of the security situation in these areas is becoming increasingly apparent due to the tactics of armed groups, which consist of attacking populated areas and targeting civilians. By instilling fear in the local population, they simultaneously manage to disrupt the central government’s ability to establish an action plan to limit the advance of these groups. Managing this crisis is a major challenge due to its geographical scope and complexity. Since the number of attackers is substantial, they are able to strike in multiple locations simultaneously, thereby increasing the number of victims. The spread of terrorism across the continent—which is not confined to a single country but affects the entire continent—is an alarming issue requiring efficient management by state authorities.