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Dr Bakary Sambe est enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions de l’Université Gaston Berger (Saint-Louis, Sénégal) et spécialistes de l’islam en Afrique subsaharienne. Il est, par ailleurs, directeur régional du Timbuktu Institute. Dans son nouvel ouvrage Islam au Sénégal : D’où viennent les confréries ? (1), qui paraît ce mois de janvier aux Éditions Nirvana (Tunis), il aborde la question des confréries religieuses au Sénégal. 

Dans cet entretien avec La Croix Africa, il donne un éclairage sur cet ouvrage.

La Croix Africa : Pourquoi l’islam au Sénégal est-il dominé par les confréries soufies ?

Bakary Sambe : Les normes de l’islam ont été progressivement intériorisées au sein de la société sénégalaise par le biais des confréries, à travers un processus complexe difficilement saisissable sans une étude dénuée de préjugés. Pour comprendre cet ancrage des confréries soufi dans ce pays, il faut partir du contexte général du début de l’occupation coloniale où les cheikhs comme El Hadj Malick Sy, Ahmadou Bamba, Limamou Laye et Bou Kounta, fondateurs ou membres de confréries, ont permis à l’islam de participer à la restructuration de la société et de son organisation.

Je dis souvent, qu’en Afrique l’islam ne s’est pas imposé mais qu’il s’est souvent substitué ! Les aventures guerrières et djihadistes ont toujours échoué au Sénégal. Les cheikhs des confréries qui ont amorcé l’islamisation en profondeur de la société sénégalaise en pleine période coloniale ont très tôt compris que la conquête des cœurs était plus efficace et durable que la violence armée visant une soumission jamais définitive des corps.

Pourquoi ces confréries ont-elles un poids socio-politique aussi important ?

Bakary Sambe : Pour mieux attirer, l’islam, au Sénégal a su s’adapter aux réalités socio-historiques. Au-delà de leur rôle purement religieux, les confréries se sont impliquées dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique. En plus d’acteurs religieux, les confréries sont devenues de véritables forces sociopolitiques incontournables. Malgré l’émergence de mouvements islamistes venus critiquer un certain « immobilisme » ou « archaïsme » de leurs structures, elles demeurent une réalité sociopolitique.

Au Sénégal, il arrive, souvent, que l’identification à un groupe religieux communautaire prenne largement le dessus sur l’appartenance à l’État-nation. D’où toutes les interrogations et autres paradoxes d’un État constitutionnellement laïque devant gouverner une société profondément religieuse. La concurrence entre entrepreneurs politiques, du pouvoir comme de l’opposition, pour s’accorder les faveurs des marabouts – porteurs de la baraka électorale – est une constante du champ politique. Toutefois, une « nouvelle conscience confrérique » émerge chez les jeunes générations  : avec de nouvelles formes d’engagement, elles distinguent, de plus en plus, appartenance confrérique et choix politiques.

Selon vous, les guides religieux appartenant aux familles confrériques doivent-ils s’impliquer en politique ? N’y a-t-il pas un risque de dérives ?

Bakary Sambe : Sans être une nouveauté au Sénégal, ce mélange des genres commence à causer de réels problèmes, même au sein d’institutions comme lors des derniers incidents à l’Assemblée nationale. Toute la question est la délimitation des champs du politique et du religieux. Les intellectuels pourfendeurs du modèle laïc devront davantage y réfléchir et se distancier des positions populistes. Le religieux relevant, en principe, du sacré et le politique du domaine profane, toute politisation du religieux peut dériver sur sa « profanation ».

La manipulation à outrance des symboles religieux pour des motifs politiques atteindra tôt ou tard ses limites et conduit déjà à des dérives. Par contre, les Sénégalais semblent assez matures sur ce plan ; ces dernières décennies aucun marabout ou religieux politicien n’a pu réaliser de percée électorale notoire.

Le modèle soufi confrérique du Sénégal peut-il constituer un rempart contre le terrorisme ?

Bakary Sambe : L’islam confrérique est, aujourd’hui, considéré comme le principal rempart contre l’islamisme radical qui secoue plusieurs régions du monde et du Sahel sauf qu’il est faible dans les zones frontalières les plus exposées. Il faudrait être attentif aux évolutions récentes  : la déception de franges jeunes vis-à-vis de certains marabouts vus comme des alliés des régimes successifs, de même que l’influence grandissante des doctrines salafistes vues comme des « théologies de la libération » y compris par des élites éduquées.

Un autre risque vient des stratégies des mouvances salafistes qui créent des espaces de convergences avec les confréries sur la thématique de la « défense des valeurs ». Aujourd’hui, confréries et mouvances de l’islam politique trouvent un consensus minimal aussi bien pour la révision de la nature laïque de l’État que la lutte contre les « anti-valeurs ». Il y a une forme d’islamo-nationalisme qui se nourrit de l’inséparabilité conjoncturelle entre les imaginaires religieux et nationaliste à l’heure des revendications identitaires. Ces dernières réussissent à fédérer certains caciques de la gauche traditionnelle avec les mouvances salafistes sous la bannière du rejet du néolibéralisme et de l’hégémonie occidentale.

Source : www.africa.la-croix.com

As part of its recent interventions in Guinea Bissau for the establishment of an "Observatory for Peace", Timbuktu Institute has technically and scientifically supported the realization of the first research covering the entire territory of Guinea Bissau on the factors of radicalization that will soon be published and launched during an international conference.

In fact, this leading think tank that operates at the regional level and the Institute Marquês de Valle Flôr, which signed a cooperation agreement last October on the sidelines of the Lisbon Conference, are partners with the Bissau-Guinean League for Human Rights in the framework of capacity building of the project team for the prevention of radicalization in Guinea Bissau.

 

During the recent mission carried out by Dr. Bakary Sambe in Bissau at the end of November 2022, as part of the establishment of an observatory for peace, the Timbuktu Institute trained the twenty-six focal points from all regions of Guinea-Bissau on the techniques of prevention of violent extremism and community conflicts’ resolution.

 

For Dr. Sambe, this project financed and supported by the European Union "is part of a holistic approach and the strengthening of a culture of prevention; Guinea Bissau still belonging to the category of countries that must develop a preventive strategy and rely on anticipation in the face of a threat that spares no country in the region.

 

This is why, according to the director of the Timbuktu Institute, "the next international conference in Bissau, which will be organized on this theme, will have to highlight the need to exchange best practices in terms of prevention and above all to convince governments that in addition to strictly security measures, West African states, and particularly coastal countries, must work to strengthen community resilience.

 

Dans le cadre de ses récentes interventions en Guinée Bissau pour la mise en place d’un « Observatoire pour la paix », Timbuktu Institutea appuyé techniquement et scientifiquement la réalisation de la première recherche couvrant tout le territoire bissau-guinéen sur les facteurs de radicalisation qui va être prochainement publiée et lancée lors d’une conférence internationale

En effet, ce think tank leader qui intervient sur le plan régional et l’Institute Marquês de Valle Flôrqui ont signé une convention de coopération en octobre dernier en marge de la Conférence de Lisbonne sont partenaires avec la Ligue bissau-guinéenne des Droits de l’Homme dans le cadre du renforcement des capacités de l’équipe du projet de prévention de la radicalisation en Guinée Bissau.

Lors de la récente mission effectuée par Dr. Bakary Sambe à Bissau fin novembre 2022, dans le cadre de la mise en place d’un observatoire pour la paix, le Timbuktu Institute a formé les vingt-six points focaux venant de toutes les régions de la Guinée-Bissau sur les techniques de prévention de l’extrémisme violent et de résolution des conflits communautaires.

Pour Dr. Sambe, ce projet financé et soutenu par l’Union Européenne « s’inscrit dans une démarche holistique et le renforcement d’une culture de prévention ; la Guinée Bissau appartenant encore à la catégorie des pays qui doivent développer une stratégie préventive et miser sur l’anticipation face à une menace qui n’épargne aucun pays de la région ».

C’est pourquoi, selon toujours, le directeur du Timbuktu Institute, « la prochaine conférence internationale de Bissau qui sera organisée sur cette thématique devra mettre en exergue la nécessité d’échanges de bonnes pratiques en matière de prévention et surtout convaincre les gouvernements du fait qu’en plus des mesures strictement sécuritaires, les Etats de l’Afrique de l’Ouest et particulièrement les pays côtiers devront travailler au renforcement de la résilience communautaire ».

During the high-level conference on the prevention of electoral violence organized by the United Nations Development Program and held from December 7 to 10 in Guinea-Bissau, the director of the Timbuktu Institute, Dr. Bakary Sambe, called for the prevention of institutional crises. He argues that they are at the root of electoral violence.

During the first panel, Dr. Sambe explained the causes and origins of electoral violence in West Africa. Pointing to the non-transparency of electoral processes, the role of justice and the media, he called for "preventive action that must pay particular attention to these institutional crises because the Malian crisis and the recent Ivorian crisis started from an institutional crisis.

Guinea-Bissau, through the peaceful holding of its legislative elections on March 10, 2019, has set a good example and recalled the importance that its national actors attach to the political and socio-economic stability of the country. More than 200 actors, including several nationals, were present at this conference. Among them: representatives of the State, religious leaders, representatives of civil society, representatives of political parties, the representative of ECOWAS in Guinea-Bissau, a delegation of the European Union, etc.

In order to deepen the democratic practice in which the periodic holding of free, fair and transparent elections remains essential, the Timbuktu Institute will continue to accompany the countries of the sub-region on the prevention of electoral violence, which is ultimately a variant of the multi-faceted political violence that the region is experiencing.

Lors de la conférence de haut niveau sur la prévention de la violence électorale organisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement et qui s’est tenue du 7 au 10 décembre dernier en Guinée-Bissau, le directeur du Timbuktu Institute Dr Bakary Sambe a appelé à se prémunir des crises institutionnelles. Il soutient qu’elles sont à l’origine des violences électorales.

 

Lors du premier panel, le Dr Sambe est intervenu pour expliquer les ressorts et origines de la violence électorale en Afrique de l’Ouest. Pointant du doigt la non transparence des processus électoraux, le rôle de la justice et des médias, il a appelé à « une action préventive qui doit porter une attention particulière à ces crises institutionnelles car la crise malienne ou encore celle ivoirienne récemment est partie d’une crise institutionnelle ».

La Guinée-Bissau, par la tenue pacifique de ses élections législatives du 10 mars 2019, a montré le bon exemple et rappelé l’importance que ses acteurs nationaux attachent à la stabilité politique et socio-économique du pays. Plus de 200 acteurs, dont plusieurs nationaux, étaient présents à cette conférence. Parmi eux : des représentants de l’Etat, des leaders religieux, des représentants de la société civile, des représentants de partis politiques, le représentant de la Cédéao en Guinée-Bissau, une délégation de l’Union Européenne, etc.

Dans l’optique de d'approfondir la pratique démocratique au sein de laquelle la tenue périodique d'élections libres, équitables et transparentes demeurent essentielles, le Timbuktu Institute continuera à accompagner les pays de la sous-région sur la prévention de ces violences électorales, qui sont au final une variante des violences politiques multiformes que connaît la région.

On the sidelines of the US-Africa Leaders Summit, the Regional Director of the Timbuktu Institute took part in a panel discussion on the political and security situation in the Sahel and West African littoral states on December 12 in Washington, D.C. The event was organized by the International Republican Institute (IRI), and was attended by IRI President Dan Twining and facilitated by Mr. Aboudou H. Berthé, Director of the Sahel and Coastal Countries Program, Dr. Bakary Sambe proposed, beyond the management of security imperatives, a preventive approach against violent extremism in coastal countries that would be based on strengthening community resilience.

"It is necessary to develop a preventive approach in coastal countries where prevention is still possible and to give the dignity of solutions to endogenous community strategies," recommends Dr. Bakary Sambe. According to him, "this approach will have the added value of mitigating the all-military or all-security strategies that have not yielded convincing results in the Sahel, given that the jihadist threat has even spread”. The coastal countries of West Africa seem to have become the new expansion zone for Sahelian jihadism through what the director of the Timbuktu Institute calls the "epicenter spillover phenomenon." In Benin, Togo, and Côte d'Ivoire, for example, multiple incursions have recently been recorded in the northernmost regions of these two countries. According to Dr. Bakary Sambe, it has become unanimous that it is imperative to "work on strengthening community resilience through active prevention work”. It is in the wake of this and the Global Fragility Act launched by the United States that IRI organized this panel on the issue of violent extremism. This exchange took place on the sidelines of the African leaders' summit held from December 13 to 15, 2022 in Washington.

As "an actor that can still gain the trust of local populations and communities with regard to its role in the development of prevention strategies in the G5 Sahel countries," Dr. Sambe actively invites the United States to invest more in prevention and especially "the strengthening of community resilience by promoting endogenous initiatives to overcome the conflict between international conceptions and local perceptions”.

One of the strengths of the American approach in recent years has been to distinguish the prevention of violent extremism from the fight against terrorism, which ultimately aims to eliminate targets. "But targets can regenerate if the structural causes that led to terrorism have not disappeared," says Dr. Sambe. For these reasons, prevention of violent extremism "has the advantage of addressing its causes through means such as dialogue or good governance," he adds. He is convinced that the United States can be of great help in a context where Sahelian populations are increasingly doubtful of the merits of military interventions. Moreover, as Dr. Bakary Sambe points out, "it will take a lot of energy and advocacy with the authorities to install and gain acceptance for a culture of prevention in coastal and West African countries where all-security strategies have dominated for years, even though they have not been able to produce the expected results”.

For a preventive method that effectively involves actors on the ground and especially local communities in coastal countries, IRI should "become more involved in this dimension by strengthening the work begun with the G5 Sahel and the Regional Cell for the Prevention of Radicalization and Violent Extremism (CellRad) and extend this initiative to coastal countries," concludes Dr. Sambe.

Several experts and actors working in Africa attended the event, which was attended by many personalities and decision-makers such as Robert Jenkins of USAID's Bureau for Conflict Prevention and Stabilization and Anne A. Witkowsky Bureau of Conflict & Stabilization Operations at the State Department, along with Dan Twining, President of the International Republican Institute.

The IRI is an organization dedicated to supporting the growth of political and economic freedoms, good governance and human rights around the world by educating citizens, strengthening political parties and governments on the values and practices of democracy.

En marge du US-Africa Leaders Summit, le 12 décembre dernier à Washington, le Directeur régional du Timbuktu Institute a pris part à un panel sur la situation politique et sécuritaire au Sahel et dans les États du littoral ouest-africain. Lors de cet évènement organisé par l'International Republican Institute (IRI), en présence de son Président Dan Twining et facilité par M. Aboudou H. Berthé, directeur du Programme Sahel et Pays côtiers, Dr Bakary Sambe a proposé, au-delà de la gestion des impératifs sécuritaires, une démarche préventive contre l’extrémisme violent dans les pays côtiers qui serait basée sur le renforcement de la résilience communautaire.

« Il faut développer dès maintenant une approche préventive dans les pays côtiers où la prévention est encore possible et donner la dignité de solutions aux stratégies communautaires endogènes », recommande d’emblée le Dr Bakary Sambe. Selon lui, « cette démarche aura pour valeur ajoutée de mitiger les stratégies du tout-militaire ou tout-sécuritaire qui n’a pas donné des résultats probants au Sahel vu que la menace djihadiste s’est même étendue ». Les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest semblent être devenus la nouvelle zone d’expansion du djihadisme sahélien par ce que le directeur du Timbuktu Institute appelle le « phénomène de débordement des épicentres » Au Bénin, au Togo comme en Côte-d’Ivoire par exemple, de multiples incursions ont été récemment enregistrées dans les régions les plus septentrionales de ces deux pays. Selon Dr. Bakary Sambe, le constat est devenu unanime qu’il faut impérativement « travailler sur le renforcement des résiliences communautaires par un travail actif de prévention ». C’est dans ce sillage et celui du Global Fragility Act lancé par les États-Unis, que l’IRI a organisé ce panel sur la problématique de l’extrémisme violent. Cet échange a eu lieu en marge du sommet des leaders africains qui s’est tenu du 13 au 15 décembre 2022 à Washington.

En tant « qu’acteur pouvant encore gagner la confiance des populations et communautés locales au regard de son rôle dans l’élaboration des stratégies de préventions dans les pays du G5 Sahel », Dr Sambe invite activement les Etats-Unis à s’investir davantage dans la prévention et surtout « le renforcement des résiliences communautaires par la valorisation des initiatives endogènes pour sortir du conflit entre les conceptions internationales et les perceptions locales ».

L’un des atouts de l’approche américaine ces dernières années, a été de distinguer la prévention de l’extrémisme violent de la lutte contre le terrorisme qui vise in fine l’élimination des cibles. « Seulement, les cibles peuvent se régénérer si les causes structurelles ayant mené au terrorisme n’ont pas disparu », pointe Dr Sambe. Ce sont donc principalement pour ces raisons que la prévention contre l’extrémisme violent « a comme avantage de s’attaquer à ses causes par le biais des moyens comme le dialogue ou la bonne gouvernance », ajoute-t-il. Etant persuadé que les Etats-Unis peuvent s’avérer d’une grande aide dans un contexte où les populations sahéliennes doutent de plus en plus du bien-fondé des interventions militaires. De plus, comme le souligne Dr. Bakary Sambe, « il faudra beaucoup d’énergie et de plaidoyer auprès des autorités pour installer et faire accepter une culture de prévention dans les pays côtiers et de l’Afrique de l’Ouest où les stratégies du tout-sécuritaire dominent depuis des années bien qu’elle n’ait pas pu produire les résultats escomptés »

Pour une méthode préventive impliquant effectivement les acteurs de terrain et surtout les communautés locales, dans les pays côtiers, l’IRI devrait « mieux s’impliquer dans cette dimension en renforçant le travail entamé avec le G5 Sahel et la Cellule Régionale de prévention de la Radicalisation et de l’Extrémisme violent (CellRad) et étendre cette initiative aux pays côtiers », conclut Dr Sambe.

Plusieurs experts et acteurs intervenant en Afrique avaient assisté à cet évènement rehaussé par de nombreuses personnalités et des décideurs tels que Robert Jenkins du Bureau for Conflict Prevention and Stabilization de l’USAID et Anne A. Witkowsky Bureau of Conflict & Stabilization Operations au Département d’Etat, aux côtés de Dan Twining, Président de l’International Republican Institute

L’IRI est une organisation qui a pour objectif de soutenir la croissance des libertés politiques et économiques, de la bonne gouvernance et des droits humains à travers le monde par l'éducation des citoyens, le renforcement des partis politiques et des gouvernements sur les valeurs et les pratiques de la démocratie.

By Amadou Tidiane Cissé

On the eve of the Africa-US Summit, Timbuktu Institute publishes this article by Lt. Colonel Amadou Tidiane CISSE. This senior Senegalese customs official is since 2019 Head of the Office of Security and Coordination of the Fight against Fraud at the Directorate General of Customs of Senegal. He has held positions as Auditor and Head of Sections at the Port of Dakar as well as Inspector Editor at the Directorate of Studies and Legislation. He is a graduate of the National School of Administration of Senegal and holds a Master's degree in Sociology and a Master's degree in Oil and Gas. He is the author of "Terrorism beyond borders. New Challenges for Customs cooperation on Security in the Sahel” (2021) foreword by Dr. Bakary Sambe. and another essay entitled "Off-shore States and Petro-terrorism: Geopolitical Implications of Oil and Gas discoveries and Security Challenges in the Gulf of Guinea” (2022).


In one week's time, the U.S.-Africa Summit opens in Washington. The White House statement announcing the Summit referred to it as an opportunity for the United States of America and Africa to revitalise their partnerships: ‘The Summit will demonstrate the United States’ enduring commitment to Africa, and will underscore the importance of U.S.-Africa relations and increased cooperation on shared global priorities.

The 2014 Obama-era summit was the first on the U.S. diplomatic agenda, and it focused on the theme: ‘Investing in the Next Generation’. By inviting African heads of state to Washington nearly a decade later, President Biden intends to create a new dynamic in U.S. relations with the continent, this time with a stronger focus on trade and investment. It must be said that until more or less recently, American involvement on the African continent was limited to post-conflict humanitarian or health emergencies, notably including President G. W. Bush's initiative to mobilise 48 billion dollars to respond to the AIDS pandemic in Africa.

President Trump did not visit Africa once during his entire presidency. Africa was never a strategic priority for him. In fact, he made no secret of his lack of interest in the continent. His wife, Melania Trump, confined herself to visiting a few USAID projects in Ghana, Malawi, and Egypt in 2018, which were geared towards the promotion of children's health and well-being, before ending her visit to Africa in a Kenyan nature sanctuary, where she bottle-fed baby elephants.

However, the passing of the African Growth and Opportunity Act (AGOA) by the U.S. Congress in 2000 already reflected a desire to develop trade with Africa by allowing more than 6,000 products to enter the U.S. market duty-free. Following the 2014 summit, Congress modernised the trade promotion programme, for which 40 African states are eligible, and extended it until 2025.

To boost economic growth in Africa, a bilateral development fund, the Millennium Challenge Corporation, has been set up, mobilising $8.8 billion in funding since 2004 for 25 African countries. The $500 million Prosper Africa initiative, which was launched in 2020, aims to support African companies seeking to penetrate the U.S. market, which boasts a population of 300 million and a purchasing power of $23 trillion. Prosper Africa provides African countries with a one-stop shop that delivers a range of trade and investment services. The U.S. Power Africa initiative aims to promote investment in Africa's power sector by injecting more than 30,000 megawatts of clean energy and providing electricity to more than 60 million African households and businesses.

These major economic initiatives (AGOA, MCA, Prosper Africa) undertaken by the U.S. administration in support of the African continent mark an important turning point in U.S.-Africa cooperation. President Biden is also counting on the continental free trade area to stimulate stronger economic growth in Africa.

In 2021, U.S. imports from Africa were estimated at $37 billion (vs. $23.7 billion in 2020). African trade goods exported to the U.S. totalled $26.7 billion that same year (vs. $21.9 billion in 2020). Although trade between the two continents has grown significantly over the past decade, it remains low overall compared to China's estimated $114 billion in exports to Africa in 2020 (a peak of $155 billion was recorded in 2015).

The future of the U.S.-Africa partnership is bright, especially with the numerous oil and gas discoveries on the continent and the need to diversify the United States' hydrocarbon supply sources and reduce U.S. allies' energy dependence on Russian gas, due to the ongoing Russian-Ukrainian armed conflict.

On the occasion of the recent publication of the United States’ National Security Strategy in October 2022, U.S. Secretary of State Antony J. Blinken spoke in the following terms: ‘The [...] National Security Strategy lays out a vision for a free, open, secure, and prosperous world and a comprehensive plan to realize it. This is not just our vision, but one shared by many other countries that seek to live in a world that respects the foundational principles of self-determination, territorial integrity, and political independence; where countries are free to determine their own foreign policy choices; information is allowed to flow freely; universal human rights are upheld; and the global economy operates on a level playing field – providing opportunity for all. ’

The new National Security Strategy articulates the main thrust of U.S. cooperation in Africa, particularly in the area of security. It also addresses the imperative of overcoming the divide between U.S. domestic and foreign policy, because the two are so seamlessly intertwined in reality. That is why the Biden administration is working to build an ever more modern and powerful military to protect vital U.S. interests and prevent the outbreak of conflicts around the world that could impact them. For example, the Strategy supports the efforts of African countries and regions facing political conflicts, attacks by terrorist groups and humanitarian crises, such as Cameroon, Nigeria, the Democratic Republic of the Congo, Ethiopia, Mozambique, Somalia, and the Sahel.

Until now, as Maya Kandel rightly pointed out, the dogma of U.S. strategy in Africa was based on the 'light footprint' concept, i.e., the absence of direct engagement by American troops, leadership from the sidelines, and intervention through intermediary partners.

Biden's announcement signals the end of an American foreign policy that has long relied on its historical ally, France, which has traditionally held greater influence in sub-Saharan Africa.

Faced with the current stability challenges, the U.S. administration is promoting security cooperation with a view to countering the terrorist threat that undermines the stability of African states and addressing the structural causes of terrorism. This new American approach is a boon for Africa, which is plagued by multifaceted crises including rebellions, transnational and local organised crime, and terrorism.

The Central African Republic has been embroiled in conflict since the Seleka armed opposition seized its capital, Bangui. Despite the presence of MINUSCA, it is still struggling to overcome the ravages of violence. Since the fall of Muammar Gaddafi in 2011, Libya has been torn between the forces of the national unity government and those of Field Marshal Khalifa Haftar, who controls the east of the country. Sudan and South Sudan are fighting for control of oil-rich border areas. In North Kivu province, the March 23 Movement (M23) of 2012 has taken up arms anew against the Armed Forces of the Democratic Republic of the Congo (FARDC), which accuses neighbouring Rwanda of supporting it. In the far north of Ethiopia, the loyalist army faces off against the rebels of the Tigray People's Liberation Front (TPLF). Somalia was plagued for decades by tribal violence before succumbing in 2004 to an insurgency led by the Union of Islamic Courts. Al-Shabab jihadist fighters attack Mozambique and threaten the stability of this hydrocarbon-rich country. Boko Haram's terrorist activities in Nigeria's Borno State have spread to the surrounding countries of Cameroon, Niger, and Chad, putting the Lake Chad Basin region in the eye of the jihadist storm. Armed groups affiliated with the Islamic State and al-Qaeda in the Islamic Maghreb have transformed the face of the Sahel to the point where Mali and Niger are now among the countries with the highest terrorism indexes in the world, according to data collected by the National Consortium for the Study of Terrorism at the University of Maryland. In its 2021 ranking, Burkina Faso stood fourth in the world behind Afghanistan, Iraq, and Somalia.

In light of the foregoing, it is self-evident that security imperatives must be addressed if the United States is to build a mutually beneficial economic partnership with Africa. To achieve this, the U.S. will rely on two key levers: AFRICOM and the African Standby Force (ASF).

The United States Africa Command (AFRICOM) is the most recent of the operational military command centres set up by the U.S. Department of Defense around the world. The limited geostrategic interests of the United States on the continent doubtless justified placing Africa under the aegis of the United States European Command based in Stuttgart, Germany. This was because African countries have maintained cooperative ties with the former French colonial power, leaving other foreign powers very little scope for military presence. Alain Fogue Tedom has written about the negative view that the United States takes of the former colonial powers' political and economic monopoly over Africa. More specifically, he feels that the geostrategic dimension of Washington's challenge to France's tutelage is unambiguous, especially since free political and economic competition in Africa and elsewhere in the world have been established since the end of the Cold War.

The stance taken by the United States was made even clearer when the historic alliance between France and the United States did not stop President Biden from scuttling a contract for the supply of twelve conventionally powered submarines worth €56 billion, signed between France and Australia in 2016, and negotiating a new deal with Australia for the delivery of nuclear-powered submarines developed using cutting-edge American and British technology.

The United States should take an even bolder and more consistent approach to its new African security strategy by locating AFRICOM in an African country like Senegal. A U.S. command post located closer to the theatres of operation would have the benefit of enhancing the sense of security of both Africans and Americans based in Africa, as well as warding off the threat of terrorism. The Trans-Sahara Counterterrorism Partnership provides a framework for security cooperation with the Maghreb and Sahel countries in the areas of border surveillance, countering the financing of terrorism, and strengthening the operational capacity of African armed forces.

American expertise in international mediation recently triumphed with the historic agreement between Lebanon and Israel on their maritime border dispute, resulting in the sharing of the Qana and Karish gas fields in the eastern Mediterranean. The pacification of the maritime borders shared by the two officially warring countries illustrates American expertise in resolving conflicts such as those in Africa. This diplomatic success coincides with the cessation of hostilities agreement reached in Pretoria between the Ethiopian government and the Tigrayan rebels, thanks to the mediation of the AU representative for the Horn of Africa.

These successes in the midst of a bleak global geopolitical landscape demonstrate that the United States and the AU can bring their weight to bear to end deadly conflicts, find compromises between warring states and set them on the path to lasting peace.

The African Standby Force (ASF) must be part of the new security strategy being developed on the other side of the Atlantic, entering into an operational phase twenty years after its launch and establishing a more appropriate and immediately operational military intervention framework to deal with the many security crises on the African continent, particularly in countries experiencing asymmetric conflicts.

In 2010, Shakira performed the official World Cup anthem 'This Time for Africa' with the Cameroonian band Golden Sounds and the South African band Freshly Ground, highlighting the power of football to unite diverse peoples around a shared interest.

President Obama understood that the new dynamics in Africa were bringing about changes that would shift the major geopolitical balances. Five years after Shakira, he spoke as follows from the rostrum of the African Union: 'I believe Africa’s rise is also important to the entire world. We will not be able to meet the challenges of our time—from ensuring a strong global economy to facing down violent extremism to combating climate change to ending hunger and extreme poverty—without the voices and contributions of one billion Africans. '

The Washington summit will have fulfilled its purpose if the United States comes out of it with a bold resolve to back up the new economic partnership it wants to promote over the next decade—which is shaping up to be a decisive one—with a security strategy that places the African continent and the asymmetrical conflicts that are shaking Libya, the Sahel, and the Lake Chad Basin and threatening the countries of the Gulf of Guinea and southern Africa, squarely in the forefront of its major strategic priorities.

May Allah bless the Africa-USA Summit!

*Amadou Tidiane Cissé

Senior Customs Inspector

DAKAR

Par Hervé BRIAND - Senior Sahel Analyst 

L’opération militaire française "Serval", réclamée par les autorités maliennes en janvier 2013 et jugée « salvatrice », a été un succès incontestable et incontesté, tant sur le plan sécuritaire que sociétal, porteuse alors d’un immense espoir auprès de la population malienne, mais décevant ensuite sur un plan politique.

Mais, l’opération militaire française "Barkhane" qui lui a succédé, si elle a sans doute trop duré sous sa forme actuelle, semble avoir été (injustement) perçue par une partie non négligeable de la population malienne comme une "armée d'occupation". L'erreur serait de ne pas avoir transformé structurellement, dès 2018, "Barkhane" en une nouvelle 3ème opération militaire française, beaucoup plus discrète et axée exclusivement sur un "appui stratégique, technique/logistique et de renseignement militaire" au service des forces armées maliennes.

Mais, il faut, cependant, reconnaître les succès incontestables de l’opération « Barkhane », dont la neutralisation du chef d’AQMI, et rendre hommage aux 59 militaires français morts au Sahel dans la lutte antiterroriste, ce, depuis les neuf ans de présence militaire française.

De nos jours, il est clair qu'à l'heure des réseaux sociaux, très largement relayés au sein des populations sahélo-sahariennes, surtout parmi la jeunesse ouest-africaine, la communication des États concernant leurs activités effectives sur place, notamment celles de la France, est devenue primordiale ! Or, il est souvent perçu par certains locaux que des conceptions occidentales parfois figées, mal adaptées aux réalités locales et souvent déjà trop complexifiées au sein de l'Europe et pour les Européens eux-mêmes, l'étaient bien évidemment encore davantage en terrain difficile qu'est la zone sahélo-saharienne et surtout auprès de ses populations et ses acteurs sécuritaires aux besoins plus immédiats et pragmatiques.

C’est pourquoi, beaucoup d’États africains diversifient aujourd’hui leurs interlocuteurs, leurs conseillers dans les divers domaines jugés sensibles et stratégiques, ainsi que leurs sources d’approvisionnement… S’il ne s'agit pas de se jeter par provocation ou opportunisme dans les bras de la Russie, de nouveaux acteurs apparaissent ou s’affirment désormais : Allemagne, Russie, Turquie, Canada, Chine, Italie, Australie, Belgique…

Dans la zone sahélo-saharienne, il me semble que seuls les trois "pays frères", que sont le Mali et le Niger (avec la problématique Boko Haram/ISWAP en plus), mais aussi le Burkina Faso voisin, ont réellement de nombreux points communs en termes de culture, de langues, d'ethnies et modes de vie, et font face à des conflits de même nature (JNIM/GSIM, EIGS). C'est donc, je pense, une approche sécuritaire, moins globale mais beaucoup plus pragmatique qu'il conviendrait de privilégier aujourd'hui, à savoir une réelle « alliance du Liptako-Gouma », une sorte de "G3 SAHEL", soutenu par un partenariat plus "discret", mieux admise et "intégrée" par les populations locales, sans doute moins coûteux, et finalement plus efficient de l'Occident : cela consisterait en un strict appui discret d'ordres stratégique, technique (formation, renseignement - drones - sources techniques et humaines...), logistique et financier, mais sans présence physique régulière au sol de troupes ou patrouilles militaires occidentales. Les forces armées locales de ce "G3 SAHEL" auraient alors pour vocation d'assurer elles-mêmes les opérations de terrain, en se dotant principalement "d'unités spéciales" très mobiles, composées à la fois de combattants militaires "nomades" locaux aguerris (dont Peulhs et Touaregs...) et de commandos militaires régionaux.

Commandés par des cadres militaires nationaux exclusivement issus des pays du G3, et parfaitement "reconnus" et légitimés par les populations locales concernées, ces "unités nomades G3" pourraient également s'appuyer sur le "Renseignement Nomade" qu'il convient de développer encore davantage, notamment au sein des communautés Peuhles et Touarègues, mais aussi au travers des associations "femmes et enfants" en particulier...

Notons que dans la région de Tillabéri, dans le cadre de l'opération militaire "ALMAHOU", les postes aux frontières bénéficient déjà de cette nouvelle stratégie/approche militaire française et se trouvent ainsi désormais renforcés discrètement au sein de cette zone poreuse dite "des trois frontières" (Niger, Mali, Burkina Faso), avec une rapidité d'intervention sur zone aujourd'hui très largement accrue. Mais, à l’instar des Américains, il s’agirait de faire assurer la sécurité/sûreté sans le clamer haut et fort, mais avec humilité au service des populations et États concernés…

Toutefois aujourd’hui, avec l’officialisation de la « fin de l’opération Barkhane », c’est dorénavant davantage sur le volet du développement économique, social, alimentaire et culturel qu'il conviendrait d'axer prioritairement et avec acharnement la communication des autorités françaises vis à vis de l'ensemble de la zone d'Afrique de l'Ouest (des zones sahélo-sahariennes, des pays du golfe de Guinée jusqu'au Sénégal...).

Les Ambassades, les institutions et les organisations françaises au Sahel devraient se muer en véritable "INDUSTRIE DE LOBBING POUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE" décomplexée, en partenariats commerciaux, financiers, en faveur de projets de développements économiques, alimentaires, énergétiques et culturels en tous genres, entre les acteurs français et africains, et ce, avec une couverture médiatique appropriée : presse, télévision, radio et réseaux sociaux... !

Si on ne répond pas aux aspirations concrètes, immédiates et légitimes de la "rue africaine" (Niamey, Bamako, Ouagadougou...), mais aussi celles des diverses communautés sahélo-sahariennes (Touaregs, Peuhls, Toubous...) et également côtières (Sénégal, Côte d'Ivoire, Guinée...), en terme de développement économique et alimentaire, d'indépendance énergétique et sécuritaire, alors il est à craindre qu'un "TSUNAMI MIGRATOIRE" (qui n'a pas encore commencé...) balaiera l'Europe, et la France en particulier, dans les décennies futures...

Par Hervé Briand - Senior Sahel Analys

(IGPSA) - L’IGPSA vise à promouvoir les approches multilatérales sur les enjeux de paix, de sécurité et de développement sur le continent africain. Après une 1ère édition particulièrement réussie, l’IGPSA tiendra son 2ème webinaire le 29 novembre de 11h00 à 12h30 (UTC+1). Ouvert à tous, il permettra de mieux comprendre l’engagement du Japon en Afrique, ses réalisations et ses spécificités.

Organisé en partenariat avec le Timbuktu Institute, il sera ouvert par M. Osamu IZAWA, ambassadeur du Japon au Sénégal, et réunira trois personnalités dont les parcours et expertises promettent des échanges de haut-niveau :

  • Mme. Sayoko UESU, chercheuse associée au National Graduate Institute for Policy Studies (GRIPS) de Tokyo, spécialiste des questions africaines ;

  • M. Bakary SAMBE, Directeur du Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies (Dakar, Niamey) ;

  • M. Giovanni FALEG, responsable de l'analyse et de la recherche sur l'Afrique subsaharienne à l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne (EUISS)

Les discussions seront animées par M. Oumarou BARRY. Journaliste résidant à Tokyo, il a notamment été rédacteur en chef de deux émissions de télévision panafricaines particulièrement suivies : Business Africa et Initiative Africa.

Après une présentation succincte de la politique africaine du Japon, les intervenants partageront leurs points de vue sur ses réalisations et ses singularités.

Leurs interventions reviendront en particulier sur l’action du Premier ministre Shinzo Abe (2012-2020). Son intérêt pour l’Afrique s’est illustré par la délocalisation pour la première fois de la TICAD (Tokyo International Conference on African Development) sur le continent africain, au Kenya en 2016. Ces dernières années, cette grande rencontre internationale annuelle a été marquée par l’implication croissante du secteur privé japonais.

A cette occasion, les intervenants analyseront l’actualité récente de la coopération Japon- Afrique et reviendront sur la TICAD 8, tenue en août 2022 à Tunis, alors que le Sénégal assure la présidence tournante de l’Union Africaine. Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, y a tenu des propos forts, jugeant nécessaire de « remédier à une injustice historique » pour que l'Afrique obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Le même responsable a ajouté que le Japon poussera dans cette direction quand il y sera un membre non permanent en 2023-2024.

S’agissant de la nouvelle coopération du Japon avec l'Afrique, elle s’organise dorénavant autour de trois grands axes qui sont une accélération de la croissance avec des investissements dans l'économie verte et les startups, une économie résiliente avec un soutien à la production de médicaments et vaccins et la sécurité alimentaire et enfin, la paix et la sécurité en soutenant les médiations et la prévention des conflits. Sa mise en œuvre sera soutenue par l’octroi de 30 milliards de dollars de fonds privés et publics à l'Afrique sur trois ans.

Les discussions se clôtureront par une session de questions réponses entre les intervenants et les participants. Ce webinaire est ouvert à tous. L’organisation invite les intéressés à s’inscrire en envoyant un mail avec pour objet « WEBINAIRE IGPSA Japon » à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

A propos de l’IGPSA

L’Initiative Globale pour la Paix et la Sécurité en Afrique (IGPSA) vise à promouvoir les approches multilatérales sur les enjeux de paix, de sécurité et de développement sur le continent africain. Se voulant être un trait d’union entre le continent européen et l’Afrique, l’IGPSA s’inscrit dans la dynamique née de l’édition 2021 du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique et doit permettre de poursuivre et d’approfondir les riches échanges entamés à cette occasion, tant par les responsables politiques que par les experts au profit d’une meilleure compréhension mutuelle.

Tournée vers la jeunesse et les talents, cette Initiative se veut résolument ouverte, inclusive et participative. À travers des publications et des rencontres, l’IGPSA ambitionne d’aborder des sujets stratégiques aussi variés que les questions relatives à l’autonomisation stratégique des pays africains, la consolidation et la coordination des mécanismes de coopération, la promotion des bonnes pratiques en matière de gouvernance et de développement, la lutte contre les nouvelles menaces, notamment la cybercriminalité et la désinformation.

Le lancement de l’Initiative Globale pour la Paix et la Sécurité a été soutenu par l’Union européenne.

Source : Ecofin