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Dans le cadre du dispositif PISCCA et l’initiative de prévention de la violence par l'éducation aux valeurs citoyennes, Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies qui développe actuellement des initiatives en direction des jeunes  dans plusieurs villes du Sénégal a reçu la visite d’une délégation Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères venu, s’enquérir de l’avancement du projet. Cette délégation était composée de M. Emmanuel Puisais-Jauvin, directeur général adjoint de la Mondialisation et de Madame Hélène Ferrer, rédactrice éducation, formation professionnel et jeunesse à la même direction au Quai d'Orsay.

Monsieur Laurent Perez-Vidal, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle) et Mme Coralie Nkuka, Chargée de mission Société civile et Volontariat au Pôle de la Coopération Non Gouvernementale de l’Ambassade de France à Dakar ont également pris part à cette rencontre d’échanges sur les actions de l’Institut au Sénégal et en Afrique, de manière générale mais, aussi, plus spécifiquement, les différents volets du Projet PISCCA. 

Comme l'a rappelé le directeur de l'Institut, l’un des objectifs généraux du PISCCA est d’accompagner, le développement des principes de redevabilité et de transparence dans l’action publique, de promotion des droits humains et de plaidoyer pour le climat. Au Sénégal 15 projets ont été soutenus, par l’Ambassade de France, dans le cadre de ce dispositif qui motive surtout les initiatives innovantes des sociétés civiles et des coalitions d'acteurs.

Lors des échanges avec la délégation française, Timbuktu Institute a présenté la bande dessinée éducative qu'elle a conçue à destination des jeunes pour la prévention de la violence dans le sport et la promotion des valeurs citoyennes par l’implication de la société civile, des médias locaux et l’accompagnement des efforts de l’Etat dans ce sens.

Le lancement officiel de cette bande dessinée se fera à l’occasion de l’ouverture des Sessions de formation, prévues par le PISCCA, sur la promotion de la citoyenneté et de la culture de la paix en présence des autorités sénégalaises. Selon le Directeur de Timbuktu Institute, « ce sera l’occasion de renforcer l’implication des autorités et des acteurs de la société civile pour mieux accompagner les initiatives citoyennes portées par les jeunes eux-mêmes ».

La délégation française s’est félicitée de toutes ces initiatives et a salué les efforts de l’Institut dans le cadre de ce « partenariat constructif » autour d’actions et d’initiatives « innovantes » rendues possibles grâce au PISCCA.

Bakary Sambe a, dans le même sens, appelé à ce que « ces initiatives soient une opportunité d’un renforcement des relations d’échanges entre l’Institut et des acteurs et structures partageant les mêmes objectifs en France notamment dans le domaine de la prévention de la violence des jeunes qui n’épargne, aujourd’hui, aucune société et qui nécessite une coopération de plus en plus décentralisée rappelant que plusieurs membres de l'Institut ont déjà participé à des rencontres à Lyon, Biarritz et Paris pour partager leurs expériences avec des acteurs et organisations français travaillant sur ces mêmes questions



Investi dans sa mission de veiller sur la hadra et son patrimoine matériel comme immatériel depuis l’âge de 17 ans, celui que tous, à la suite de son homonyme, Cheikh El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, finirent par appeler « le digne de confiance », Al-Amine, est l’une de ces rares personnalités qui ne se contentent pas de marquer seulement leur époque. Ils la façonnent ! 
La spécificité de la personnalité de Cheikh Abdoul Aziz Sy Al-Amine est que chacun croit mieux le connaître que tout le monde, tellement il savait personnaliser les relations qu’il entretenait avec les gens au point d’induire certains vers l’impression de le posséder totalement alors qu’il était le patrimoine de tous. 
C’est Sahykh Ahmad Sukayrij qui parlait de Cheikh El Hadji malick Sy en le définissant comme le « legs béni des anciennes aux futures générations » (Barakatu Salafi fil Khalaf) dans son célèbre ouvrage sous le titre de (Jinâyatul ). Serigne Abdou semble s’inscrire dans cette même tradition de perpétuation et surtout de sauvegarde du patrimoine dont il faisait finalement partie, au point que le Pr. Mbaye Thiam de l’EBAD, l’appelait « le gardien du temple ». C’était en ces moments forts de la vie d’une hadra où l’on attendait la consigne libératrice après tant d’heures de réflexion et de concertation de la part de celui qui, par sa lucidité, pointait le doigt de la guidance vers la meilleure solution. Meilleure parce que toujours juste, réfléchie, et en toute connaissance de cause mais surtout conforme à l’héritage auquel il était si « jalousement » attaché ! Mais c’était une fidélité au message parfaitement inscrite dans l’action et le « mouvement » comme dirait un certain Mohammed Iqbâl. 
Al-Amine aura été le guide qui, à un moment où la vieille tradition pouvait éloigner les jeunes de la totale implication dans la vie confrérique exotérique comme ésotérique, a eu l’idée d’en rajeunir les structures et de mettre la jeunesse au cœur la Tarîqa. 
C’est cet élan de rénovation fidèle à l’essentiel qui a donné naissance à une « jeunesse malikite », au mouvement « Mouqtafîna » et bien avant, l’esprit qui généra tant d’autres organisations comme la Dahiratoul Moustarchdina Wal Moustarchidaty et la Cellule Zawiya Tijaniyya etc.. Décidément, Al-Muharram finit par être son mois pendant lequel le plus grand regroupement de la jeunesse s’est toujours effectué. Même en son « absence », ce sera toujours son inspiration qui devrait nourrir les ambitions d’une jeunesse devant d’énormes défis et responsabilités. 
S’entretenir avec Al-Amine, après de longs moments de recherche de solutions et d’initiatives dans tous les sens finissait par être un court instant de bonheur partagé pour l’éternité; tellement les vérités les plus sincères et les critiques les plus constructives étaient formulées, de sa part, dans un style et un langage, certes, pleins de franchise mais aussi, toujours, d’affection paternelle. 
C’est Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al-Maktoum qui enseignait que « les confréries sont des clubs mystiques où se forment continuellement les athlètes de la religion ». En revisitant, Al-Fayyâdh,  l’ouvrage d’Al-Amine regroupant ses différents discours et conférences tenues à travers le monde, on peut dire que Serigne Abdoul Aziz Sy a su, par une pédagogie différenciée, didactiser cet enseignement en leçons de vie, en éternel viatique pour donner corps à l’esprit de la Himma (volonté d’action), plier essentiel de la Tarbiyya Tijaniyya. 
On se souvient, lors de nos Ziara dans le fameux « salon » qu’il nous disait « ne me présentez plus de projets, venez avec des bilans et des résultats » ! 
En fait, l’homme qui a parcouru le monde musulman, l’Europe et l’Amérique au service de sa mission qui n’a jamais varié, avait senti qu’il fallait booster une jeunesse qui le prenait pour modèle et à laquelle il fallait, vite, transmettre l’esprit de l’action comme philosophie de vie menant à la réalisation spirituelle. Une méthode collant parfaitement à la démarche de la Tijâniyya exigeant, bien que Tarîqatu Shukr, une double excellence spirituelle et temporelle afin que la « reconnaissance des faveurs » rime avec mérite dans l’humilité. 
Le souvenir est encore vivace des moments décisifs de la mise ne place du Forum national de la Tijaniyya en France ou encore du Symposium du Mawlid, du regroupement annuel de la jeunesse tidiane malikite, des diverses actions du COSKAS et tant d’autres instants qui ont façonné le tournant décisif qu’Al-Amine a su donner à la vie de la Hadra. Il est sûr qu’en procédant à l’inauguration de la Zawiya Tijaniyya de New York, tous les esprits se tourneront vers cet infatiguable bâtisseur, cet éducateur indulgent et rigoureux à la fois. On ne saurait comment ! 
La personnalité de cet « absent » le plus présent dans l’esprit des jeunes de la Hadra était multidimensionnelle au point que tous se le disputaient alors qu’il savait recevoir chacun et lui parler dans le langage qui sied. Serigne Abdou savait « rester digne en étant populaire » mais surtout, il était capable de « rester peuple en conseillant les rois », si on en était arrivé à paraphraser R. Kipling pour illustrer ce témoignage. 
Dans un bus vers l’Aéroport de Casablanca, la radio nationale du Maroc annonce une audience solennelle entre le Roi du Maroc et Cheikh Abdoul Aziz Sy Al-Amine, représentant de la famille d’El Hadji Malick Sy dans les dorures du palais qui ne l’impressionnaient pas; car une semaine après, on pourrait le retrouver, dans son humilité et sesn du devoir, à Yeumbeul, Kaolack, Mbour, ou « simplement » assis, au milieu de centaines  de jeunes, dans un stade de la banlieue dakaroise pour une wazifa. Acte symbolique de la Tarîqa qu’il a complètement vulgarisé dans le sens d’une sage expansion des enseignements ! 
Les critiques littéraires arabes parlent souvent de « Sahl al Mumtani’ » pour vanter la beauté d’une sublime prose, en apparence facile d’accès, mais difficile à cerner. On pourrait appliquer un tel paradigme dans l’approche que tout analyste aurait eu de la vie et de l’œuvre d’Al-Amine.
  
L’actualité brûlante est aussi pleine de moments qui nous font penser à ses déclarations et appels à la retenue lorsque le pays se trouvait dans des contextes plus ou moins critiques. En plus de son rôle de « régulateur social » qu’il jouait lors des grandes crises politiques, Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amine, alors khalife général des Tidianes, et même bien avant, arrivait à saisir les opportunités et les moments de grande écoute pour développer un discours relevant plutôt de l’avertissement ou de « l’alerte précoce » à la manière des prospectivistes « profanes ». 
Sa profonde connaissance du milieu et de la classe politiques lui permettait de s’adresser aux différents acteurs de l’opposition comme du pouvoir en toute liberté de ton. Au cours d’une entrevue avec lui, à Tivaouane, après nous avoir demandé quelle était notre spécialisation (la science politique), il nous dit en des termes assez sérieux : « nul ne connaît la politique sénégalaise mieux que moi ». Il faut dire qu’il a été impliqué dans nombre de réconciliations et de négociations à chaque fois qu’une crise majeure risquait de mettre à mal le fameux « contrat social sénégalais ». 
  
Lors des obsèques à la suite de la disparition de Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al-Maktoum à laquelle toute la classe politique ainsi que les représentants des partis avaient assisté, il leur lança : « Si vous n’arrêtez pas vos querelles, le pays basculera dans la guerre civile. (…) Ce que je vois venir n’augure rien de bon. Et vous n’aurez plus de temps pour vos partis politiques. Car, celui qui vous tuera sera à vos côtés. Mieux vaut donc arrêter vos querelles, sans quoi notre pays en sera détruit.» (cf. Journal, l’Observateur n°4046 du lundi 20 mars 2017 pp. 1 et 5) 
  
Ces propos prononcés dans le contexte d’un climat politique tendu prenaient tout leur sens dans un contexte où il appelait à l’apaisement et à la sérénité. Le style d’un tel discours rappelle, sur nombre de ses aspects, un appel à la « raison » et à l’apaisement du climat politique par des directives pour plus de concorde et de cohésion. D’ailleurs, Serigne Abdoul Sy Al-Amine et Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, défunt Khalife général des Mourides ont marqué le champ sociopolitique sénégalais par leurs appels à « l’unité » et à la « concorde » au point que leur khalifat a symbolisé un esprit de « cohésion » jamais retrouvé depuis celui de Cheikh Abdoul Aziz Dabakh, décédé en 1997. 
  
C’est dans ce sens qu’un hommage Al-Amine, par les temps qui courent, ne peut pas omettre le sentiment profond de regret d’un homme de paix, de conciliation et de concorde. 
  
Bakary Sambe 
Membre de la Cellule Zwiya Tijaniyya 
Co-Fondateur du Forum National sur la Tijaniyya en France 

Dans la continuité de sa démarche consistant à impliquer les autorités publiques dans ses réflexions, recherches et actions, Timbuktu Institute a procédé à la présentation du Projet Innovant des Sociétés civiles et Coalitions d’acteurs (PISCCA) au préfet de Dakar, Alioune Badara Sambe, ce mardi 4 septembre 2018. D’ailleurs, c’est le préfet, lui-même, qui a fait l’amitié, à l’équipe de Timbuktu, en se déplaçant pour la présentation du projet et, en même temps, visiter l’institut. 
La rencontre fut chaleureuse et cordiale. Elle a été l’occasion, pour l’équipe de Timbuktu Institute, de discuter avec le préfet de Dakar de la situation sécuritaire du pays et, de la commune dont Monsieur Alioune Badara Sambe assure le maintien de l’ordre public. 
Sachant que le milieu sportif, notamment pendant les Nawétane et combats de lutte, connaît une violence régulière, le préfet a salué et positivement accueilli ce projet qui venait de lui être présenté et a fait part de sa disponibilité et volonté d’accompagner l’équipe de Timbuktu dans son exécution.
Rappelons que le projet PISCCA, soutenu par l’Ambassade de France au Sénégal, est porté par Timbuktu Institiute. Son objectif est, par le biais du sport, de sensibiliser les jeunes aux valeurs citoyennes et démocratiques mais aussi à la lutte patriotique contre toutes sortes de violences. 
Le projet, qui comprend des ateliers de sensibilisation et de formation ainsi que des tournois de foot, sera exécuté à Dakar, Mbour, Kaolack et Saint-Louis.

British Prime Minister Theresa May got plenty of attention for her trip to Africa last week. Videos of her dancing — one with secondary students who greeted her in South Africa and another with her dancing with young scouts in Kenya — went viral.

But May's dance-floor diplomacy didn't overshadow her larger mission in Africa, which was to forge business ties for a post-Brexit Britain. In Cape Town, she pledged more than $5 billion to support African markets and also promised that her country would overtake the United States to become the biggest investor in Africa out of the G-7 countries.

Cheta Nwanze, an analyst at the Lagos-based research firm SBM Intelligence says Britain is desperately trying to find new trade partners. "Because Brexit isn't working out as it had expected," he said. "Brexit is seven or eight months away now and they're so many contentious issues that will need to be resolved."

Playing catch up to China

German Chancellor Angela Merkel made her own recent foray to Africa, visiting Senegal, Nigeria and Ghana, also seeking economic benefit. China has played the role of Africa's largest trading partner for the past nine consecutive years, and both Britain and Germany have a lot of catching up to do.

German Chancellor Angela Merkel, left, is welcomed by Ghana's President, Nana Akufo-Addo, right, at the Presidential palace in Accra, Ghana, Aug 30, 2018.

According to British government figures, the country's total trade with Nigeria, South Africa and Kenya — the countries May visited — amounted to $16.9 billion in 2016. That's less than 2.5 percent of the $712 billion in goods and services that Britain exchanged with the European Union in the same year, Reuters reported.

Meanwhile, Germany declared 2017 a key year for its Africa policy and hosted African presidents in Berlin at a G-20 summit to boost private investment. However, to date, Germany only has about 1,000 companies that are active in Africa.

In comparison, China has 10,000 firms in Africa. It has financed more than 3,000 infrastructure projects on the continent, building thousands of kilometers of highways, generating thousands of megawatts of electricity and creating thousands of jobs across the continent.

"China is challenging all the Western countries, even the United States. China has no historical background of colonialism [in Africa] so many Africans prefer working with China," said Bakary Sambe, a development and peace studies analyst in Senegal.

This week, several African presidents are in China for the 2018 Forum for Africa-China Cooperation, which China's Foreign Minister Wang Li described as the biggest summit of all time.

But, Nii Akuetteh, a prominent independent Ghanaian policy analyst based in Washington, D.C., recommends African politicians, businesses and civil society members be wary of both the West and the East.

"If I had my way, they would be far more vigilant and tougher against Merkel, against May, and even against the Chinese, because all these global powers are rushing to Africa now and they all claim that they love Africa and they want to help. Well, we all heard that before and it led to slavery and it led to colonialism," he said.

Stopping migration

Akuetteh said May and Merkel are motivated in part by a desire to stop the waves of African migrants showing up on Europe's shores.

"They are doing this because their populace don't like Africans. Merkel is very clear, that's why she's doing this — we want to create jobs in Africa so you all don't come to Europe," he said.

Merkel said she wants to work with these governments to tackle issues the three countries are struggling with, such as the Boko Haram insurgency and widespread unemployment.

One of the agreement she said was an MOU signed between German automaker Volkswagen and partners in Ghana and Nigeria. Volkswagen announced last week it would assemble cars in Ghana and make Nigeria an automotive hub.

Ayisha Osori, the head of the Open Society Initiative for West Africa, commends this effort and says African leaders need to acknowledge the reasons why citizens are risking their lives to flee.

"It's a good deal to create more jobs to keep people away from migrating, coming over to Europe in less numbers. Looking at the people who try to cross the desert, that go by sea or by boat, what are they running away from? What is it about their lives that is making them to take such dangerous journeys?" Osori asks.

U.S. role?

In this scramble for Africa, the United States looms in the background, contributing mostly military support. The Brookings Institution says U.S.-Africa relations will not reach their potential if the executive office fails to provide diplomatic and policy leadership.

But U.S. President Donald Trump has shown little interest in the continent and angered many Africans with offensive remarks.

Though Trump has no announced plans of going to Africa, first lady Melania Trump announced in August that she will visit — without the president.

Timbuktu Institute pilote des projets en matière de paix et de prévention du radicalisme violent entre autres. Présentement, une de ses équipes travaille dans la préparation de la collecte d’informations qui seront la base des analyses du rapport à paraître en octobre prochain. L’équipe de Timbuktu va se déplacer sur le terrain pour mener des enquêtes dans les zones frontalières ciblées Sénégal et ainsi procéder à la collecte des données en menant aussi des entretiens qualitatifs.

Empêcher la radicalisation violente sinon la prévenir étant l’un des objectifs de Timbuktu Institute, ce projet s’inscrit dans cette ligne et va permettre de mesurer la compréhension, l’attitude ainsi que le niveau de prise de conscience des jeunes de cette question de l’heure. C’est dans le but d’accompagner efficacement et d’orienter les politiques publiques.

Le terrorisme, la radicalisation, les questions de migration sont des sujets qui interpellent directement la jeunesse africaine particulièrement. Comprendre les motivations qui poussent les jeunes à s’y engager, permettrait de faciliter la maîtrise de ces phénomènes et trouver des solutions tout en mettant en place des politiques de prévention.

Accordant beaucoup d’importance à l’approche holistique et à la primo-prévention, Timbuktu et ses partenaires donnent la parole à la jeunesse des zones frontalières afin de les impliquer directement dans la recherche de solutions durables et participatives.

Après le récent rapport sur les zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie, l’Observatoire des Radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) de Timbuktu Institute poursuit la cartographie des enjeux sécuritaires dans ces zones aux réalités complexes. Avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer (Dakar) un ambitieux projet de recherche s’intéresse aux régions Sud, notamment Kolda au Sénégal et Labé en Guinée.

Depuis quelques jours, l’équipe de Recherche de Timbuktu Institute séjourne dans ces départements en partant de Vélingara et des localités voisines pour un projet innovant devant être conclu avant le prochain Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité, en novembre.

Selon Dr. Seydi Djamil Niane, Chargé de recherches à Timbuktu Institute, « les autorités de même que les acteurs de la société civile surtout juvénile ont hautement apprécié ce projet dont ils attendent les résultats pour une meilleure compréhension des enjeux sécuritaires en lien avec les problématiques de jeunesse dans ces régions. Nos échanges étaient fructueux et nous avons pris bonne note des suggestions et conseils avisés des autorités sénégalaises et guinéennes ».

Dans une démarche inclusive et surtout pour appuyer les efforts des Etats dans leurs politiques de prévention, l’équipe a procédé à la présentation du projet aux autorités administratives, aux forces de sécurité et de défense et à la formation des enquêteurs sur les méthodes quantitatives et qualitatives.

Des entretiens qualitatifs ont aussi été conduits avec des acteurs religieux et de la société civile dans le but d’élargir ces consultatives devant aboutir à des recommandations opérationnelles au service d’une meilleure stabilisation de la région.

Dimanche dernier aux environs de 13 heures dans le secteur Koiratao du quartier Sankoré, deux hommes armés non identifiés sur une moto ont ouvert le feu dans un domicile. Ils ont tiré à bout sur les 7 personnes qui s’y trouvaient. Le bilan est de 5 morts sur place. Les deux blessés ayant été admis à l’hôpital, ont succombé hier. Aussitôt informées, les forces de sécurité ont investi les lieux. La MINUSMA a aussi apporté son concours pour chercher des indices qui faciliteront l’enquête. Mis au courant, le gouverneur est rendu sur place. Il a suivi l’évacuation des blessés à l’hôpital et leur transfert à l’infirmerie de la MINUSMA. Il aussi assisté à l’inhumation des corps.

Il y avait également tous les chefs de la sécurité, de l’Armée, de la garde, de la gendarmerie et du MOC. Tous se sont mobilisés pour soutenir et compatir avec les familles endeuillées. Parmi les victimes se trouvent Sattar Ould Ahmed (un membre très influent du collège transitoire de Taoudénit), Cheickh Ould Rahma, Mohamed Ould Haiby, Tahar Ould Hanni (opérateurs économiques de la place), Jiddou Ould Hinnou, un des chefs du MOC à Gao.
Le même dimanche vers 13h 30, un obus est tombé à quelques encablures du camp de l’unité méhariste de la garde à Gossi et à quelques mètres de la route principale Sévaré-Gao. Les fragments ont touché le véhicule d’un particulier de passage. Bilan : 3 blessés dont une fillette. Les blessés ont été transférés à Gao pour recevoir des soins appropriés.
Pas plus tard qu’hier, des individus armés ont enlevé le véhicule de la station régionale de l’ORTM de Tombouctou aux environs 11 heures 45. Les braqueurs, au nombre de 4, étaient à bord d’un véhicule 4×4. Ils ont débarqué le directeur et le chauffeur, avant de s’éclipser dans la nature en prenant la direction Est de la ville. Ils ont également emporté les téléphones des occupants du véhicule.

M. S.
Source : AMAP-Tombouctou

Pour une meilleure implication des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent, Timbuktu Institute en partenariat avec la Fondation Nauman, a organisé un atelier de deux jours à l’intention d’une quarantaine de femmes issues de la société civile malienne. L’atelier a été l’occasion pour les participants d’ouvrir les réflexions sur le processus de déradicalisation.  

« Pour une famille équilibrée, il est indispensable que la femme soit dotée d’une éducation de base bien solide pour lui permettre d’être à la hauteur de ses tâches. Cela va lui permettre d’élever ses enfants, de stabiliser son foyer et de consolider la paix au sein de la famille, mais aussi de toute la nation ». Fort de ce principe, Timbuktu Institute en partenariat avec la Fondation Nauman a décidé de mieux outiller les femmes maliennes dans la prévention de l’extrémisme violent, mais aussi de les impliquer dans ce combat.

Durant deux jours, un atelier s’est donc déroulé à Bamako autour des thèmes comme les fondamentaux de l’extrémisme violent, le processus de radicalisation, la question du genre, la question du déradicalisation et le rôle éventuel des femmes et des familles dans ce processus.

Selon Dr Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute, cet atelier s’inscrit dans une optique d’opérationnalisation des recommandations d’une étude menée en 2017 par son institut avec l’appui de la Fondation Nauman. Il rappelle que cette recherche, ayant porté sur « Femmes, prévention et lutte contre l’extrémisme violent au Mali », avait identifié les facteurs menant à la radicalisation, les besoins de renforcement des capacités des femmes en matière de prévention de l’extrémisme, etc.

« C’est pourquoi la Fondation Nauman de Dakar a proposé ce séminaire de formation des femmes de Bamako en faisant appel à notre expertise pour en assurer l’exécution. Cette activité est donc une suite logique de cette recherche dans la mesure où celle-ci était une étape préliminaire qui demandait à être renforcée par des cations encore plus concrètes », ajoute l’expert Dr Sambe, également coordinateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique.

L’un des points essentiels du menu de cette session portait sur le processus de réintégration des ex-radicalisés. Dr Sambe, après avoir souhaité une meilleure implication des femmes à ce niveau, a indiqué que celles-ci auront un rôle prépondérant au moment où le Mali se penchera sur cette question. « Devant un enjeu aussi important que l’extrémisme violent, les femmes doivent continuer à se battre, à mieux s’impliquer comme elles ont toujours fait ».

En plus, le séminaire a été l’occasion pour les participants d’échanger avec des experts comme Dr Aly Tounkara, enseignant à l’Université du Mali, l’experte des questions genre Mme Nana Alassane Touré et Mme Yague Hanne, chargée du pôle dialogue politique et du Programme du Mali au sien de Timbuktu Institute.

Timbuktu Institute est un think-tank mise en place par des intellectuels, universitaires, acteurs de la société civile, autorités politiques et diplomatiques déterminés à réduire progressivement le fossé séparant le continent des autres régions du monde dans la construction des concepts dominants qui façonneront l’avenir de l’humanité de demain. Basé à Dakar, l’institut est engagé dans la prévention de l’extrémisme violent de toutes origines, facteurs de guerres et de terrorisme dévastateurs et dans la promotion de la culture de l’ouverture et de la paix par une valorisation des ressources culturelles africaines en termes de socialisation, de médiation des conflits et de construction des sociétés ouvertes. Son partenaire dans l’organisation de cet atelier la Fondation Nauman, est une fondation allemande en faveur des politiques libérales, liée au Parti libéral-démocrate.

Sory I. Konaté

30minutes.net

6 juillet 2018

Penda Mbow

Professeur d’Histoire du Moyen âge musulman et Occidental
à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Cette réflexion m’a été inspirée par deux faits. Le premier est relatif aux nombreuses réactions notées au Sénégal- et nulle part ailleurs- après la publication de l’ouvrage de Hela Ouardi[1],et le second plus récent est relatif au débat suscité par les propos d’Idrissa Seck sur Bakka, Makka et Jérusalem, d’une part et d’autre part aux relations entre les Juifs et les Arabes.

Mon objectif dans ce cadre, reste modeste. Il s’agit de proposer une mise en perspective historique pour mieux éclairer certains faits évoqués dans les deux cas. Cependant pour éviter certains malentendus, il est nécessaire d’évoquer quelques préalables :

-Tout d’abord personne ne peut perdre de vue que la société arabe du VIIe siècle qui a vu naitre le Prophète Muhammed (PSL) évidemment ne connaissait pas le degré de sophistication des sociétés contemporaines. En outre, dans l’Arabie antéislamique le mariage obéissait à des normes et valeurs différentes de celles caractéristiques d’une société islamisée.

-C’est dans la péninsule arabique, triangle dont les sommets sont La Mecque, Ta’if et Médine, l’ancienne Yatrib qu’est né l’islam. En raison de la géographie particulière de l’Arabie, les grands peuples conquérants de l’Antiquité ( Egyptiens, Mésopotamiens, Romains) n’ont pas exercé une influence sociale décisive sur elle.

-Dans une perspective historique, la religion préislamique correspond dans l’évolution des religions au stade polythéiste et pandémonique. La sacralité de la Mecque antérieure à l’Islam, repose sur l’existence de trois bétyles, la Pierre noire, ou Kaaba, le Maqqam Ibrahima et le puits Zam-Zam. Ces lieux sont devenus des éléments essentiels du pèlerinage musulman.

-Tout le monde sait aussi que l’Islam ne connait pas l’excommunication. Par contre l’apostasie y fait débat. Les sources disponibles indiquent bien qu’il en était question d ‘abord dans l’Islam des origines. Après la mort du Prophète (PSL), certains avaient pensé puisqu’étant mortel, il n’était pas un vrai envoyé de Dieu. Le phénomène de la ridda ou apostasie et le retour aux croyances anciennes furent farouchement combattus par le khalife Abu Bakr (632-634). Le deuxième moment à partir duquel, l’apostasie est redevenue un important thème de discussion dans le monde musulman a coïncidé avec la Révolution iranienne de 1979 et la montée de l’Islam politique. C’est ainsi que dans plusieurs pays musulmans, furent accusés d’apostasie des intellectuels devenus « gênants » surtout des philosophes, des politiques et des récalcitrants. Certains furent exécutés, d’autres exilés. Cette répression visait à circonscrire toute velléité d’ijtihadj ( effort d’interprétation) et à freiner notamment le développement de la pensée rationalisante, etc. Et pourtant entre le VIIIe et le XIIIe siècle, le monde musulman s’est singularisé par le développement d’une pensée exceptionnelle par sa fécondité, sa puissance et son originalité.

-Dans nos analyses, nous devons éviter l’anachronisme. Il convient surtout de nous éloigner de toute tentative à interpréter des faits qui se sont déroulés depuis plusieurs siècles avec des codes et des registres du XXIe siècle. Par exemple concernant le livre de Hela Ouardi qui a été discuté sans excès ou déferlement de passions dans son propre pays, les seules questions pertinentes me semblent être les suivantes : s’est elle fondée sur des sources ? Si oui, ses sources sont-elles fiables? A t- elle usé d’un esprit critique suffisant? Je soutiens qu’il est impossible de répondre à ces questions de manière conforme à nos traditions universitaires, sans avoir lu le livre. Il faut, au préalable, un examen attentif de ses sources pour, ensuite, les comparer avec celles d’autres auteurs. comme Tabari, Ahmed Amine, Hamidoullah, etc.

-Je vais terminer par le monde de la Prophétie, Judaisme et Christianisme avant l’Islam et avec l’islam, ce qu’on appelle les traditions abrahamiques. il est extrêmement difficile de dissocier ces trois religions qui appartiennent à la même culture. Je vous renvoie aux Sourates du Coran : La Vache (2) et Al Imran (3). Je me souviens encore de ma première leçon de grammaire arabe, en 6e au lycée où mon professeur m’enseignait que la langue arabe est née après une longue histoire de l’Hébreu, de l’Araméen, etc. En plus Moussa, Moise est le Prophète le plus cité dans le Coran. Par ailleurs personne ne peut nier le rôle eschatologique de Jérusalem dans la pensée islamique, même si cette ville n’est pas le lieu de pèlerinage pour les Musulmans, néanmoins le Prophète Muhammad (PSL) y a vécu le Mira’aj ou l’ascension vers Dieu. En outre, ce qu’on appelle les isra’iliyat, les récits d’origine juive ou chrétienne ou en rapport avec les enfants d’Israel ont fait l’objet de discussions dans la pensée musulmane des origines.

Historiquement l’Islam est une religion monothéiste à vision cosmique, concevant un Dieu radicalement Un et transcendant qui dès le début s’est révélé aux hommes par le truchement de La Parole. Avant, la Loi juive et l’Evangile chrétien avaient soutenu les mêmes vues

Ce dévoilement de Dieu par la Parole se produisit dans un cadre géopolitique dénommé depuis toujours, le « monde de la prophétie » s’étendant à peu près de l’Indus au Nil et du Caucase au Golfe persique.

Je pense objectivement que la paix au Proche Orient ne pourra se construire que par le truchement de la culture et le rapprochement des religions . La Sourate sur les Prophètes ( Sourate 2, verset 285) y invite.

Source: xalima.com

Ces derniers jours, circule une information selon laquelle l’État du Sénégal aurait cédé 70000m2 au fondateur de la Faculté africaine des études islamique, considéré comme la figure de proue du salafisme wahhabite au Sénégal, afin qu’il transforme ladite faculté en une plus grande université. C’est Dr. Mohammed Ahmed Lô, fondateur du Dârul Istiqâma, lui-même qui en a fait l’annonce lors d’une intervention à l’Université Islamique de Médine, en Arabie Saoudite, d’après une information rapportée par un site d’information en arabe[1]. Le choix du lieu de l’annonce ainsi que les destinataires du message prouve que le risque est gros de voir ce projet agité depuis des années tomber dans l’escarcelle d’une puissance étrangère, l’Arabie Saoudite, pour une question aussi sérieuse que l’enseignement supérieur dans notre pays tout de même souverain.

Si Timbuktu Institute a toujours appelé au respect de la diversité religieuse et de la liberté de culte, de pratique et d’enseignement des religions, il ne pourrait s’empêcher de se questionner sur les dessous d’une telle décision de l’État du Sénégal qui, si elle était avérée, poserait, au moins, trois problèmes :

1_  Bien que fruit des différents efforts d’intégration des « arabisants » du gouvernement, le projet même d’une université arabo-islamique ne fera qu’accentuer la dualité du système éducatif et marginaliser davantage les arabisants comme nous l’avons notifié aux autorités depuis que cette idée a été lancée. A l’ère de la mondialisation et de la globalisation, à l’ère du règne de la technologie et du digital, au moment où notre pays a de plus en plus besoin de personnes formées dans les sciences les plus diverses, allant des mathématiques aux études nucléaires en passant par la chimie et la physique quantique, enfermer les arabisants dans le carcan du théologisme et de la littérature arabe n’est pas le meilleur choix pour réparer l’injustice qui serait faite aux arabisants. Les pays arabes eux-mêmes se sont détournés de cette voie depuis très longtemps. L’État doit, justement, veiller à ce que ces arabisants puissent avoir droit aux mêmes chances que tous les autres sénégalais formés dans le système dit francophone et leur offrir toutes les possibilité de s’ouvrir aux sciences sociales et à l’esprit critique.

2_ La personne à laquelle l’État aurait cédé cette surface étendue de terrain dans la « nouvelle ville » est connue pour avoir été l’un des premiers à planter les germes de la contestation parfois haineuse de l’islam confrérique dans le pays de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, de Seydi Elhadji Malick Sy et de Cheikh Afmdou Bamba ne serait-ce que dans son ouvrage connu sous le titre de Taqdîs al-Ashkhâç fil fikr al-Sûfî (Sacralisation des personnages dans la pensée soufie). Ainsi, en lui facilitant l’élaboration d’un tel projet, sans aucun appel d’offre ou manifestation d’intérêt préalable ou même consultation des différentes familles religieuses du pays, on ne fait qu’accentuer l’importation et une plus grande implantation de l’islam salafiste et wahhabite au Sénégal. De ce fait, l’État sénégalais risque de contribuer à la formation de personnes issus des pays de la sous-région dont les discours et idéologies pourraient porter atteinte, de manière irréversible, à la cohésion nationale et au contrat social sénégalais. Cet islam n’a produit qu’extrémisme et violence là où il s’est imposé et l’Arabie Saoudite elle-même tente de s’en débarrasser pour se donner une meilleure image internationale en s’investissant dans la lutte contre l’extrémisme. Les derniers procès de présumés terroristes sénégalais ont bien montré, à travers les aveux des prévenus, que c’est le rejet de cet islam soufi comme élément stabilisateur qui a conduit de manière insoupçonné, de jeunes sénégalais à aller s’inspirer de Boko Haram et de ses thèses au Nigéria.

3 _ Enfin cette décision de l’État du Sénégal, si elle s’était avérée, nous pousse à nous poser la question suivante bien que tous les courants religieux aient droit au libre enseignement de leurs thèses : « le gouvernement est-il en train de livrer le projet de l’université arabo-islamique aux salafistes avec tous les risques que cela comporte pour la stabilité et la sécurité de notre pays ? Ce serait un précédent dangereux et, au regard de l’ambition déclinée par la Faculté africaine d’études islamiques, ferait du Sénégal le nouveau hub universitaire sous-régional du salafisme wahhabite.

Si tel était le cas, un tournant majeur s’annonce pour une irréversible salafisation de l’islam sénégalais. Comment expliquer que notre pays connu pour son islam de paix et de concorde puisse favoriser la fondation d’une université où, tout laisse à croire, qu’on y enseignera la négation de la diversité des réalités islamiques en imposant, à jamais, la doctrine salafiste wahhabite comme seul modèle d’islam ayant droit de cité ?

De plus, comme nous l’avons toujours défendu, si une université arabo-islamique devrait voir le jour, cela devrait être sous le strict contrôle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche avec un curriculum adapté aux réalités du Sénégal et conçu par nos propres enseignants chercheurs en dehors de toute influence étrangère. L’Université Gaston Berger dispose déjà d’un centre d’étude des religions dans un cadre académique adéquat pour cultiver l’esprit de diversité et de tolérance qui a fait, jusqu’ici, « l’exception sénégalaise ».

Rien que pour la cohésion nationale et la préservation d’un modèle islamique épris de paix, il ne peut être accepté la construction d’une université enseignant à nos enfants que Seydi Elhadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Ibrahima Niass ainsi que les fondateurs des différentes confréries, étaient des « égarés », des « musrikûn », associateurs dont l’œuvre et l’action « impures » seraient aux antipodes de l’islam. Des dérives sont à craindre dans un contexte sous-régional lourd de risques et de menaces diverses.

Si l’information donnée par Dr. Mouhammed Ahmed Lô était confirmée avec l’octroi de cet immense espace par l’Etat du Sénégal, tout porterait à croire que celui-ci, malgré toutes les réserves que nous avions émises quant à l’orientation idéologique, viendrait à abandonner le projet d’Université arabo-islamique et de le livrer aux salafistes et aux missionnaires wahhabites, ce qui serait dommageable pour notre cohésion sociale, notre sécurité et même celles des pays voisins.

Un pays ne peut construire une citoyenneté avec un système éducatif dual, à plusieurs vitesses et à destination incertaine. L’école unifiée et unificatrice dans son curriculum malgré la diversité des langues d’enseignement, reste le ciment national indispensable à l’émergence d’une conscience citoyenne. A l’heure des périls et des menaces dans la sous-région, on ne peut se permettre de prendre le risque de livrer l’éducation à l’influence de puissances étrangères - qu’elles soient d’Orient ou d’Occident - avec des agendas qui recoupent rarement nos propres préoccupations.

Dr. Bakary SAMBE, Directeur de Timbuktu Institute

Dr. Seydi Djamil Niane, Chargé de Recherches à Timbuktu Institute

 

[1] La vidéo de sa déclaration, en arabe, pourrait être visualisée sur ce lien https://www.youtube.com/watch?v=hD7dx_3ZNTE [lien consulté le 11/06/18].